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l'opium , à doses insuffisantes pour produire io narcotisme. Appelé en consultalion , M. Bergerel administra les opiacés jusqu'à ce qu'il se manifestât un commencement de narcotisme bien prononcé ; quand il vit la malade plongée dans cet étal do torpeur et de relâchement général que produisent les préparations opiacées, état dans lequel les douleurs avaient perdu notablement de leur intensité, il fit avaler 5 centigrammes d'émétique, additionnés de 20 grammes de sulfate de magnésie. 11 survint des efforts de vomissement qui ébranlèrent fortement l'appareil biliaire, et bientôt on retrouva, dans les garderobes assez nombreuses que provoqua l'émélo-catharlique, des calculs à facettes comme dans le cas précédent. Soumise à un régime composé de végétaux frais et de bons fruits, selon le précepte de Chomel, la malade n'a plus ressenti la moindre atteinte de sa gravelle hépatique.
C'alcnl de l'urèthrc. Ce corps étranger occupait, depuis quinze ans, la fosse naviculaire , et gênait ainsi l'émission de l'urine qui s'écoulait goutte à goutte. Divers médecins consultés en avaient aisément reconnu la présence, à un peu moins d'un centimètre du méat, mais sans avoir tenté de l'extraire.
M. Jarjavay a pensé tout d'abord que la curette articulée de Leroy (d'Éliolles) suffirait pour contourner et ramener le calcul ; cet ingénieux instrument a été facilement glissé, puis recourbé, mais le calcul était trop considérable pour franchir le méat, il a fallu dès lors débrider cet orifice, ce qui a été fait d'un coup de ciseau; puis poussant le calcul en comprimant derrière lui le pénis, pendant qu'un aide saisissait le corps étranger avec des pinces à pansement, l'extraction de ce corps s'est faite par un mouvement combiné do propulsion et de traction.
Ce calcul avait des proportions insolites pour le siège qu'il occupait, et ce n'est pas sans étonnement qu'on a vu ce volumineux ovoïde, dont la grosse extrémité était en avant, mesurer
3 centimètres et demi dans son diamètre longitudinal , et
4 2 millimètres à la hauteur de son renflement transversal, {/owrn. de méd. et chir. prat., juin.)
Calcul extrait sans opcralion. La dilatation artificielle de l'urèihre pour l'extraction des calculs vésicaux chez la femme, érigée en méthode générale par M. Bryant et quelque.^ autres chirurgiens anglais, vient de recevoir une haute confir-
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mation. Une fille de douze ans, souffrant depuis seize mois de la vessie et plongée dans une prostration extrême par suite de ses souffrances prolongées, fut admise à Lomlun hospital le 20 décembre 1 864. Attendu la gravité de son état, et la vessie ne gardant pas une goutte d'urine, dès que M, Curling eût constaté la présence du calcul, il se mit en devoir de l'extraire sans retard. L'enfant étant chloroformée et placée convenablement, le dilatateur à trois branches fut introduit dans l'urèthre et, après six révolutions exécutées dans l'espace de cinq minutes, l'indicateur pouvait remplacer l'instrument dans la partie postérieure du canal. Il suffit de trois à quatre minutes de dilatation nouvelle pour qu'il parvint aisément dans la vessie et louchât une grosse pierre. Un litholome courbe fut dès lors conduit sur l'index, saisit le culcul suivant sa longueur et, par des tractions oscillatoires, l'amena en entier au dehors. De forme ovoïde, il mesurait un pouce et demi anglais en longueur et plus d'un pouce de diamètre, et se composait d'ammoniaque et de phosphate de chaux. Quinze minutes suffirent à cette manœuvre, qui provoqua à peine l'écoulement de quelques gouttes de sang, La vessie fut ensuite lavée à l'eau tiède.
11 n'y eut aucun accident consécutif. Les urines pouvaient être retenues dès le 6" jour et, dès le 3 janvier, l'opérée urinait volontairement. Elle quitta l'hôpital le 10. {Med. Times ami Gaz., mars.)
Celle méthode dont l'exécution est rendue facile par l'anesthésie, dit M. Curling, mérite d'être généralisée.
CALOMEL. Un procédé très-expéditif de savoir s'il contient du sublimé est indiqué par M. Bonnewyn. Il suffit de le placer sur une lame de fer bien polie et de l'arroser d'une goutte d'alcool ou d'élher. S'il est pur, il n'en altérera en rien le brillant; mais, contînt-il un 60,000" de bichlorure, qu'aussitôt la lame se noircira en vertu de l'action que le fer exerce sur ce produit. [Arch. lier Pharm.)
CAÎVCER. Étiologie. M. Moore a soutenu cette thèse singulière, à la dernière session de l'Association britannique, que le cancer est l'apanage des gens bien portants, se fondant à cet égard sur leurs apparences de santé et sur cet argument que les aînés des familles, qui sont généralement les mieux portants, en sont plus souvent alleints. Ainsi, sur 101 cancéreux, il exis-
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tait 26 fois sur l'aîné, 11 fois sur le second, 19 fois sur le Iroisième, 13 fois sur le quatrième, 9 fois sur le cinquième et ainsi en décroissant. Il montred'ailleurs les progressions graduelles du cancer en Angleterre d'année en année, de 1830, en comptant 4966 cas, à 1 862, pendant laquelle ils se sont élevés à 7396. Enfin, de ce que les habitants des districts méridionaux, qui se portent mieux que ceux du Nord, en sont atteints dans une proportion double, soit de I sur 30. [British med. Association, août.)
Si étranges qu'elles paraissent, ces assertions ne sont ni nouvelles ni dénuées au moins d'une apparence de fondement. Dans ses recherches sur le cancer en 1845, Tanchou avait aussi conclu, d'après la statistique de celte maladie dans la ville de Paris, qu'elle était un effet de la civilisation croissante. Nous-même, sur 23 cas de cancer de l'utérus, nous avons trouvé que la majorité des femmes atteintes étaient d'un tempérament sanguin {Gaz. des liôp., 1 844). Coïncidence ou causalité, il y a là un fait, une relation, dignes de l'étude des pathologistes, et que le microscope pourra peut-être éclairer.
Complications. Pai'apléijie douloureuse. Le fait signalé par M. Cazalis, de dépôts cancéreux secondaires et multiples dans le corps des vertèbres lombaires chez les incurables de la Salpêlrière qui succombent au cancer, a été de nouveau étudié par M.Charcot dans cet établissement. Si, dans plusieurs cas, cette altération reste à l'état latent et ne se dévoile par aucun signe, 6 fois sur 35 cas observés de cancer du sein, elle a donné lieu à un ensemble de symptômes dénommés j)araplégie douloureuse. Les malades éprouvent des douleurs dans la région lombaire, s'irradiant dans toute l'étendue des membres avec un sentiment de constriclion pénible, étreignant, comme une ceinture, la partie la plus inférieure de Tabdomen. Ces douleurs des membres ^semblent occuper tous les rameaux nerveux à la fois. Vives, surtout la nuit, elles ont habituellement le caractère lancinant ou même fulgurant ; parfois elles s'accompagnent d'une sensation d'ailleurs purement subjective de chaud ou de froid ; toujours il s'y joint des fourmillements occupant surtout les extrémités; persistantes, continues , ces douleurs s'exaspèrent par mo ments, et produisent ainsi des accès |)lus ou moins violents pendant lesquels les malades sont privés de sommeil, et poussent même des cris déchirants qui abrègent notablement la vio
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des malades, — D'ailleurs, point d'analgésie ni d'aneslliésie : au contraire, les moindres pincements, voire même les moindres attouchements, sont très-nellement perçus, et, de plus, ils sont l'occasion de douleurs plus ou moins vives, principalement pendant la durée des accès. Aucun désordre appréciable de la conscience musculaire. — Certains troubles de la molilité vont de pair avec ces symptômes d'hyperesthésie : la marche est dilficile, en partie sans doute à cause des douleurs des membres ; mais surtout à cause de l'affaiblissement musculaire ; d'ailleurs, à un degré plus avancé, cet affaiblissement est tel, que les malades ne peuvent plus marcher sans l'aide d'un bras ou d'une béquille; on les voit, lorsqu'ils s'efforcent de faire quelques pas, détacher péniblement leurs pieds du sol; il semble que ceux-ci soient devenus plus pesants. Plus tard survient l'atrophie musculaire, et un jour, enfin, la marche et la station même sont devenues tout à fait impossibles. La paralysie des sphincters, ni les altérations de l'urine, ni la formation d'eschares au sacrum n'ont été observées. Il a paru (|ue, dans les cas où les douleurs se sont montrées très-vives et très-persistantes, la vie des malades a été, par cela même, très-notablement abrégée.
Dans les trois cas où il a été permis de rechercher la raison anatomique de ces symptômes, l'altération cancéreuse du corps des vertèbres lombaires était dos plus prononcées. Deux fois c'était des tumeurs multiples arrondies, parfaitement circonscrites, du volume d'une noisette pour la plupart, ou môme plus grosses encore, faciles à énucléer, et développées au sein delà substance spongieuse qui se montrait partout ramollie et friable. En quelques points la mince lamelle de tissu compact, qui limite de toutes parts le corps des vertèbres, avait été détruite du côté de la cavité rachidienne, de telle sorte que plusieurs tumeurs avaient fait issue dans cette cavité où elles s'étaient développées, comprimant d'avant en arrière la duremère. Dans le troisième cas, les éléments cancéreux ne constituaient plus par leur réunion des tumeurs circonscrites ; ils étaient comme infiltrés dans les cellules agrandies du tissu spongieux, et conséquemment un examen microscopique attentif permettait seul de déterminer le véritable caractère de l'altération. Celle-ci portait presque exclusivement sur les quatre dernières vertèbres lombaires. Leur tissu était ramolli, à tel point qu'on pouvait, sans effort, les diviser à l'aide du couteau en
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niincos lamelles ; la Iroisième était aplatie, comme écrasée, et ne mesurait guère plus d'un centimètre dans son diamètre vertical. Par suite, la colonne lombaire s'était incurvée, de manière à rétrécir le canal racliidien dans le sens antéro-postérieur; la dure-mère avait été refoulée dans le mémo sens, et les tissus nerveux, qui constituent la queue de cheval, se trouvaient comprimés et tiraillés. C'est évidemment à la compression et à l'irrilation des racines spinales lombaires que doit être rattachée la paraplégie douloureuse. [Union méd., n" 50.)
Thrombose artérielle. Aux oblitérations fibrineuses des veines qui se rencontrent si communément dans les périodes avancées des affections cancéreuses, le carcinome utérin surtout, M. Charcot ajoute des oblitérations artérielles qui se produiraient sous l'influence des mêmes causes, mais beaucoup moins fréquemment.
Chez quatre femmes atteintes de cancer utérin, l'oblitération absolue de l'une des artères sylviennes, par un caillot fibrineux, a produit le ramollissement des parties correspondantes du cerveau. C'était un ramollissement blanc occupant les parties des lobes antérieur et moyen attenantes à la scissure de Sylvius. Les tubes nerveux, réduits en parcelles ténues, étaient là variqueux ; les côllules nerveuses ne présentaient pas d'altération appréciable. A ces éléments se trouvaient mêlés des corps granuleux en assez grand nombre. Le thrombus était dense, décoloré, formé de couches fibrineuses stratifiées. Il se prolongeait dans les ramifications principales de l'artère; au delà et en deçà, la lumière des vaisseaux était libre. Les tuniques vasculaires ne présentaient d'ailleurs aucune trace de dégénérescence athéromaleuse, aucune altération qu'on puisse rapporter à la préexistence d'une artérite. Le début s'était d'ailleurs opéré brusquement, sans prodromes. Il y avait ou tout à coup hémiplégie complète, absolue, avec flaccidité des membres et persistance des mouvements réflexes ; la face était déviée. Jusqu'à l'époque de la mort, qui avait eu lieu deux ou trois jours seulement après le début, les malades étaient restées dans l'état comateux.
Encore chez un sujet atteint de cancer utérin, l'oblitération de l'une des artères fémorales par un thrombus a produit une jiaralysie subite et complète des mouvements, ainsi qu'une aneslhésie cutanée à peu près absolue du membre correspon-
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fiant. Les battemenls artériels étaient tout à fait supprimés. Le membre était froid et couvert çà et là de laclies livides. La mort survint avant que le sphacèle se fût déclaré. Dans ce cas, comme dans les précédents, les veines principales des membres inférieurs étaient oblitérées par des caillots décolorés, et évidemment de date ancienne.
Deux cas de gangrène sèche de plusieurs doigts do la main, observés, le premier, chez une femme atteinte de cancer gastrique; le second, chez une autre femme atteinte d'un vaste cancer du sein, en cuirasse, peuvent aussi être rapportés à la thrombose artérielle. Un thrombus occupant l'extrémité inférieure de l'une des artères humérales et se prolongeant à une certaine distance, dans la cavité des artères cubitale et radiale correspondantes, fut trouvé à l'autopsie.
Dans ces cas, les cavités du cœur gauche, les veines pulmonaires, l'aorte, explorées avec soin, ne présentaient pas trace de concrétion fibrineuse ayant pu produire l'embolie, et les tuniques des artères oblitérées étant tout à fait saines, il no reste guère, pour expliquer la thrombose, que l'inlluence d'une altération particulière du ?ang analogue à celle qui, lorsqu'il s'agit du sang veineux, permet de comprendre l'existence si fréquente des concrétions sanguines veineuses chez les sujets afl'aiblis par une maladie de longue durée. {Union méd., n" 50.)
