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Contrairement à M. Marey, attribuant les ondulations des tracés de l'oreillette, pendant la systole ventriculaire, aux vibrations de la valvule, M. Onimus dit qu'elles sont dues aux vibrations de la membrane du tambour, car une membrane soulevée avec force ne peut ainsi rester immobile, elle exécute forcément un mouvement de va-et-vient qui, transmis au levier enregistreur, produit ces petites ondulations des tracés. Autrement, ce serait une ligne ascendante presque égale à celle du ventricule qui se produirait si l'oreillette en était la cause. {Jovrn. d'anat. et de pfujsiol, juillet, p. 344.)
Théorie nouvelle de l'occlusion auriculo-venlricvlaire. Contrairement aux théories régnantes à ce sujet, M. Onimus admet qu'elle est déterminée par l'effacement complet de l'orifice résultant de la contraction des fibres circulaires qui le rétrécissent en partie et au rapprochement des parois qui, s'appliquant en ce point l'une contre l'autre exactement, interceptent toute communication entre l'oreillette et le ventricule. S'il en était autrement, dit-il, — que les valvules se redressent pendant la systole et fassent l'office de soupapes, suivant la théorie de M. Bouillaud ; qu'elles soient soulevées par la pression du sang, suivant celle do MM. Chauveau et Rlarey, ou par engrenage, comme le veut M. Parchappe, — le sang du ventricule n'étant séparé du sang de l'oreillette que par ces valvules, il y aurait à chaque contraction un pouls veineux, suivant celte loi de physique que la pression se transmet toujours d'un liquide à un autre, lors même qu'ils sont séparés par une membrane, à moins d'une rigidité complète que ne peuvent acquérir ces valvules. Les bruits attribués à leur tension devraient être uniformes dans leur timbre, leur siège, leur manifestation, et il n'en est rien. Le premier bruit devrait continuer malgré la section des colonnes charnues, suivant lathéoriede MM. Chauveau et Marey, et eux-mêmes ont établi le contraire par une expérience concluante. D'ailleurs, la persistance du bruit, malgré l'obstacle au soulèvement des valvules et son abolition par
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la section des cordages tendineux, montre bien l'inanité de cette dernière doctrine, et les expériences sur le débit syslologiquo du sang témoignent qu'il n'en peut rester dans le ventricule, comme cela ne manquerait pas d'avoir lieu dans l'impasse auriculaire si elle se produisait ainsi par le soulèvement des valvules.
Après avoir ainsi combattu une à une et dans tous leurs détails les théories existantes et montré qu'elles se contredisent et s'infirment l'une l'autre par la disposition analomique diflérente des ventricules, de leurs parois mobiles et fixes, de leurs fibres, des valvules et des muscles papillaires, il rapporte tous les témoignages en faveur de l'abaissement actif de la valvule opéré par ces muscles papillaires lors de la contraction. Le rétrécissement de l'orifice auriculo-ventriculaire à ce moment est dû au rétrécissement des capacités ventriculaires par les parois externes, qui ne peuvent se rapprocher de l'axe du cœur qu'en rétrécissant les orifices dont une partie repose sur elles. Il ressort surtout de l'application de la photographie telle qu'il l'a faite à l'élude des mouvements du cœur et qui montre la diminution de son diamètre transversal à la base, comme elle a, d'ailleurs, été constatée à l'œil nu.
L'effacement complet de cet orifice résulte de la disposition en 8 de chiffre des fibres unitives dont il donne les dessins d'après M. Verneuil, lesquelles tendent, en se contractant lors de la systole, à rétrécir et effacer complètement les orifices auriculo-ventriculaires, La direction des fibres des muscles papillaires n'y contribue pas moins. Il suit de là que les altérations du tissu musculaire du cœur doivent, bien plutôt que les altérations valvulaires, produire et rendre compte des phénomènes pathologiques attribués à celles-ci. Diins ses observations d'asystolie avec bruit de souffie au premier temps et à la pointe, M. Parrot n'a pu ainsi en trouver la cause à l'autopsie, comme on le verra plus loin.
Le serrement du doigt introduit dans l'orifice pendant la systole, qui résulte du témoignage de tous les expérimentateurs, est la meilleure preuve physiologique et la plus convaincante de cette théorie. L'empoisonnement par la digitaline, en faisant contracter le cœur, la confirme. Les orifices auriculo-ventriculaires sont ainsi considérablement rétrécis. Enfin, si l'on introduit un tube de verre assez résistant par une plaie faite à l'oreillette droite d'un chien, chi^z lequel on pratique la respiration
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artificielle de manière que son extrémité dépasse à peine l'orifice auriculo-venlriculaire, et que la valvule puisse jouer librement, on voit à chaque systole le sang s'élever dans le tube et même en jaillir. Preuves que les valvules ne ferment pas l'orifice et qu'il s'efface par le resserrement.
