‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales (volume 2)Chapitre 55 sur 149 · EMBOLIE · texte numérisé non relu

EMBOLIE

interne de l'iilérua et dans quelques veines, dans un cas d'endométrie et de sacro-phlébite.

Cette espèce d'embolie donne lieu à une hypérémie collatérale des capillaires environnants, des extravasations sanguines ot de l'inllanimation déterminant des abcès métaslatiques. On comprend que ces diverses lésions correspondent à l'ancienneté de l'embolie. Ainsi, quand les pneumonies mélastatiques faisaient défaut , le tissu pulmonaire était hypérémié et moins crépitant qu'à l'élat normal ; les alvéoles privés d'air et remplis de cellules analogues à des cellules d'épilhélium. {Avch. der Heilkunde, t. VI.)

On voit que, malgré ces probabilités, l'origine de cetle nouvelle espèce d'embolie pulmonaire est encore loin d'être prouvée définitivement.

Traitement. Chez une femme de soixante ans, présentant depuis huit jours seulement de la gêne au cœur, des palpitalions, de l'essoufflement et de l'orthopnée, avec œdème de la face et des membres inférieurs, ascite et urines albumineuses, proéminence de la glande thyroïde et des yeux, affaiblissement delà vue, M. Pauld vit rapidement disparaître ce cortège ef- V frayant de symptômes, qu'il rattachait à une hypertrophie excentrique du cœur et ses conséquences, par l'administration de 8 décigrammes de scammonée le matin, et pour la nuit, 15 grammes à& nitrate de potasse dans un litre de lisane do chiendent avec 30 grammes de sirop de digitale. Une diurèse extraordinaire survint tout à coup et à deux reprises; une guérison apparente, et qui se maintint jusqu'à neuf mois, eut lieu: après quoi une troisième récidive emporta la malade. [Soc. (le méd. de Bordeaux.)

Bien qu'il soit impossible de rien conclure de détails cliniques aussi vagues sur la cause réelle de ces accidents qui peuvent être aussi bien rattachés à une maladie de Bright qu'à l'embolie ou une altération valvulaire, la cessation des accidents est un fait remarquable. La haute dose du nitrate de potasse, préconisé par M. Guérard contre l'embolie, mérite surtout l'attention, quelle que soit la cause qu'elle a combattue si efficacement.

Kmltolic mortelle, suite de pliléhitc. Il s'agit d'une fillo de vingt-quatre ans, d'une excellente constitution, quoique d'apparence un peu chlorotique, qui, le février dernier,

EMPOISONNEMENT

présenta à M. le docteur Millet une traînée rouge, Irès-dou- Iqureuse au toucher, sur le trajet de la saphène interne de la jambe droite. Elle donnait la sensation d'une corde très-tendue au creux poplité, sans nul autre phénomène morbide général. Des frictions avec l'onguent napolitain belladoné, le repos pt quelques dérivatifs avaient fait justice de ce mal en huit lours. Dès le iâ, la malade vaquait aux soins du ménage, lors^ que, le 16, levée bien portante comme d'habitude, elle accusa ilans la journée de violentes palpitations et une faiblesse ex-r trôme. Sa mère lui donna une tasse de café. Quelques moments après, voulant aller appeler sa mère, elle tomba morte subitement sans que l'art ait rien pu pour la faire revenir. [Recueil d.'s travaux de la Société médicale de Tours.)

Si le défaut d'autopsie ne permet pas d'affirmer la cause de la , mort, il n'est que trop permis de croire à une embolie consécutive à la phlébite. C'est un enseignement de se tenir sqr ses fïardes en pareil cas, et, au besoin, de tenter le traitement ( liirurgical préconisé par M. Lee. Voy. Phlébite.

Throuibosp artérielle. Constatée par M. Charcot dans |.!iisieurs cas de cancer, et attribuée par lui à l'altération que II- sang subitdan§ ce cas. Yoy. Cancer.

EMPOISOIVIVEMEi\T. Opî um. Afin de mieux assurer les effets de ce poison, un homme de quarante ans se rend successivement chez deux barbiers et se fait pratiquer une sai- )gnée à chaque bras; puis il rentre, se couche, avale 50 centigrammes d'extrait aqueux d'opium, enlève le bandage des saignées et frotte les piqûres jusqu'à écoulement du sang. Le lendemain malin, on le trouve couché en supination, baigné de ^:ing, froid, pâle, d'une faiblesse telle qu'il peut à peine se H'muer, voix faible et cassée, pupilles dilatées sensibles à la lumière, intelligence nette, soif intense, constipation et anurie. Néanmoins le rétablissement eut lieu.

