‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales (volume 2)Chapitre 139 sur 149 · TA^NIN · texte numérisé non relu

TA^NIN

Semences de ciirouilles. Deux nouveaux cas, recueillis par M. Desnos à Lariboisièrc et à Beaujon, témoignent de l'cfficacilé laBnifuge de ce produit de la malicro médicale indigène sans recourir à divers remèdes p!us ou moins coûteux et exotiques : le kousso, l'écorcc de racine de grenadier, etc. Là où le kousso échoue après avoir causé des coliques atroces, la citrouille réussit immédiatement comme dans l'un de ces cas. Il suffit d'administrer 40 gramn)es de graines de courge en émulsion, ou autrement, suivi d'un purgatif d'huile de ricin pour que le lœnia soit rendu entier. ( Bull, de ihcrap., n" 8.) Cet anlhelminthique est surtout précieux pour tuer les lombrics chez les enfants.

TAILLE. A mesure que l'on s'éloigne de l'invention de la lilhotritie, qui, dans l'enthousiasme bien naturel qu'elle a excité, a été appliquée à tous les cas de pierre dans la vessie comme pour en connaître, en expérimenter la portée, la valeur, la taille reprend ses droits un instant méconnus, el les chirurgiens s'appliquent de plus en plus à en déterminer bien exactement les indications. M. Bonafos, médecin de l'hôpital civil de Perpignan, rapporte ainsi trois observations remarquables de taille latéralisée suivie de succès, qu'il fait suivre de très-savantes et érudites remarques anatomiques, avec i)lanches, sur les rapports des tissus à diviser dans cette opération. On ne saurait écrire sur la taille sans consulter cet excellent article d'analomie du périnée. [Jonni. deméd. de Toulouse, janvier et février. )

TALC [Silicate de magnésie el d'albumine). Cette poudre propre et douce , réfractaire à une très-haute température, infermentescible, inoffensive el ne coûtant que 40 centimes le kilogramme, convient particulièrement, suivant le docteur Gouyon, comme absorbante sur les plaies. Voy. BnuLunuis. Elle pénètre dans toutes leurs inégalités, adhère à leur surface, et peut être mêlée, suivant les indications, avec le chlorure de chaux, le tannin, l'alun, le soufre, le calomel, le sulfate de quinine, etc. Elle est aussi un excellent hémostatique. On l'applique avec une poudrière pour la répandre uniformément. {Acad. des se.)

TAIVIMIIV. 11 convient d'ajouter à son histoire, dit M. Dan-

TARSALGIE.

necy, qu'il ne colore et ne précipite les solutions de prolo-sels que si elles sont neulres. Par l'addition d'un acide, en effet, on rond parfaitement solubles le lannin et le fer, et l'on peut ainsi j)arfaileinent obtenir des vins et des sirops de quinquina ferrugineux, contrairement à ce qui avait été avancé jusqu'à ce jour. Yoy. Phahmacologie.

TARSALGIE. Sous ce nom, M. le professeur Gosselin désigne une variété du valgus douloureux survenant chez les adolescents de douze à treize et de dix-huit à dix-neuf ans soumis à des fatigues excessives, des marches forcées.

Elle a pour symptômes une douleur mal circonscrite sur les côtés de 11 région astragalo-calcanéenne, augmentant h la pression des doigts ; augmentant surtout paf la continuation de la marche et de la station verticale ; devenant quelquefois assez forte à la fin de la journée pour obliger le sujet à se coucher de très-bonne heure ; disparaissant d'ailleurs par le repos de la nuit. Après un certain temps, survient une contraction spasmodique des muscles de la région antérieure et externe de la jambe, et consécutivement la déviation du pied en dehors. Les tendons de ces muscles font saillie sous hi peau pour disparaître par le repos dans les premiers temps, et reparaître ensuite par les mômes causes de fatigue, avec la douleur et la claudication. Avec la contracture coïncide la perte graduellement progressive des mouvements de latéralité du pied.

Au lieu d'en rapporter uniformément la cause à la contracture volontaire, rédexe ou instinctive des péroniers latéraux, comme M. J. Guérrn, ni à la paralysie de ce muscle invoquée par M. Duchenne (de Boulogne), non plus qu'au pied-plat, suivant M. Bouvier, — 17 cas sur 20 n'étant pas pieds-plats, d'a|)iès l'observation de l'auteur, — M. Gosselin l'attribue à l'inllammation des surfaces articulaires comme dans l'arthrite .'èche, se fondant à cet égard sur la douleur qui précède la difformilé et sa disparition parle repos aussi bien que de la contracture.

Déjà, dans une note insérée dans la Gazelle des hôpilaiix (1861, p. 228), il avait émis cette opinion que le mal avait son siège et son point de départ dans les articulations du tarse, probablement dans celle de l'astragale et du calcanéum. L'autopsie d'une fille de dix-neuf ans, atteinte de larsalgie gauche depuis trois ans et morte du choléra a pleinement confirmé

TARSALGIE.

celle opinion. Rien dans les muscles anlériours et externes ne les clilléronciait du côlé droit, sinon leur saillie cl un raccourcissement de 1 à 2 cenlimctres du jambier antérieur et do l'extenseur commun, résultat de la conlraclion permanente.

Au contraire, les pièces anatomiques de l'arliculation soumises à l'Académie présonlaient les lésions suivantes :

Destruction du cartilage diarllirodial à la partie anicrieuro de la poulie aslragalienne, dans une étenduo transversale égale à celle do celte poulie et 3 à 4 millimètres d'avant en arrière.

Sur les bords de celte destruction 'ulcérative, le cartilage était aminci. 11 n'y avait pas de synovie épanchée. La synoviale n'était pas épaissie, et elle n'offrait de vascularisation que sur un point assez limité, à la partie postérieure de l'articulation.

Dans l'articulation astragalo-scaphoïJienne, sécheresse trèsnotable des surfaces articulaires; sur la lête de l'astragale, large ulcération du cartilage, analogue à la précédente, oblique de bas en haut et de dehors en dedans, et ayant 4 à 5 millimètres de hauteur. Au-dessus et au-desfous, le cartilage offre un bord très-mince et semble aminci au delà sur toute l'étendue de la tête aslragalienne, permeltant de voir un peu par transparence l'os sous-jacent. Il donne à l'œil une teinte légèrement violacée au lieu de celle blanc mal de l'état normal. Le fond de l'ulcération est formé par la surface osseuse mise à nu et un peu rouge, sans trace bien évidente de la lamelle compacte sous-cartilagineuse qui semble avoir disparu, au moins en partie.

L'astragale scié montre une rougeur notable du tissu spongieux de 5 ou 6 millimètres de profondeur, surface supérieure et antérieure. En aucun point on ne voyait l'état graisseux du tissu spongieux. Rien de particulier sur le scaphoïde, si ce n'est une apparence d'amincissement du cartilage; aucune lésion de la synoviale ni des ligaments.

Une destruction semblable, mais un peu moins étendue en hauteur du cartilage diarlhrodial, à la partie inférieure de la facette antérieure du calcanéum; un peu de sécheresse sur les deux surfaces articulaires.

Enfin, dans l'articulation calcanéo-aslragalienne, une injection et une rougeur assez prononcée de la synoviale autour du ligament interossenx, et une légère ulcération du cartilage diarlhrodial sur la facette antérieure du calcanéum.

Telles étaient les lésions observées sur le pied aauche, le

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