L'absence de valvule dans le cœur droit des oiseaux, remplacée par un muscle très-fort, un véritable sphincter, est une autre preuve indirecle qui a bien aussi sa valeur.
Quant à l'usage des valvules, en les destituant du rôle d'oblaratrices auriculo-ventriculaires, basé sur leur forme frangée et la direction de leurs points d'attache, M. Onimus en interprèle différemment l'af^.tion. La grande valve gauche de la valvule mitrale aurait pour effet, attirée en bas, de séparer en deux la cavité du ventricule et de protéger ainsi l'orifice aortique en empêchant la compression, l'occlusion par la paroi externe. Son existence avec la même disposition et la même direction chez tous les animaux en montre l'importance extraordinaire en physiologie aussi bien que la gravité de ses lésions en pathologie.
L'action principale des autres franges valvulaires serait d'empêcher, dans la période présystolique, le sang qui se trouve 3rès de l'orifice de refluer dans l'oreillette et, par leur rétraction consécutive en bas, de chasser le sang qui se trouve entre celles et les parois correspondantes, les fonctions sont appuyées par le raisonnement et la pathologie. C'est ainsi que la transformation cartilagineuse, crétacée ou fibreuse de ces franges icilvulaires, en empêchant le rapprochement des parois, l'occlusion de l'orifice, produit les accidents de l'insuffisance. C'est uissi pourquoi les symptômes sont identiques dans l'absence ) j l'adhérence des valvules, comme en témoignent les auteurs.
Elles auraient en outre pour effet, en remplissant le rôle i'aponévroses flottantes, de mettre plus directement en contact es parois des orifices, en les rendant régulières et lisses. Tout semble donc confirmer que les orifices auriculo-ventriculaires îffacent par la contraction de leurs fibres, comme l'anus, le lylore. C'est pourquoi l'orifice aortique, composé de tissu il^reux, avait besoin d'un mode d'occlusion exceptionnel auquel es valules sigmoïdesont spécialement pourvu. {Jouvn.de Vanal. •l de la physioL, juillet.)
Pathologie. Asystolie prîiniihe. Considéré jusqu'ici comme
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le résultat des lésions cardiaques, ce phénomène paraît avoir une autre origine. Suivant M. Parrot, un obstacle à la circulation pulmonaire pourrait y donner lieu, en provoquant la dilatation, l'hypertrophie des cavités droites du cœur et l'insuffisance des valvules, notamment de la Iricuspide. Co serait donc là une asyslolie spéciale, primitive dans le domaine du cœur, bien que secondaire dans le processus morbide général. Sur sept malades observés à la cli nique de l' Hôtel-Dieu, dont il rapporte les observations, l'asystolie existait ainsi avec des lésions du cœur droit exclusivement. Six n'avaient jamais subi d'alleinte rhumatismale, le souvenir en remontait à quarante ans chez le septième, sans qu'il en eût éprouvé d'accident consécutif; au contraire, tous étaient atteints d'affections pulmonaires chroniques : sclérose, adhérences pleurales, bronchite, emphysème vérifiés par l'autopsie et dont l'existence avait précédé les troubles survenus du côté du cœur. Or ces causes, en constituant des obstacles très-réels à la circulation pulmonaire et aidées d'autres causes déprimantes, comme un logement insalubre, une alimentation insuffisante et un travail excessif, sont considérées comme l'origine du mal, dont voici le tableau symptomatique.
