LARYNGITE
Les creux sus et sous-claviculaires, les fosses sus-épineuses et l'espace inter-scapulairc sont le siège ordinaire de ces manifestations pathologiques, coïncidant avec des sifflements bronchiques, de la toux rauque, aboyante parfois.
Tels sont, d'après les sept observations cliniques rapportées par l'auteur, les signes plus ou moins intenses, variés ou compliqués, de l'engorgement aigu des ganglions trachéobronchiques. En amenant une perturbation fonctionnelle des nerfs récurrents, ils produisent ces troubles de la glotte, de la toux et de la voix, qui sont le caractère du faux croup. On les désirerait plus précis sans doute ; mais il est difficile de les saisir et les fixer, par la nature même très passagère des accidents qui en sont l'expression, d'autant plus que ceux-ci sont souvent liés à une bronchite ou une coqueluche concomitantes, sinon à du catarrhe ou la présence de mucosités bronchiques.
On comprend que, si une cause aussi physique détermine ces accès de suffocation qui effrayent tant les mères, quand elles sont réveillées soudainement par cette toux rauque et sifflante, il ne suffît pas de traiter l'accès par des calmants. Le vomitif auquel on a recours, le plus souvent, ne suffit même pas toujours. C'est par un traitement général qu'il faut tout d'abord viser l'hyperémie ou la congestion, l'engorgement des ganglions bronchiques et attaquer ensuite le lymphatisme, la scrofule, pour prévenir le retour de ces manifestations morbides, Après avoir calmé l'état aigu par des vomitifs, des sinapismes ou des cataplasmes sinapisés , l'essentiel est de recourir à l'usage de l'iode intus et extra: en badigeonnages sur les parties mal résonnantes, et à l'usage interne de 5 à 8 gouttes de teinture d'iode par jour. Tous les petits malades de M. Baréty, soumis à ce traitement, ont été rapidement guéris de leurs accès striduleux. On en prévient le retour par un traitement général avec alternance de l'usage de l'iode à l'intérieur. Cette médication nouvelle est la conséquence même de la nouvelle étiolqgie. (Congrès laryng. de Milan, 3 septembre, et Ann. des mal, du larynx et de l'oreille, n° 5.)
Laryngite syphilitique secondaire. Elle se manifeste chez les deux cinquièmes des syphilitiques environ, selon le docteur Gougucnheim, c'est-à-dire beaucoup plus fré-
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quemment qu'on ne le croyait avant l'emploi du laryngoscope. Beaucoup de cas latents passaient ainsi inaperçus, il y a vingt ans, et peuvent encore être méconnus si l'on n'y regarde de près.
Elle se révèle le plus souvent par une tuméfaction partielle du larynx, avec ulcérations sous forme d'érosions des parties tuméfiées. Des papules très limitées en sont parfois le siège, en leur donnant une apparence très excavée, due à la saillie des bords. Le bord libre de l'épiglotte en est le siège le plus fréquent, sous forme étendue et irrégulière.
Le diagnostic de ces lésions spécifiques est facilité par la coïncidence presque constante de sypbilides muqueuses et cutanées.
Cette tuméfaction se généralise parfois dans la syphilis avancée. C'est la forme la plus grave, car, si le traitement est négligé, les tissus s'indurent et passent à une dégénération définitive.
La durée est proportionnelle à l'étendue et à la profondeur des lésions. Quinze jours à deux mois en sont le terme babituel, quand le traitement topique avec le nitrate d'argent en crayon ou en solution du dixième au trentième est joint à la médication spécifique interne; mais les récidives sont fréquentes et presque inévitables, si l'on cesse celle-ci trop tôt.
Le pronostic est bénin, excepté dans les cas de tuméfaction excessive et généralisée. (Congrès laryng. de Milan, septembre.)
LEUCOCYTHÉMIE. Perte des mouvements amiboides des leucocytes. Comme Neumann l'avait déjà observé en 1878, le docteur John Carafy a constaté que les globules blancs du sang perdent graduellement leurs mouvements actifs avec les progrès de la maladie. C'était chez un homme de vingt-six ans, entré à l'hôpital Saint-Georges le 3 avril, dans le service du docteur Whipham. Très pâle, avec des râles muqueux dans toute la poitrine et un murmure systolique doux à la base du cœur, à son entrée, il présenta ensuite un engorgement des ganglions dans l'aisselle, sur la clavicule droite et dans l'aine du même côté. Le sang contenait un grand excès de globules blancs, six fois plus nombreux que les rouges. Des épistaxis et des hémorrua-
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gies de la conjonctive et de la peau permirent ainsi l'examen du sang. La rate et le foie s'hypertrophièrent, à mesure que les ganglions se développaient davantage, coïncidant avec la faiblesse du pouls et l'abaissement de la température. Douze examens microscopiques du sang, exécutés jusqu'à la mort, arrivée le 14 juillet, donnèrent les résultats suivants.
