‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales (volume 2)Chapitre 40 sur 149 · COLLODION · texte numérisé non relu

COLLODION

de la profondeur du mal, surtout chez les sujets obèses, en lui faisant parcourir incessamment la partie comprise entre le rein et le siège douloureux de l'uretère, et en la dirigeant toujours de haut en bas durant quatre à cinq minutes.

Non-seulement l'urine parvient à franchir ainsi l'obstacle à son cours, ce qui est indiqué par la cessation de la douleur et un bien-être soudain, il arrive encore que souvent l'uretère se dilate assez pour permettre aux graviers engagés d'être entraînés jusqu'à la vessie.

Si ce dernier avantage n'est pas obtenu de suite, et que les douleurs se renouvellent, il faut de même renouveler le massage, même après le bain, s'il n'est pas suivi de calme. [Espana medica. )

Coliques saturnines. Chez deux malades qui en étaient atteints dans son service de l'hôpital Saint-Louis, M. Guibout ayant employé vainement ou sans succès marqué les traitements mis ordinairement en usage, et notamment celui de la Charité et la limonade sùlfurique, les remplaça par la fleur de soufre exclusivement, à la dose de i 6 grammes par jour, à prendre dans du miel ou délayé dans l'eau.

Ce médicament a le double avantage de purger doucement sans coliques, et de neutraliser directement le plomb. Au bout ^^'^..^ de peu de jours, en effet, les accidents saturnins avaient disv paru. {Bull, dethérap., déc. 1864.)

' \ COLLODION. Sa différence de composition, suivant qu'il i ^ \ provient de telle ou telle pharmacie ou de la même officine à des '*^'«»' ; époques différentes, montre, dit M. Adrian, que la préparation n'en est pas aussi simple qu'elle le paraît. Outre le rnodus faciendi qui varie, il y a aussi les éléments de cette préparation, notamment les acides et l'éther, qui peuvent contenir jusqu'à 1 2 pour 1 00 d'alcool, sans qu'on puisse le reconnaître, ainsi qu'il appert de son mémoire avec M. Regnault, sur une méthode propre au dosage de l'éther sùlfurique (voy. Akesthésie). Il faut donc recourir à un éther type de composition rigoureuse et constante, c'est-à-dire prendre comme point de départ l'éther pur à 65 degrés, et y ajouter la quantité d'alcool à 90 degrés nécessaire pour former un dissolvant éthéro- alcoolique approprié. Voici, d'après de nombreux essais, la meilleure formule pour faire un collodion propre aux usages thérapeutiques:

CONDYLOMES.

Élher pur à 65° C, Alcool rectifié à 901 Fulmi-coloii solnble Huile de ricin . . .

Faites dissoudre le fulmi-coton dans le mélange d elher et d'alcool, puis ajoutez l'huile de ricin. La forte proportion de fulmi-coton contenue dans ce collodion nécessite do l'étendre avec rapidité.

Contrairement à M. de Robert de Latour, qui l'emploie comme anticalorifique dans les inflammations aiguës de l'abdomen, M. le docteur Drouet l'a vu produire et ramener la chaleur dans la cholérine et même le choléra. Voy. ce mot.

Collodion mercuriel Vov. Condylomes. Syphilis.

1 Collodion morphiné. Voy. Névralgies.

! COIVDYLOMES. Collodion mercuriel. Vanté l'an passé par I MM. Debout et Devergie, dans le zona (voy. ce mot). M. Finco

(de Padoue) l'a employé avec succès contre les condylomes.

Son malade, âgé de cinquante-six ans, portait autour de l'anus j un grand nombre de ces productions d'un volume considéra- ; ble et que l'application du nitrate d'argent n'avait fait I qu'augmenter. Il versa dans un flacon contenant 52 grammes

de collodion, 25 centigrammes de sublimé, et après avoir bien

agité le mélange, il en appliqua, avec un pinceau à aquarelle, 1 sur les deux plus grosses tumeurs. Le lendemain, elles étaient

presque détruites. En seize jours, il en détruisit ainsi plus de

soixante, et le malade en fut guéri sans récidive. {Gnzz. med.

