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MALADIES

sur des animaux inférieurs, comme les lapins ou les cobayes, les résultats n'en sont guère applicables à l'homme. Tout au plus ces animaux peuvent-ils servir de réactifs pour la rage et la morve que l'on a réussi à inoculer au lapin, comme ils servent de témoins pour le charbon.

En présence des difficultés, de l'impossibilité même à détruire de simples parasites végétaux, comme le phylloxéra, le doriphora et tant d'autres, serait-on beaucoup plus avancé eu démontrant que toutes les fièvres éruptives, intermittentes, typhoïdes, puerpérales, sont produites par un microbe du sang ou des autres humeurs de l'organisme? La difficulté à détruire l'organisme ferment qui provoque la décomposition ammoniacale des urines justifie bien ce doute. Mais la question n'est pas là pour les positivistes modernes. L'essentiel est de trouver la cause réelle, tangible des maladies contagieuses et virulentes, afin de ne plus avoir à attribuer les épidémies ni les autres grands fléaux de l'humanité à la colère du bon Dieu. Tant que l'on n'aura pu voir ce quid divinum au foyer du microscope et l'exhiber sur la pointe d'une lancette, cette objection toute superstitieuse et catholique pourra toujours être faite aux recherches scientifiques.

Un grand progrès semble en voie de se réaliser a cet égard C'est la prophylaxie de ces maladies parasitaires et virulentes, contagieuses et infectieuses, par l'inoculation préventive du virus ou du microbe atténué, affaibli, diminué qui les produit. On se mettrait ainsi à l'abri des p lus redoutables fléaux, comme on le fait depuis Jenner contre la variole par la vaccine. Les résultats obtenus cette année sur les animaux contre le charbon et le choléra des poules, de même que contre la clavelée des moutons, sont de i grandes promesses pour l'avenir. Ce ne sont encore que des espérances sans doute; mais, si elles se réalisent, 1880 sera une date mémorable pour l'art de guérir. (Yoy. Charbon, Choléra des poules, Vaccine.)

Maladies des voies digestives, par F. Damaschino médecin de l'hôpital Laennec. Un gros volume in-8- de 930 pages.

Librairie Germer Baillière. tfal.nm de

Dire que ce sont les leçons professées a la Facultc de médecine de Paris en 1874 suffit à caractériser ce livre,

tout élémentaire et spécialement destiné aux étudiants. Jl serait superflu d'ajouter qu'il est parfaitement au courant de la science ; le choix de l'agrégé par la Faculté en répond. Mais ce qu'il est permis de louer sans réserve* c'est l'ordre simple et direct suivi dans la division, en allant de la bouche à l'estomac et de celui-ci à l'anus; une diction claire et concise dans l'exposition, appuyée sur les noms, les faits ou les chiffres propres à lui donner l'autorité nécessaire. Sans érudition superflue ni détails encombrants, il grave dans l'esprit l'autorité principale à invoquer en faveur de tel symptôme, telle cause, tel traitement ou tout autre détail de la maladie dont il traite. C'est une excellente méthode d'enseignement pour que l'esprit ait toujours des points de repère sûrs et positifs à son secours.

MÉDECINE LÉGALE. Le docteur Pénard, de Versailles, avec l'autorité d'une longue expérience et une carrière honorable dans l'exercice de la médecine légale, jette un coup d'œil rétrospectif sur les modifications qui se sont opérées dans le rôle du médecin expert, en matière criminelle, durant les trente à quarante dernières années. Avant cette époque, dit-il, on ne lui demandait qu'à compter et décrire les blessures ou à reconstituer telle ou telle scène de violence ou de meurtre. Plus d'un malheureux aliéné expia sans nul doute sur l'échafaud le tort d'être malade. Jobard, Vergé, Jeanson étaient des maniaques, des exaltés ou . des mélancoliques , auxquels l'intervention médicale obtiendrait facilement aujourd'hui des circonstances atténuantes ou une cellule -à Charenton.

Cette intervention est devenue si fréquente et si efficace qu'elle se produit avec une intensité inquiétante pour la répression, cependant nécessaire, des crimes et des délits. Encore un peu, elle aura énervé la loi en rendant la sanction difficile ou douteuse. Tout criminel réclame l'examen médical, allègue son irresponsabilité et l'exploite avec plus ou moins d'énergie. 11 y a trop de fous et pas assez de criminels. Le juge même est enclin à chercher dans les renseignements médicaux une commode sérénité pour les scrupules de sa conscience.