Diagnostic. Un exemple très-précieux au diagnostic différentiel a été relaté par U. Laveran. Un officier de quarantedeux ans est pris, au milieu d'une santé florissante, et six mois après fon mariage, de douleurs vagues, erratiques, puis bientôt et subitement d'une violente douleur s'irradiant du rein vers le testicule gauche. Regardées tour à tour comme des douleurs rhumatismales, névralgiques, des coliques néphrétiques, une méningite spinale rhumatismale, tous les moyens dirigés contre ces prétendues affections ne font que laisser un libre cours à la maladie réelle. Six mois après, la maigreur est extrême, la sensibilité tactile est diminuée, elle est exagérée au contraire au niveau des gouttières vertébrales et à la région • abdominale. Des douleurs lancinantes spontanées rayonnent de là dans toutes les parties du corps. Il n'y a pas de contracture, pas d'appétit; constipation des plus opiniâtres; miction difficile. Aucun accroissement du foie ni de la rate.
Si la faiblesse des membres inforieurs, la (hminulion de la
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sensibilité tactile, les douleurs partant de la colonne vertébrale, pouvaient faire croire à une affection de la moelle, comme on l'avait admis, l'absence de mouvements réflexes et de contractures dans les membres inférieurs, le caractère lancinant des douleurs excluant l'idée d'une tumeur tuberculeuse toujours indolente, les crises qu'elles provoquent, la maigreur excessive et rapide, l'inappétence et la lenteur des digestions s'y opposaient. M. Laveran diagnostiqua une tumeur cancéreuse comprimant les nerfs des intestins et des membres inférieurs que l'acuité progressive des symptômes ne fit que justifier de plus en plus.
En effet, la mort survenue dans le dernier marasme, six semaines après ce diagnostic porté, c'est-à-dire l'entrée du malade au Val-de-Grâce, on trouva, au centre de la cavité abdominale, une tumeur d'un blanc légèrement rosé, comprise entre les feuillets du mésentère et englobant le duodénum. Son pédicule se prolongeait en avant de la colonne vertébrale, depuis la dixième vertèbre dorsale jusqu'au-dessous du détroit inférieur adhérant aux parties voisines comprimant l'aorle et englobant des filets des nerfs phréniques, des pneumogastriques, du grand sympathique, des plexus lombaire et sciatique. Le tissu en était laidacé avec de nombreux ramollissements. Des cellules de forme variable, enfermées dans un stroma de tissu conjonclif, en démontraient la nature cancéreuse, [Gaz. hcb., i)° 4.)
Par la multiplicité d'actions réflexes mises en jeu dans ce cas, il peut servir à l'histoire du diagnostic des maladies de la moelle et éclairer la physiologie et la pathologie du grand sympathique.
Anatomie pathologique. Au lieu de borner son attention à la structure et au développement de la tumeur, le docteur Fenwich a fait l'examen microscopique de l'estomac et des intestins dans 57 cas de cancer. 15 étaient des cancers du sein, et dans 7 la muqueuse gastrique était atrophiée avec excès de graisse, les glandes salivaires atrophiées, et les tubes adhérents ou détruits. Dans 4, il n'y avait aucune apparence morbide.
Sur 24 cas de cancer de l'utérus, trois fois seulement elle était exemple de toute lésion morbide; dans 5, les tubes étaient très-adhérents. Un excès d'albumine, dégraisse ou de gélatine, en distinguait quelques autres.
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Dans les 18 autres cas, les lésions de l'estomac variaient selon la partie du corps affectée. Les glandes de Brunner, les I villosités et les tubes intestinaux présentaient la même appa- ' rence morbide de dégénérescence graisseuse, épaississement de la muqueuse, augmentation des nucléoles st le plus souvent un dépôt pigraenlaire dans les villosilés. {Roy. med. and cliir. Society, 27 juin.)
Reste à savoir et à vérifier si ces lésions anatomo-palhologiques dépendent de la diathèse cancéreuse, ou n'en sont qu'une complication accidentelle. Aussi l'auteur provoque-t-il des recherches sur ce sujet pour le véiifier.
Sous l'influence des idées émises par Virchow, tous les micrographes allemands semblent rapporter le point de départ de toutes les néoplasies uniquement aux cellules du tissu conjonctif, sans mettre en cause les acini de la glande mammaire ^ i dans la production de ses tumeurs malignes. Foerster, l'un des plus autorisés est ainsi très-explicite à cet égard dans son manuel d'analomie spéciale {Handbuch der specieUen Anat.,2''cd'i\. p. '1 8 4), M. Robin au contraire regarde le cancer du sein comme une modification du parenchyme glandulaire, et sa généralisation comme une genèse hétérotopique de glandes. Des études microscopiques faites par M. Corni!, sur plusieurs glandes cancéreuses du sein, ont confirmé ces assertions. 11 a démontré I par ses observations avec planches, consignées dans le Journal ) de l'anat. et de la pliys., mai, etc., que si des noyaux et des 1 cellules naissent, dans ce cas, au sein du tissu conjonctif des acini, le même phénomène se passe dans l'intérieur des culs-desac , au sein de l'épithélium contenu dans les membranes hyalines et épaisses des glandes qui l'isolent du tissu conjonctif environnant. Cette modification du contenu des glandes précède même, dans certains cas, celles du tissu conjonctif.
Ce serait même, d'après ces observations, par ces acini, à la superficie des glandes enlevées, qu'aurait lieu la repuUulation. fit comme les tumeurs s'accroissent surtout à leur superficie, on trouve dans ce cas des acini normaux à la superficie, tandis que ceux de l'intérieur sont dégénérés, comme il en rapporte un exemple.
Traitement. Niirobenzine, Chez une femme de cinquante ans, une tumeur dure existait depuis une dizaine d'années au bas du sternum, à gaucho de l'appendice xiphoïde. A surface unie.
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luisante, rosée d'abord, elle devint ensuite irrégulière, bosselée, de couleur violacée, se sillonna de petites veines variqueuses, doubla de volume, s'ulcéra. Des ramifications dures, tortueuses, s'irradiaient en tous sens. Les douleurs lancinantes étaient plus vives et plus fréquentes. D'autres tumeurs parurent ensuite sur les ramifications, les unes croissant lentement, les autres plus rapidement. Des ulcérations profondes s'ouvrirent dans leurs interstices et sur les tumeurs elles-mêmes. Leurs bords, comme taillés à pic, tombèrent par lambeaux charriant abondamment une sérosité puriforme d'une odeur des plus repoussantes. Le sein gauche disparut entièrement, les glandes de l'aisselle s'engorgèrent, et l'ulcération menaça les tissus profonds, muscles intercostaux, cartilages, périoste même. Des hémorrhagies graves compliquèrent cette triste situation, et la malade, dont les forces résistaient à peine à tant de pénibles et douloureuses atteintes, fut bientôt réduite à l'état de squelette.
Malgré les remèdes, les traitements les plus variés, le mal persista. Avec le perchlorure de fer seul, les progrès du cancer semblaient se ralentir, les douleurs se calmer, l'ulcère sedéterger, l'abondance des perles diminuer. Et sous l'inQuence de son action spéciale, une grande partie de la principale tumeur se détacha et fit place à une plaie dont l'aspect vivifiant laissa croire à la possibilité d'une cicatrisation prochaine. Mais il fallut y renoncer à cause de la douleur qu'il provoquait et le chancre, au bout d'un temps d'arrêt, continuant son action destructive, il fallait aviser.
L'élat de la malade était devenu fort grave, ses forces étaient presque épuisées. Le principal ulcère, à bords durs, déchiquetés ou renversés, à fond gris sale, chargé d'une sérosité sanieuse d'une extrême fétidité, charriait des débris de tissus sphacelés. C'est alors que le docteur Uytterhoeven employa la nitrobenzine mêlée à trois fois son volume de glycérine récente en applications topiques. Sous son influence, les douleurs diminuèrent d'intensité : l'ulcère, se détergeant, revêtit une teinte rosée; des bourgeons cicatriciels se développèrent sur plusieurs points; les bords s'amincirent; les sécrétions semblèrent tarir; l'odeur infecte, sui generis, fit place à l'arôme, rappelant l'essence de laurier-cerise, répandu par la nitrobenzine. [Art méd. de Dvux.)
pprchhrure de fer. A ses qualités hémostatiques et reconsli-
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luanles, M. le professeur Bilôl, de Bordeaux, a constaté qu'il combat avantageusement les démangeaisons intolérables dont les tumeurs cancéreuses sont souvent le siège ; d'où il conclut, \ qu'en enrayant le stimulus, il prévient la fluxion, et qu'il est anticongestif. En ces trois qualités, il peut s'opposer au développement des éléments cancéreux et au fâcheux retentissement que ces éléments finissent par exercer sur l'économie, au moins s'il est administré d'une manière suivie fendant une longue période de mois.
Sur 6 malades, atteints de tumeurs cancéreuses du sein, dans un étal désespéré, et traités de celle manière , 4, dont 3 dans de misérables conditions hygiéniques, ont succombé aux progrès du mal; les 2 autres récidivistes, arrivés à la cachexie la plus ' manifeste, ont guéri.
Tout en admettant les suppositions de la cure spontanée, il y a donc lieu , dans les cas inopérables , d'essayer de préférence • le perchlorure de fer, tous les jours, à la dose de 2S à 30 goutles, prises en trois fois dans le courant delà journée.
Suivant M. Bilôl, le perchlorure de fer solide, mêlé à suffisante quantité de farine de froment, constitue une pâte aussi facile à manier que les onguents ; et l'on peut, avec cette pâte, obtenir ) des effets beaucoup plus profonds et plus faciles à localiser que par l'emploi de la solution, uniquement en usagejusqu'à présent, i Ce topique, n'attaquant jamais que les tissus pathologiques, de- I vrait être préféré à l'arsenic, à cause de ses propriétés toxiques. ; Ce serait donc là un remède spécial, sinon un spécifique. M. Dupuy en a obtenu les meilleurs effets, comme reconstituant dans I un cas de la pire espèce. Sur 6 cancers utérins contre lesquels ! M. Levieux l'a employé, il y a eu 2 améliorations notables dans [ l'état général , l'élat local restant le même. {Congrès de Borf deaux.) C'est donc à entretenir les forces dans les cancers chro- |i niques, récidivés, qu'il peut surtout être utile, en forçant le canj' cor à rester local et à s'user sur place.
Injections hypodermiques de morphine. M. Freeman a fait de nombreuses applications de ce moyen comme sédatif des douleurs, spécialement de celles qù'engendre le cancer de l'cslomac et de l'utérus. Aucun agent, selon lui, n'a le pouvoir de calmer la souffrance aussi efficacement , aussi promptement que celuici, et avec moins d'inconvénients pour la santé générale. Il est aussi d'observation que, malgré les nombreuses piqûres néces-
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saires pour calmer la douleur aussi souvonl qu'elle se reproduit dans ces affections , aucun accident local , abcès ou érysipèlo, n'a eu lieu par le fait de l'opération.
Les effets de la morphine sont moins durables , mais s'exercent plus instantanément que ceux de l'atropine. L'atropine est le sédatif par excellence des douleurs superficielles : la morphine convient mieux pour celles dont le siège est dans les organes profonds.
Il faut augmenter progressivement les doses de narcotique. La plupart des cancéreux de l'hôpital de Middlesex en reçoivent quotidiennement 1 0 à 1 5 centigrammes en injection équivalant à 30 ou -4 o centigrammes par la voie gastrique. [Britisli med. Jour II., juin.)
Nouveau sédatif. — C'est l'acide citrique, dont la découverte des propriétés sédatives contre les douleurs lancinantes du cancer a été faite, imr hasard, par le docteur Brandini, à l'hôpital de Sienne. Il s'agissait d'une femme de soixante et onze ans, atteinte d'un cancer de la langue, constaté par ses collègues du même service. L'extension à la base de la langue , aux glandes sublinguales et sous-maxillaires, empêchait toute opération. Des douleurs lancinantes que rien ne pouvait calmer martyrisaient cette malade, lorsqu'on suçant le jus d'un citron elle s'aperçut que ses douleurs en étaient considérablement amendées, et cette amélioration s'étant reproduite, elle en fit part au docteur Brandini. Un gargarisme avec 4 grammes d'acide citrique dans 350 grammes d'eau lui fut dès lors prescrit, et les douleurs cédèrent en effet ; de même que dans un autre cas semblable, chez une jeune fille de dix-neuf ans , couchée au n° 81 du service du docteur Chiantini.
Répétée sur une autre femme de soixante-treize ans, n" 191 du service du docteur Servadio , atteinte d'un cancer ulcéré de la mamelle avec tous les caractères de la cachexie cancéreuse, l'expérience réussit également bien . Des lotions faites sur la plaie avec la solution précédente calmèrent instantanément les douleurs lancinantes dont elle était le siège, et en appliquant dessus des plumasseaux de charpie imbibés de ce liquide et renouvelés toutes les six à sept heures, le sommeil perdu revint bientôt. [Lo Sperimenlale, mai.)
L'importance qu'il y a à savoir à quoi s'en tenir exactement sur ce fait ne permet pas de douter que l'on ne s'empresse par
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loul à répéter celte expérience si simple et Aicile. Les occasions n'en sont que trop fréquentes, et ce serait un secours précieux si le praticien pouvait, du moins, apporter ce soulagement à un (mal incurable. Espérons qu'il n'en sera pas ici comme de la iguérison du cancer par le suc gastrique, en contradiction avec les nombreux cas de cancer de l'estomac.
Tlw diacjnosis and trealement of cancer and llie lumours analogous lo it (Diagnostic et traitement du cancer et des tumeurs qui lui ressemblent) par M Collis, chirurgien de l'hôpital Meath de Dublin, in-S" de 31 7 p,: 1 864.
Travail tout original et qui tend à montrer que l'érysipèle survenant après l'ablation peut prévenir la récidive. Idée nou- • velle, étrange , et qui mérite d'être soumise à l'expérience clij nique.
