‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales (volume 2)Chapitre 115 sur 149 · PNEUMONIE · texte numérisé non relu

PNEUMONIE

après avoir éprouvé un violent refroidissement, perçut à l'auscullalion un murmure respiratoire fort, dur, puéril en un mot, dans un point limité du poumon, sans matité ni crépitation avoisinante. Le lendemain, tous les signes physiques de la pneumonie existaient dans le point signalé la veille. Jamais il n'a rencontré la diminution respiratoire signalée par M. Grisolle. {Lancei, février.) C'est donc à déterminer exactement quel est celui de ces deux signes qui peut être considéré comme prémonitoire de la pneumonie.

Alcooliques. Sur 34 malades atteints de pneumonie soumis à ce traitement par M. Béliier, '21 ont guéri. Des 7 malades qui ont succombé à l'entrée à l'hôpital, deux fois l'hépatisalion était arrivée au troisième degré, et trois fois la pneumonie s'était déclarée chez des phthisiques déjà parvenus à la troisième période. Le sixième était atteint d'une bronchite généralisée et de diarrhée, concurremment avec sa pneumonie, parvenue à l'état d'hépatisation rouge fort étendue, et se rapprochant de l'aspect de l'hépatisation grise sur certains points. L'insuccès semble donc étranger au traitement.

Parmi les autres malades, \ 0 offraient surtout des formes ataxo-adynamiques très-graves. L'alcool a fait cesser le délire, tomber le pouls, abaisser la respiration et déterminé souvent une transpiration abondante, malgré laquelle les forces se relevaient sans déterminer jamais le moindre signe d'ivresse.

Le mode d'administration consistait en 100, 150, 200 et même 300 grammes d'eau-de-vie ordinaire étendus dans 80 à 120 grammes d'eau édulcorée. Une cuillerée à bouche de ce mélange était donnée toutes les deux heures aux malades qui ne savaient même pas ce qu'ils prenaient. Huit de ces malades ont pris alternativement une cuillerée d'une solution de 8 à 22 grammes d'acétate d'ammoniaque dans 150 grammes de véhicule sans que l'on ail observé aucune influence bien notable de cette addition.

L'eau-de-vie a puissamment contribué, suivant M. Béhier, à sauver plusieurs des malades gravement atteints chez lesquels elle a été employée seule sans qu'aucun fût adonné à la boisson. On est, en effet, disposé à l'admettre, quand on sait combien une pneumonie est dangereuse chez les sujets de soixante-six, soixante-huit, soixante-dix ans, lorsqu'elle est accompagnée surtout de prostration profonde et de délire. Plusieurs des ras

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dans lesquels ce traitement a été appliqué étaient désespérés. [Bull, de thérapeut )

Pneumonie épldéml<ïue. Une épidémie de ee genre, asse? commune en Islande, a été observée et relatée par M, Hjaltelin en 4 863 {Edinb. med. Joitrn., 1864). Il l'attribue à un excès d'ozone. En pratiquant une petite saignée au début et en donnant le calomel à l'intérieur, il n'a eu qu'une faible mortalité malgré la malignité de la maladie quand les malades restaient sans soins. Ainsi, dans un village de 1200 âmes, sur 24 malades, il y eut 17 décès; \\ sur 19 malades dans une autre localité de 900 âmes, et dans une troisième, de 800, sur 14 malades, presque tous succombèrent.

Pneumonie pendant la grossesse. Au point de VUe du pronostic, l'époque de la grossesse est indifférente pour sa gravité, suivant M. Verrier. L'avorlement avant le septième mois n'est pas plus certain que l'accouchement prématuré après. Si l'avortement survient, c'est à la pneumonie seule qu'il faut l'attribuer et non au traitement.