Le docteur Querejazu admet que dans ce cas, la soustrac- Lion du sang a prévenu la mort en atténuant la congestion cérébrale et en en empêchant les effets mortels [Espana med., n" 479). D'où M. Castelo Serra infère qu'en cas d'empoisonnement par l'opium, le médecin devrait recourir aux émissions -mgumes pour en atténuer l'action toxique {Sifjlo med., !■ 087). Ce serait évidemment là une mauvaise pratique.

248 EMPOISONNEMENT

D'après la connaissance bien acquise aujourd'hui do l'antago. nisme de l'opium et do la belladone, il est infiniment plus ra tionnel de recourir à celle-ci ou à son alcaloïde par la voie endermique, qui offre ainsi un prompt et véritable aniidole.

Atropine. On trouve dans le Dictionnaire de 1 864 un exemple d'empoisonnement accidentel par la teinture d'atropine qui fut heureusement conjuré par une injection hypodermique de morphine, son véritable antidote (voy. Antagonisme). L'état d'excitation convulsive qu'offrent les empoisonnés conduit d'ailleurs à employer empiriquement l'opium comme calmant, alors que l'on n'a pas encore reconnu la nature du mal. Il est donc déplorable que ce moyen n'ait pas même été tenté dans le cas suivant : 4ÊIÊ

Chez un homme de trente-trois ans, on pose un vésicafoir^^ autour du cou avec 15 centigrammes de sulfate d'atropine et 8 grammes d'axonge. Quelques minutes après l'application de cette pommade, le malade s'élance subitement de son siège, en proie à une angoisse indescriptible ; il court dans la chambre en disant qu'il étouffe, que tout son sang se porte à sa tête, que tout est noir devant ses yeux, qu'on l'étrangle. Il arrache en fureur le pansement et tombe les yeux fixes, le visage en feu. La dysphagie et la dyspnée augmentent ; pupilles énormément dilatées, injection de la conjonctive, mouvements convulsifs comme dans la chorée, et tous ces symptômes augmentent au point que la mort survient deux heures après, sans que l'on ait pu pratiquer une saignée ni rien introduire par la bouche ni les rectum. Il suffisait de laver le vésicatoire avec la leintured'o- jpium. !

Chez une hystérique saturée de morphine et qui en prenaitjl jusqu'à un gramme par jour, M. Natanson (de Varsovie), ayant i prescrit 5 centigrammes de valérianate d'atropine en 60pi- lules, àprendre de douze en douze heures, la malade futprise, . Lj dès la troisième, d'accidents toxiques, yeux brillants, gorgejjljj, sèche, excrétions suspendues. Il ne fallut pas moins de 60 im 70 gouttes d'opium pour faire disparaître ces accidents. {Gas. /»eM.,n°36.)

Le danger s'en est aussi révélé en injections hypodermiques de 4 milligrammes de sulfate neutre, chez une dame de cinquante-huit ans, épileptique depuis son enfance. (Voy. Injrct.

SOUS-CUTANKES) .

EMPOISONNEMENT

Du valérianate de quinine s'étant trouvé, on ne sait comment, mélangé d'alropine, avait produit, chez deux personnes labitant Alger, des symptômes d'empoisonnement dont les ca- •actères n'avaient pas été méconnus par les médecins qui ivaient prescrit le valérianate. Chargé d'examiner ce sel dont une faible quantité (1/2 gramme seulement) lui avait été remise, Commaille, pharmacien aide-major à l'hôpital du Dey, a réussi à séparer les deux alcaloïdes en opérant de la manière suivante : A la dissolution du valérianate de quinine impur dans j l'eau acidulée par de l'acide lartrique, il a ajouté peu à peu du .bicarbonate de soude pulvérisé jusqu'à cessation de l'effervesicence. Le liquide aqueux a été agité avec de l'éther. L'éther, I séparé et évaporé, a laissé un résidu amorphe qui a été dissous = dans l'alcool concentré. La liqueur alcoolique, mélangée d'eau distillée, a laissé précipiter presque toute la quinine, tandis que l'atropine restait en dissolution. Le liquide, évaporé spontanément, d'abord à l'air libre, puis sous une cloche au-dessus de 1 acide sulfurique, a abandonné un vernis résinoïde, et l'atropine sous la forme d'aiguilles blanches, nacrées, qui, recueillies à l'aide d'une flèche de papier humecté et portées sur la conjonctive, ont produit une dilatation pupillaire énorme et persistante. De plus, leur dissolution aqueuse précipitait en rouge brique par l'eau iodée. [Bull, de thérap.)

