DÉGLUTITION
les cordes vocales, l'expérimentateur fait un mouvement de déglutition, à bouche ouverte, et le bol retombe en arrière dans l'œsophage.
Cette expérience démontre une seule chose : l'immobilité de la muqueuse laryngée de l'expérimentateur.
Mais ce n'est pas là le mouvement de la déglutition. On ne respire pas pendant la déglutition normale ; et, par conséquent, l'épiglotte, pendant la déglutition normale, n'est pas couchée sur la langue, ouvrant ainsi largement l'orifice laryngé ; elle a, au contraire, une tendance bien accusée et bien facile à constater, à basculer en arrière, de façon à tourner sa face antérieure en haut et à obturer l'orifice du larynx. Ce mouvement de bascule est produit, pendant le dernier temps de la déglutition, par l'élévation en masse du larynx au moyen complexe des muscles sus- et sous-hyoïdiens, styliens et constricteurs du pharynx, et l'orifice de l'organe vocal se trouve presque complètement fermé.
En voulant ainsi montrer la physiologie de la déglutition, l'expérimentateur n'oublie donc qu'une chose, c'est le mouvement de la déglutition. Au lieu d'avaler, il respire, et par conséquent il aspire le bol alimentaire, et le conduit volontairement dans le larynx au lieu de l'avaler et de l'amener normalement dans l'œsophage.
Quant au gargarisme, il est maintenu dans le pharynx en p;irtie par l'action des muscles, qui, en se contractant, rétrécissent cette cavité dans toutes ses dimensions, et en partie par la colonne d'air expulsée avec force pendant tout le temps que dure cette opération peu harmonique. S'il est vrai, qu'une petite partie de ce liquide entre dans l'orifice du larynx, c'est que, en vérité, on ouvre la glotte quand on se gargarise pour expirer, afin de maintenir le liquide en place ; une petite partie de ce liquide s'écoule alors en nappe sur la muqueuse du larynx ouvert.
Pendant le passage normal des liquides, une quantité extrêmement petite, il est vrai, s'engage toujours autour du rebord Je répigloile dans le larynx, car l'épiglotte ne peut pas abriter )l fermer hermétiquement l'intérieur de l'organe vocal ; ce qui l'empêche pas cet opercule d'être l'organe protecteur de la flotte par excellence, et les faits pathologiques le démontrent nalheureusement trop souvent au praticien. {Union méd., 1" 64.)
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M. Kriehabor a montré lui-même à quels paradoxes l'acrobalisiiie pouvait donner lieu à ce sujet, en niaifilenant un bol de pain dans la trachée sans irritation, ni toux quelconque, bien que ceci n'ait rien de physiologique ; aussi M. Guinier est-il revenu franchement au mécanisme classique de la déglutition [Acad. des se). Toutes ces expériences ne doivent donc être considérées que comme des curiosités expérimentales.
DÉRIVATIOIV. Pour montrer la réalité de cet effet thérapeutique capital et tant contesté dans ces derniers lemps, el élucider le degré et le mode d'action des principaux dérivatifs, M. Zuelzer a institué les expériences suivantes : sur le dos d'un lapin rasé dans une certaine étendue, il a fait pendant quinze jours des applications de collodion canlharidé. Disséquant ensuite ce tégument en profondeur, il a trouvé une suppuration superficielle de la peau, mortifiée en quelques points; ses vaisseaux profonds dilatés et gorgés de sang, les muscles superficiels hypérémiés, même ecohymosés, tandis que ceux de la couche profonde, par un contraste frappant, sont beaucoup plus pâles que ceux du côté opposé ; pâleur qui s'élend à toute l'épaisseur de la paroi thoracique et à sa face interne et même aux muscles de la cuisse de ce côté. Le même effet s'est constamment reproduit en répétant l'expérience, et a amené jusqu'à l'anémie du poumon du côlé de l'exutoire. (
Pratiquant un sélon au devant du genou d'un lapin, il a de même observé à l'autopsie, après une suppuration de quatre semaines, une vive inllammation des tissus traversés et semés de petits foyers purulents. Les muscles au-dessous étaient par contre très-manifestement anémiés, aussi bien que les tissus propres de l'articulation. [DeuLscli Klinik, n° 13.)
Ceinture en caoutchouc. En appliquant à une péritonite datant de deux ans, et qui avait résisté à toutes les médications, en se compliquant d'ovarile avec rétroflexion do l'utérus, l'action élastique et compressive du caoutchouc vulcanisé, M. Clavel observa des effets imprévus. C'était un large anneau se moulant sur la région abdominale et la comprimant sensiblement. Dès les premières heures se produisit une abondante transpiration, suivie de vives démangeaisons, de vésicules et d'excoriations eczémateuses. Ces effets persistèrent pendant dix mois que le caoutchouc fut appliqué, et alors les tumeurs du ventre
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el les signes de la péritonite avaient disparu ; l'utérus avait repris sa situation normale.