Ce rôle est excessif ; il déplace hommes et choses, et le médecin ne doit pas l'accepter. Son devoir n'est pas de

mesurer la responsabilité de l'accusé; il ne peul le faire qu'en s'inquiétant do l'éducation, des idées, des passions du sujot soumis à son examen. C'est dès lors une véritable enquête qui l'oblige à chercher des témoins et à usurper le rôle déjuge, d'avocat et de juré. Au lieu d'une consultation grave, scientifiquement déduite, qu'on attend de lui, il rend des arrêts, prononce des plaidoyers, pèse les mobiles, sonde les cœurs, protège les bons et punit les méchants. C'est une providence.

Le rôle de médecin légiste, au contraire, est de résoudre simplement une question de pathologie. Il doit toujours se replacer devant ce point d'interrogation : Y a-t-il ici une lésion appréciable et qui fait de cet homme un malade? Telle est la limite de son domaine et sa tâche. C'est au malade, en effet, que le médecin se doit tout entier et qu'il doit protéger par tous les moyens en son pouvoir. Il y a sans doute les influences des maladies passées ou présentes : les traces sur le cerveau de la fièvre typhoïde, l'alcoolisme surtout. Il doit noter ces circonstances, sans en faire des arguments pour détruire la responsabilité. La lésion doit être son unique point de repère. Sans lésion, point de malade. Il doit alors conclure à la réalité du discernement. La société en péril attend de nous ce service suprême. Dans la pratique de l'expertise, notre premier objectif doit être la vérité ; la commisération ne doit naître qu'après une investigation sereine et dégagée de tout sentiment sympathique. (Acad. de méd., 2 novembre.)

Nouveau signe de strangulation. Ce sont des ecchymoses intra-vasculaires de la carotide à l'endroit où a porté l'effort Deux expertises médico-légales récentes les ont offertes au docteur Friedberg à un degré très marqué. Une fois même elles existaient sans aucune trace apparente à la peau du cou. Les tentatives de strangulation sur l'homme vivant furent affirmées, et les aveux de l'accusé confirmèrent cette prévision.

C'est un signe d'autant plus important quil démontre la strangulation pendant la vie. Il faut que la carotide soit assez pressée et tiraillée pour que les vasa-vasorum rompus laissent échapper le sang entre les tuniques artérielles. Ces ecchymoses sont en général très petites, variant de une

à trois, sous la membrane interne, à la partie antérieure du vaisseau et surtout aux bifurcations. Elles ne peuvent ainsi se rencontrer quand la strangulation ne porte pas sur les carotides, tandis qu'un choc ou une violence sur ce vaisseau peut les déterminer. Telles sont les distinctions à faire. (Virchow archiv.)

Simulation de viol. Une enfant de huit ans fut admise dans le service du professeur A. Fournier, comme ayant été victime d'un attentat criminel de la part d'un homme âgé et riche qui, malgré ses dénégations formelles, avait été écroue a Mazas. L'examen montra en effet une vulvite excessivement intense avec gonflement et points érosifs Néanmoins, l'état s'améliora très rapidement, et l'on découvrit alors que la membrane hymen était intacte.

Frappé de ce fait autant que de l'extrême intensité des lésions tout à fait anormales pour la cause supposée et de leur rapide amélioration inusitée, M. Fournier conçut des doutes. Il avait été frappé aussi de la manière uniforme dont 1 enfant racontait son histoire, comme si elle l'eût an prise par cœur. Ayant gagné sa confiance, il lui fit avouer confidentiellement qu'elle n'avait pas été touchée par un monsieur, mais que sa mère lui avait frotté les parties avec une brosse à cirage, en lui défendant de n'en rien dire sous peine de subir la même douleur. L'affaire n'eut ainsi aucune suite pour personne.