Cancer «le la langue. La section du nerf lingual, pratiquée dans un cas de ce genre parle docteur Collis de Dublin, a eu plus de succès que colle qui se trouve rapportée dans le Diciionnairo de 1864. Le malade n'avait pu goûter un instant de repos malgré les divers traitements par les caustiques el, les narcotiques dans divers hôpitaux de Londres. Dès la première nuit où la section du nerf fut opérée, il goûta un sommeil non interrompu par la souffrance. Le lendemain, l'ulcération était insensible au toucher et exemple de douleur spontanée. Huit jours après, elle était considérablement diminuée malgré son aspect verruqueux,. et l'engorgement des ganglions sousmaxillaires. C'est donc un moyen dont on peut du moins tirer parti en pareil cas, pour le soulagement des malades, sinon pour leur guérison. {Dublin quarlerl. Journ., février.)
Épidiélionia. Un des élèves de M. Kuss, de Strasbourg, croit avoir trouvé le spécifique de cette variété du cancer parce que, dans deux cns, qui ne sont rien moins que concluants, des lotions avec une solution de sublimé paraissent avoir guéri. Il s'agissait, dans le premier, d'un ulcère de l'avant-bras gauche, à bords taillés à pic, recouvert do bourgeons charnus et sécrétant une sanie fétide; dans le second, d'une tumeur en forme de champignon à la pointe du pied [Thèses de Strasboitr(j, 1 864). Il faut remarquer que le caractère cancéreux de l'ulcère n'est pas très-évident, et qu'en vertu de l'axiome natiiram morborum oslcndunl curaliones, sa guérison prompte peut bien faire soup-
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gonner plutôt un chancre vénérien, d'autant plus que la guérison de la tumeur n'est pas confirmée. Ce n'est donc là qu'uni: exagération de l'espri.t. d'induction.
Canci'oïdc des paupières; Dlépliaropîaslie. Ilsiguor Brogi, curédel'un des faubourgs de Sienne, âgéde cinquanle-qualreant:, portait, depuis dix à douze ans, un cancroïde occupant le tiers interne des deux paupières de l'œil droit, se prolongeant à l,i racine du nez où existait une plaie profonde d'un centimètre, siège d'élancements et d'un écoulement jaunâtre et sanguinolent. Toute l'épaisseur des paupières était intéressée en liaut jusqu'au sourcil, en bas au bord adhérent. Des nodosités, un aspect livide, veineux, caractérisaient les parties non ulcérées, qui étaient rétractées sur l'ulcération, de manière que le sourcil était attiré en bas et en dedans et de même des parties voisines, ce qui rendait les paupières fermées et immobiles.
Le mal prenant de l'extension, M. Marcacci résolut de l'enlever. Assisté de plusieurs confrères, il incisa verticalement toute la paupière inférieure jusqu'à la limite du mal, et, de ce point, dirigea une autre incision vers la racine du nez; d'un coup de ciseau il divisa de même la paupière supérieure, une quatrième incision se terminant à la racine du nez, c'est-à-dire au sommet de l'angle; il disséqua ensuite avec soin toutes les parties atteintes à la partie interne de l'œil et enleva ainsi tout le mal d'un seul coup.
L'os fut ainsi mis à découvert avec le globe oculaire et le muscle droit interne qui se trouvait parfaitement disséqué. Prolongeant alors les incisions verticales des paupières en bas et en haut et les ramenant ensuite dans le môme sens que les premières sur le nez et sur le front, le chirurgien disséqua deux lambeaux quadrilatères qui, en raison de leur obliquité convergente, recouvrirent exactement les parties mises à nu.
Des points de suture multipliés fixèrent les lambeaux que le développement rapide de nombreux bourgeons charnus vivifièrent bientôt, malgré une hémorrhagie consécutive au quatrième jour qui en nécessita le soulèvement partiel. Les deux paupières furent ainsi rétablies, et il n'est pas jusqu'aux poils des sourcils qui servirent de cils à la paupière supérieure. Le globe oculaire fut recouvert entièrement ainsi que le fond de la parlie interne de l'orbite, et si la portion artiGcielle de la paupière supérieure fut naturellement frappée d'immobilité, la portion externe
CANCER. 131
recouvra assez de mobilité pour l'exercice de la vue, {Imparziale, janvier.)
Caucer du rectuiu. S'il est une opération française en rapport avec la hardiesse téméraire des chirurgiens anglais, c'est assurément celle de l'anus contre nature introduite par Amussat contre le cancer du rectum. M. Curling l'a pratiquée le 20 juillet 1 864 à London hospital, chez un jeune instituteur de vingt-neuf ans, marié, présentant une masse cancéreuse étendue, ; envahissant presque l'anus et en rétrécissant l'orifice. Les 'premiers symptômes, constipation, pesanteur, émission de bang, etc. , ne remontaient qu'à seize mois sans apparence d'hérédité. Une bougie n" \ traversait à peine la masse cancéreuse. Le malade étant placé convenablement et chloroformé, un petit tube fut introduit, et trois pintes d'une infusion de thé léger furent injectées et conservées. Une incision transversale do (juatre pouces d'étendue fut alors pratiquée au milieu de l'espace compris entre la crête iliaque et la dernière fausse côte; ,puis, divisant couche par couche sur une sonde cannelée jusqu'au tissu adipeux sous-péritonéal très-abondant, il y eut quelque difficulté à trouver l'intestin. Dès qu'il fut ouvert, l'infusion de thé s'échappa et quatre poinlsde suture fixèrent l'intestin aux li'vres delà plaie. Un écoulement de matières intestinales presque incessant eut lieu pendant les deux premiers jours, puis tout rentra dans l'ordre sans nul accident. Les sutures tombèrent le cinquième jour, les douleurs du siège cessèrent bientôt, vl, dès le dixième jour, le malade pouvait s'asseoir. 11 quitta l'hôpital le 3 septembre et retourna dans son pays, où il reprit i,M'aduellement des forces, au point que le 1 1 décembre, cinq mois après l'opération, le docteur Guy constata qu'il se portait l)arfaitement, sans nulle autre incommodité que son anus ïirtificiel.
D'après cet exemple et d'autres qu'il rappelle, M. Curling i -slime qu'il est préférable de recourir à cette opération de bonne heure, avant que toutes les fonctions digestives soient ibolies, que le mal ait étendu ses ravages. C'est le seul moyen l<; la rendre utile, sinon comme curative du cancer, au moins comme palliative, et permettant au malade de vivre d'une manière supportable un temps plus ou moins long ; il paraît même I l considérer comme pouvant ralentir, sinon arrêter les proies, l'extension du mal, elles douleurs qui y sont inhérentes,
CANCliR.
par la suppression du passage el du conlacl des matières fécales. C'est ainsi que dans les rétrécissements uréthraux infranchis sables, M. Pollock a récemment préconisé la ponction anale d la vessie, comme en favorisant la guérison spontanée par l'entretien temporaire de cette issue artificelle de l'urine el la sup pression de son contact avec la partie malade. La cessation d douleurs est une preuve qu'elles dépendent, au moins en partie du passage et du contact des matières fécales. Ces bienfait résultent do l'observation précédente et d'une autre qu'il rap pelle dont le sujet survécut quatorze ans. D'après ces exemples, l'établissement d'un anus contre nature n'est pas incompatibi avec des occupations actives, les devoirs de société ni un digestion complète.
Quant à l'opération, le principal danger est la lésion du péri toine. Sur 19 cas dont il a été témoin ou acteur, 1 habile chi rurgien anglais n'a vu survenir cet accident qu'une fois, e 7 opérés se sont rétablis. Elle n'est pas aussi formidable e dangereuse qu'on le suppose généralement. Jamais la mor n'est résultée de l'opération. Des connaissances anatomiques e une certaine habileté sont sans doute indispensables pour l'exé cuter, mais alors on trouve rarement de la difficulté quand I côlon est distendu. Il n'est pas aussi aisé de l'ouvrir en dehor du péritoine quand l'injection préalable est impossible. Dan 3 cas de côlotomie sur 6 exécutés sur des adultes, M. Curlin a rencontré le côlon contracté et comprimé sur la colonne ver tébralepar le petit intestin distendu. De là, l'indication de l'in jecter préalablement. {Luncet, janvier.)
l'.-inccr (lu testicule. Un kyste lymphatique do cet organe enlevé par M. Tillaux et ne contenant pas de cellule cancéreus avait été considéré par lui, sur la foi de Curling, comme ne de vaut pas récidiver. Néanmoins, après six mois, des douleurs s font sentir dans les lombes, gagnent la région diaphragmatique un épanchement se manifeste du côté gauche de la poitrine. Par la ponction, pratiquée à l'Hôlel-Dieu , il ne sort que du sang, le malade succombe, et l'autopsie révèle un cancer généralisé de la rate, des poumons et du cerveau. (Soc. do chi r., août.) N'est-ce pas moins dans le caractère analomo-microscnpique qu'il faut chercher ici des éléments de diagnostic quo dans le mode de développement de la maladie, ses signes propres et surtout l'hérédité ?
CATAKACTE.
Cancer du cerveau. On primanj cancer of Ihe brain, par le docteur Bacon. Résumé d'investigations suivies dans les hôpitaux de Londres pour déterminer la fréquence du cancer du cerveau dont cette brochure contient 21 observations. C'est ainsi une monographie complète sur ce sujet.
<:ATALEPSIE. Voy. Hystérie.
CATARACTE. Exlrciciion sans ouverture de la crisluHoïde. A l'exemple de M. Sperino (de Turin) et Pagenstecher fde I Wiesbaden), le docteur Wecker emploie aussi cette méthode pour toutes les cataractes séniles à noyau volumineux. Après avoir anesthésié le patient avec l'élher pour prévenir plus sûrement l'excitation et les vomissements, il pratique, en un seul temps, la section du lambeau qui doit intéresser très-exactement la moitié inférieure de la cornée. Cela fait, les inhalations d'éther sont reprises en maintenant l'œil opéré doucement fermé au moyen d'une boulette de charpie et de la paume de ;la main. Le sommeil étant bien profond, l'opération est suivie, par l'excision de 2 millimètres de largeur de l'iris ; puis e.xerçanl de douces pressions par l'intermédiaire des paupières, l'évacuation du cristallin est pratiquée. Il s'écoule le plus souvent, avec le cristallin, un peu du corps vitré, mais si peu que la quantité en est souvent moindre que dans beaucoup de cas par le procédé ordinaire d'extraction.
Afin de prévenir tout mouvement involontaire et dangereux, les inhalations sont rejetées de nouveau avant de constater les rapports des lambeaux et appliquer le bandage compressif que on serre un peu plus que de coutume. La guérison s'effectue avec plus de rapidité et moins d'irritation, que par le procédé Drdinaire d'extraction, et les pupilles présentent aussi une plus rande netteté. {Gaz. hebd., n" 30.)
Cataracte molle. Succion. Celte méthode, inaugurée en rance par M. Laugier en 1 847 et oubliée depuis, a été remise n honneur et pratiquée en Angleterre par les premiers ophthal- Tiologistes, Bowman, Critchett, Lawson, et M. Teale de Leeds ;ii publie six exemples suivis de guérison. D'après lui, l'insuc- •es qu'elle a éprouvé en France tient à ce que M. Laugier e servait d'une grosse aiguille lubulée pour traverser la sclé- - otique et rompait souventla capsule postérieure du cristallin
CÉPHALALGik.
qui doit rosier comme une barrière entre l'humeur aqueuse et l'humeur vitrée.
Son opération se compose de trois temps :
1° Rupture de la capsule antérieure, eirecluée en introduisant deux aiguilles des deux côtés opposés de la cornée ; ou, si l'on ne veut pas se servir des deux aiguilles, en n'ouvrant la capsule qu'après le second temps.
2° L'ouverture de la cornée est pratiquée avec une aiguille, tandis que l'œil est tenu en place par l'une des deux aiguille; introduites dans le premier temps et non retirée.
S" L'extraction de la cataracte, faite avec une curette tubuléi; terminée par un tube de caoutchouc, dont une extrémité est ienuc entre les lèvres de l'opérateur et qui lui permet de régler à volonté la force et la durée de l'expiration, laquelle doit être continuée j usqu'à ce que la pupille soit devenue nette. [Lancet, sept. 1 8 6 i .
CAUSTIQUES. Pdte de Canquoin. En se desséchant par l'évaporation rapide de l'eau, celle préparation n'avait plus l'avantage de se mouler exactement sur les parties à détruire.
Demarquay, qui se sert fréquemment de ce caustique, ayant constaté d'une part cet inconvénient, et de l'autre la solubilité parfaite du chlorure de zinc, basé de cette préparation, dans la glycérine, lui a fait subir une importante modification. Au lien de dissoudre ce sel dans l'eau, il le dissout directement dans la glycérine qu'il mélange ensuite à la farine dans ces proportions :
Clilonire de zinc 10 grammes.
Glycérine i —
Farine de froment 20 —
iVléiez.
On a ainsi une pâle malléable qui no se boursoufte pas, n'adhère pas aux doigts et s'applique avec la plus grande facilité, récente ou ancietme, ayant une causticité égale. La solubilité de la glycérine dans l'eau aide aussi beaucoup au nettoyage des plaies. {BuU. de thérap., septembre.)
CÉPHALALGIE. Contre l'élément douleur des céphalalgies, on emploiera avec avantage des compresses sur le front, imbibées de la solution suivante :
Cyamire de polassiiun i gi'amme.
Eau dislillce » • • » 80 —
Môlcz.
Éviter de loucher les cheveux qui rougiraient par ce coutacl.
(.HAMPIGNONS.
CERVELET. La présence d'un énorme cyslicerque, trouvé dans le quatrième ventricule à l'autopsie d'un enfant (voy. Heljiinthologie), n'avait déterminé aucun accident particulier aux lésions de cet organe.