Appliqué dans un grand nombre d'affections utérines, inflammations ciironiques, déplacements surtout en avant, cet appareil amena une amélioration marquée dans le plus grand nombre chez les femmes qui consentirent à le maintenir nuit et ; jour malgré les démangeaisons qu'il provoque et l'odeur sulfii- 1. reuse qu'il répand. 11 a triomphé également d'un lumbago. Les 3 gastralgies, entéralgies, névroses du tube intestinal aussi bien > que la diarrhée chronique sans lésion de l'intestin en ont été 3 aussi heureusement modifiées. On pourrait l'appliquer à la sciatique.
j En donnant au fabricant la circonférence du corps à la hauteur de l'épigaslre, de l'ombilic et des hanches, en retranchant 4 à 2 centimètres de la première, 4 de la seconde et 3 de celle des hanches ou même plus si l'on veut avoir une compression énergique, on aura ces ceintures sans pli ni godet, d'un tnillimètre d'épaisseur au prix de 6 à 8 francs. La hauteur se mesure de l'épigastre au bord supérieur du pubis. Deux souscuisses, s'altachant par devant, l'empêchent de remonter.
Son action lient sans doute à l'isolement du contact de l'air d'une grande surface cutanée, à une influence électrique et I sulfureuse, à la révulsion et la compression qui modifie la cir- " culafion sanguine et lymphatique el la contention des viscères I abdominaux [Gaz. hebdom., n" 1). La soustraction du contact I de l'air avec le collodion canlharidé n'est pas moins évidente ; i ces résultats sont donc en faveur des enduits imperméables.
H DIABÈTE. Étiologie. M. Noble en crée une nouvelle espèce
■ Fésullanl, non plus de la lésion de la piqûre d'un point circon- I scril de l'encéphale, mais de sa surexcitation excessive. Dans ce
■ cas, le sucre existe en quantité notable dans l'urine, dont la I densité est augmentée en conséquence, et qui présente les
■ réactions chimiques habituelles. Mais la quantité n'est pas sen-
■ siblement augmentée, il n'y a ni soif ni appétit désordonné ; il I n'y a ni la sécheresse ni l'acidilé cutanée classiques.
■ Ces cas éch<ippenl ainsi facilement au diagnostic ; mais la
■ gravité de l'élat général peul mettre sur la voie. 11 y a fatigue,
■ perle des forces, accablement moral comme dans les autres ^ espèces, Le traitement peut servir de contre-épreuve, car il suffit
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de supprimer les inlluences palliologiques pour voir resser bientôt tous les accidents. {Gaz. médicale, 1864.)
Diagnostic. Suivant le professeur Friedreich, les champignons qui existent dans l'urine des diabétiques se retrouvent également aux parties génitales de ces malades, à la base du gland chez l'homme et les petites dépressions existant de chaque côté du frein ; chez les femmes, sous le prépuce du clitoris et à la base des petites lèvres, grâce à la disposition anatomique de ces parties qui retiennent facilement quelques gouttes d'urine. Lors même que l'enduit sébacé fait défaut, on le retrouve facilement dans les cellules épithéliales que l'on détache en promenant légèrement sur ces parties le dos d'un scalpel.
Parfois, on ne trouve que des spores sous forme de cellules arrondies ou ovalaires, renfermant assez souvent un noyau et des vacuoles plus ou moins grandes. De volume variable, ces spores sont accolés deux à deux ou en plus grand nombre formant des chapelets, ou formant des filaments ramifiés et articulés qui s'enchevêtrent et forment un mycélium feutré. Des renflements au niveau dès articulations leur donnent l'apparence d'aspergilles.
M. Friedreich a renconlré.conslamment ces épiphytes chez une douzaine de diabétiques observés et jamais chez ceux qui ne l'étaient pas. Ils ont donc une certaine importance au point de vue diagnostique, et peut-être aussi sont-ils pour quelque chose dans le prurit dont se plaignent si fréquemment les diabétiques dans ces parties. {Arch. fiirpalh. Anat., 1864.)
Traitement. Opium. L'arrêt ou la diminution de la sécrétion de l'urine dans- beaucoup de cas d'empoisonnement par l'opium a conduit à l'administrer dans le diabète en lui accordant une action astringente sur le rein. L'observation pourtant ne la justifie guère, et le docteur Owen Hees cite un diabétique qui prenait 30 centigrammes d'opium par jour sans que la quantité d'urine fût diminuée. Le professeur Forgel est allé jusqu'à 2 grammes par jour pour obtenir ce résultat. Dans d'autres cas, au contraire, on la voit augmenter. Rien n'est donc moins prouvé que celte action sur la sécrétion rénalo.