En l'absence de signes spéciaux entre une inflammation vulvane résultant d'un attentat criminel et celle qui est déterminée par une violence artificielle, ce fait, corroboré par d'autres analogues, est d'un utile enseignement pour le médecin, souvent appelé à jouer un grand rôle dans ces sortes d affaires. Dans l'impossibilité d'établir un diagnostic différentiel sur des bases solides, il doit avoir pour rè -le lorsqu il est sollicité de certifier un attentat, de n'y obtem' pérer en pratique que sur l'invitation d'une autorité comné tente, ayant devoir et mission de le requérir, en ne spéci fiant rigoureusement alors que les lésions observées sans en affirmer l'étiologie, pour cause d'impuissance de' l'art

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Son rôle ensuite, quand il est mis sur la voie de ces

simulations criminelles, dans l'exercice môme de sa procession, c'est non pas de révéler le secret de ces machinalions odieuses dont la vengeance ou l'intérêt sont souvent les mobiles. C'est le chantage au viol quand il n'est pas le fait de la perversité malfaisante de certains enfants dont le vice devance les années. « J'ai vu de tels cas plus de trente fois dans ma vie, dit A. Cooper, et je puis vous assurer que nombre de gens ont été pendus par suite d'une pareille erreur. » Ce secret professionnel, il ne doit pas le révéler. Ce qu'il est dans l'obligation morale de faire, vis-àvis de la société et de lui-même, c'est de décharger l'innocent de l'accusation formidable qui pèse indûment sur lui. (Acacl. de méd., novembre.)

Phlyctène gazeuse comme signe de mort. Une grande valeur a été attribuée à ce signe depuis les travaux de Duncan et de Christisou à ce sujet. Approchez la flamme d'une bougie au contact de la peau de l'avant-bras d'un cadavre, par exemple, et, en quelques secondes, l'épiderme se soulève brusquement en ampoule, éclate, se ride et s'affaisse, sans qu'il s'échappe une seule goutte de liquide. La surface de la phlyctène est sèche, rugueuse et sans la moindre rougeur autour. C'est là le signe de la mort. Il est extrêmement simple et commode, puisqu'il suffit d'une demi-minute au médecin appelé à constater un décès. Il est vrai que, sur certains cadavres infiltrés, la phlyctène explosible ne se produit pas toujours aussi facilement, comme Leuret et Champouillon l'ont démontré. D'autre part, la brûlure chez des sujets profondément débilités par une cachexie sèche peut ne pas- produire ses effets différentiels, caractérisés par une phlyctène séreuse entourée d'une aréole rouge.

Le docteur Clément, de Lyon, dans l'intention de vérifier la valeur de ce signe sur un membre retranché du corps, a montré que l'anesfhésie suffisait pour produire la phlyctène explosible sans la moindre rougeur autour. La flamme de la bou-ie le fer rouge, successivement appliqués en divers points du membre, avant sa désarticulation, ont donné des phlyetènes absolument semblables à celles obtenues sur le

cadavre.

D'oU les conclusions suivantes :

do La phlyctène gazeuse, se produisant chez des sujets en

ànesthésie, peut probablement s'obtenir sur un vivant, s'il est dans des conditions analogues, comme l'état de mort apparente; en conséquence, elle ne saurait être considérée comme un signe de la mort.

2° Dans les mêmes conditions, les brûlures peuvent ne pas s'entourer d'aréole inllammatoire. L'absence d'aréole et de pblyctène liquide n'est donc pas un signe absolu que la brûlure a eu lieu après la mort. {Lyon médical.)

Lésions agoniques ou post mortem. Au point de vue médico-légal surtout, il est indispensable de distinguer les lésions produites par la mort de celles qui ont pu la déterminer. En voici deux exemples.

Deux invaginations intestinales ont -été constatées par le docteur Folet à l'autopsie juridique d'un ouvrier de vingtcinq uns, mort subitement des suites d'une blessure du crâne. Elles étaient récentes et sans adhérences. C'est en effet là leur caractère distinctif avec les invaginations ayant pu causer la mort. Elles présentent toujours des adhérences. Une invagination semblable, rencontrée à l'autopsie d'un enfant mort d'empoisonnement par l'arsenic, a pu ainsi embarrasser le médecin légiste sur la cause de la mort. (Soc. méd. du Nord, 9 avril.)

