‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales (volume 2)Chapitre 123 sur 149 · PULVÉRISATION · texte numérisé non relu

PULVÉRISATION

et celle impression d'air humide sur les voies pulmonaires est Irès-favorable dans cerlaines maladies.

Conlrairement à ce qui s'observe quand les eaux sont prises à l'intérieur, la pulvérisation, au lieu de faire sentir tout d'abord son action sur l'économie en général et de lui imprimer une vitalité plus grande, porte surtout son action excitatrice sur les organes le plus immédiatement en contact avec elle, et cet effet persiste à de très-rares exceptions près. Ainsi, dans les diverses affections de la muqueuse des voies aériennes, dépendantes d'un défaut ou d'une exagération de sécrétion, on voit survenir plus promptement que par la méthode ordinaire des phénomènes qui ne se produisent le plus souvent qu'après un certain nombre de jours; il suffit quelquefois d'une séance de pulvérisation pour ramener chez quelques personnes la maladie à l'état subaigu, état par lequel elle passe le plus ordinairement pour arriver sinon à guérir, du moins à être modifiée. Le mode d'action de la pulvérisation est donc d'ôtre essentiellement locale, différence utile à indiquer.

Indépendamment de cette stimulation locale, l'atmosphère d'eau pulvérisée ralentit les battements du cœur à tel point chez certains individus, que la syncope serait complète si la séance se prolongeait davantage. Il faut donc avoir grand soin de se rendre compte de l'état du cœur avant de conseiller le séjour dans la salle de pulvérisation, et sans qu'il faille absolument proscrire ce moyen en cas d'affection du cœur, il est de toute nécessité d'en surveiller l'emploi. L'usage çlo l'atmosphère pulvérisée déterminait chez un malade très-re^rfet, atteint d'une bronchite asthmatique compliquée d'un état graisseux du cœur, une sédation telle de ses battements, que son pouls qui, avant son entrée dans la salle, indiquait 11 à 76 pulsations à la minute, ne battait plus en sortant que 60 à 54. Il fallut ainsi lui en interdire l'usage.

La plupart des malades interrogés par M. de Puisaye disaient éprouver tout d'abord un sentiment de bien-être tel qu'il étaij souvent difficile de les empêcher d'oulre-passer l'ordonnance; mai» plus d'une fois, en raison même de la stimulation produite, on doit conseiller de ne pas prolonger les séances outre mesure et laisser entre elles un intervalle suffisant.

L'atmosphère pulvérisée paraît donc avoir non-seulement une influence sédative sur la circulation générale, mais encore une action hyposthénisante tantôt éphémère, tantôt plus ou

p'uLVÉUlSAtlON.

moins durablë, suivant la nature de la maladie sur certains phénomènes locaux résultant, soit d'une éxcitation capillaire locale, soit d'une perversion de l'influx nerveux.

Un autre phénomène observé plusieurs fois, c'est une céphalalgie indépendante de toute modification dans la circulation: céphalalgie particulière occupant exclusivement les deux régions temporales et s'accompagnant. quelquefois d'anorexie. On peut l'attribuer a l'influence toxique de l'hydrogène sulfuré; deux fois ces phénomènes d'intoxication se sont montrés d'une manière très-prononcée. Ainsi, les malades se sont trouvés mal dans la salle, il a fallu les transporter au grand air, les frictionner, leur faire respirer un peu d'ammoniaque; ces effets se S'oiit reproduits en diminuant d'intensité chaque fois que le traitement était repris; il faut donc tenir comple de cet accident qui peut se renouveler chez les personnes très-impressionnables à l'action de l'acide sulfhydrique.

Chez plusieurs malades, un très-grand nombre de névralgies de la cinquième paire ont été notées; ainsi l'œil, la langue, l'oreille, les dents ont été simultanément ou isolément atteintes. Elles ont été attribuées au milieu comparativement frais où se trouvent les malades dans la salle d'inhalatiorî, car elles s'observaient aussi bien chez ceux qui faisaient exclusivement usage de l'atmosphère pulvérisée que chez ceux qui n'employaient que la douche pharyngienne.

Cet abaissement de température est dans bien des circonstances un des inconvénients pour ainsi dire inséparables de la pulvérisation ; car, plus la pression est grande, plus la pulvérisation est complète, et plus aussi les particules d'eau qui sortent des pulvérisateurs tendent à se mettre en équilibre avec le milieu ambiant. La caléfaction de l'eau au bain-marie n'y remédie que très-imparfaitement, et c'est sur l'atmosphère ambiante qu'il faut porter toute son attention pour éviter une réfrigération trop prompte. Mais si cet abaissement de lempé^ tature est nuisible à certains malades, il en est d'autres qui se trouvent très-bien au contraire de cette atmosphère humide et fraîche. 'Voy. Phthisie.

Aciion Ihérapeulique. Sur 566 malades soumis à l'usage partiel ou exclusif de l'inhalation et de la pulvérisation de l'eau sulfufouse d'Enghieii, depuis qualte atis, par M. de Puigaye, il y avait :

l>ULVÉklSATlON.