Sous ce rapport, on doit donc traiter la pneunrionie de la femme dans la grossesse, comme dans les conditions ordinaires de la vie, sans perdre en çjj^ctation un temps précieux. {Acqd. de méd., octobre.) ,

Anatomie pathologique deS diverses espèces de pneumonie aiguë ou chronique, par le docteur V. Cornil, avec 9 figures intercalées dans le texte. Brochure de 24 pages. Germer Baillière. ^

Ce travail, lu à la^Soîiété médicale d'observation, est un exposé de re.\amen anatomo-nviçroscopique fait par l'auteur selon la manière allemande. Il divise ainsi les pneumonies en intravésicuiaires ou parenchymateuses et extra-vésiculaires ou interstitielles, suivant leur siège, comprenant chacune plusieurs variétés, dont il donne les caractères anatomo-microscopiques différentiels.

POLYPES. Polypes laryngiens Trachéotomie. Un noqveau succès a été obtenu par MM. Ulrich et Lewin, de Berlin, - par la trachéotomie, qu'ils croient par erreur n'avoir été pri}liquée jusqu'ici en pareil^^^g^ue par MM. Erhmann et Pirogoff. Il faut ajouter au moines' ceux de MM. Debrou, Boeckel etGibb. (Voy. Dictionnaire, 1864 ) Dans celui-ci, le polype s'insérait

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sur la corde vocale gauche, el était assez volumineux pour rendre la respiration laborieuse et déterminer une aphonie complète. Une canule placée pour faciliter la respiration n'ayant produit aucun résultat, le cartilage thyroïde fut divisé et la canule enlevée, les polypes, car il y en avait deux, furent saisis à l'aide du laryngoscope et excisés avec les ciseaux. Ils avaient ensemble le volume d'une châtaigne. Le point d'insertion fut cautérisé et la canule réintroduite, puis enlevée définitivement le deuxième jour; la respiration s'exécutait librement. Mieux que dans b cas de M. Erhmann, la jeune fille recouvra aussitôt la voix et put parler distinctement quoique un peu bas. {Wiener med. Wochensclir. , février.)

Chez une jeune fille de seize ans ayant depuis plusieurs mois une voix rauque, enrouée, et du ronflement, surtout la nuit, le docteur Gilewski (de Cracovie) découvrit, à l'angle antérieur de la glotte, trois excroissances polypeuses mucoso-charnues grosses comme des pois. Dans l'impossibilité d'y appfiquer des ligatures pour les exciser, il soumit la malade à î'anesthésie, et, au mois de décembre dernier, à la trachéotomie du premier et du deuxième anneau seulement. 11 exécuta ensuite la division du cartilage cricoïde et de la membrane crico-thyroïdienne jusqu'au bord inférieur du cartilage iHyroïde. Il découvrit aussitôt les excroissances polypeuses qui semblaient flétries, pâles, diminuées de volume, et comme revenues sur elles-mêmes. Il en pratiqua facilement l'excision avec des ciseaux. Une syncope fut le seul accident de cette opération. La réunion ne fut pas immédiate; la suppuration comoignça dès le quatrième jour , et la cicatrisation ne fut complète qu'à la troisième semaine.

A part quelques difficultés dans la déglutition, il ne survint aucune complication. A mesure que l'ouverture du larynx se fermait, se cicatrisait, la voix devenait plus distincte, et elle avait regagné toute sa force et sa clarté primitive trois mois après l'opération. [Wiener med. Wochenschr., juin et juillet.)

Voici donc un nouveau fait ajouté à ceux de MM. Ehrmann, Rauchfuss et au précédent, qui témoignent contre celui de M. le docteur Debrou, de l'innocuité de la trachéotomie en pareil cas. Si, comme l'auteur le fait remarquer, la division du cartilage thyroïde chez les personnes âgées peut présenter de sérieuses difficultés et entraîner une périchOTidpile et même la suppuration du cartilage — crainte qui semble exagérée — et si l'ossification de ce cartilage la contre-indique môme, il n'est pas

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moins vrai qu'elle est parfaitement applicable chez les jeunes sujets. Ainsi s'établit, par la pratique, le pour et le contre de cette opération dont M. Ehrmann a été l'un des promoteurs. M. Gibb vient de la défendre avec bien plus de force en en faisant un historique complet devant la Britisli médical Association. Aux quatre cas signalés avant l'emploi du laryngoscope, savoir: ceux de Brauers, de Louvain, Ehrmann, Buck, de New-York, et Pirogoff, de Heidelberg, il ajoute les dix suivants publiés depuis l'usage de cet instrument :

Buck, de New-York, 15 avril 1862, homme de vingt-cinq ans.