Blessure du cervelet. Un lieutenant reçoit un coup de feu à la tête le 'I*"' septembre. Apporté le lendemain à l'hôpital sans connaissance, respiration sterloreuse, on décpuvre une plaie pénétrante à un pouce au-dessous de la saillie mastoïdienne des deux côtés, laissant échapper de la substance cérébrale à gauche, preuve de la lésion du cervelet. La connaissance revint le soir même avec perte de la vue et incapacité de lever la tête. Au milieu de la nuit, iljela des cris perçants et continua ainsi pendant trois semaines. Le docteur Batwell l'ayant fait transporter hors de l'hôpital, il se calma mddenhj et répondit raisonnablement aux questions. Tout le côté gauche se paralysa, la face portée à droite, et difficulté d'avaler. Sécrétions naturelles; excrétions volontaires; priapisme constant avec émission séminale. Les mouvements revinrent néanmoins peu à peu, mais il ne pouvait les guider et se trouvait obligé de recourir à i'infirmier. Finalelement, il recouvra la volonté de ses mouvements et entra définitivement en convalescence. Seule la pupille gauche restait ililatée et sensible à la lumière. Plusieurs esquilles s'échappèrent des plaies avant leur cicatrisation et le blessé put être envoyé à Nashville, dès la septième semaine. [Philadelpliiamed. and surg. Reporter.)
Tubercules du cervelet. Voy. Vomissements.
Nouvelles recherches sur la physiologie et la pathologie du cervelet, par le docteur Leven, membre de la Société de biologie. In-S" de 26 pages.
Exposé de toutes les découvertes anatomiques et physiologiques faites sur cet organe dans ces dernières années.
CHAMPIGNONS. Suivant le professeur de Kaleniczenko, on emploie beaucoup, dans la petite Russie, le Phallus impudicus, Linn, contre les douleurs rhumatismales et goutteuses , et ce n'est pas sans avantages, soit qu'on l'emploie en frictions sur les parties douloureuses, d'après une préparation empirique populaire, soit à l'intérieur {Union méd. , n° 3i). On serait donc autorisé, d'après cela, à rechercher chimiquement la partie active de ce champignon.
CHIHIIHGIE.
MM. Sicard ot Schoras ont établi que lo principo vénéneux de plusieurs espèces est d'un caractère basique et peut s'unir à des acides pour donner naissance à des sels.
Obtenu par le procédé qu'ils décrivent , ce sel est extrêmement vénéneux. Une dose infinitésimale, homœopalhique, a toujours été mortelle pour les grenouilles. En l'augmentant, elle a suffi à tuer un cliien de la même manière et avec les mômes effets que la curarine. Voy. cemo[.{Acad. des sciences, avril.)
Traité des champignons au point de vue botanique, alimentaire et toxicologiquo , par l'abbé Morel, un volume in-12, [de 300 p., orné de plus de 100 figures noires ou coloriées. Germer Baillière.
Œuvre d'un amateur, ce livre no peut guère servir qu'aux amateurs qui désirent connaître superficiellement ces végétaux comestibles. Une description sommaire de chaque espèce, aidée des figures , facilite cette étude , mais les savants mycologistes n'y trouveront rien qui puisse les intéresser. Les généralités sur les caractères, la culture, la récolle autant que la préparation et la conservation des champignons se trouvent dans une Introduclioa qui forme à elle seule un petit traité à l'usage des gens du monde auxquels ce livre peut seulement convenir.
CIIA.RBOIV. Trailemenl. Prenez un demi-drachme d'opium, dit le docteur Gutzeit de Riga , mêlez avec trois onces d'onguent blanc, étendez-en une couche épaisse sur toute la tumeur trois ou quatre fois par jour, et un soulagement rapide a lieu. La douleur devient supportable après une demi-heure et les symptômes généraux suivent la même amélioration. Cette médication est applicable aux divers degrés de l'afiFeciion, du début à la chute de l'eschare. Voy. Œdème gangreneux.
CHIRURGIE. Blessure du tronc brachio-céphalique gauche.
Le 24 avril, un assassin pénétrait dans les bureaux de l'ambassade russe et frappait le comte de B... de plusieurs coups de poignard. Appelé aussitôt, M. Maisonneuve trouva le blessé baigné dans son sang, étendu presque exsangue et sans connaissance sur un sopha. Le pouls et la respiration étaient insensibles.
Parmi des blessures multiples, une surtout attirait l'attention : c'était une plaie longitudinale d'un centimètre et demi d'éten-
CHIRURGIE
I due , placée immédiatement au-dessus de la fourchelLe du steri ntim , un peu à droite de la ligne médiane, et paraissant dirigée profondément d'avant en arrière, et de haut en bas.
Le blessé étant évanoui, l'hémorrhagie se trouvait suspendue, I mais, aussitôt que la circulation commença à se rétablir, un Ilot de sang d'un volume énorme surgit de la plaie. Ce sang était complètement noir, sans aucun mélange de sang artériel ni d'air, ce qui donnait la certitude que les artères carotides , ainsi I que la trachée , avaient échappé à la pointe du poignard , mais I que celui-ci avait intéressé l'un des plus gros troncs veineux de 1 l'organisme : le tronc brachio-céphalique gauche, qui, comme on le sait, croise perpendiculairement la direction de la trachée, en débordant un peu la fourchette sternale. L'absence de tout ihrombus dans le tissu cellulaire profond du cou permettait d'espérer que la pointe du poignard n'avait pas transpercé la veine, et que la paroi antérieure seule en avait été lésée, i M. Maisonneuve crut prudent de procéder sans retard à l'occlusion de la plaie , car, outre l'hémorrhagie déjà si grave , on pouvait craindre un accident bien plus redoutable encore, la pénétration de l'air dans le cœur. Comme accident consécutif, on pouvait redouter aussi l'intlammation intérieure de la veine, qui, pour être moins rapide dans ses conséquences funestes, n'en est pas moins aussi certaine.
Le procédé le plus simple pour obtenir ce résultat fut la suture dite entortillée, avec des précautions particulières pour en assurer l'efficacité. La première fut de passer l'aiguille à une grande dislance, un centimètre et demi environ , des lèvres de la plaie, afin d'obtenir, en rapprochant les chairs, par leur tension et leur élasticité, une compression profonde qui s'oppose à toute hémorrhagie interne. Celte précaution constitue la base de l'opération appelée autrefois le point doré. La seconde fut de prévenir, autant que possible, les chances de phlébite, et par suite, l'infection purulente.
De cette manière, en effet, la plaie se trouvait exactement fermée dans sa profondeur, et la peau tendue par cette plicature forcée, exerçait sur les tissus sous-jacents une pression puissante et régulière qui s'opposait à toute hémorrhagie.
Après cette opération , le malade, placé sur un brancard, fut transporté avec les plus grandes précautions à son domicile. Le trajet, quoique un peu long, fut parfaitement supporté; le pouls reprit un peu d'ampleur, la respiration s'exécuta régulièrement,
CHIRURGIE
et surtout il ne s'écoula pas une goutte de sang; aucun ibrombus sous la plaie.
La cicatrisation de celte grave blessure se fit régulièrement et, le -12 mai, le blessé était déilnilivemeni guéri. {Union méd .)
Traité iconographique des maladies chirurgicales, par Benjamin Anger, prosecleur des hôpitaux de Paris, précédé d'une introduction, par M. le profeseur Velpeau, membre de l'Institut.
Ce magnifique in-folio, monument splendide élevé à la chirurgie contemporaine par l'éditeur Germer Baillière, quoique commencé seulement le 1" juillet, compte déjà 4 livraisons comprenant 4 04 pages de texte, 32 planches coloriées, dessinées d'après nature par MM. Bien, Léveilléet Beau, avec texte explicatif et de nombreuses figures noires intercalées dans le texte. C'est ainsi que la première contient l'introduction magistrale du Nestor de la chirurgie française et les généralilés du premier livre; Luxations et [raclures, avec de nombreuses figures noires explicatives. Il n'est besoin ainsi que d'indiquer les grandes divisions dans le texte, les figures les expliquent. Les variétés des luxations et fractures de l'humérus suivent avec une description aussi claire que précise.
Ces spécimens, si l'on peut dire, font bien augurer de la continuation de cet ouvrage, autant pour la valeur de l'exécution que la rapidité de la publication.
Essays and Reports on opéra live and conservative Snrgcry (Observations sur la chirurgie opératoire et conservatrice), par Butcher, chirurgien de l'hôpital Mercer de Dublin. In-8" de 933 p. illustré de 62 planches.
Les résections dont l'auteur s'est beaucoup occupé tiennent une large place dans ce volume, celle du genou en particulier. M 72 pages lui sont consacrées. Il eu donne la statistique suivante :
De 1850 à 1854, sur 31 excisions, ... 5 décès. De 1854 à 1850, sur 50 — .... 9 —
81 Ti
Et mettant en regard les résultats de l'amputation de la cuisse, 'd'après les statistiques d'Erichsen en Angleterre et Malgaigne en France, le contraste est frappant.
119 amputations par blessures. 11 décos, mortalité. 58 "/., Bricl.sen j 3^ maladies. 7 - - SO,.-.
j 40 — par blessures. 34 — — 7r> Malpaigno 1^53 par innladie». 92 60
CHIRURGIE
Toutes les autres excisions sont traitées avec la même extension. Les amputations, les fractures, la taille, le bec-de-lièvre, chez les enfants, ont reçu aussi des éclaircissements.
Traité de médecme opératoire, bandages et appareils, par Ch. Sédillot, médecin-inspecteur des armées, directeur de l'École impériale du service de santé militaire, professeur de clinique chirurgicale à la Faculté de médecine de Strasbourg, commandeur de la Légion d'honneur, membre correspondant de l'Institut impérial de France, associé national de l'Académie impériale de médecine, etc. , etc.
Cette troisième édition de l'ouvrage classique du savant chirurgien militaire en atteste assez le mérite et la valeur. Elle se composera de deux volumes in-8°, dont le premier est en vente, le second sous presse. Des figures intercalées dans le texte et tirées en couleur y sont jointes. Toutes les innovations, les perfectionnements accomplis en chirurgie dans les dix dernières années, y sont consignés avec l'appréciation judicieuse et éclairée de l'auleur. L'écrasement linéaire, les pansements par occlusion, le drainage, les sutures métalliques^ a cautérisation en flèches et l'électrolytie, la compression digitale contre les anévrysmes et la question des résections sous-périoslées auxquelles l'auteur a pris une si grande part en leur opposant l'évidement, sont ainsi successivement discutées et passées au double critérium de la pratique et de l'exp'érience dans ce premier volume.
A Irealise on military surgery and hygiène (Traité de chirurgie et d'hygiène militaires), par le professeur Hamilton, inspecteur du service de santé de l'armée fédérale, un volume'de 648 p. avec 127 gravures. New-Yorlc et Londres,
Le succès du Manuel, dont la seconde édition a paru en 1 864, appelait ce traité qui, après une introduction sur les règlements de la chirurgie militaire aux États-Unis, contient autant de chapitres séparés sur l'hygiène diététique et nosocomiale que sur tous les points principaux de la chirurgie. Un chapitre est réservé aux anesthésiques, dans lequel l'auteur en restreint judicieusement l'emploi.
Le Guide n'en sera ainsi que plus sûr, plus explicite pour ceux qui ont à le consulter.
Délie impcrfezioni superstiti aile feri1>t d aile malattie con-
CHIRURGIE
/m»e m compajfno (Des imperfections aux blessures et aux maladies contractées on campagne), par F. Corlèse, inspeclenr sanitaire de l'armée italienne. Turin.
Surgical expériences. (Expériences chirurgicales) ou choix des leçons faites à l'hôpital Saint-Thomas, par Samuel Solly, chirurgien en chef, un volume in-S» de 606 pages.
Revue rétrospective et pleine d'enseignements d'une pratique de vingt années à la tête d'un vaste service, sur les questions les plus ardues de la chirurgie, par un des chirurgiens anglais les plus distingués.
Handbuch der allgemeinen und speciellcn Cliiriirgie (Manuel de chirurgie générale et spéciale). Un volume in-8° de 352 p. Erlangen.
Dirigé par Pilha et Biliroth assistés de collaborateurs aussi distingués qu'Esmarch, Nussbaum, Simon, Wagner, Weber et d'autres, cet ouvrage, orné d'excellentes planches et accompagné d'un allas de 136 gravures sur cuivre, ne peut manquer de valeur.
The Works of sir Benj. Coliins Brodie (Œuvres de B.Brodie), président de la Société royale avec une autobiographie ; recueillies et mises en ordre par Ch. Hawkins, membre du collège des chirurgiens.
Trois volumes in-8", contenant plus de 3000 pages d'impression. Londres. Le premier contient ses discours et toutes ses œuvres médico-littéraires, si l'on peut dire. Les deux autres, spécialement, les œuvres chirurgicales.
Notice sur la chirurgie des enfants, par M. P. Guersant, chi rurgien honoraire de l'hôpital des Enfants-malades, membre honoraire de la Société de chirurgie. 3*^ fascicule contenant : Arthrites chroniques, — Brûlures, — Bec-de-lièvre, — Coxalgie, — Inigations dans le pharynx, avec figures intercalées.
Pour l'année scolaire 1864-65, de même que M. le professeur Velpeau a publié la revue générale et statistique des cas observés dans son service de la Charité avec ses réflexions pratiques, dans le .lourn. de méd. et de chir. pràt., sept, et oc(. MM. Bouisson et Alquié ont relaté sommairement tous les faits remarquables qui se sont offerlsdans les cliniques chirurgicales de la Faculté de Montpellier (Montp. méd., oct. et nov.). Des
CHOLÉKA.
plus instructives, ces revues offrent une mine féconde de faits et de résultats curieux et intéressants.
CHOLÉRA. Épidémie de 1865, Origine. C'est delà Mecque, de Médine et sur le mont Ararat où se rassemblent, s'accumulent on peut dire chaque année 7 à 800 000 pèlerins, venant de toutes les contrées de l'islamisme pour sacrifier au moins une brebis à la divinité et s'en retourner, avec le titre de
' hadji, que semble avoir pris spontanément naissance celle nouvelle épidémie. Le mode d'existence impossible, la malproprelé
I indicible qui règne pendant toute la durée du pèlerinage, le carnclère meurtrier du climat, joint surtout aux émanations pestilentielles s'exhalant des corps morts à peine cachés sous le sable, et des détritus des animaux sacrifiés, laissés en pleine décomposition, suffisent bien à en expliquer le développement. Quoi qu'il en soit, spontané ou importé au milieu de cette réunion, le (léau éclata avec une telle véhémence, qu'en moins de vingt-quatre heures, 100 000 pèlerins en furent victimes.