Les malades, assis sur leur lit, soutenus par un entassement d'oreillers, la tête renversée en arrière ou tombant sur leur poitrine, sont en proie à une dyspnée douloureuse; les sternemastoïdiens, les scalènes et tous les muscles qui sont habituellement dans un état de demi-repos ou même complètement immobiles, ici sont agités par des contractions énergiques. Les yeux, humides, sont injectés et saillants, la bouche estenlr'ouverte, toute la face a une teinte bleuâtre, surtout apparente aux lèvres et au nez ; l'haleine est souvent aride, la voix difficile et entrecoupée. Les pieds et les mains sont froids et cyanosés; les jugulaires font une saillie permanente sur le cou. Toujours très-accentuée au niveau des parties déclives, l'infiltration œdémateuse des tissus est souvent généralisée. Lti pouls très-fréquent, de 100 à 128, petit, intermittent, dispa-» ralt sous la moindre pression du doigt; enfin, l'ataxo-adynamiei du cœur, que nous annoncent déjà ces anomalies des pul?ationw de la radiale, est encore caractérisée par une augmenialionn considérable de son volume, par l'irrégularité, l'éloignement, la faiblesse des bruits normaux, et par des battements tantôt faibles, tantôt violents et tumultu«ux. j
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Ce tableau est donc le même, à s'y méprendre, que celui qui caractérise l'asyslolie de M. Beau ; mais voici qui dislingue celle-ci en particulier. C'est un bruit anormal du cœur existant dans 5 cas à la partie la plus interne du quatrième espace intercostal, une fois dans le cinquième à gauche du sternum et une autre au-dessus de l'appendice xiphoïde. Se prolongeant quelquefois en haut, il s'affaiblit rapidement pour disparaître même dans une zone peu éloignée du siège de son retentissement maximum. Là, il masque tout à fait le premier bruit normal ; ailleurs, il laisse percevoir avec une grande netteté le double bruit physiologique. Il est donc court et appartient au premier temps de la mesure cardiaque. Il existait dès le premier examen chez six malades, et il a persisté jusqu'à la mort sans modification sensible quant au siège et au rhythme. Chez une malade qui est revenue à la santé, il a disparu avec les autres accidents du cœur, et d'un appareil symptomatologique aussi grave il n'est resté qu'une légère irrégularité des bruits physiologiques.
L'absence constante de toute lésion du cœur gauche pouvant expliquer le souffle du premier temps distingue encore celte asystolie. Dans les six cas où l'autopsie a été faite, les cavités droites et notamment celle du ventricule étaient considérablement amplifiées, l'orifice auriculo-ventriculaire mesjurait de 104 à 153 millimètres, la Iricuspide ne pouvant plus l'obturer. Cette modification dans le mécanisme valvulaire suffit à produire le souffle du premier temps et comme il n'y avait dans le cœur aucune autre lésion capable de l'expliquer, on doit conclure que l'insuffisance de la tricuspide est à la fois la condition nécessaire et suffisante de la production de ce souffle. C'est ainsi qu'il est perçu tout à fait à droite et qu'il tend à se propager de bas en haut dans la direction du reflux du sang du ventricule dans l'oreillelle. •'y
Un autre signe de celle asystolie est le pouls veineux des *^.J jugulaires, qui a été constaté chez tous les malades jusqu'à la ' mort. Il avait une ampleur et une telle force dans un cas, qu'il - \ se voyait à distance, et qu'appliquant le doigt sur la veine, on J avait une sensation analogue à celle que donne le choc d'une ■ j artère de gros calibre. Ce sont donc là deux signes distinctifs f ' précieux; aussi l'auteur les appelle-t-il bruit et pouls veineux^'/^'i asystoliques. '
Quant à la formation de cette asystolie, l'hypergenèse du
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lissu corijonclif et la bronchite chronique, l'emphysème, les granulations miliaires avec loules leurs conséquences "consliluent des obstacles tels à l'introduction de l'air dans les vésicules oi à la circulation du sang dans le système capillaire du poumon, que l'on peut bien l'expliquer ainsi. C'est le cœur droit, enelîot, qui ressent le contre-coup de ces troubles pulmonaires. La suspension de la resi)iration amène ainsi un relard dans la circulalion du cœur droit, tandis qu'il n'en est rien dans le cœur gauche. Si donc les maladies du cœur exercent une induence fâcheuse sur la respiration, il n'est pas moins juste de se préoccuper des accidents que les affections pulmonaires peuvent exercer sur le cœur droit.
Sous cette influence, le ventricule droit peut bien en effet résister pendant un certain temps, mais bientôt il se laisse distendre de plus en plus, et sous la pression considérable que subissent ses parois, l'externe est repoussée en dehors, étant la plus faible, entraînant les valves et les cordages de la tricuspide auxquels elle fournit des insertions. L'ajustement des bords valvulaires est ainsi dérangé et la communication avec l'oreillette devient libre L'orifice auriculo- ventriculaire est de même élargi, et deux causes conspirent simultanément ainsi au reflux du sang ventriculaire dans l'oreillette et les grosses veines qui s'y abouchent Cette insuffisance de la tricuspide laisse immobile une niasse de sang veineux, noir, mort; bien plus abondante et dangereuse que par l'inocclusion de la valvule mitrale et les sigmoïdes. Non-seulement parce qu'il est impropre à la nutrition, mais par sa stagnation dans les parois, il en trouble, en arrête la circulation par la dilatation des veines coronaires. De là la gravité de cette forme de l'asystolie et la production du bruit anormal et du pouls veineux qui en sont les signes. {Archiv. de méd., avril et mai.)
