‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales (volume 2)Chapitre 54 sur 149 · EMBOLIE · texte numérisé non relu

EMBOLIE

times avaient succombé au bout de quelques heures ou de quelques jours, avant même que la suppuration ait eu le temps de s'établir, M. Wagner admet alors que la graisse du tissu connectif ou de la moelle a pénétré directement dans des veines divisées et transportées ainsi dans les cavités droites du cœur.

A l'appui de cette opinion, il était important de fournir au moins quelques probabilités en remontant à la source de l'embolie. C'est ainsi qu'en examinant avec le plus grand soin les veines provenant du siège de la lésion primitive, dans ses deux dernières autopsies, M. Wagner a obtenu des résultats dans les deux cas, l'un de fracture compliquée, l'autre d'amputation. La veine crurale et la saphène étaient normales, mais celles naissant du siège de la plaie contenaient du sang liquide qui, examiné au microscope, outre les globules rouges parfaitement normaux, était mélangé de détritus albumineux et graisseux, et d'un petit nombre de gouttes graisseuses grandes et petites, et de petits amas de matière pigmentaire. Cesdiverses substances étaient agglomérées, ce qui montre qu'elles n'avaient pas été introduites là accidentellement.

La disposition de la graisse dans les capillaires est d'accord avec cette opinion. Au lieu d'être distribuée également, c'est sous forme de foyers extrêmement nombreux qu'on la ren contre, sans siège de prédilection dans une partie ou l'autre d poumon, bien qu'ils aient paru plus nombreux et plus étendus dans les lobes inférieurs ; mais le contraire existait également quand ceux-ci étaient comprimés par des épanchemeots pleurétiques. La quantité en est ordinairement très-considérable; elle remplit complètement le réseau capillaire du foyer affecté, les vaisseaux sont très-évidemment distendus, ce qui s'explique par le mécanisme ordinaire de l'embolie et exclut l'idée qu'elle s'est formée sur place; car il faudrait alors que le sang fût plus riche en graisse qu'à l'état normal, ce que rien ne justifie. Enfin, elle s'est trouvée pure de tout mélange dans le cas de mort subite, suite de fracture.

Pourtant, dans quelques cas d'infection purulente, à côté de l'embolie graisseuse , se trouvait la réplélion d'un certain nombre de districts de capillaires par une substance albumineuse, homogène, d'un aspect mal, parsemées çà et là de molécules graisseuses et réfraclaires à l'acide acétique et à la potasse caustique. Cette matière, semblable à celle des foyers emboliques de l'endocardite ulcéreuse aiguë, se retrouvait à la face

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