De la Mecque, l'épidémie se montra bientôt à Alexandrie, son principal foyer en Égypte , puis au Caire et autres villes. Elle
I paraît ensuite à Conslanlinople, où elle fit d'affreux ravages, et
' envahit successivement tous les ports de la rive orientale de la Méditerranée : Damas, Smyrne, Scutari, et tous les lieux situés sur les deux rives du Bosphore, remontant dans la mer Noire jusque sur les rives du Danube, à Galalz et Braïlow, sans épar-
I gner les îles intermédiaires placées sur son passage, comme Chypre , Malte, où elle fait escale, sévit avec fureur, et jusqu'au milieu de l'archipel grec.
Simultanément le fléau apparaît sur la rive occidentale de l'Adriatique, à Ancône, où les décès s'élèvent à plus de cent par jour. 11 passe ensuite à San-Severo, dans la Capitanate , où il fait aussi de nombreuses victimes. Foggia, Melazzo, Sinigaglia, Riinini, etc., ne sont pas oubliés. Puis, il s'élance dans la garnison de Modène, et les prisons de Bologne, sans aller plus loin au nord , arrêté sans doute par la température et les mesures hygiéniques prises dans les villes de Milan et de Turin. En présence de quelques cas survenus en Sicile , les villes de Catane, Palcrme, Messine, sont si énergiques dans leurs mesures sanitaires, que l'épidémie ne se manifeste pas dans l'île. • Mais il n'en est pas de môme des ports français de la Méditerranée. Marseille est envahie et lutte pendant trois mois contre
U2 CHOLÉRA
le Iléau ; Toulon el tous les lieux circonvoisins sont aussi alleinls avec intensité.
Malgré la rigueur des quarantaines, le littoral de l'Espafrne a été envahi comme celui de l'Italie, de la Turquie, de Marseille, et de quelques îles qui s'y trouvent situées. Valence et plusieurs lieux circonvoisins ont été les premiers atteints. La province limitrophe de Caslellon l'a été ensuite avec de graves dommages, dans la capitale surtout, située sur la Méditerranée. Quelques cas rares se sont aussi montrés dans la province de Teruei. Do même à Barcelone et les environs, où la température excessive qui s'est manifestée à la fin d'août semble avoir donné lieu à différentes affections graves du tube digestif, confondues à tort avec le choléra.
Plus à l'ouest, Alicante n'a pas été épargnée; c'est la ville qui a le plus souffert : plus de 200 cas s'y sont déclarés à la suite de l'arrivée de quelques troupes venant, dit-on, de lieux infectés. Des cas se sont aussi manifestés dans la province voisine de Murcie, notamment à Carthagène. Gibraltar n'en a pas été plus exempt, môme la population civile. L'importation serait due au 22^^ régiment arrivé de Malte, le 10 juillet, sur le navire Orojitt's, quoique, jusque-là, l'île en fût exempte, et qu'aucun cas ne se soit manifesté pendant la traversée. Un soldat fut atteint le 1 9 juillet, et, bien que le campement du régiment ait été aussitôt changé de l'ouest à l'est del'isihme, 2 autres cas éclatèrent le 31 .
Envahies consécutivement, les îles Baléares ont été si maltraitées,que la plupart des habitants émigraient devant les ravages de l'épidémie.
On ne peut guère se refuser de voir là un effet de la navigation et comme un témoignage éclatant de la contagion de cette maladie. A ceux qui voudraient la nier, d'expliquer comme ils pourront la préférence du fléau pour les villes maritimes du bassin de la Méditerranée. Ce n'est que consécutivement qu'il parvient dans l'intérieur, dans les grands centres dépopulation, les capitales: Paris, Madrid. Mais il n'en résulte pas avec moins d'évidence l'inutilité des quarantaines ; car cette mesure a été aussi rigoureuse que possible à Malte, comme en beaucoup d'autres lieux, par opposition à ce qui avait été fait précédemment, et ils n'en ont pas été moins envahis. L'inconnu de la période d'incubation sera toujours un obstacle radical au succès de celtemesure d'un autre âge. comme le fait de Gibraltar tend à le prouver. Il faut donpau moins en essayer d'autres, et, jusqu'ici, on ne voit pas
CHOLÉRA
Irop les mauvais effets de celles qui ont été récemment adoptées.
I Contagion. L'illustre professeur Tommasi (de Pavie) la conteste en se fondant sur l'immunité relative des médecins et des personnes entourant les cholériques dans tes épidémies précédentes. D'où il conclut que les émanatiotis des matières fécales, des vomissements, sont plus dangereuses et plus délétères que les malades eux-mêmes. Les désinfecter immédiatement dans les lazarets et les hôpitaux est donc pour lui une mesure essentielle, aussi bien que de purifier les lieux où les cholériques ont séjourné. [Gazz. med di Torino, n° 33.) I Comme désinfectant de ces déjections dont la conlagiositcesL affirmée de plus en plus, M. Wahu conseille de placer constamment, dans un des vases qui servent à cet effet, 200 gratnmes environ d'une solution de sulfate de fer au 20% c'est-àdire 1 partie sur 19 d'eau. {Joum. desconn. mcd.)
L'invasion d'Ancône paraît infirmer celte opinion. Un tia- ! vire arrivant d'Alexandrie d'Égypte et ayant des malades à |ljord, fut soumis à une quarantaine do sept jours effectifs, I Une femme, Pliilomèlo Conforti, en débarquant, se rendit à ! Bologne par le chemin de fer et de là elle allait à Lucca, lors- I qu'elle fut atteinte dans le chemin de for à huit heures du malin. I Arrivée à Pisloja, à une heure de Florence, elle fut portée a I l'hôpital, isolée avec soin des autres malades, comme atteinte lidu choléra asiatique, dont elle succomba le lendemain à huit I heures du soir.
t Simultanément à son départ, deux malades du même navire (lurent atteints au lazaret et se rétablirent. De la les mesureà
♦ prises par le gouvernement italien.
1 Suivant le conseil supérieur de salubrité d'Italieau conlrairCj tet d'après le rapport du professeur Gliinozzi, le choléra d'An- Ncône s'est développî spontanément en vertu des mauvaises i conditions hygiéniques de cette ville. L'épidémie a clé précédée des maladies qui s'observent habituellement. Toutefois, il est confirmé que la première victime fut un nommé Fiacolti,
• marchand de labac que son commerce conduisait ortfinairement lu lazaret où les voyageurs venant d'Égypie subissaient leur r-iarantainc. {Imparzialc, n"'!?.)
On répète souvent qu'un seul fait bien avéré suffirait pour ilfîrmer la contagion. En voici un emprunté à l'épidémie acluelld p.tr M. Foissacî
i/a CHULÉHA. 1
Le jeudi l 'i octobre 18C5, M. et M""^^B,.. s'installaient dans la maison de campagne de la famille M..., située dans les environs de Gruyères-le-Chatel. Elle était accompagnée d'une femme de chambre qui avait caché à ses maîtres qu'elle avait la cholérine. Dans la nuit du jeudi au vendredi, vers trois heures du matin , la cholérine se convertit en une violente attaque de choléra. On place auprès de la malade une femme de confiance de la famille M..., et une femme du village qui avait offert ses services ; le vendredi matin, on fait venir de Paris une sœur de Bon-Secours de la rue Saint-Merry. Ces trois personnes, toutes bien portantes , quittent à peine la malade. Dès le samedi, la femme de confiance est frappée du choléra et meurt le lundi. Le dimanche 4 5 , après la messe célébrée au château, la sœur de Bon-Secours, prise également du choléra, meurt à minuit; la femme du village , atteinte dans la même journée , meurt le mardi. La première malade succombe quelques jours après. Plusieurs personnes de la famille M..., une seconde sœur de Bon-Secours qu'on avait appelée, éprouvent, quoique à un moindre degré, des symptômes inquiétants ; elles quittent rapidement le château et trouvent la guérison à Paris. Il n'existait aucun cas de choléra dans la commune de Gruyères-le-Châiel avant l'arrivée de la femme de chambre , aucun autre cas ne s'y est déclaré depuis. Ce fait n'a pas besoin de commentaire; il nous parait évident que la femme de chambre a communiqué le choléra à la femme de charge delà famille M..., à la femme du village, et très-probablement à la sœur de Bon-Secours. [Union méd. nM30.)
Pour montrer que le choléra comme la fièvre jaune se transmet avec prédilection à l'aide des navires, la Gazelle médicale d' Orient rapporte l'exemple suivant :
La frégate Mouchbiii-Sourour pari d'Alexandrie, où le choléra sévit, à destination de Constantinople ; aucun cas de choléra n'avait été observe à bord pendant le séjour dans le port, aucun n'apparaît pendant la traversée jusqu'aux Dardanelles ; mais entre celui-ci et Constantinople, deux attaques foudroyantes ont lieu ; elle arrive à Constantinople le 28 juin avec un troisième cas de choléra promplement mortel, suivi de 11 cas de cholérine et de diarrhée cholériforme. Le 30, 2 autres cas de choléra et 7 cas de cholérine et de flux cholériformcs se déclarent, et ces malades sont évacués sur l'hôpital. L'influence épidémique est ici bien évidente. L'imprudence d'envoyer ces malades dans
CHOLÉRA
un hôpital ne l'est pas moins. N'était-il pas indiqué de les isoler et de les traiter à part?
Malgré l'envoi de celte frégateà vapeur àBenyouk-Liman pour ôlre puiifiée et les mesures prises à l'arsenal pour prévenir la propagation du mal, cinq cas de choléra, dont deux mortels, s'y sont développés du 5 au 8 juillet. Il continuait d'y sévir après cette date, et des cas s'en étaient manifestés dans certains quartiers de la ville.
A Marseille, M. le docteur Maurin l'attribue à l'insalubrité des vieux quartiers et des faubourgs, à l'impossibilité d'y pratiquer un bon système d'arrosage , d'en extraire les immondices, à l'absf'nce des égouls, au croupissement des eaux d éviers et autres dans les rues, à l'abondance inaccoutumée et au bas prix des fruits , à l'abus qu'en fait la classe pauvre , à l'entassement d'une population éirangère et misérable dans des logements étroits, au centre de la vieille ville, etc., etc. Mais un autre praticien, M. le docteur Ménécier, s'est donné la mission de rectifier ce qu'il considère comme des erreurs, et d'atténuer un peu ce qu'on pourrait regarder comme des exagérations. Il ne met pas en doute, quant à lui, l'importation du choléra, qui n'aurait pas même rencontré des conditions exceptionnellement favorables à son développement, et qui aurait pris à l'improviste ses concitoyens , comme il a pris les médecins au dépourvu. Rien ne faisait prévoir l'imminence de l'épidémie, rten ne l'explique, rien ne la justifie.
Entre ces deux opinions contradictoires , on pourrait balancer à p orter un jugement très-affirmatif, si un hygiéniste ronnu par la précision de ses recherches et le grand nombre de ses travaux hydrologiques, M. Grimauri (de Caux), n'avaitdemandé à l'enchaînement des faits une réponse définitive à cette question, si vivement débattue et si diversement résolue. Or, les investigations auxquelles il s'est livré lui ont permis d'établir que les premiers faits de choléra conslatés à Marseille portaient la date du 14 juin, et que le navire ia Stella, parti d'Alexandrie, le 1", avec quatre-vingt-dix-sept passagers, dont soixante-sept pèlerins algériens . était entré dans le port Napoléon, le 1 1 du môme mois. Ce navire avait eu deux cas de mort dans la traversée , et un au moment, de l'arrivée Tous les pèlerins venaient de la Mecque par Djeddah et Suez, où, du 20 mai au 22 juin, il en était passé plus de vingt mille, tous plus ou moins infectés.
ftARNlER.
U6 CHULÉKA.
Elude supmaire sur l'iinporlalion du choléra cl les moyens de kl prévenir, par MM. les docteurs Sirus Pirondi et Fabre (de Marseille). Brochure in- 8^ Paris. Plaidoyer en faveur de la contagion basé principalement sur les faits de la dernière épidémie de Marseille et contraire aux mesures sanitaires employées pour s'y opposer. Ce n'est ainsi qu'un côté de la question ; la réplique serait nécessaire pour en juger.
Pathogénie. D'après son observation en Cochinchine , M. Armand soutient sa nature paludéenne {Gaz. hebdomad.). 11 pourrait bien ne pas s'être trompé, car on sait combien les fièvres pernicieuses sont fréquentes dans cette contrée, et elles pourraient bien avoir revêtu l'aspect cholériforme dans les cas observés par le savant médecin militaire français. Celte supposition esi rendue d'autant plus probable que le sulfate de quinine a réussi dans beaucoup de cas lorsqu'il était administré de bonne heure.
Des traits significatifs distinguent d'ailleurs ces deux maladies, dit M. Dechambre. C'est ainsi que par des latitudes égales, les mômes conditions atmosphériques et hydrolelluriques, qui semblent présider au développement de la fièvre jaune en Amérique, sont impropres à sa genèse en Asie et paraissent donner lieu à l'endémie cholérique. S'il faut abandonner l'hypothèse du miasme palustre pour rendre compte de l'origine de la fièvre jaune sur le littoral du Mexique qui offre cependant des analogies si frappantes avec la fièvre jaune hématurique, à fortiori, il faut renoncer à voir dans le choléra l'expression d'une inloxicaiion paludéenne. Celle-ci a une puissance renommée dans les pays tropicaux exempts de choléra, tandis que celui-ci naît spécialement à l'embouchure des grands fleuves de l'.Asie. Les indigènes où il est endémique, loin d'avoir l'immunité dont ils jouissent pour la fièvre intermittente, y sont plus exposés et y succombent en plus forte proportion que les blancs. Enfin, parmi plusieurs autres dissembUinces, le caractère migratoire du choléra e?t en opposition complète avec le caractère sédentaire des endémies de fièvre intermittente.