De l'influence palhogénique des maladies pulmonaires sur le cœur droit ; thèse inaugurale par le docteur X. Gouraud, ancien interne lauréat des hôpitaux de Paris.
L'originalité de cette dissertation académique l'a fait distinguer par la Faculté qui l'a couronnée. Elle consiste surtout à montrer que l'embarras de la circulation pulmonaire peuldélor- ^ miner l'insuffisance des valvules du cœur droit, et en parlicu- / lier de la tricuspide, se révélant par un bruit de souffle au [ire- ' mier temps et à la pointe. C'est précisément le nouveau signe de l'asvstolie primitive, relaté plus haut par iM. Parrot, on ne
saurait donc plus douter de sa réalité ni de sa pathogénie. Toutefois, M. Soulier n'admet pas que cette insuffisance par trouble de la petite circulation, soit une afl'ection cardiaque durable, ce ne serait qu'un trouble physiologique, bien différent en cela de l'insuffisance organique (Journal de méd. de Lyon, août). Quoi qu'il en soit, M. Gouraud étudie avec soin tous les phénomènes congeslifs secondaires résultant de cette insuffisance, dont il établit ensuite le diagnostic d'une manière positive. Ce travail prendra donc une place distinguée dans la .pathologie du cœur.
P Lésions valvulairea. Leur rapport avec l'hémiplégie aphaisique a été établi par M. Hughiins-Jackson, voy. Aphasii;, (—-et avec la diphthérite par M. Bridger. Voy. Diphthérite.
! Hypertrophie du ventricule gauche. De nouvelles observations ■ Irès-probantes de M. Olivier en ont établi la coïncidence avec l'albuminurie. Voy. ce mot.
Polijpes. Si le diagnostic de ces productions morbides est à peu près imposs ble, par l'obscurité des symptômes et leur bonfusion avec ceux des altérations organiques du cœur autant ]ue parla rareté des faits observés, l'observation suivante, )"ecueillie à la Charité par le chef de clinique, M. Proust, iiérite d'être connue comme un exemple de l'embarras et des :;auses d'erreur que ces cas suscitent au praticien, aussi bien :[UQ de la réserve qu'il doit observer.
Il s'agit d'un ébéniste de cinquante-huit ans, admis le 16 juillet 1864 avec de la dyspnée, essoufflement, oppression ?t battements de cœur. La pointe de cet organe battait dans le septième espace intercostal , mais ne se détachait pas nettement ; le cœur était donc aujimenté de volume. L'étendue de a malilô confirmait celte hypertrophie. La palpation révélait in frémissement vibratoire et des battements irréguliers que 'auscultation rendait encore plus manifeste ; bruits intermitcnts et inégaux , le premier recouvert d'un bruit de soufile i:-sez doux dont le maximum paraissait à la pointe. Corres- )ondant aux contractions cardiaques, le pouls était petit, iné^-al, rrégulier, intermittent, de 88 à 92. Les veines, jugulaires, lolablemcnt gonflées, présentaient le pouls veineux.
Ces troubles étaient accompagnés d'un embarras de la circulaion capillaire révélé par les lèvres violacées, poqimettcs ecchy-
moliques, œdème des membres inférieurs augmenté par la station et la marche. Pas d'ascile ni de développement marqué du foie, mais il y avait des vertiges, tête lourde ol le malade disait ôlre de temps à autre sur le point de perdre connaissance.
Rien de notable dans la poitrine, jamais d'hémoptysie ; l'appétit était bon et les urines normales. Pas de traces de cachexie.
Tous ces accidents ne remontaient qu'à quatre mois après un assez violent coup sur le côté droit reçu à celte époque ; puis tous les symptômes s'étaient développés graduellement. Il n'y avait jamais eu de rhumatisme ni de douleurs articulaires. Une affection organique du cœur était cependant évidente ; l'intégrité de la circulation pulmonaire, sans trace de congestion ni d'œdème, ne permettait pas d'accuser le cœur droit. Enfin le développement brusque et la marche rapide et continue de la maladie pouvait bien faire suspendre tout diagnostic précis, plutôt que de voir là une insuffisance mitrale.