Des trois sortes de globules blancs trouvés dans ce sang : cellules lympboïdes, leucocytes ordinaires, et une ou deux grosses cellules granuleuses, les mouvements furent manifestes d'ans chacun, mais avec de simples traces chez la première et la dernière espèce. Lents et peu marqués au début, leurs mouvements étaient stimulés par une température fébrile; un ou deux leucocytes montraient alors des mouvements actifs. La coagulation était beaucoup plus rapide dans les derniers spécimens que dans les premiers. De 24 0/0, qui fut la plus haute proportion des globules mobiles, elle tomba à 4 0/0, en décroissant graduellement avec les progrès de la maladie. La moyenne des six premières observations fut de 12 0/0, tandis que celle des six dernières fut seulement de 6 0/0, alors que les hémorrhagies avaient lieu.
Des observations comparatives faites dans deux cas de chloro-anémie et dans un cas d'anémie avec leucocythose d'un cancer de l'estomac , les mouvements amiboïdes furent au contraire trouvés très actifs à la température ordinaire. D'où la conclusion que les leucocytes sont incapables de développement dans la leucocytbémie, et que, par ce défaut de mouvement, leur émigration du sang est impossible, tandis que leur séjour en favorise la coagulation et la thrombose. (Royal med. and chir. Soc, 9 novembre.)
Excision de la rate. La splénotomie ayant réussi dans quelques cas, comme pour montrer que la rate n'est pas indispensable à la vie, les apôtres de la médecine positive ont cru en obtenir le triomphe dans cette opération. Le siège de la leucocythémic a été fixé, comme on sait, dans la rate, par les modernes hématologistes, et dès lors la logique positiviste indiquait de supprimer l'organe, comme le plus sûr moyen de faire cesser la maladie. Sublata causu
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tollitur effectua, Et les rates ont ainsi été enlevées coup sur coup, et ce moyen s'est montré si radical, que la leucocythémie a disparu du coup en emportant les malades.
C'est ce que le professeur Mosler, de Greifswald, montre avec un sérieux tout allemand, d'après un fait personnel. Un malade réclamait la splénotomie comme moyen de guérison; mais, cette opération ayant toujours été fatale par l'hémorrhagie qu'elle entraîne, elle lui fut refusée, bien que ne présentant jusque-là aucun accident hémorrbagique. Plusieurs abcès du périnée s'étant successivement produits, leur ouverture donna lieu à un écoulement sanguin si abondant, qu'il fallut recourir au thermo -cautère, puis à la compression et au percblorure de fer pour l'arrêter. Et finalement le malade succomba, peu de temps après, d'une bémorrbagie rétro-pêritonéale spontanée.
Cette fatale tendance des leucocytbémiques aux^ hémorrbagies est donc une contre-indication formelle à l'excision de la rate. Sur 2b observations, des bémorrbagies se sont montrées dans plus de la moitié des cas, dans les diverses formes de la maladie, sans distinction avec l'âge ou le sexe des malades ni la durée de la maladie. L'bémorrbagie se manifeste à la surface ou à l'intérieur des organes, et cette tendance bémopbilique rend ainsi, au grand regret des positivistes, la splénotomie injustifiable au début comme à la fin. Cette tendance existe dans l'bypertropbie paludéenne de la rate, quand il y a altération du sang. {Zeitschrift fur
Min. med., 1879.) .
Les indications de la médecine positive et expérimentale sont donc formellement contredites et infirmées par la clinique, dans ce cas particulier. Exemple frappant qu il faut tout subordonner à celle-ci et de l'insuffisance des métbodes actuelles de précision pour guider et éclairer le traitement rationnel des maladies.
Priapisme. Une érection permanente survint cbez un eocber de vingt-huit ans, sans habitudes dmtem pérance ni accidents syphilitiques, mais ayant éprouvé plusieurs accès de fièvre avec frisson, œdème des membres et epistaxis. Limitée aux corps caverneux, elle n'empêchait pas la miction. L'urine était albumineuse, et l'on constata une leuco-
LIGATURES
cythémiê, avec gonflement de la rate, sans aucun symptôme de lésions de la moelle.