La digestion partielle du poumon, résultant de l'introduction de matières alimentaires dans la trachée pendant l'agonie, s'est ainsi présentée à l'autopsie d'un enfant de treize mois, mort d'un choléra infantile. Le professeur Parrot rencontra des taches noirâtres des poumons, avec une odeur aigrelette. Des contractions de l'estomac, se manifestant souvent pendant l'agonie, suffisent à déterminer ce phénomène. Les matières contenues dans l'estomac ne pouvant être expulsées complètement par la faiblesse du moribond, elles pénètrent dans la trachée par les efforts de la respiration. Une petite quantité de ces sucs acides suffit à produire des désordres parfois considérables, par la digestion plus ou moins complète de parties entières des poumons. L'odeur aigrelette en est la caractéristique. Ces lésions sont l'effet de la mort, au lieu d'en être la cause. (Journ. de méd. et de chir. prat., avril.) Voy. Absorption, Cadavres.

MENSTRUATION. Cette fonction physiologique, do

ses rapports avec L'ovulation que l'on croyail parfaitement établie, est en voie de subir une révision expérimentale, par suite des nouvelles opérations radicales qui se pratiquent maintenant si communément : l'ovaiiolomie et l'bystérectomio. En mutilant la femme dans ses attributs sexuels, distincts et essentiels, elle devait perdre aussi la fonction mensuelle, regardée jusqu'ici comme étant sous leur dépendance exclusive. C'est en effet la régie : les femmes et les filles ayant subi l'excision des deux ovaires cessent d'être réglées et fécondes. Cette opération entraîne fatalement la stérilité de la femme, comme cbez foutes les femelles des mammifères. Et il n'en saurait être autrement, puisque les ovaires sont le siège même des ovules ou vésicules de Graaf, qui, en s'en détacbant périodiquement, déterminent la menstruation.

Il y a cependant des exceptions. Storer, ovariotomiste américain, signala le premier le retour des règles cbez une femme à qui il avait enlevé, dix-buit jours auparavant, la matrice et les deux ovaires. Le lambeau ou moignon du col utérin, qui avait été conservé, était le siège de cet écoulement. Mais ce fut comme un suprême effort de la nature, semblable à la dernière oscillation du pendule quand la force impulsive qui le mettait en mouvement a cessé; elles ne reparurent plus. Dans un autre exemple, au contraire, elles persistèrent avec régularité, sans modification de la quantité ni de la qualité du sang. Goodell a observé des faits semblables. Sur 135 ovariotomies doubles, faites pendant la vie menstruelle, les règles ont persisté régulièrement cbez quinze femmes et irrégulièrement cbez neuf autres, comme nous l'avons déjà indiqué.

On a fait grand bruit récemment de deux faits semblables, observés à^Paris par M. Tillaux. La femme, dont il avait amputé tout le corps de l'utérus avec les deux trompes adjacentes, il y a un an (Voy. Hystérectomie, 1879), a vu ses règles revenir régulièrement depuis, tous les mois, pendant trois à quatre jours, et toujours en avance, avec un peu moins d'abondance qu'autrefois. Il s'est assuré au spéculum que le sang provenait bien du tronçon d'utérus restant, et non du vagin. Une fille de vingt-deux ans à qui il avait enlevé les deux ovaires malades, dix mois auparavant, a eu également ses règles ebaque mois depuis. D'où cette con-

dusion que [a physiologie de la menstruation dans ses rapports avec l'ovulation, que l'on croyait définitivement résolue, exigeait des recherches pour expliquer ces faits contradictoires. (Acad. de méd., 31 août.)

Les gynécologistes américains ne s'étaient pas tant étonnes de ces exceptions, en tenant compte des autres exceptions pouvant les expliquer parfaitement. La présence anormale d'un seul ovaire comme d'un seul testicule, constatée chez quelques individus dans l'espèce humaine ainsi que chez les poissons osseux et la plupart des oiseaux, peut bien faire admettre l'existence d'un ovaire supplémentaire dans ces cas exceptionnels, comme on constate parfois un troisième testicule rudimentaire chez l'homme. Kocks a trouvé un troisième ovaire adhérent à la matrice d'une femme morte d'un cancer. Le docteur Puech, de Nîmes, a collecté plusieurs cas semblables. Et ce fait est si peu râre que, sur 330 autopsies, Beigel a rencontré huit fois un ovaire supplémentaire. Dans une ovariotomie récente, le chirurgien rencontra trois ovaires et les extirpa, dit la Gazette hebdom., 3 décembre, et 1 opérée guérit.