Rauchfuss, de Saint-Pétersbourg, avril 1862, jeune femme. Sands, deNevf-York, février 1 863, jeune femme de trente ans.

Busch, de Bonn, juin 1863, homme de quarante-trois ans.

Ceux de MM. Debrou, Boeckel, Gibb, Ulrich et Lewin, de Berlin, bien connus et publiés depuis peu, ainsi que le précédent et celui du docteur Gouley, de New- York, février 1863, fille de six ans, dont l'observation est encore inédite.

Or, de ces quatorze faits, voici la solution comme critérium de l'utilité de celte opération :

Le premier, opéré par Brauers en 1834, a succombé dernièrement à un squirrhe.

Celle de M. Ehrmann a survécu sept mois , parfaitement guérie, quoique aphone, et a succombé à une fièvre typhoïde.

Celle du docteur Buck, opérée deux fois en 1851 pour un cancer épithélial du larynx, survécut treize mois aphone.

Les renseignements manquent sur le cas de M. Pirogoff.

Quant au second opéré du docteur Buck, il est encore en parfaite santé.

Celle de M. Rauchfuss est morte deux ans après de gangrène du poumon.

Celle du docteur Sands, qui avait regagné sa voix, a succombé vingt-deux mois après à un cancer des capsules surrénales, le larynx ayant été trouvé parfaitement libre à l'autopsie.

Celui de M. Busch est encore vivant et aphone.

On sait que celui de M. Debrou est mort au septième jour.

Celle de M. Boeckel paraît avoir succombé à une phthisie quelques semaines après sans avoir recouvré la voix.

Dans les deux cas rapportés ci-dessus, les opérés vivent et parlent.

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Ceilo (lu docteur Gouley est restée apliono, quoique guérie. IBrilish vied. Joitrn., n" 248.)

Do tels résultats sont assez clairs pour se passer de commentaires; on peut dire que la cause de celte opération est défitiitivement gagnée à la science.

Appelé par M. Maisonneuve à démontrer aux élèves do sa clinique le maniement du laryngoscope, M. le docteur fid. Fournié a présenté un malade offrant un polype, gros comme une aveline, sur le bord de la corde vocale inférieure gauche, gênant l'émission delà voix et qui pouvait à la longue, en augmentant de volume, mettre un obstacle sérieux à la respiration. Une dépression ulcérée, résultat de la pression du polype,- existait sur le bord de la corde vocale droite.

Pour rendre les élèves témoins du phénomène , M. Fournié a employé une lumière peu connue à cause de sa cherté (1 fr. 25 par minute), mais dont l'intensité est comparable à celle de la lumière électrique. C'est la lumière an magnésium. Au moyen de la lampe si ingénieuse de M. Mathieu-Plessy, les rayons lumineux sont projetés sur le miroir placé au fond de la gorge, qui les renvoie dans le larynx et la trachée ; ces parties, se trouvant ainsi éclairées, viennent refléter leur image sur le miroir ; mais cette image est petite, car le miroir a 2 centimètres de côté environ. En plaçant une lentille biconvexe à long foyer devant la bouche du malade, l'image s'est trouvée grandement amplifiée, et tout le monde a pu la distinguer de quelques mètres.

Ces deux applications de la science au diagnostic des maladies présentent un double intérêt, en ce que, par l'intensité de la lumière, la lésion la plus légère située dans les voies respiratoires ne peut plus échapper aux investigations du médecin. Au point de vue de l'enseignement, l'emploi d'une lentille grossissante est une idée ingénieuse qui servira à vulgariser un moyen de diagnostic et de traitement qui n'est pas encore assez connu. Voy. Spéculum.