Ce fait et d'autres analogues font admettre au docteur Peabody que le priâpîsme est un accident de la leucocytliémie qui peut suivre les rapports sexuels, mais se montre aussi spontanément, en durant de quelques jours jusqu'à deux mois. Le pronostic en est grave, à cause de la cachexie dont il est l'expression et de la difficulté d'y mettre fin. (New-York med. journ., mai.)
LIGATURES. Les fibres du tendon de baleine paraissent un sérieux perfectionnement à cet effet (Voy. année 1878). On se dispute la priorité de leur découverte et de leur emploi. Le docteur Ischiguro, qui l'employa le premier à l'hôpital d'Osaka, au Japon, en 1877, en ayant envoyé aussitôt en Amérique et en Europe, surtout en Allemagne, pour expérimenter ce nouveau tissu, plusieurs chirurgiens ont pu croire l'avoir employé avant lui. M. Gumam aux Etats- Unis, en réclame ainsi la priorité. Heureusement, l'inventeur avait eu soin de prendre date authentique de sa découverte par une communication scientifique publiée en octobre 1877, sous le titre de Ligature d'Ischiguro, renouvelée par les journaux allemands dès l'année suivante, notamment ceux de Strasbourg, d'après l'expérimentation faite dans cette ville. Le professeur Gross, de Philadelphie, en a également fait l'éloge dans V American médical journal, d'après l'emploi qu'il en avait fait. Ce fil est aujourd'hui d'un usage général dans les hôpitaux militaires du Japon.
Le catgut, que l'on pouvait considérer comme le nec plus ultra par sa résorption facile, est donc supplanté par un autre fil, supérieur par sa finesse et sa résistance. On comprend dès lors que les fils métalliques, absolument réfrac- Nures à l'absorption, n'aient plus que des applications très restreintes et spéciales à certaines ligatures temporaires et m masse. Les fils végétaux de lin ou de soie en auront moins encore, si l'on peut trouver dans les fils animaux la même facilité à exercer la striction, et faire le nœud ensuite sur les petits comme sur les gros vaisseaux sans les diviser.
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Fils de catgut. L'ind6cision que des chirurgiens montrent encore sur la supériorité de ces fils pour la Ligature des grosses artères et le rejet absolu qu'en font d'autres, avec Billroth, par crainte de l'hémorrhagie consécutive, ont incité le docteur E. Bœckel, de Strasbourg, à élucider ces dissidences. Huit observations de ligatures de grosses artères, dont trois de la fémorale, deux de l'axillaire, deux de l'humérale, une de la carotide externe, sans aucun accident, sont là meilleure réponse quant à la valeur hémostatique de ces fils. Leur mauvaise qualité et leur préparation vicieuse ou leur conservation trop ancienne peuvent seules expliquer les inconvénients et les dangers observés dans certains cas. Les uns supportent des tractions assez fortes, d'autres se rompent à la moindre tension. Il sullit pour cela qu'ils n'aient pas suffisamment macéré dans l'huile phéniquée. Le n° 2 de la fabrique de Schalfouse, qui a servi aux ligatures précédentes, a une résistance très uniforme. Il peut même servir à. lier les pédicules ovariques. Le n° 1, j plus fin, est très suffisant pour les petites artères, et c'est ainsi que ces deux numéros .suffisent à toutes les ligatures avec une complète sécurité. , Huilés ces fils glissent facilement entre les doigts, et c est , ainsi que, pour les serrer convenablement, on doit toujours appliquer d'abord un nœud de chirurgien, en le maintenant serré pendant quelques secondes avant de passer au second. Il est d'ailleurs préférable d'essuyer les fils avant de s eu servir, pour plus de facilité. C'est à défaut de ces precau: tions qu'ils glissent au premier pansement. [Gcz. hebd., n°s 9 10, et Revue méd. de VEst, nos 7 et 8.)
Une revue très complète du docteur Reuss à ce sujet conclut de même à l'emploi du catgut de bonne qualité comme suffisant à l'oblitération du vaisseau, quel que soit son volume. C'est le meilleur agent de déhgation des gros vaisseaux jusqu'à plus ample information et il permet laTéunionJin?médiate des plaies et une guérison durable en quelques jours. (Journ. de thérap., n» 14, juillet.)
Etude sur les ligatures élastiques Thèse inaugurale ; p ar le docteur A. Simon. Paris, 1879. Monographie intéressante sur les principales indications de cette ligature et les proédés à suivre1 en particulier dans la fistule anale, le pin-
LIGATURES
mosis, les tumeurs de la langue, l'ablation do l'utérus inversé, déjà signalés dans ce Dictionnaire.