D'ailleurs, n'est-il pas logique d'admettre également que, dans plusieurs de ces cas, une portion quelconque du stromà de 1 ovaire ait échappé au couteau du chirurgien dans le pédicule ou autrement, lors de ces ovariotomies pratiquées pour des dégénérescences de cet organe? Cette supposition est surtout probable dans ces ovariotomies doubles qui se pratiquent au simple toucher par le vagin, c'est-à-dire à 1 aveuglette, comme chez les animaux. Le docteur Kœberlé de Strasbourg a le premier suggéré cette idée de la persistance d un débris de l'ovaire pour expliquer une exhalation sanguine consécutive, car, si la conservation du moindre tronç0n d llterus sufm pour mfmif 1(j

debns d ovaire peut bien suffire également pour la provoquer. ^

Devant l'explication toute simple et naturelle de ces exceptions est-il nécessaire d'en faire des contradictions à a règle physiologique? Si la résection des trompes, dans le cas de M. filiaux, n'a pas empêché aux ovaires de provoquer le mohmen hémorrhagique mensuel , c'est que 1 influence sympathique de la maturité de l'ôvule suffit seule à cet effet. La trompe n'est indispensable que pour

la conduire flans l'utérus après sa fécondation. Dos femmes stériles par oblitération ou imperméabilité des trompes n'en sont ainsi pas moins réglées régulièrement. C'est pour ne pas avoir tenu compte de ces faits que des discoureurs, plus amoureux de la nouveauté que de la tradition, ont vu là une négation absolue de la loi physiologique, confirmée par des recherches et des études séculaires, et ont tenté de la renverser par des' suppositions plus ou moins bizarres.

Mécanisme. La découverte de cellules à cils vibratiles, disposées par bandes dans le péritoine de la grenouille à certaines périodes, par MM. Math. Duval et Viette, leur en a fait l'aire une application à la femme. On sait que le passage de l'ovule, de l'ovaire dans la trompe, est expliqué aujourd'hui par Y adaptation tubaire ; mais, chez nombre d'animaux et entre autres chez la grenouille, le pavillon de la trompe est fixe, rattaché par des ligaments tout en haut, au niveau du péricarde. Ici, par suite, il ne peut être question d'adaptation du pavillon venant coiffer l'ovaire. Or, en examinant des grenouilles femelles à l'époque du rut, on constate que le péritoine de la paroi abdominale antérieure présente des traînées de cellules à cils vibratiles, et, en déposant de la poudre de charbon sur cette surface, on voit que cette poudre est entraînée daus la région des orifices tubaires. Rien de semblable ne s'observe chez le mâle, tandis que ces cils vibratiles existent seulement chez la femelle, à l'époque du rut.

Il est donc bien évident que ces cils doivent servir au transport des ovules détachés de l'ovaire, et si l'on éprouvait quelque doute à ce sujet, en raison du volume de ces corps, il serait facile, en déposant des ovules sur la muqueuse pharyngienne, de se convaincre que des cils vibratiles quelconques effectuent très facilement leur transport.

On peut se demander si, chez les mammifères, il n'y aurait pas quelque chose de semblable, et si l'ovule, sorti en bavant de la vésicule de Graaf, ne serait pas recueilli par des cils vibratiles tapissant l'ovaire et dirigé ainsi jusque dans le pavillon, d'autant que Valdeyer a signalé l'existence de cils vibratiles sur le ligateur tubo-ovanque. On sait que la menstruation est accompagnée d'une série de phénomènes, de mues épitbéliales, notamment dans 1 utérus.

MÉTALLOTHÉRAPIE INTERNE

M. de Siuéty a aussi constaté la présence d'un épitliélium cylindrique à cils vibratiles, sur des tumeurs des ligaments larges et des kystes de l'ovaire qu'il a opérés. C'est donc en sacrifiant des femelles de mammifères, au moment du rut, que cette découverte pourra prendre quelque consistance. (Soc. de Mol.)

Influence sur les troubles visuels (voy. Ophthaliiologie).