Cuivre. Après une heure et demie d'absence, des parents, (jui avaient laissé leur enfant âgé de dix-huit mois, endormie et très-bien portante, la retrouvèrent en proie à des vomissements continuels, des convulsions, etc. Le médecin appelé, reconnaissant des symptômes toxiques, constate une empreinte verdâtre sur les lèvres, et l'on reconnut que l'enfant, souffrant des dents, avait sucé la lustrine verte de l'édredon placé sur son Ut, et une médication employée en conséquence arrêta en effet les accidents {Journ. de cliim. méd., mai). Avis aux . parents et aux médecins.

Plomb. L'emballeur d'une maison de rouennerie de Rouen faisant en grand le commerce des calicots blancs pour l'exportation, est pris de constipation opiniâtre avec coliques et tous les symptômes d'une violente intoxication saturnine. M. Leudet, ■appelé en consultation, en constate la réalité. Il s'agissait de découvrir l'agent coupable. Le malade n'a jamais travaillé au

230 EMPOISONNEMENT

plomb ; mais on découvre que l'empois servant à donner du poids aux marchandises contient un sel de plomb. Tout s'explique, La poussière que soulevait l'employé en manipulant les calicots, l'avait empoisonné par des molécules inspirées. Ce mode d'empoisonnement est assez peu connu pour être signalé.

Pho«iphore. Une jeune fille fut amenée dans le courant du mois de juin dernier à l'hôpital Lariboisière, dans le service de M. Tardieu, en proie aux symptômes d'un empoisonnement par le phosphore, auquel elle ne tarda pas à succomber. A l'autopsie , MM. Cornil et Bergeron ont constaté dans le foier les reins et la muqueuse de l'estomac, les lésions suivantes.

Le foie, médiocrement volumineux, un peu globuleux dans sa forme, présentait une altération évidente dans sa coloration. Toute la surface était jaune, marbrée de rouge, et présentait un aspect granitique très-prononcé. Les taches rouges n'exis-. tgientqu'à la surface et dépendaient de l'injection des vaisseaux situés au-dessous de la capsule fibreuse. À la coupe, la conr sistance de l'organe était faible, et l'on ne trouvait plus qu'unei coloration jaune uniforme ; les deux substances ne se distinguaient plus par leur couleur.

Les cellules hépatiques, examinées au microscope, ont été trouvées dégénérées dans toute l'étendue des lobules, aussi bien à leur centre qu'à leur périphérie. Les cellules étaient tantôt infiltrées de granulations fines avec conservation de leur menir brane cellulaire, tantôt elles étaient remplies de grosses goutte-t lettes huileuses.

Les reips présentaient à la coupe une altération marquée: la substance corticale était jaunâtre, anémiée ; elle se séparait d'une façon très-nette de la substance tubuleuse. d'un rouge brun. Sur ces coupes, on voyait à l'œil nu, et mieux avec un faible grossissement, que les glomérules de Malpighi étaient rouges et fortement congestionnés, ainsi que le réseau capil? laire. A un grossissement de 20 diamètre^, les tubes urinifères étaient blancs à la lumière réfléchie et noirs à la lumière directe. Ces tubes étaient remplis de cellules épitliéliales pleines elles-mêmes de granulations albumineuses et graisseuses. Dans la majorité des tubuli, les parois des cellules étaient conservées, et les granulations étaient infiniment petites ; mais un certain nombre de tubes contenaient des gouttelettes huileuses

EMPOISONNEMENT

pliis volumineuses que ces granulations, et. là ou ne recoiihaissait plus dislinctément la forme primitive dès cellulës. Cette altération deS tiabes rénaux était générale dans toute la substance corticale. t)ans là substance tubuleuse, les tubes droits n'étaient pas tous altérés. Les vaisseaux capillaires et ceux des glomérules étaient normaux.