Néanmoins, M. Maurin assure qu'à Marseille, les premiers mois de 1865 ont été marqués par un nombre considérable de grippes, de coqueluches et de fièvres intermittentes larvées {Acad. des sciences). Dans son compte rendu des maladies régnantes, M. Gallard signale aussi la co'incidence de nombreuses
f'.IIOlÉlU,
I fièvres i.iUermilteiU,(3s iivec rapparilion du choléra à Paris, de I môme qu'en 1 849 eM 834, on avait constaté, dans les localités I où la fièvre palustre est endémique, un plus grand nombre de i cas de celle maladie (Soc. méd. des hôp,). Tout le littoral méi diterranéen du département de l'Hérault a égjlement offert une exceptionnelle augnienlalion dans le chiffre d'ordinaire trèsconsidérable des affections paludéennes. [Montpellier v)éd., : novembre.)
Cette fréquence admise, reste à préciser s'il y a là pure 1 coïncidence ou une filiation de cause à effet. Tout est contre
i cette dernière interprétation. C'est ainsi que le fléau indien s'est ( montré à peine dans les environs de Montpellier.
Les convalescents de fièvre typhoïde, de rhumatisme articulaire, seraient particulièrement prédisposés à le contracter dans les hôpitaux, suivant M, Moutard-^Iarlin, ainsi que les varioleux, d'après M. Bucquoy.
Diagnostic. A défaut de la diarrhée prémonitoire, qui manque li dans bon nombre de cas ou qui n'apparaît qu'avec les vomissc-
ii menls, le refroidissement ou les crampes, M. Gibert signale un signe constant, infaillible et facile à saisir, qui dislingue même la diarrhée prodromique des diarrhées ordinaires, qui coïncident si fréquemment cette année avec l'apparition du choléra. Tandis que pour celles-ci la langue est rouge, sèche et pointue, elle est toujours large, pâle, humide, blanche et recouverte d'un enduit muqueux dans la diarrhée prémonitoire.
M. Gibert n'a jamais vu manquer ce signe dans les épidémies précédentes, soit en ville, soit à l'hôpital Saint-Louis, et il le retrouve dans l'épidémie actuelle. (Acad. de méd., octobre.)
I Pronostic. Potils. S'il est lent, quoique faible, même avec une I algidité prononcée, M. Gubler croit pouvoir porter un pronostic favorable. Il est grave au contraire, s'il est très-fréquentj même avec une cyanose et un refroidissement modérés.
Les traits qui ressorlent le plus clairement de l'épidémie dè 1 860 sont : la diminution très-considérable de son intensité sur les épidémies précédentes, et sa généralisation restreinte ' lellemenl que plusieurs contrées, comme l'Allemagne, la Suisse, la Belgique, la Russie, en sont indemnes; l'Angleterre et le Portugal ont à peine été touchés. La transmissibiUté du fléau, de mjeux en mieux reconnue, constatée, affirmée par sa
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marche même envahissant tout le littoral de la Méditerranée et de ses affluents, comme de sa propagation directe, exclusive dans les grandes capitales, les centres commerciaux où se trouve réunie, encombrée une nombreuse population ; l'atténuation de sa force, de sa puissance d'action morbide, sa bénignité, en un mot, sedémontrent par la moindre proportion des cas foudroyants , ses caractères mal dessinés, différents, insidieux, typhoïdes, comuie cela résulte de la relation des épidémies de Marseille et de Constantinople notamment ; sa faible morlalité, du moins en Europe, et la proporlion élevée des guérisons.
A l'appui de sa bénignité relative, voici la déposition de la Gazelle médicale de Conslantinople : « Dans l'épidémie actuelle, les cas de choléra algide ont présenté des proportions beaucoup supérieures à ce qu'on avait remarqué dans les deux épidémies de 1849 et 4 855 , de même que l'ensemble phénoménologique du choléra a présenté aussi beaucoup plus de lacunes et de bizarreries. Les crampes aux membres inférieurs faisaient le plus souvent défaut ; la cyanose et l'aphonie ne se sont présentées, ni si fréquentes, ni si intenses qu'autrefois. Un cordonnier de Coumcapou, par exemple, présenta la cyanose, l'algidité, l'oppression précordiale, l'anurie sans vomissement ni diarrhée — c'était le choléra sec, — et cependant des frictions avec la térébenthine, l'usage interne de la glace el de l'acétate d'ammoniaque, suffirent à en déterminer la guérison, due au mérite du docteur Dimilropulos, mort sur la brèche.
1) La tendance à l'assoupissement et au coma était très-fréquente , les déjections alvines plutôt bilieuses que spécifiques ; l'anurie, la décomposition des traits, l'atrophie instantanée du globe de l'œil, la suppression du pouls, l'oppression précordiale, étaient les signes les plus constants. Une douleur aiguë et persistante du rachis était- très-souvent le présage d'une issue fatale.
» Le passage de la période algide à celle de la réaction s'effectua souvent avec l'apparition de phénomènes typhiques quelquefois plusieurs jours après la première invasion, d'autres fois seulement après quelques heures, sans que le tableau en fût uniforme dans tous les cas. »
A Marseille, suivant M.Maurin, cette pseudo-épidémie diffère des précédentes en ce que le mal arrivait avec soudaineté el marchait par degrés à des caractères pernicieux ou d'une
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fièvre typhique. De là l'insuccès des méthodes thérapeutiques.
Selon quelques praticiens, dit M. Grimaud, il y aurait eu cette fois moins de crampes et une cyanose moins générale que dans les précédentes épidémies. La suppression des urines seule n'a jamais manqué. On a compté beaucoup d'invasions subites, de cas foudroyants.
Prophylaxie. C'est sur elle plus que sur la thérapeutique qu'il y a lieu de compter. Sans parler des quarantaines qui ont fait leur temps, et dont l'exemple des Baléares et de Malte, si cruellement décimées, montre une fois de plus l'inanité, les mesures sanitaires et hygiéniques réalisées ici et là témoignent que l'on tend de plus en plus à marcher dans cette voie. La dispersion des populations soumises à l'infection, et des malades eux-mêmes dans des hôpitaux provisoires spéciaux ou sous la tente, la purification des marchandises et des navires, Tisolel' ment des cholériques dans nos hôpitaux, un établissement séparé pour recevoir les convalescents, tel qu'il a été formé à : Paris, pour la première fois, tout confirme cette nouvelle tendance. A l'Académie de médecine de Madrid , des hôpitaux spéciaux et provisoires de cinquante lits au plus paraissent à M. Calvo le meilleur nioyen de prévenir la propaga- : lion. Des maisons de secours pour recevoir exclusivement les I malades à la première période, c'est-à-dire avec la diarrhée 1 prémonitoire, et des habitations saines et ventilées pour les ! malheureux on santé, sont des mesures non moins utiles et ur- ! génies pour le président. Il voudrait même que le linge des I malades comme celui des varioleux fût mis de côté et lavé à I part. Bien plus, il faudrait le brûler, suivant M. Castelo; mais c'est là un excès dont il faut se garder, car il est toujours possible de le désinfecter et de le purifier.
A cet égard, l'apparition d'une demi-douzaine de cas bien caractérisés dans une ville est un signe bien plus sûr de l'explosion prochaine de l'épidémie que la diarrhée prémonitoire. Celle-ci n'est qu'un signe particulier, individuel ; celui-là s'applique, au contraire, à toute la population. Ne serait-il pas, dès lors, d'une bonne prophylaxie de faire évacuer les écoles, les collèges, les couvents, les casernes, et toutes les grandes agglomérations d'individus, dès que cosigne se manifeste, au lieu do recourir au système contraire en renfermant toutes les personnes suspectes dans une ville, un navire ou un lazaret?
iSo CHOLÈIU.
ALimelIre la Iruiismissibililô du choléra ou de la fièvre jaune ne rend pas obligatoire la pratique des quarantaines comme autre fois. 11 n'y a pas de rapport entre ces deux termes, comme on le croit encore trop communément. Vouloir revenir aujourd'hui à ces moyens presque barbares d'un autre âge pour combattre la Iransmissibililé contagieuse ou infeclieube, c'est montrer que l'ou n'a rien tippris ni rien oublié.
Absolument comme ceux qui, en présence de cette nature inconnue du choléra, cherchent obsliné^nent un spécifique, un antidote, et lui opposent des remèdes empiriques, irrationnels. Telles sont les injections hypodermiques d'huile essentielle de moutarde, pratiquées par M. Rubio, en vue de déterminer la réaction. Il en a obtenu des résultats très-satisfaisants, 'dit la Espana medka . Il faudrait s'entendre et s'expliquer catégoriquement sur ce mot. Est-ce, par exemple, cotnme chez le docteur Mayorga, dont le nom se trouve à la nécrologie? Quoi qu'il en soit, on a l'audace, la témérité d'imiter cette pratique en Espagne, de même que la ligature des membres pour intercepler la circulation et y conserver la chaleur animale, vantée simultanément, comme une grande découverte, dans le Siglo medico et la Gazzetla venete. Citerai-je aussi cette autre pratique dégoûtante, sinon impossible, employée à Conslantinople, de boire son urine dès qu'on est pris de vomissements et de diarrhée '! Triste spécimen des excès thérapeutiques, aussi ridicules qu'impuissants, auxquels quelques médecins se laissent aller en présence de ce fléau I
Combien seront plus efficaces les deux prix que la Société impériale de médecine de Conslantinople vient d'int^tiluer sur celte question du choléra en Turquie! Le programme contient seize articles dont la solution étant donnée fera un vrai traité historique de la dernière épidémie. Les mémoires devront être parvenus à la Société le juin prochain, et les récompenses de 4 000 et de 500 fr. seront décernées le 1 5 août suivant.
La fondation d'un vaste hôpital à Suez, par le vice-roi d'Egypte, pour recevoir les pèlerins de la Mecque à leur passage, ne sera pas moins utile. Mais, de toutes ces mesures prophylactiques, la plus sûre, la meilleure et la plus radicale est, sans contredit, d'aller arrêter le fléau à sa source en on prévenant le développement, soit dans l'Inde, soit dans la Turquie d'Asie. En prenant celte généreuse initiative, le gouvernement français a'esl acquis des droits à la reconnaisance universelle.
GHOLÉRA. 151
et la conférence sanitaire internationale qui va s'ouvrir en Orient, à ce sujet, ajoutera encore à tout ce qu'il a déjà fait dans cette contiée en faveur du progrès et de l'humanité. Dpjà la comiTiission turque, chargée d'aller à la Mecque et à Médinepour I étudier les causes de la transmission de l'épidémie et proposer ■ les moyens d'y remédier, a quitté Conslantinople et s'est embarquée à Suez.
. Aussi est-il juste d'associer à ce grand acte ceux qui en ont I primitivement émis l'idée et ont pu contribuer ainsi indirecte- I ment à sa réalisation. Il est encore plus glorieux de concevoir I un plan, d'élaborer un projet, que de les exécuter, et l'on peut surtout s'en montrer fier et jaloux quand la France s'empare de celle exécuiion. C'est ainsi qu'un médecin publiciste italien, le docteur Galligo (de Florence), a l'un des premiers conçu l'idée de ce plan. Dans un article de VOiyinione du 23 août, et intitulé : // choiera, l'igiene ed il dirillo internazionale, appello aile nazioni civili^ il proposHit un accord entre les gouvernements, alin de s'entendre daus un Congrès international sur les mesures préventives à prendre, et dont la nécessité était démontrée par les récents et trop douloureux événements. Suivant le Diriito du 4 novembre, ce projet aurait même été soumis, par M. Torelli, au Conseil des ministres du roi d'Italie, qui n'aurait pas agréé de prendre l'initiative de ce Congrès sanitaire international, et c'est alors qu'il en aurait communiqué officieusement l'idée à M. Drouyn de Lhuys. Mais il faut reconnaître que plusieurs voix françaises, sans être aussi catégoriques, avaient déjà formé des vœux dans le même sens. Entre autres celle du docteur Maiirin, dans le Courrier de Marseille, et, plus récemment, celle du ré lacteur de VUnion médicale. M. le docteur Bonnafont avait aussi renouvelé une proposition semblable, faite dès 1 849 (l'aller étouffer le monstre dans son repaire en hygiénisant la vallée du Gange. Enfin, l'Espagne avait, bien antérieurement, promulgué ce droit d'intervention sanitaire internationale et formulé une proposition identique par l'organe d'un de ses hygiénistes les plus distingués.^ Le docteur Monlau dit, en effet, au paragraphe 169 de ses Éléments d'Injtjiène publique : » tl serait digne des gouvernements européens d'accélérer cette œuvre de salut universel (la destruction de la peste, la fièvre jaune et le choléra asiatique) en intervenant pacifiquement pour quel'Qrient, l'Amériqueinterlropicale, l'Inde, etc., entreprissent la désinfection de ces localitéset déterminassent ainsi l'extinction
152 CHOLÉRA
des endémies meurtrières qui leur sont spéciales. » On voit qu'il serait assez difficile d'attribuer la priorité à qui de droit dans ce concert de proposilions et de vœux similaires. Le mieux est dp n'en pas faire question, comme M. Galli-iO en a donné publiquement l'exemple dans Vllalieda 7 novembre, par la raison «que de telles idées sont si nilureiles, lo^iiques et justes, qu'elles peuvent naître simultanément dans plusieurs esprits i la fois. » C'est une compétition égoïste et vaine que d'en agir autrement.