Ligature de l'artère axillaire. Cette opération, aussi délicate que difficile, ne se pratique que dans des cas exceptionnels. L'artère de ce nom ayant pour limite le bord info i ïeur de la clavicule, il suffit de la lier sous celle-ci pour qu'elle prenne un autre nom, c'est-à-dire la sous-clavière, généralement cboisie pour la ligature de ce vaisseau. C'est ainsi que, sur le cadavre, le procédé consiste à couper les téguments suivant une ligne qui de l'apophyse coracoïde se dirigerait vers la clavicule ; puis, le grand pectoral étant incisé dans toute son épaisseur, l'opérateur reconnaît le bord supérieur du petit pectoral, et c'est ce point de repère qui le guide dans la recherche de l'artère située audessus.
Sur le vivant, au contraire, ce procédé présente de grandes difficultés et de grands dangers. On rencontre la veine céphalique, et il est difficile de la suivre jusqu'à son point de jonction avec la veine axillaire, sans léserl'une ou l'autre. On n'arrive d'ailleurs à lier l'axillaire que près de ses collatérales : ce qui rend l'opération moins sûre. Desault et Dupuytren n'ont dû leurs échecs qu'à ces conditions.
C'est pourquoi M. Farabeuf, imitant Marcellin Duval, conseille de faire l'incision un peu plus haut, au ras du bord inférieur dé la clavicule. Le grand pectoral n'est divisé que dans son insertion tendineuse, et les vaisseaux musculaires en sont ménagés. Prenant pour guide la paroi antérieure de la gaine du sous-clavier, il met ce muscle à nu et divise les trousseaux fibreux qui brident l'angle externe de l'incision. Le doigt et la sonde cannelée suffisent alors à découvrir l'artère. En reconnaissant du doigt les nerfs du plexus en haut et en dehors, vers l'angle externe de l'incision, le chirurgien n'a qu'à le ramener à leur suite, vers le milieu de la plaie, pour sentir battre l'artère, ou tout au moins la reconnaître par le palper, à sa forme et à sa consistance. La veine est plus en dedans et plus bas ; la section de l'aponévrose permettra son abaissement facile, et l'opération pourra être facilement terminée avec toute la sécurité désirable.
Les classiques objectent, il est vrai, que ce n'est pas là la
LITHOTRITIE
ligature de l'axLUaire et c'est ainsi que les élèves ont été repris à leur exaraen. Mais la sécurité étant la chose principale, snr le vivant, il est préférable de l'exécuter ainsi, même sous la clavicule, quo de la pratiquer au-dessous, au préjudice du malade et souvent du chirurgien. (Soc. dechir., octohre).
LITHOTRITIE. La nouvelle lithotritie américaine, ou litholapaxij, eu une seule séance, continue ses succès... à l'étranger. Pour être encore subjudicc, les résultats en sont jusqu'ici des plus satisfaisants. Ils accusent de plus en plus la tolérance de la vessie à une instrumentation beaucoup plus prolongée qu'on ne la croyait possible autrefois. Tous les spécialistes anglais l'ont expérimentée, et malgré leur prévention contre l'aspiration mécanique des fragments après le broiement, selon la méthode du professeur Bigelow, leur illustre cousin, comme ils le confessent tous avec sincérité, ils s'en déclarent hautement très satisfaits. Celte opération est en si grand honneur parmi eux qu'ils se montrent jaloux d'en avoir eu l'idée les premiers. M. Smilh la cherche ou plutôt l'exhume des œuvres de W. Fergusson, son maître, pour mieux l'accréditer.
C'est une méthode entièrement nouvelle, dit la Lancet du 7 février. Elle peut sembler une simple modification de la lithotritie à un observateur superficiel. Philosophiquement, on ne peut manquer d'y découvrir une différence' essentielle et fondamentale. Outre'les deux modes opposés et irréconciliables de broiement, elle n'a aucune analogie réelle avec l'extraction immédiate des fragments. Selon la méthode ordinaire, la lithotritie est aussi simple et bénigne que l'autre est radicale. Le calcul est broyé en une ou plusieurs séances en fragments assez petits pour être expulsés spontanément par les voies naturelles, par des efforts expulsifs de la vessie et des muscles. La litholapaxy , au contraire, réduit, brise le calcul en masse et en expulse les débris immédiatement par aspiration. La première ne consiste que dans le broiement du calcul et laisse à la nature le soin d'en expulser les fragments irritants comme elle pourra; le broiement et l'expulsion sont accomplis simultanément par des moyens mécaniques dans la seconde. C'est donc en vain que l'on s'efforce d'établir l'identité entre l'aspirateur