Lomb. n° 41 .)

ICOIVSANGUIIVITÉ. En continuant de préoccuper l'attenion des physiologistes, cette question reçoit des interprétations lifférentes. A Rive-de-Gier, ville de 15 000 habitants, les iroduits de vingt unions consanguines présentent la plus belle onslitution et une santé florissante d'après le docteur Hervier, tandis qu il a rencontré 25 cas de stérilité, 12 de surdi-mutité il 3 de polydaclylie dans des unions croisées. De l'aveu même lu directeur des sourds-muets de Lyon, les trois quarts sont le produit d'unions non consanguines. Que signifient donc les iOO cas environ invoqués en faveur de la consanguinité?

Oi grammes,

CONSANGUINITÉ

Il n'y a donc pas lieu, suivant l'auteur, à attribuer les détériorations organiques à la consanguinilé. Le manque de rapports harmoniques do constitution, de tempérament, d'ôgo, de développement physique, inlpUecluel et moral entre les conjoints est une cause bien plus prochaine. La supériorité conslilutionnelie de la femme sur l'homme, sa prédominance dans l'union est surtout une cause Irès-active de celte dégénérescence. [Ann. delaSoc. de méd. de Saint- Éiienne, 4* livraison, 1 864.)

Dans l'enquéle qui se poursuit de toutes parts sur cet important sujet, M. A. Voisin a apporté un document qui paraît des plus concluants, en montrant que c'est moins l'effet de la consanguinilé que de l'hérédité qu'il faut voir, dans les défauts physiques ou moraux des produits des unions consanguines. Tous les voyageurs qui ont visité comme touristes ou comme baigneurs la presqu'île du Croisic (Loire-Inférieure) connaissent le bourg de Balz et ses pittoresques costumes. Issue d'une colonie saxonne, qui s'accrut, il y a quatre ou cinq siècles, de quelques naufragés vénitiens, la population du bourg de Batz et des trois villages qui en dépendent a conservé sa langue, ses mœurs et l'habitude de ne contracter que de rares alliances avec les habitants des communes voisines. Les mariages consanguins sont, par conséquent, fréquents dans celte localité, et durant un mois de séjour, cet observateur y a étudié les ménages entre consanguins qui s'y trouvent actuellement; il a interrogé les antécédents du mari et de la femme, il les a examinés, eux et leurs enfants, aux points de vue physique et intellectuel, s est renseigné auprès des anciens du pays, et^il a dressé avec ces éléments des tableaux desquels il résulte qu» la consanguinilé n'a amené aucune maladie, aucune dégénérescence, aucun vice de conformation, et que la race est restéé très-belle et très-pure.

Il existe en ce moment, à Batz, 46 unions entre consanguins à un degré proche. 5 mariages entre cousins germains ont produit 23 enfants, dont aucun n'est infirme de naissance. Il en est mort 2 de maladies accidentelles. 31 mari;iges entre cousins issus de germains ont produit 1 iO enfants, dont aucun n'est atteint d'atfection congénitale ni d'infirmité. 24 ont succombé à des maladie». 1 0 mariages entre cousins au quatrième degré ont donné naissance à 29 enfants, tous bien portants, sauf 3 qui sont morts de maladies aiguës. La santé du père et de la mère de ces individus est ou était très-bonné et exemple

CONSANGUINITÉ

de toute diathèse. Celle aussi de ces individus eux-mêmes et I de leurs enfants est excellente.

« Ces faits semblent prouver que dans les conditions dites de bonne sélection, la consanguinité ne nuit en aucune façon au produit ni à la race, mais, au contraire, exalte lesqualités comme elle ferait en sens inverse des défauts et des causes de dégénérescence. » [Ann. d'hygiène et de méd. lég., avril.)

Si tous les médecins en faisaient de môme dans leurs communes, la question serait bientôt élucidée d'une manière sûre et définitive, car, dans les termes où elle est posée, les médecins seuls peuvent la résoudre. Ainsi l'a bien compris le pro- I fesseur Mantegazza (de Pavie), rédacteur en chef de VIgea, en tentant de rassembler, de centraliser des documents sur cette , importante question. Par une circulaire adressée aux médecins I italiens et à tous les journaux de médecine, il les prie, les I adjure de recueillir tous les faits à leur connaissance et de les lui transmettre, avec leur appréciation, pour en publier les résultais.