Polypes naso-pharyngiens. Nouvelles méthodes d'extirpation. A l'occasion d'un jeune garçon de dix-sept ans, qui s'est présenté à la consultation de l'hôpital Saint-Louis, avec une masse polypeuse énorme, remplissant la cavité naso-pliaryngienne, et refoulant en avant le voile du palais de manière à appliquer la face postérieure de la Iqette sur la face supé-

Heure de la langue, et faisant siiillie dans la cavité buccale, M. A. Guérin se décid'O pour l'opércalion, bien que le pronostic fût grave et le résultat incerltjin. Craignant ppur le malade déjà profondément, débilité les suites d'une grande mutilation, il ne put se résoucjre à extirper le maxillaire supérieur, ni à détruire la voûte palatine. Après avoir fendu le voile du palais, il attire fortement la tumeur à travers cette fente, puis, avec des ciseaux, il en coupe le pédicule et amène ainsi une masse considérable. Mais, portant plus haut le doigt indicateur, il rencontre une nouvelle masse non moins volumineuse que la précédente, enchalonnée dans les fosses nasales, impossible à limiter, se prolongeant sans doute dans les sinus sphénoïdaux, peut-être dans la cavité crânienne. Prenant rapidement parti pour terminer l'opération, M. Guérin porta l'indicateuc gauclie derrière le voile du palais, très-peu sensible chez les individus à polypes naso-pharyngiens, introduisit d'autre part, à travers la narine, d'avant en arrière, une lame détachée des ciseaux qu'il a sous la main, et s'en servit pour énucléer rapidement toute la piasse comprise entre son indicateur et cette lanie; employant celle-ci, tantôt en guise de levier, tantôt en guise de rugine, pour ruginer les os de la base du crâne. L'énucléation se fit avec rapidité, non sans peine ni sans faire craque les os, et le doigt, promené ensuite sur le . lieu d'implantation de la tumeur, pénétrait dtins une cavité pouvant loger une grosse noix et constituée probab'ement par la dilatation des sinus sphénoïdaux. L'hémorrhagie, assez considérable, s'arrêta, et le malade, débarrassé de l'énornie tumeur qui l'empêchait de respirer, sentit, à l'instant même, un bien-être depuis longtemps inconnu.

Parcette nouvelleméthode qui épargne de graves et effrayantes mutilations, la dénudation des os par la ruginaiion ne doit pas inquiéter, car le tissu osseux se recouvre rapidement de bourgeons charnus qui réparent complètement les pertes de subr stance. Elle est indispensable, d'ailleurs, pour enlever toutes les racines polypeuses qui, s'implantant sur le tissu fibreux qui tapisse les os, reproduiraient nécessairement et promptement le polype si l'on ne les détruisait avec le tissu qui leur sert de support. N'est-ce pas, du reste, ce que l'on cherche à faire par la cautérisation actuelle, beaucoup plus effrayante et peut-être moins efficace que la rugination ? — Le malade opéré depuis cinq à six semaines, ne présente plus, aujourd'hui, qu'une

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très-petite dénudalion des os qui ont été ruginés, et qui sont maintenant presque complètement recouverts par les exsudais plastiques, comme s'en sont assurés, séance tenante , plusieurs membres de la Société de chirurgie. Si donc elle réussissait à s'établir et à se généraliser dans la pratique, elle constituerait évidemment un progrès considérable dans le traitement des polypes naso-pharyngiens.

Outre une revendication de priorité de MM. Borelli de Turin et Letenneur de Nantes, M. Dolbeau conteste la nouveauté et l'efficacité de ce procédé. Le fait produit est insuffisant et manque de détails, La nature du polype, le volume exact de son pédicule ne sont pas décrits. Faire manœuvrer une rugine à travers les fosses nasales, c'est déjà une opération difficile sur la table de dissection, comme ruginer la base du crâne sur le vivant. D'ailleurs, la guérison n'est pas assurée, certaine. De tous les procédés connus jusqu'ici, M. Dolbeau donne la préférence à l'éleclrolytie employée par M. Nélaton, (Yoy. année 1864. j