Diarrhée prémonitoire. Cet excellent signe avant-coureur de l'invasion a continué d'attirer l'attention. M. Guérin, surtout, qui le premier l'a signalé en 1 832, a voulu montrer par la statistique qu'il était presque constant. S'il a admis des exceptions, ce n'est que pour confirmer la règle. Renchérissant encore sur ce^ données, pour en marquer la constance, M Pitel, de Louviers, a émis cette proposition : 0?i ?»'« le choléra à l'état grave que quand 07iveiU bwn l'avoir. Mais il n'y a là qu'un défaut d'observation ou un système trop exclusif. On sait qu'il y a des clioléras secs, et que ce sont les plus dangereux. Il y a aussi bon nombre de choléras foudroyants. D'ailleurs, il résulte de l'enquête générale du Comité consultatif d'hygiène, pendant l'épidémie de -1 833-54, sur la statistique de laquelle se fondent les partisans exclusifs de la diarrhée prémonitoire, que sur 974 cholériques, 740 seulement l'avaient eue. Les 234 restants ne sont donc pas une simple exception, et c'est ce que M. Pellarin a eu surtout le mérite de signaler et de soutenir.
Tant qu'une diarriiée est bilieuse, aqueuse ou glaireuse et ne revêt pus l'aspect riziforme, il est impossible de l'appeler prémonitoire, car on ne sait si elle aboutira au choléra. C'est ainsi qu'à Paris, pendant cette courte épidémie, il y a eu de nombreux troubles gastriques , des dérangements intestinaux , mais sans caractère tranché le plus souvent, On ne peut donc dire que ce soit là un prodrome. [Acad. des se, octobre.)
De l'aveu de la plupart des praticiens qui ont écrit à ce sujet, d'accord en cela avec le rédacteur en chef de VUnion 7nédicah', l'épidémie actuelle n'a nulloment été précédée de manifestations prodromiques. Elle s'est établie d'emblée par des cas isolés d'abord, limitée dans un foyer circonscrit et se propageant de là dans un autre en s'étendant ainsi, comme MM. Chauffard, Marrotte l'ont signalé. {Union médicale,)
CHOLÉRA
Pour M. Worms, médecin en chef do I hôpilal militaire du Gros-Caillou, la limonade sulfurique esl le remède infaillible contre la diarrhée prodromiqiie. 3, 4 et même 5 grammes d'acide sulfurique concentré, suivant la gravité du cas, sont dilués dans un kilogramme de décoction de salep avec ISO grammes de sirop de sucre. Le malade en boit un verre d'heure en heure, en se rinçant la bouche après. On rapproche cette dose de demi en demi-heure dans le choléra confirmé. Les vins blancs et de Champagne, la glace, sont permis à l'exclusion de tout autre liquide alcoolique ou aqueux. La persistance des vomissements n'a rien de défavorable et annonce une heureuse terminaison. {Acad. de méd., octobre.)
On s'étonne de voir des propositions aussi hardies, avancées sans preuves à l'appui, ce qui en atténue l'importance surtout en présence de ce fait que la limonade sulfurique avec l'eau de Rabel, employée dans les précédentes épidémies, n'a pas pro- I duit ces effets merveilleux entre les mains de praticiens recomi mandables . Le succès serait donc exclusivement dans la formule de M. Worms et la manière d'employer ce prétendu spécifique. I Réduite à ces termes, la question se résout d'elle-même.
Isolement des malades. Cette grande mesure a été prise pour 1 la première fois dans les hôpitaux de Paris, à la suite d'une i conférence des chefs de service dans laquelle cette question a j été soulevée et volée presque à l'unanimité. Le grand nombre I de cas intérieurs dans les épidémies précédentes en a été le I premier et le principal motif. Ainsi, en 'l8.')3-54, pour 4,746 I cas de l'extérieur admis dans les hôpitaux, on compte 2,006
atteintes de l'intérieur, soit 42 pour 4 00 ou le tiers environ du
chiffre total.
En y ajoutant 199 cas développés dans les hospices, on a un total de 2,205 cas intérieurs ou une proportion de 46 pour 10 0.
Les hôpitaux avaient été, sous ce rapport, moins maltraités en 1 849, car sur 9,754 cholériques, en arrêtant l'épidémie à la fin du mois de septembre , en trouve 7,352 cas extérieurs et 2,402 cas intérieurs, c'est-à-dire la proportion de 33 pour 100 des seconds aux premiers ou un quart du chifîr e i total.
Quant à celle de 1 832, il n'y a guère à en tenir comple sous ce rapport, à cause de circonstances spéciales dans lesquelles elle s'est présentée à cet égard.
CHOLKRA.
Il semble, au premier abord, assez facile d'expliquer celle proportion considérable des cliolériques à l'inlérieur au débul de 1 épidémie. La population des hôpitaux se compose de gens affaiblis par la misère et par la souffrance ; beaucoup sont affectés de maladies qui, par leur naiure et par leur siège, les prédisposent singulièrement à subir les atteintes du fléau. Est-il donc si étonnant que ce soit là que le choléra frappe ses premiers coups, et que les premières victimes soient aussi nombreuses?
Le second motif a été que, pratiqué à la fin de l'épidémie de 1 854 à l'Hôtel-Dieu, cet isolement, loin de créer un foyer d'infection dangereux, semblait avoir été favorable, puisque dès lors, les cas intérieurs y avaient été moins nombreux et la mortalité avait de même été inférieure à d'autres hôpitaux où il n'était pas pratiqué.
C'est surtout au commencement et à la fin de l'épidémie que cet isolement a paru nécessaire ; au commencement pour prévenir la contamination, à la fin parce que les cas intérieurs sont beaucoup plus fréquents qu'à toute autre époque et semblent augmenter à mesure que l'épidémie décroît au dehors.
Exemple le résultat général des derniers mois de l'épidémie de 1849 :
Cas exlérieurs. Cas inléricurs.
Juillet 344 279
AoCit 517 379
Seplembi'o 351 320
Octobre 25 79
Ce chiffre élevé des cas intérieurs lorsque l'épidémie décroît, ^'explique facilement lorsqu'on sait que c'est surtout dans les lits des salles réservées aux cholériques qu'ils se sont manifestés.
Boaiijon, dans ses GO lits des salles réservées, a eu 36 cas inlérieurs. La Gharilé. . . 90 — 53 —
Saint-Louis . . 437 — 50 —
Neckor 20 — 3 —
Stfi-Margiicrile. 60 — 10 —
Le danger ressort donc là non pas de l'accumulalion dos cholériques dans une môme salle, mais d'y placer immédiatement d'autres malades après eux. D'où l'indication do les laisser vacants nn certain temps pour obtenir tout le proRt de cet
CHOLÉRA
isolement; bénéfice impossible à réaliser s'il n'était pas pratiqué. (Soc. miid. deshôpil., octobre.)
L'expérience dira si cet isolement a les avantages que l'on en attendait. Mais ne semble-t-il pas plus logique, au lieu de réunir les cholériques dans des salles spéciales des hôpitaux, d'installer des salles provisoires dans les divers quartiers de la ville, dès que le fléau se manifeste? L'isolement ainsi pratiqué serait dans tous les cas bien plus réel et plus efficace.
Traitement. Dans une visite aux hôpitaux, M, J, Guyot a vu à Lariboisière, dans le service de M. Hérard, comme à l'Hôtel-DieUjChez M. Horleloup, une malade au moins, sur trois, guérie, gaie, demandant à manger; une malade sur trois, en excellent état de réaction, de coloiation, de circulation et de calme; une malade, à peine sur trois, en étal de lutte entre la médication et le choléra. Entre les mains de ces deux grands praticiens, la médication stimulante et évacuante était la base principale des traitements et la cause déterminante de la plupart des guérisons.
Le thé au rhum (125 grammes de rhum environ pour 87S grammes de thé) était la tisane de la réaction et du réchaufifement la plus employée. Au début de l'accès, à Lariboisière, les élixirs, la Chartreuse, ont été administrés avec succès, A l'Hôiel-Dieu, on donnait le rhum par une et deux cuil^ lerées à bouche, dans des cas avancés, suivis degiiérison. Mais l'ipécacuanha, à la dose de 1 à 2 grammes, est le plus souvent nécessaire et très-employé à l'Hôtel-Dieu comme à Lariboisière, soit dans les vomissements spontanés persistants, soit dans les vomissements provoqués par l'ingestion des stimulants diffusibles alcoolisés ou des alcooliques.
Le sous-nitrate de bismuth, dans les cas de diarrhée persistante, a été fort employé à Lariboisière et à l'Hôlel-Dieu. : le sulfate de soude à l'Hôtel-Dieu, mais peu ou point à Lariboisière; une défiance théorique s'attache à ce laxatif salin, le plus grand et le plus sûr diarrhéostatiquo et anticholérique dans les dysenteries prémonitoires du choléra; le quinquina et ses préparations, l'éther en gouttes, en potion ou en lavement, jouent un rôle encore important dans les traitements ; un peu de musc à I Hôtel-Dieu, très-peu d'opiacés, avec quelques autres médicamenis pharmaceutiques, figurent sur un troisième ou quatrième plan dans l'arsenal de nos habiles confrères.
156 CHOLÉRA
Gomme moyens physiques, la glace pour apaiser les ardeurs on les vomilurilions à l'inlérieur; à l'exlérieur, les frictions, l'incubation ou les bains d'air chauds, les vésicatoires, les sinapismes, l'éleclricilé , etc., sont employés selon les besoins et avec avantage.
Le régime alimentaire est l'objet d'une attention spéciale, non pour être amoindri, supprimé, mais, au contraire, pour qu'il réponde aux besoms exprimés et pour l'imposer même à la répugnance naturelle à la maladie spéciale : les bouillons, les potages, les soupes épaisses, sont doimés aussitôt que possible ; et les aliments solides, pain et viande, quand les sécrétions salivaires permettent de les avaler; l'eau rougie, le vin pur, le vin de Bordeaux surtout, sont, avec raison, libéralement accordés par M. Hérard. {Union méd., n" 125.)
Ammoniaque. En fluidifiant le sang et en excitant le système nerveux, l'ammoniaque remplit les deux indications principales suivant M. Carrière. M. Foissac n'est pas moins favorable à l'emploi de cet agent [Union médicnlc). Nous croyons que des faits seuls peuvent entraîner la conviction à cet égard, après les insuccès dont il a été l'objet dans h s épidémies précédentes.
C'est ce que M. E. Fournier a compris en fournissant une série de 13 observations dans lesquelles le traitement suivant lui a constamment réussi.
Dans les cas de diarrhée simple, avec pesanteur de l'estomac, traits grippés caractéristiques, tenir le malade à la diète, et lui l'aire prendre, toutes les demi-heures une cuillerée à soupe d'une potion de 120 grammes renfermant 2 grammes d'ammoniaque et dix gouttes de laudanum. Mais il est juste d'ajouter encore que ce n est là qu'un des nombreux moyens employés suivant la période et la gravité des cas. Les lavements trôscliauds en sont surtout l'auxiliaire.
Chlorure de sodium. En raison de la grande' proportion qu'on en trouve dans les déjections, M. Richard, imitant la pratique de Chomel et Aran, l'a donné à l'intérieur à l'hôpital Saint- Antoine, dans un julep contenant 8 grammes et aromatisé avec le sirop d'orange. Une cuillerée à bouche toutes les demi-heures. On y ajoute au besoin 12 à 15 gouttes de laudanum. On administre concurremment la même dose en lavement. Bon nombre de guérisons s'en sont suivies. {Bull, de thérap , octobre.)
Il faut dire pourtant que les moyens adjuvants ont pu avoir
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utant de part, sinon plus que le remède principal, à ces guérions. Tels sont les vomissements avec l'ipéca au début, 'enveloppement dans le drap mouillé, les boissons chaudes, timulantes ensuite, etc., etc. Dans ces conditions, comment Itribuer le succès au sel?
Cuivre. A l'asile d'aliénés de Marseille, sur moins de 000 habitants, il y a eu, du 29 juillet au 14 octobre, d'après M. Lisle, médecin en chef, 68 cas parfaitement caractérisés, 40 hommes et 28 femmes, dont 33 morlete chez 17 hommes et 1 8 femmes.
Des 1 4 premiers malades hommes, traités par les moyens ordinaires, 1 2 sont morts, les 2 autres ont eu une convalescence des plus difficiles.
C'est alors que dans un cas grave arrivé à la période algide, M. Lisle essaya la solution de sulfate de cuivreà la dose de quatre gouttes avec deux gouttes de laudanum deSydenham dans une cuillerée d'eau sucrée. Une heure et demie après, un changement ine.-péré s'éi;iit produit : les crampes et les-vomissements avaient diminué de fréquence et d'intensité; l'expression de la physionomie était moins anxieuse; la chaleur revenait peu à peu ; la langue surtout et l'haleine étaient moins froides ; cependant le pouls restait insensible et la diarrhée était encore abondante. Il prépara immédiatement une potion contenant cinq gouttes de laudanum et dix gouttes de la solution de sulfate de cuivre, qui fut administrée d'abord par cuillerées, puis par demi-cuillerées, et d'heure en heure.
Vers le soir, les crampes cessèrent complètement, et un peu après les vomissements. Le pouls et la chaleur revinrent dans la nuit; la diarrhée, après avoir diminué également pendant la nuit, était à peu près insignifiante dès le matin du second jour. Enfin, quoique la soif fût encore très-vive, la malade se trouvait déjà si bien qu'elle parlait de manger. La potion cuivreuse fut prise tout entière et ne fut pas renouvelée.
Cependant la période de réciction fut laborieuse et exigea un traitement énergique [une saignée le troisième jour, sangsues aux tempes, deux purgatifs, et enfin toniques). Deux jours après l'invasion de la maladie, la malade put aller dans son pays, et aujourd'hui elle se porte à merveille.
Ce fait assez concluant fit cesser toute hésitation, et depuis lors tous les cholériques de l'asile ont été soumis au môme
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traitenieiil, dont voici la composition : Avec une solulioii au 20" de
Sulfate de cuivre 5 grammes.