Le tube digestif ne présentait extérieurement rien à noter, à part une injection marquée de sa portion duodénale.

La muqueuse de l'estomac offrait de nombreuses ecchymoses superficielles, déchiquetées sur les bords; quelques-unes étaient très-petites, sous forme de pointillés. D'autres avaient de 1 à 2 centimètres de diamètre, et paraissaient formées par la réunion d'ecchymoses plus petites. Elles étaient en grand nombre au voisinage du pylore ; on les retrouvait très-marquées sur la muqueuse du duodénum. En outre, la muqueuse de l'estomac oil'rait une coloration jaune très-remurquable, et les glandes formaient des saillies plus prononcées qu'à l'état normal, ce qui lui donnait un aspect particulièrement mamelonné.

Ces saillies mamelonnées et la coloration jaune de la muqueuse stomacale étaient dues à une lésion très-manifeste des glandes sur toute la surface de l'estomac, aussi bien à son graiid cul-de-sac qu'à la région pylorique ; les glandes en Uibes, examinées par la dissection simple aussitôt après l'aulopsie, élaieiit opaques à un faible grossissement et à la lumière directe, blanches à la lumière réfléchie. A un plus fort grossissement, de 200 à 400 diamètres, ces glandes se montraient avec leur membrane d'enveloppe ' mince et saine, et un contenu composé de cellules épithéliales remplies de fines granulations. Dans un grand nombre de ces glandes, on ne pouvait plus distinguer les cellules épithéliales, masquées ou remplies par des granulaiions plus grosses. Toutes ces glandes liaient altérées; aucune d'elles n'avait la transparence norjinale. La soude dissolvait une partie des granulations, mais ie plus grand nombre, notamment les plus grosses, ne se dissolvaient qu'avec l'éther. Ainsi, le contenu épithélial des glandes était infiltré de granulations proléiques et graisseuses, absolument comme le rein et le foie.

Les glandes de l'estomac subiraient donc, dans l'empoisonneinent par le phosphore, les mêmes modifications que les lubuli rénaux; les cellules épithéliales seraient dans les deux cas infiltrées de granulations albumineuses et graisseuses. Ce serait là

EMl'0IS01NNl;ME^T.

un caractère qui, s'il était confirmé par d'autres autopsies faites dans des circonstances semblables, pourrait être utilisé en médecine légale, en même temps qu'il révèle un ensemble de lésions organiques caractéristiques de l'action du phosphore. (Gas. (les liôpH., n" 3.)

Cyanure de potasHium. Un enfant de sept ans ayant avalé après un repas copieux — afullmeal — une solution d'environ 4 grammes de cyanure de potassium que son père avait préparée pour des travaux galvanoplastiques, fui pris immédiatement des symptômes de l'empoisonnement par l'acide prussique; mais M. Edw. Sandwell fut assez heureux pour le rappeler à la vie en administrant de l'huile de ricin, un grog et des affusions d'eau froide sur la colonne vertébrale, en promenant des sinapismes aux extrémités, sur l'estomac, sur la poitrine et en employant la méthode de Marshall-Hall. Après des vomisse- -â ments irès-abondanls exhalant l'odeur de l'acide prussique, ' l'ammoniaque fut administrée jusqu'à cessation des accidents [Lancet, décembre 1864). Nul doute que la réplétion de l'estomac n'ait été ici le meilleur contre-poison, en prévenant l'absorption trop rapide.

Sulfocyanure de mercure. Possédant la propriété mer-j-j veilleuse de se gonfler par la combustion, ce sel, employé à Ia|i| prestidigitation, est passé dans le commerce, où il se trouve ' en petits cylindres blancs de la grosseur d'un crayon d'un centimètre environ, ressemblant à des bonbons de guimauve. Un jeune prince étranger en ayant avalé un accidentellement comme tel, éprouva aussitôt un tel sentiment de chaleur, de constriction, d'ardeur et de souffrance dans le gosier et à l'eslomac, qu'il se vit empoisonné. Un émétique est pris qui provoque des vomissements. Mais des douleurs de l'estomac, résultat , de l'absorption, persistaient. M. le docteur Peler, appelé, f | ordonna une cuillerée à bouche d'eau de chaux additionnée ! 1 d'eau glacée et de deux cuillerées d'eau de Seltz pour décora- ! 1 poser le poison. Dès la troisième cuillerée, le malaise était il moindre; à la cinquième, les nausées avaient cessé. UnlÉ cataplasme très-chaud et fortement laudanisé sur le creux de l'estomac fit le reste. 25 centigrammes de fer réduit par l'hydrogène furent donnés consécutivement pour achever la décomposition du sel mercuriel au cas où il en resterait dans l'estomac. {Union méd., n° 110.)