Après la mort, survenue le cinquième jour, on trouve le cœur ayant 14 centimètres transversalement et 13 de haut en bas. Il est mou et peu consistant. Les orifices du cœur gauche sont libres, tandis que l'oreillette droite est remplie par une tumeur pédiculée dont l'insertion est sur la cloison. Elle tombe par sa pesanteur sur l'orifice auriculo-ventriculaire et exerce une pression sur les orifices aortique et auriculo-ventriculaire gauche. Sa forme, irrégulièrement ovoïde, présente des bosselures molles, des duretés, des masses calcaires. Elle est recouverte d'une membrane lisse, mince, se continuant avec l'endocarde, et otîre ainsi l'apparence d'une projection polypiforme [Gaz. vwd., décembre 1 864). Si ce fait, joint aux quatre à cinq autres semblables existant dans les annales de la science et que l'auteur rappelle, montre l'impossibilité d'un diagnostic rigoureux, ildoit montrer à savoir le suspendre quand l'appareil symptomalique n'autorise pas à se prononcer.
Atrophie. Un homme de quarante et un ans entre à l'hôpital civil d'Alger, service de M. Ferrus. Il parle d'une voix languissante, reste toujours couché, souvent assoupi ou plongé dans une sorte de stupeur ; voici ses antécédents :
Il y a deux ans qu'il commença à se sentir de la faiblesse dans les jambes ; un peu plus tard il passa plusieurs mois à la salle Saint-Vincent pour des ulcères autour des malléoles et rentra plusieurs fois à l'hôpital pour des douleurs rhumatis-
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maies et autres maladies. Il paraît avoir éprouvé, de temps à I autre, des syncopes.
Depuis huit jours, il rend des crachais mêlés d'une matière jaune- brun qui leur donne quelque ressemblance avec des taches de chocolat et qui exhalent une odeur fétide ; les dents sont gâtées et l'haleine a la même odeur. Ce malade ne paraît pas hypochondriaque ; il dit n'avoir pas de force pour se servir de ses bras, ni même les soulever, et être irès-sensible au froid. Dix-sept jours avant son entrée, ayant été surpris par la pluie, il a éprouvé un grand malaise, et depuis il va de mal en pis. Appétit faible; pas de vomissenjents ; selles régulières. Aucune tumeur à la région épigastrique ; la pression n'est pas j douloureuse. Pouls petit, conceniré. A l'auscultation, impossible de percevoir les ballemenls du cœur. Les organes respiratoires, examinés une fois, cinq jours avant la mort, donnent en avant une sonorité exagérée; obscurité du murmure respiratoire. En arrière et à gauche, absence de murmure vésiculaire; à droite, il est obscur ; matité à la partie inférieure de la poitrine ; à la percussion, absence absolue de toux et de douleur.
Les crachats bruns, rares les premiers jours, devinrent plus abondants vers le 20 février. Le malade en rejetait à volonté. Il commença simultanément à vomir ses aliments ; majs les vomisiements ne contenaient aucune matière particulière. Régime habituel : crème de riz ou potage au lait, avec eau de Seltz et potion audanisée. En peu de temps, il perd son embonpoint et les :ouleurs qu'il avait encore à son entrée ; sa peau devient terne, iche, écailleuse, et se détache en pellicules, surtout à la face ; a prostration fait des progrès effrayants, l'appétit disparaît tout fait et un état semi-comateux se déclare. Le2 mars, le crachoirdu malade contient prèsde 1 50 grammes le cette matière liquide, noirâtre, fétide, au milieu de laquelle n aperçoit des stries d'un sang rouge.
La muqueuse buccale et pharyngienne est livide, violacé ; mais ne paraît ni ramollie ni ulcérée. Dans la nuit du au 5 mars, cauchemars affreux; le matin, (7 se réveille en riant, il est effrayé, il saute sur son lit. On le contient avec leine, et alors il fond en larmes. Pendant le reste du jour il st assez tranquille. La nuit suivante, les mêmes phénomènes se eproduisent, et il meurt le matin, 6 mars, avant la visite. I A l'aulopsie, le pharynx, l'œsophage, l'estomac, les inteslivs ont à l'état normal. En incisant le foie, un sang noir ruisselle
OARNIER. il
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sur les coupes. La partie supérieure des deux poumons ne présente aucune altération, si ce n'est un peu d'emphysème; mais le tissu des lobes inférieurs est ramolli, infillré de sang , il se laisse déchirer facilement et forme alors une sorte de pulpe qui rappelle le tissu de la rate.