Eau dislilléc lOO —
on compose une potion contenant :
Solulioii do sulfate de cuivre au 20o. . . . is^,t>0
Laudanum de Sydenham iO goultes.
Eau sucrée ^ d 20 grammes.
Celte potion est administrée au malade le plus près qu il eu possible du début de la maladie, à l'exclusion de toute auire médication : dans les cas très-graves, par cuillerée à cafo de quart d heure en quart d'heure ; par demi- cuillerée à bouche de demi-heure en demi-heure dans les cas moyens, en commençant parfois même par une cuillerée entière, et enfin d'heureen heure dans les cas légers. On continue ainsi jusqu'à ce que la chaleur soit revenue à la peau et à la langue, et que le pouls se soit un peu relevé. Ensuite les prises ne sont plus données que toutes les trois ou cinq heures, et l'on cesse complètement aussitôt que l'état du malade permet d'espérer que la période algide est terminée. Telle est la marche suivie à peu près constamment, mais qui peut être modifiée suivant les circonstances.
Des 26 cholériques soumis à ce traitement, S seulement sont morts. 21 ont été guéris, et, chez le plus grand nombre, la convalescence a été prompte et de peu de durée. La maladie réelle et sérieuse n'a guère duré plus de vingt-quatre, quarante-huit ou peut-être soixante-douze heures, et la convalescence, six, huit, dix ou quinze jours ; chez le plus grand nombre aussi, la période de réaction a été nulle ou tout à fait insignifiante. El, chose digne de remarque, les principaux symptômes (crampes, vomissements, froid, diarrhée) ont suivi à peu près constamment, dans leur diminution et leur disparition successives, la même marche que chez la malade dont l'ob^ servalion est résumée plus haut. ■
Cependant tous ers malades étaient aussi gravement atteints que les premiers; tous, à uno exception près, avaient des déjections abondantes par haut et par l)as, dont la matière était des plus caractéristiques; tous avaient des crampes plus ou moins violentes; chez tous, le dernier excepté, les urines ont été supprimées pendant plus de vingt-quatre heures, et, chez plusieurs, pendant deux ou trois jours; tous, moins trois ou
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quatre, offraient des traces évidentes de cyanose, avaient la langue et les extrémités froides à des degrés variables, le pouls petit, filiforme, et quelques-uns tout à fait insensible.
Pour donner toute leur valeur à ces faits, il faut dire quelques mots des morts. Le premier était atteint de paralysie , générale arrivée à sa dernière période. 11 était retenu au lit, ' depuis près de deux mois, par une de ces diarrhées ultimes que rien n'arrête. On peut dire que le choléra n'a réellement frappé qu'un cadavre.
Le second est mort en sept heures d'un de ces choléras secs qui, au dire de tous, tuent plus promptement et plus sûrement que l'autre. 11 n'avait pu prendre que deux cuillerées de la polion cuivreuse.
Un autre est frappé subitement par des symptômes tellement graves, que, dès la première vue, tout traitement parut inutile. Le sulfate de cuivre fut néanmoins administré, et parut enrayer un instant la marche de la maladie ; les vomissements, trèsfréquents, cessèrent même entièrement vers la troisième heure; mais les autres symptômes s'aggravèrent rapidement, et le malade succomba après neuf heures de souffrance.
Les choses se sont passées tout autrement chez le quatrième : cet homme paraissait aussi gravememenl atteint pendant les premières heures que le précédent ; le pouls surtout était complètement insensible, et est resté tel pendant onze heures au moins; cependant une amélioration lente, mais constamment progressive, se manifesta sous l'action du sulfate de cuivre; si bien que, vers la vingtième heure, le patient paraissait entrer en pleine réaction Cet état dura deux jours, et le malade avait déjà pris un peu de bouillon et de vin, lorsqu'il tomba dans un grand alîaissement suivi d'un coma profond, dont no purent le sortir ni des finapismes fiéquemment répétés, ni un largo vésicatoire appliqué sur la région éfiigastrique, qui paraissait Irès-doulonreuse, ni, enfin, dix sangsues.
La quantité de siilfale de cuivre absorbé a varié ainsi de 0,04 à 0,20 et même 0,23 centigrammes, c'est-à-dire que chaque malade a pris, depuis la moitié seulement de la polion indiquée ci-dessus, jusqu'à deux et même trois de ces potions. Mais dans ces derniers cas la convalescence a toujours été longue et difficile. Elle a présenté d abord quelques sym- • ptômes cérébraux assez sérieux : subdélirium ou mémo délire pendant la nuit, assoupis.<emen( plus ou moins profond, et
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même un peu de coma ; puis un état adynamique inquiétant, qui, chez une sœur hospitalière, entre autres, a duré dix à douze jours, et a exigé l'emploi de trois purgatifs salins el en-^ suite du quinquina. |É|
Ces symptômes élaient-ils uniquement la suite de la perturbation profonde imprimée à toute l'économie par le choléra durant sa période algide? Cela est fort possible. Cependant il est permis de croire que le cuivre n'y est pas resté complètement étranger. En voici les motifs : l'absorption étant très-peu active pendant la période algide du choléra, les doses successives du médicament ingéré s'accumulent peu à peu dans l'estomac, surtout lorsque les vomissements ont cess-é. Il arrive alors nécessairement que, lorsque la période de réaction commence, la faculté d'absorption se réveillant avec énergie, une quantité de sulfate de cuivre, qui peut varier entre 5 et 10, ou même 15 centigrammes, est portée rapidement dans le torrent de la circulation et détermine chez le sujet des phénomènes d'intoxication d'autant plus graves que l'absorption aura été plus considérable.
Ainsi s'expliqueraient, en partie du moins, les symptômes alaxiques et adynamiques présentés par quelques-uns des malades, et mieux encore le coma profond et les convulsions qui ont précédé la mort de trois d'entre eux, ainsi qu'on l'a vu plus haut. Si celte observation est juste, il en surgirait une indication nouvelle, qui consisierailà neutraliser l'excès dusulfate de cuivre ingéré, foit en faisant vomir le malade dès le début de la période de réaction, soit en lui administrant une quantité suffisante de fer réduit par l'hydrogène. La seule malade où celte indication ait élé remplie a paru s'en trouver très-bien. Elle avait pris 0,20 centigrammes environ de sulfate de cuivre, dont l'action toxique a été prévenue à la fin du deuxième jour de la maladie par l'administration de 0,40 centigrammes de for réduit par l'hydrogène. Trois jours après elle a pu se lever, et sortir de l'infirmerie le septième jour. {Union méd., n" 127.)
Sans pouvoir détruire cette dernière opinion de notre savant confrère, nous devons dire ici avoir observé ces mêmes phénomèuesalaxo-adynamiques chez une cholériquequi n'avait pas pris de cuivre, et qui succomba le huitième jour, après deux jours de convalescence. A part cette réflexion, on ne peut s'empêcher de reconnaître une grande importance à ces faits venant d'un
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médecin aussi distingué et honorable que le directeur de l'asile de Marseille.
Deux cholériques, la mère et la fille, traitées à Paris suivant cette méthode par M. Biandet, sont rapidement entrées en réaction et ont guéri {Union méd., n^lSI). Mais elle échoua dans un troisième cas. Sur sept cas, M. Pellarin a également obtenu cinq succès et il est juste d'ajouter que dans les deux autres, au lieu de la solution cuprique c'était le sel lui-même qui avait été administré en potion, d'une manière peu suivie et très-irrégulièrement. Preuve qu'il ne faut pas, en expérimentation thérapeutique surtout, s'écarter des formules modèles si l'on veut pouvoir conclure rigoureu?ement. [Idem, n" 134.)
Enduits imperméables. De ce qu'ils réussissent contre les inflammations aiguës de l'abdomen et du bassin en suspendant la calorificalion, M. le docteur Diouet en a inféré, on ne sait trop en vertu de quel raisonnement, qu'ils devaient réussir contre la diarrhée cholérique et appliquant du coUodion mélangé d'un cinquième d'huile de ricin sur toute la paroi abdominale dans 45 cas environ de ce genre, un effet diamétralement opposé s'en est suivi, c'est-à-dire une douce chaleur locale après cinq minutes, augmentant graduellement au point de devenir considérable, tout en restant agréable et bienfaicanle. Après vingt-quatre heures souvent, sinon dans la demi-journée, la diarrhée était arrêtée sans autre remède.
11 en a été de même dans 6 ca.R de choléra algide, confirmé. Un seul malade est mort après une réaction puissante de deux heures. L'auteur conclut donc à la toute puissance de ce moyen contre la diarrhée prémonitoire et môme contre le choléra confirmé lorsqu'il est employé deux à trois heures après l'invasion . [Union méd., n" 131 .)
Si les motifs qui ont conduit l'auteur à ces applications ont lieu de surprendre à cause de la diff'érence d'aspect et de nature d'une inflammation franche du péritoine ou de la matrice avec une diarrhée cholérique, les résultats ne sont pas moins étonnants, car ils sont contradictoires en théorie comme en pratique à tout ce qui a été publié jusqu'ici sur les efl'ets des enduits imperméables.
C'est à l'acide phénique, produit purifié de la créosote, dont il n'a pas l'odeur repoussante, que l'on donne généralement la
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préférence en Italie. Toute la presse s'en occupe, et le declear Ferrari écrit d'Ancône « que, contre les vomissements et la diarrhée, la créosote est le remède héroïque. » Le professeur l'acini, qui l'avait recommandée, dès 1855, comme astringent et antiseptique, la prescrit de nouveau contre la diarrhée prémonitoire sous la formule suivante :
Créosote ou acide phénique. ... 5 gouttes.
Sirop do cédrat 30 grammes.
Eau 150 —
Une cuillerée toutes les deux heures ou plus souvent, suivant la gravité des cas, comme moyen d'arrêter la transsudation aqueuse, empêcher le ferment cholérique et la chute de Tépithélium intestinal. On y joint l'opium pour favoriser la tolérance quand le choléra est déclaré.
A défaut de pouvoir le faire supporter par la voie gastrique, on l'administre en lavements. Il est aussi employé en loiions avec parties égales d'alcool comme un révulsif plus puissant que la moutarde. On en fait des aspersions comme désinfectant. Tel est 1 engouement dont il est l'objet, que l'on ira bientôt jusqu'à en faire un spécifique, sans citer aucun nouveau succès bien concluant à l'appui.
Contre les crampes spécialement, M. Wahu conseille, pour ravoir fait avec succès, de véritables embrocations loco dolenti avec le chloroforme. Tandis que l'un verse, l'autre étend le liquide en frictionnant. [Journ, des conn. méd.)
Le redressement lent, méthodique des articulations crampées est le meilleur moyen de les faire cesser immédiatement, suivant M. Guyon. [Acad. des se.)
Au lieu des grands bains de moutarde préconisés par plusieurs praticiens , c'est sous forme de cataplasme que M. Brochin applique ce puissant révulsif dans la période algide. 2 kilogrammes de farine de moutarde sont placés dans un grand vase, mis en consistance de cataplasme et étendus sur une couverture de laine dans laquelle le malade est roulé de la tête aux pieds [Gaz. des hôp.). Il n'y a qu'un inconvénient à ce remède, c'est l'odeur pénétrante qui doit se dégager et irriter considérablement les muqueuses oculaires et nasales des malades et des assistants.
Choléra inl'aniile. Sous-nilrale de bismutli. Dans une éfiidéniie que M. Jardin, médecin à Connaux (Gard), a observée
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idans ce pays en 1860, il s'est bien Irouvé parlieulièremenl de l'usage interne du sous-nitrate de bismuth, qu'il considèrecomme un spécifique de cette redoutable maladie. Il était, dit-il, vrai- ) ment extraordinaire de voir combien le vomissement cédait ra- I pidement à l'ingestion de 1 0 à 20 doses en général; la diarrhée I était plus rebelle.
Il l'administre de préférence en poudre à la dose de 25 à ! 40 centigrammes, que l'on dépose sur la langue du petit ma- ; jade en le mettant au sein aussitôt après ; il avale ainsi le I médicament avec le lail. On peut aussi le déposer sur le ma- ' melon humecté, mais le mieux est de l'administrer dans une I cuillerée de tisane, de lait ou de bouillon. La dose journalière ; était ainsi de 2 à 8 grammes. {Rec. de la Soc. de méd. dlndreel- Loire.)
11 faut dire toutefois que des frictions stimulantes étaient pratiquées concurremment et que la décoction blanche était aussi donnée à l'inlé-ieur. On ne peut donc savoir la part exacte qui revient au sous-nitrale do bismuth dans le succès.
Frappé du prix énorme de ce médicament, M. Garraud, de Laval, l'a remplacé par le silicate de magnésie et de chaux en poudre, dont l'aspect et les propriétés sont analogues, le prix seul diiïère bt'aucoup, puisque celui-ci ne revient qu'à un centime le gramme, suivant M. Grassi. Employée contre les diarrhées cholériformes, cette poudre a été aussi efficace que celle du bismuth, et suivant M. Trousseau, elle peut la remplacer dans toutes ses applications comme absorbant. {Journ. de méd et de chir. pval., novembre.)
CIIORKE. Son siège dans la moelle épinière a été mis en évidence par l'expérience suivante. Un chien atteint d'une chorée générale et occupant loutt'S les régions do la tête, du tronc et des membres, fut sacrifié à l'école vétérinaire de Lyon, par la section de la moelle épinière au niveau de l'espace atloïdo- occipital. Au lieu de mourir asphyxié en quelques minutes, comme cela arrive généralement, l'animal vécut encore trois heures environ. Les convulsions persistèrent, notamment dans le diaphragme, dont l'intermittence et le rhylhme entretinrent ainsi la respiration et la vie.
Une seconde expérience a confirmé de même que sa cause est bien dans une action réflexe de la moelle épinière. Une chienne atteinte do convulsions choréiques du membre antérieur