Dès l'année dernière, M, Legouest s'était engagé dans la même voie, en substituant aux méthodes actuelles une méthode permettant d'éviter des mutilations irrémédiables. Parlant de ce principe que les polypes naso-pharyngiens sont des maladies du jeune âge, dont on a le droit d'espérer la cure définitive lorsqu'on a le soin de se ménager les moyens d'en surveiller et d'en réprimer la reproduction, en laissant, pour ainsi dire, une porte ou une fenêtre constamment ouverte, par laquelle on peut voir ce qui se passe et intervenir autant de fois qu'il est nécessaire jusqu'à la cessation finale des récidives, M. Legouest fait une incision qui, du grand angle de l'œil, s'étend jusqu'au bord de la lèvre supérieure qu'il respecte; celte incision met à nu les os de la paroi externe des fosses nasales qui est ensuite défoncée par l'opérateur. On a ainsi un large espace ouvert jusqu'au grand angle de l'œil et dans lequel on peut faire manœuvrer une pince courbe, saisir le polype, l'arracher, en extirper toutes les racines, arracher des fragments osseux, s'il est nécessaire, pour être bien sûr d'enlever tout le mal, La plaie n'est pas réunie; on laisse ainsi une porte ouverte par laquelle l'œil ou le doigt peuvent pénétrer. Si le polype récidive, ce qui est le cas ordinaire, on peut alors, sans autre délabrement, procéder à une nouvelle extirpation, et ainsi de suite jusqu'à cessation complète de récidive. Une pince très-fortement recourbée, à mors triangulaires

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et mousses, s'introduisant séparément jusqu'à la partie supérieure de la narine où on les articule et où on les serre ensuite sur la masse polypeuse prise entre eux, sert à cet effet.

On la laisse en place ; le polype tombe au bout de quelques jours. On recommence, s"ily alieu, celte petite opération jusqu'à ce que les progrès de l'âge chez ces jeunes sujets viennent mettre un terme aux récidives et l'on arrive ainsi à la cure radicale et définitive des polypes naso-pharyngiens, en évitant des mutilations irrémédiables. {Soc. de chirurgie, novembre.)

Une nouvelle pince à deux branches fenêtrées a été fabriquée par M. Mathieu. C'est une tige à maillots brisés dans la partie courbe qui se termine par deux branches à ressort. Elle est maintenue dans une gaîne pourvue d'une rondelle qui sert de point d'appui à l'opérateur pour la faire avancer ou reculer, et ouvrir ou fermer ainsi les branches. Le polype saisi, l'opérateur n'a plus qu'à opérer un mouvement de torsion et de traction sur le manche. Cette manœuvre permet d'extraire le polype en le pédiculisant et met à l'abri des hémorrhagies.

En modifiant la forme et les dimensions de celte pince, elle pourrait servir aux polypes pharyngiens et utérins. {Âcad. de méd. , mars.)

Polypes nasaux. Conformément aux indications toutes modernes de la résection temporaire, M. Gosselin l'a employée dans un cas de polype épithélio-glandulaire récidivé de la fosse nasale et de l'orbite à droite pour en détruire plus sûrement la racine. Une première incision verticale est conduite de la racine du nez vers la partie antérieure de la narine; une ■seconde, transversale, partant du même point, est dirigée jusqu'au grand angle de l'œil. L'os du nez est coupé verticalement avec la pince de Lislon, puis rejeté en dehors avec une partie de la branche montante du maxillaire, qu'il suffit de renverser avec force pour la briser. Toute la masse polypeuse j put ainsi être facilement arrachée par cette voie, et sa surface d'implantation sur la lame criblée raclée avec la rugine.

Un détail qui a rendu cette manœuvre plus libre et plus prompte a élé le tamponnement de l'orifice postérieur de la fosse nasale, pour éviter les inconvénients de la chute du sang dans le pharynx. L'opéré n'a pas avalé ainsi une seule goutte de Bang, et n'a pas gêné ni suspendu l'opération par le besoin de cracher et de projeter le sang pendant l'expiration.

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Une réunion immédiato parfaite a eu lieu au moyen de siilures mélalliqaps maintenant lo lambeau osseux et cutané. [Gas. des hôp., n" 4 2.)