I Cette initiative est trop louable et méritoire pour ne pas être signalée. Mais sera-t-elle entendue? A voir l'indifférentisme de tant de médecins ruraux, qui peuvent le mieux contribuer à y répondre, il est à craindre que cette enquête soit incomplète. Tout ce qui n'émane pas du gouvernement, de l'autorité, est

' souvent négligé par ceux mêmes que la science seule devrait

> stimuler.

Il Peut-être est-ce cette considération qui a déterminé le gou- 'vôrnement français à instituer une enquête administrative sur ce sujet. Ému sans doute des discussions élevées sur cette question sociale et humanitaire, des faits et des raisonnements contradictoires invoqués à l'appui, il cherche à la résoudre par ce moyen. Sans le concours du médecin, la solution n'en peut être concluante, car il ne s'agit plus de constater seulement les résultats des unions consanguines, mais de connaître, de . vérifier l'état de santé des conjoints, pour décider si les défauts moraux ou physiques des produits dépendent de l'hérédité ou de la consanguinité.

Une longue enquête du docteur Mittchel, faite à ce sujet en Ecosse, est venue non pas éclairer, mais jeter de plus en plus le doute sur cette question. Quoique son opinion préconçue fût rentre la consanguinité, comme il le déclare, ses dépositions -ont faites avec une bonne foi qui l'honore. Et cependant il est

CONSANGUINITÉ

remarquable que s'il y a doute, son interprétation est toujours d'accord avec son idée contre la consanguinité; que l'iiérédilé se confonde avec la consanguinité, et il n'hésite pas à accorder la prédominance à celle-ci. On peut dire qu'il a cherché à faire prévaloir, à justifier son opinion, mais sans y réussir. Du reste la question de l'hérédité est complètement négligée dans la statistique suivante.

Sur 45 mariages entre consanguins observés en 1 860, il y en a eu : 8 sans influence fâcheuse, 8 suivis de stérilité.

Les 29 autres ont produit : 8 idiots, 5 imbéciles, 1 1 aliénés, 2 épileptiques, 4 paralytiques, 2 sourds-muets, 3 aveugles, 2 vues faibles, 3 incurvations rachidiennes, 6 estropiés, 1 rachitique, 22 phthisiques ou scrofuleux.

Une pareille statistique, on le voit, n'aurait de valeur que si la proportion des enfants bien portants était déterminée, ce qui n'a pas lieu. De même l'auteur a oublié de faire entrer ici en comparaison, tous les cas de consanguinité consignés dans son mémoire, et dont les résultats sont contraires à son opinion.

Idioliame. Sur 711 idiots, 421 provenaient de mariages croisés, 98 de mariages consanguins, 1 08 de bâtardise, 84 sans renseignements.

L'influence directe de la consanguinité est donc encore ici rien moins qu'évidente ; elle l'est davantage par l'analyse du degré de consanguinité. Ainsi il y avait 42 cas entre cousins germains, 35 cas issus de germains, 21 cas de cousins a 3" degré.

D'où il suivrait que plus la consanguinité est étroite et plus elle est dangereuse. Mais celte conclusion est bien atténuée par le relevé suivant ;

Sur 59 unions donnant un total de 1 50 idiots, 26 unions consanguines en avaient produit 74, et 33 unions croisées 76. L'écart n'est donc pas tel que la démonstration du fait soit bien évidente.

Surdi-mulilé. Cet effet n'est pas plusévident. Sur 544 élèves provenant de 50 4 familles, 28 seulement étaient issus de

24 unions consanguines, d'où il suit qu'en défalquant même

25 pour 100 de surdi-mulilé non congénitale, le rapport n'est pas tel que l'on puisse conclure positivement de l'action de l'influence consanguine. {Ann. d'hygiène publ., n°' 47 et 48.)

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