Plithisie au premier degré

38 cas.

Asilime

Amygdalites diverses

Laryngite catarriiale

Bronchites

Pharyngite catarriiale

au deuxième degré au troisième degré

compliquée d'hcrpélisme spasmodique

compliquée d'Iierpclismc

coïncidant avec tm élut rluunatismal . .

De ces faits nombreux il résulte : 1 " que l'inhalation sulfureuse aussi bien que la pulvérisation, dans l'état physiologique comme dans l'état pathologique, a une action directe sur la muqueuse des voies aériennes, soit en excitant, soit en modifiant la sécrétion .

En dehors de cette action spéciale sur la muqueuse qui lui est commune, du reste, avec les autres modes d'emploi deâ eaux sulfureuses, l'inhalation, par son action sédative sur la circulation centrale, peut déterminer, lorsqu'elle est trop prolongée, des céphalalgies, des syncopes, voire même des phénomènes d'intoxication.

2° En raison de son influence sédative sur la circulation, l'inhalation sulfureuse peut être conseillée avec quelque avantage au premier degré de la tuberculisalion alors qu'il y a hémorrhagie ; sans apporter, à ce degré de la maladie, aucune modification dans l'intensité de la toux. A une période plus avancée, lorsqu'il y a ramollissement, l'inhalation a paru déterminer une stimulation trop vive du foyer, ce qui, dans certaines formes de la tuberculisation,doit contre-indiquer son emploi.

3° Dans la bronchite, la pharyngite, la laryngite de nature calarrhale, on obtient de l'atmosphère pulvérisée des effets et des résultats analogues à ceux des autres modes d'emploi des eaux sulfureuses ; ils en diffèrent seulement par leur promptitude à se manifester, et quand il n'y a pas de complications dia-

constituer à elles seules tout le traitement.

4° A l'inverse de ce qui arrive par la toux chez les phthisiques, la toux de la bronchite catarrhale, sèche ou spasmodique, ainsi que celle des diverses espèces de pharyngite, se trouve profondément modifiée par Tinhalalion sulfureuse; il en est de même de la toux hystérique, dés accès de coqueluche et de la dyspnée chez certains asthmatiques.

thésiques, l'inhalation sulfureuse

peuvent

PULVÉHISATION.

5° Enfin la douche d'eau pulvérisée aussi bien que l'inhalation sulfureuse sont appelées l'une et l'autre à rendre do très-grands services dans le traitement des diverses espèces do pharyngite ol d'amygdalite chroniques, (Arn. de la Soc. liydroloaie méd t t. XI.) ^ ' j

Douches capillaires. Un nouvel appareil destiné à cet usage imaginé par le docteur de Laurès qui l'a souvent utilisé à Néris a été construit par M. Mathieu. Il se compose :

1" D'un vase de cristal dans lequel on verse par un entonnoir le liquide simple ou médicamenteux qui peut être employé à des températures variées; 2° d'un corps de pompe portant un clapet au point où il s'adapte avec un tube d'aspiration: 3° d'un levier destiné à faire, à l'aide du piston, la pression immédiate sur le liquide ; ce levier se dévisse à volonté ; i° d'un tube emmanché sur le corps de pompe et se terminant en hautul par un pas de vis destiné à recevoir différents ajutages (ajutage fixe, tube d'étain, etc.) perforés pour le passage de l'eau. La manœuvre de cet instrument est facile, et il se prêle à une graduation facultative qui en favorise les applications. En les muiti- -| pliant, la simplicité du mécanisme le met à l'abri des détériora- -I tions que l'on observe fréquemment dans les appareils de ce genre; il ne présente aucun danger d'explosion, la pression agissant directement sur le liquide.

Employées au moyen de cet instrument dans plusieurs cas de névralgie opiniâtre et de paralysie, dans les divers hôpitaux i de Paris, les douches capillaires ont été aussi efficaces qu'à Néris. . [Acad. de méd., mai.) Voy. Névralgies, Rétent. d'urine.

Les poussières liquides, lorsqu'elles sont grossières, ne pénè-;trant pas dans les tubes coudés ou courbes sans que ses particules liquides s'attachent aux parois selon les expériences de . M. Sales-Girons, il a fait construire par M. Charrièro un nouveau i pulvérisateur, il faul àive alomisateur selon la réforme anglaise, qui produit le liquide sous la forme de nuage ou de fumée, telle- ment que la main placée dessous n'en est pas mouillée. La pé- ■• nélration en est ainsi facilement profonde. M. Gavarret a donc ' pu dire en le présentant à l'Académie de médecine (février), que # ce perfectionnement était le but final de l'inhalation des voies respiratoires. Il est en effet une réponse péremptoire pourceux ■ qui nient la pénétration des liquides par la pulvérisation. Car nul ne peut nier que sous forme de fumée, les corps ne s'in- -

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