Le cœur est atrophié, sur tout à droite; le ventricule loge juste le pouce , le gauche est beaucoup plus spacieux. Les parois de l'organe sont flasques, molles, graisseuses.
Cette atrophie du cœur suffit-elle pour expliquer, outre la congestion hypostatique des poumons, les symptômes notés pendant la vie? La question est difficile. Pourtant, l'impossibilité de découvrir les bruits du cœur, la sensibilité au froid, les syncopes, les cauchemars, la prostration des forces, etc., sans affirmer une relation directe entre ces phénomènes et l'atrophie du cœur, en sont des indices très-probables. {Gaz. méd. de l'Algérie, octobre.)
Des accidents cardiaques graves rappelant ceux de la myocardite, comme palpitations violentes, incessantes, parfois irrégulières, prolongement frémissant des bruits, battements violents des carotides, souvent oppression, anxiété, manque d'air, ont été observés par lo professeur Lôschner chez des enfants et des adultes à la suite d'un bain trop chaud suivi de refroidissement. Ils sont surtout dangereux chez les enfants el chez les adultes atteints de syphilis. La nutrition générale paraît avoir subi une atteinte profonde; l'amaigrissement est rapide et alors que les malades ne succombent pas, ils ont à subir les tortures d'une angoisse, atroce comme s'il y avait paralysie du cœur. L'anasarque survient souvent dans les derniers jours.
Les tempérants, la digitale, les acides, le repos absolu, les fomentations froides sur la région précordiale, les lotions tièdesj des boissons aqueuses abondantes, des inspirations profondes, fréquentes, sont les moyens les plus utiles à eniployér. [Prager Vierteljahrsckr., 4 864.)
Voy. Pools veinbox, Rupture.
TnAiTEMENt. Une nouvelle source d indications thérapeutiques dans les maladies du cœur, pour le docteur Ferraiid, est la tension vasculairo; qu'elle résulte d'une impulsion extraôl-dinaife du cœur, ou de l'embarras dans les capillaires, de la qualité ou de la quantité du sang, source toute physique et
(lOLtQUÈS.
pour ainsi dire mécanique. L'indication de ce phénomène est dans le pouls. La faible tension est ainsi exprimée par le pouls vite, saillant, dépressible, onduleux; le pouls lent, concentré, dur, résistant, indique au contraire une tension trop forte. Le sphygmographe appliqué à l'étude de ce phénomène l'a rendu bien plus perceptible par le caractère des lignes qu'il trace sur le papier. Aidé des signes objectifs résultant de l'examen du malade, on acquiert une certitude presque mathématique à cet égard.
La digitale peut ainsi servir comme un puissant sédatif, dans le cas où la tension résulte d'une impulsion cardiaque trop forte. Les frictions, le massage, les lotions chaudes, relâchent la circulation capillaire obstruée. La position horizontale diminue la résistance du cours du sang. Les émissions sanguines, quoique diminuant la tension plus directement, ne doit être employée qu'avec prudence, par crainte de produire un effet contraire. Le recours aux hydragogues est préférable. Ils peuvent même être employés dans la tension artérielle produite par un excès de sérum dans le sang.
Nouveau poison du cœur, Yoy. Toxicologie.
Leçon clinique sur les altéralions des orifices cardiaques, faite à l'hôpital Beaujon, par M. Moutard-Martin.
Par la clarté, la précision des détails, cet exposé débrouille admirablement la symptomatologie si souvent obscure, embar- J rassante de ces affections, et peut servir à tout praticien, au litf i do malade, à en poser rigoureusement le diagnostic. [Union méd., n"' 31 et 33.) I
Patologia del cuore e delV aorla (pathologie du cœur et de I l'aorte), par le professeur Guido Baccelli (de Rome).
En cours de publication par fascicules, Rome, 1863-63.
COLIQUES. Coliques néphréthiues. En attendant le bain tiède prolongé, qui en est le calmant par excellence, M. Calmarza conseille de recourir au massage de la manière suivante, I qui lui a parfaitement réussi dans un cas.
Le patient est couché du côté sain et courbé un peu en . avant si la douleur existe un peu haut. Après avoir enduit sa i main d'un corps gras, le médecin opère de la main droite, à gauche et vice versd, en massant la partie postérieure à cause