Effets de la folie. Sur 200 aliénées de dix-sept à quarantesix ans, observées durant six mois consécutifs par le professeur Skene, 8 étant mortes, il n'y en eut que 27 sur les 192 autres qui étaient réglées régulièrement et normalement. Au contraire, 30 n'étaient pas menstruées du tout, et toutes les autres le furent très irrégulièrement, le plus souvent en moins et le plus rarement en plus. 37 seulement 1« furent sept à huit fois durant ces six mois d'observation.

La nutrition imparfaite des maladés rendait compte de l'aménorrbée dans la plupart des cas. Elle est ainsi plutôt conservatrice que morbide. Les troubles de l'innervation, l'anxiété sont aussi des causes de cette suspension. Les femmes menstruées régulièrement n'avaient qu'une folie douce, et la menstruation était atteinte proportionnellement au degré d'aliénation. La menstruation excessive est ordinairement due à des affections utérines et peut en être considérée comme un signe ; mais ces maladies sont rares et disparaissent souvent spontanément chez les aliénées. De là le peu d'attention à y donner dans les asiles. Elles exercent le plus souvent une influence salutaire sur l'aliénation, à moins que celle-ci n'en soit directement le résultat. L'exploration physique des aliénées ne peut d'ailleurs être faite qu'avec difficulté, à moins de recourir à l'éthérisation, ce qui entraîne des accidents nullement justifiés par les résultats obtenus. L'inhalation du protoxyde d'azote plus agréable, a parfois, au contraire, d'heureux effets' (Arch. de méd., février, et Boston med. and surg. journal novembre.) '

MÉTALLOTHÉRAPIE INTERNE. Action de contact Tant que l'application des métaux ou des aimants n'a été faite qu'à l'extérieur, sur la surface cutanée, on n'était fondé

MÉTALLOTHËRAPIE INTERNIi

g ùe voir dans ses effets qu'une action topique, locale Mille système nerveux ; mais quand on l'a employé à l'intérieur, suivant la seconde proposition du docteur Burq : « L'aptitude métallique étant connue, le même métal, administré à l'intérieur, doit déterminer les mêmes résultats que son application externe, » les mêmes effets en résultant, on n'osa plus les expliquer de même. (Voy. année 1877.) Aussi les commissions médicales nommées pour étudier scientifiquement ce mode d'action se sont-elles tenues constamment sur la réserve, aussi bien en 1878 qu'en 1877, malgré tous les faits favorables à cette action interne. Les désintéressés se sont seuls risqués à émettre une opinion à cet égard, et elle varie tant, elle est si vague, qu'il n'y a guère à en tenir compte. Ce sont ainsi de véritables courants électriques, d'après P. Regnard; des variations plus ou moins grandes de la tension électrique sur un point donné, d'après R. Vigoureux, et, d'après le professeur Scbiff, l'affinité durbytbme des vibrations moléculaires du métal avec les mouvements moléculaires de l'action nerveuse, pbénomène qu'il compare, pour être plus sensible, à l'influence d'une corde vibrante sur une autre corde. Rien de moins topique ni de saisissable, comme on voit, que ces explications écbappant absolument à toute démonstration.

Un jeune médecin, M. Garel, cbef de clinique à la Faculté de Lyon, a mis toutes ces bypotbèses à néant en démontrant, par un fait clinique minutieusement relaté et observé, que cette action s'exerce tout simplement à l'intérieur comme à l'extérieur, par contact immédiat. A un névropatbe de cinquante-quatre ans, entré à l'bôpital dans la clinique du professeur Lépine pour des accès d'angine de poitrine, avec des points d'anestbésie sur le côté gaucbe du cou, s'étendant autour de l'oreille et de l'épaule, se montrant très bien sensible à l'or, il administre, dans un cacbet, une feuille d'or métallique, avec ou sans la connaissance du malade, et le résultat est absolument identique sur le retour de la sensibilité. Il suffit même d'y substituer une feuille d'argent, à l'insu du malade, pour que l'anestbésie reparaisse immédiatement, tandis qu'elle cesse de nouveau, mais plus lentement, en reprenant l'usage des feuilles d'or à l'intérieur. Il n'y a donc pas à arguer ici de l'action obscure de sels plus ou moins insolubles. En vertu même de l'apho-

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risme : Colora non agunt nisi soluta, l'auteur ne peut voir aucune autre analogie entre l'action d'une pièce d'or sur la peau et l'etfet produit par l'administration interne d'une petite dose de chlorure d'or et de sodium qu'une simple action de contact sur les parois du tube digestif ou du moins sur leurs plexus nerveux terminaux.