Suivant le docteur Anstie, c'est par une action paralysante sur le système nerveux et les nerfs vaso-moteurs en particulier que cet effet s'exerce. En vertu de conditions inconnues, il arrive fréquemment que ceux de la peau sont spécialement
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affectés, et alors une perspiration très-abondante s'observe, tandis que l'activité rénale est naturellement diminuée. L'épithélium des canaux du rein peut aussi être affecté d'une façon analogue à ce qui se passe dans la scarlatine, et dès lors l'excrétion est rendue plus difficile, le narcotique agit même fréquemment sur les nerfs des vaisseaux rénaux, et une diurèse abondante en est le résultat ; phénomène observé par Christison et d'autres autorités dans l'empoisonnement par l'opium.
L'excessive excrétion aqueuse dans le diabèie causant une élimination rapide des principes actifs de l'opium, il est nécessaire d'en élever la dose. L'action paralysante des vaisseaux rénaux ne peut être obtenue qu'à ce prix, et c'est ainsi qu'au lieu de voir diminuer la sécrétion rénale, il y a toute chance de la voir augmenter, outre les autres dangers qui peuvent résulter de cette médication. 11 y a donc lieu, selon cette théorie, à ne pas donner l'opium à haute dose dans le diabète. [Lancet. p. 602.)
M. Pécholier e.st d'un avis diamétralement opposé. Et pour cela, loin de s'arrêter à l'action plus ou moins astringente de l'opium sur le rein, il remonte plus haut à son action intime, générale sur l'organisme. Fondé sur l'anorexie persistante qui résulte de son emploi à dose croissante et la conservation intégrale de l'organisme et de ses forces, il lui attribue le pouvoir de ralentir, de retarder, d'arrêter le mouvement de désassimilation nutritive. Il explique de la sorte les récits des voyageurs : que le consommateur d'opium conserve sa vigueur et l'intégrité de son organisme, à moins de se livrer à de fâcheux abus; qu'au milieu de terribles famines, les populations orientales ont cherché un refuge contre la faim et ses conséquences dans son emploi; que les courriers tartares font ainsi des courses longues et rapides en s'abstenant d'aliments et que les travailleurs insuffisamment nourris y suppléent par le suc de pavots.
Or le diabète étant une perturbation de la nutrition avec perte considérable et continue, sans assimilation équivalente, 1 opium arrêlaiii ce mouvement de décomposition dans ses effets secondaires, en serait le remède par excellence, surtout à haute dose. Mais pour justifier, légitimer des conceptions si spér ieuses, une conclusion si hardie, il faudrait des faits cliniques, et l'enthousiaste agrégé de Montpellier n'en invoque qu'un, un ~''ul, encore est-il incomplet et lui manque-t-il sa consécration, la guérison même. Il a seulement observé qu'en prenant jour-
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nellemenl l'extrait gommoux pendant un mois et jusqu'à un gramme pendant les quinze derniers jours, un diabétique confirmé rendit la moitié moins de sucre qu'auparavant et seniil augmenter ses forces [Bull, de Ihérap., n" ]0). En vérité, y a-t-il lieu de faire lant de bruit pour si pou? C'est là une nouvelle explication hypothétique de l'action de l'opium et rien de plus ; à une théorie directe, c'est répondre par une théorie indirecte. Il convient donc d'attendre les faits pour y ajouter foi.
Café. Selon M. Ed. Robin, le café noir serait le rival de l'opium, sous ce rapport, en modérant la combustion lente. Il se combine, dit-il, avec les matières protéiques et les empêche d'être brûlées. De là grande économie de dépense des tissus, rafraîchissement général. Aussi l'appelle-t-il élixir de longue vie. Le poison lent de Voltaire est ainsi vengé des noires calomnies trop longtemps accréditées contre lui.
Séion. Chez un homme de trente-huit ans qui rendait 12 à 15 litres d'urine contenant une quantité nolaljle de sucre depuis plusieurs années, et qui n'éprouvait d'autre amélioration, après huit mois, qu'il fut soumis successivement à l'eau de Vichy, aux toniques, au traitement Bouchardat, etc., qu'une diminution de l'urine, il suffit au docteur Butlura, d'appliquer un large séton à la nuque pour voir bientôt disparaître le sucre des urines, la douleur rebelle de tête, et les forces revenir. [Bull, de Ihérap., juillet.) Une relation directe serait ainsi établie entre le siège de la maladie, découvert par M. Bernard, ni le moyen de la guérir. C'est à vérifier.
.\ la suite de tous les remèdes employés contre celle redoutable maladie, M. Scelles de Montdésert ajoute l'ozone, se fondant sur le défaut d'oxygénation pour la réduction complète du sucre qui est ainsi rejeté à l'extérieur. 11 dit : Donnez de l'oxygène plus actif, de l'ozone, et la combustion du sucre sera plus complète. Mais ce n'est là qu'une ingénieuse théorie qu'aucun fait ne justifie. S'il est vrai qu'au printemps, où la production ozonomélrique atteint son maximum, les diabétiques éprouvent généralement une amélioration, il y a tant d'autres conditions comme la belle sai?on, l'exercice, que l'on ne saurait attribuer exclusivement à l'une d'elles le mieux observé. (^Acad. deméd., juin.)
Chez une diabétique de Irente-deox ans, sans antécédents