Polypes de l'orcillo. Leur danger est mis en évidence par lofait suivant, enregistré sous le litre d'Abcès du cervelet in The med. Mirror. Un garçon de dix-neuf ans, pâle, avait élé triiilé jusqu'alors pour un polype de l'oreille gauche, cl plusieurs fragments en avaient été extraits, lorsque M. Edwards, s'apercevant d'une hésil,alion dans la marche, refusa toute nouvelle tentative chirurgicale. Aussitôt, le malade est pris de frissons, et une douleur se déclare dans l'oreille et dans le front. Une application de sangsues la calme, mais des napsées surviennent et le malade ne peut rester debout. Céphalalgie très-intense, puis convulsions avec strabisme extrêmement prononcé. Un vésicaloire à la nuque amenrie ces symptômes.

Deux jours après, nouvelles convulsions, douleurs plus vives, déglutition difficile, coma, accidents qui disparaissent et reviennent alternativement jusqu'à la mort.

Tout le cerveau est sain, mais, en enlevant je cervelet, on voit sourdre un pus épais d'une petite ouverture capable de loger un crayon, et qui conduit à un abcès contenant 8 grammes de pus et occupant le centre du lobe gauche du cervelet. La partie supérieure et postérieure de la portion pétreuse du rocher est cariée. Il ne reste plus du polype que quelques petites masses adhérentes à la membrane du tympan. On trouve du pus dans la caisse du tympan, dans le vestibule et les canaux demi-circulaires.

Le polype développé sur la membrane du tympan a donc bien été ici la cause par continuité de l'abcès du cervelet et par suite de la mort. Enseignement pour tenter de les détruire de bonne heure sur place, non par arrachement, trop généralement employé, et qui peut produire les plus grands désorr dres, mais par la ligature avec un fil de platine, comme M. Bonnafonl l'a pratiquée avec succès dans deux cas. (Voy. 4" année.)

Polypes fin cœur. Voy. Coeor.

POULS. M. Cornil a constaté par des tracés sphygmographiques qu'il est en général faible et dicrote quand la respiratioo

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est gênée par une pneumonie, des tubercules, un emphysèrpe, un épanchement pleurélique, etc. Le summum de hauteur de la diastole est très-peu élevé, et le Iracé présente des ondulations correspondant à chaque mouvement respiratoire. Ainsi, dans (rois cas d'épanchement qu'il relate avec figures, il suffit de pratiquer la thoraoocenlèse pour voir aussitôt le pouls se relever en se ralentissant et correspondre ainsi avec une plus grande facilité de la respiration. Une saignée dans certains cas de pneumonie, produit absolument le même effet. Preuve que cette modification du pouls est bien sous l'influence de la respiration.

Comme M. Marey, l'auteur explique la faiblesse et le dicrolisme de la pulsation dans ces cas par la moindre quantité de sang lancé à chaque systole du cœur gauche et la tension et l'élasticité moindres des artères qui en sont la conséquence. Sous l'influence d'une maladie du poumon qui supprime la fonction d'une partie plus ou moins considérable de cet organe, l'hématose ne peut plus se faire que sur une quantité de sang veineux plus petite qu'à l'état normal, nonobstant la vitesse augmentée des battements du cœur. Il en résulte que d'un côté le sang noir stagne et s'accumule dans le système veineux périphérique et que, de l'autre, le cœur gauche reçoit moins de sang arlérialisé, d'où la faiblesse et le dicrotisme des pulsations artérielles. [Soc. de biologie, décembre 1864.)

Pools veineux. Son existence dans l'insuffisance tricuspide a été rappelée par MM. Seidel et Geigel par des observations très-concluantes et confirmées par l'emploi du sphygmographe. Ainsi, chez une femme de soixante-treize ans, les jugulaires internes présentaient des pulsations très-marquées. Le foie hypertrophié descendant jusqu'à la crête iliaque était soulevé par des pulsations manifestes appréciables à la vue, lorsque la malade était tournée à gauche. Le stéthoscope ne révélait aucun bruit anormal comme signe négatif de l'anévrysme. Les tracés obtenus à l'aide du sphygmographe levèrent tous les doutes, car les pulsations du cou, conime celles du ventre, étaient semblables et présentaient le dicrotisme systoiique qui, d'après les recherches récentes de M. Bamberger, est le caractère distinctif du pouls veineux, tandis que le dicrotisme normal des artères coïncide avec la diastole (Pfî<rz6. werf. Zçilschr, et Àrch. de mM., novembre 1 864.)

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