Cette comparaison est Lien permise, d'après l'analogie embryologique du revêtement cutané et du revêtement intestinal Entre ces deux surfaces, il n'y a que des différences d adaptation. De là le nom de peau interne donnée à la muqueuse digestive. C'est le manchon retourné L'idée théorique de cette action de contact, en conduisant à l'emploi expérimental des feuilles métalliques, l'a ainsi con firmée. De même que la superposition de l'argent sur l'or à la surface de la peau, neutralise l'effet de celui-ci il eu est de même sur la muqueuse gastro-intestinale, pûiscrue 1 argent, introduit avant l'or actif, en a retardé et même neutralisé les effets. C'est l'identité même de l'action du métal mtuset extra et la justification de la préférence à accorder aux feuilles métalliques sur des sels métalliques solubles , dont on ne peut aussi bien prévoir ni mesurer 1 action d après leur absorption variable

Cette nouvelle méthode de la métallothérapie interne, employée par le docteur Cartier dans trois cas, a donné un résultat très remarquable chez une malade privée de la sensibdite et de la motilité dans tout le côté gauche depuis deux ans. On lui avait délivré un certificat d'incurabiliïé! fcn moins de deux mois, sous l'influence du bioxvde de cuivre a l intérieur à faibles doses, elle redevient sensible, se promené et quitta bientôt l'hôpital. (Lyon méd.)

Une autre malade placée dans le service de M. Boucaud,

îwî DieVt <ÏU1 ^ déjàPris du sir°P de chlorure d or et de sodium pour une anesthésie complète de toute a surface cutanée, prit une feuille d'or en cachet. Dès le lendemain il y avait de la sensibilité à l'hypogastre et au niveau de la racine du nez. Elle s'étendit ensuite° aux membres; mais des troubles généraux : céphalalgie, fièvre vo missements étant survenus dès le cinquième jour, comme £ec la médication précédente, on put conclure à identffé 111 deux médications. »««Mttrce

Ces faits témoignent donc que les métaux donnés m m

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ture à L'intérieur, agissent par simple contact comme sur la ucau : phénomène de nature probablement électrique, qui n'a rien de commun avec les phénomènes physiologiques d'un composé chimique correspondant, puisque deux métaux contraires se neutralisent simplement, sans aucune action sur le système nerveux. {Revue mens., juin, n° 6.)

MOELLE ÉPINIÈRE. La réunion des nerfs après leur division et le rétablissement de leurs fonctions motrice et sensitive viennent de suggérer des expériences curieuses pour savoir s'il en était de même de la moelle. L analogie de tissu permettait de l'admettre, et l'on a déjà montre sur les animaux inférieurs que le cordon spinal peut se réunir après sa division. Eichorst, en expérimentant sur de très jeunes chiens, est parvenu au rétablissement partiel de sa fonction, dans un assez court espace de temps.

Chez trois jeunes chiens, la moelle epiniere fut divisée entre la région dorsale inférieure et la partie lombaire supérieure. Une paralysie complète, motrice et sensorielle, en résulta aussitôt, dans toutes les parties au-dessous de la section avec mouvements réflexes très sensibles Les plaies ment traitées antiseptiquement avec le thymol. L un des ammaux mourut le vingt et unième jour, sans retour de la moUlité ni de la sensibilité. L'examen nécrops,que mo iira qu'il n'y avait pas la moindre tendance de régénération des parties divisées. Les extrémités étaient à 3 millimètre d^ distance, avec une substance gélatineuse d'un gris translucide au centre et en contact avec chaque extre-

U1 et tissu intermédiaire était composé de grosses cellules rondes formant des noyaux très profondément colore narle caimhi, entourées de granules interstitiels qui s résolvaient à 'uu grossissement considérable, en granulation Tendres avec de nombreux capillaires ayant leurs pai ois adventices et traversés de nucléoles allongés Aucun trace des éléments nerveux n'y fut découvert; c était M ssu cicatriciel analogue à celui de la névroglie. Les neifs ^ Pxtrémités inférieures étaient sans altération.

U ^ou i des mouvements volontaires eut lieu chez le U^1Tn * la fin de la quatrième semaine. 11 put graS

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