EMPOISONNEMENT

Oxyde de carbone. De Ses expériences sur l'action toxique de cet agent communiquées à la société de médecine de Berlin, M. Klebs conclut que la réplétion considérable des vaisseaux périphériques est due à une modification survenue dans la tonicité de leurs parois. C'est au trouble de la circulation en résultant qu'il attribue la plupart des symptômes et des lésions observés après cet empoisonnement. D'où la conclusion de recourir aux moyens susceptibles de produire une constriction des vaisseaux.

Le seigle ergoté lui a paru le mieux remplir cette indication. Sous son influence, la durée des accidents est notablement diminuée et le rétablissement des fonctions, de Ui respiration, survient même, pourvu que le cœur n'ait pas cessé de battre. Il a ainsi injecté une solution d'ergotine à petites doses chez les animaux sans inconvénient, et il conclut qu'il faudrait y recourir de même chez l'homme. {Deutsche A'/m/fc, n" <2.)

Acides. Des résultats nécropsiques, en apparence contradictoires, ont été signalés par plusieurs auteurs allemands. Tandis que les uns n'ont trouvé, après l'apparition d'urines albumineuses, sanglantes, que des altérations rénales ordinaires, d'autres ont rencontré une stéatose des reins généralisée au foie, au cœur et à d'autres parties (voy. Stéatose). D'après les expériences de MM. Muck et Leyden, celle-ci ne se rencontre que dans le cas où l'acide détermine des eschares de l'estomac ou du duodénum et pénètre ainsi directement dans le sang sans être neutralisé préalablement par le liquide alcalin répandu à la surface interne de l'estomac. L'action bien connue des acides sulfurique, nitrique, oxalique et tartriquesur les globules sanguins, explique cet effet consécutif. {Gaz. hebd., n" 3.)

Taiptre stîbié.Cet empoisonnement peutexistersans lésions analomiques. Les deux victimes de l'assassin Pritchard, sa femme et sa belle-mère, en sont des exemples. L'observation la plus minutieuse, disent les experts Mac-Lagan et Penny dans leur rapport, ne leur a révélé aucune altération des. organes capable d'expliquer la mort. L'analyse chimique, au contraire, en constatant la présence du poison dans l'intestin, le foie, la rate, le cœur, le rectum, l'utérus et le cerveau, a levé tous leurs doutes en montrant avec évidence qu'il avait été administré à faible dose. C'est donc là un exemple bien constaté de

GARNlEn. 15

264 ENDOCARDITE ULCEllElSE.

celte espèce d'empoisonnement sans lésions anatomiqueë. [Archiv. de màd. septembre.)

De l'empoisonnement par la strychnine, par T. Gallard, médecin delà Pitié. Paris, 1865, in-8°.

Excellente monographie ayant été l'objet d'un rapport favorable à l'Académie de médecine et contenant le résultat de plusieurs expériences sur les animaux.

Etudes historiques sur l'empoisonnement, par M. Rabbinowicz (Israël-Michel), né à Horodez (Lithuanie). Thèse inaugurale ayant obtenu une mention honorable a« concours annuel de la Faculté de médecine de Paris.

EMPYEME. Empyéme généralisé. Il survint à la suite de fracture de côtes {voy. ce mot) à un tel degré que le blessé semblantcomme insufflé artificiellement, M. Herrgott, de Strasbourg, plongea un trocartdans les deux pointa de la poitrine les plus saillants et y laissa les canules à demeure. L'air sortit aussitôt, et huit jours après, il avait entièrement disparu. On put enlever les canules.

ENDOCARDITE ULCÉREUSE. Depuis que le docteur W. Senhouse Kirkes, dont la science déplore la perte toute récente, a signalé, en 1852, une forme particulière d'embolie granuleuse déterminant l'ulcération de l'endocarde, et particulièrement des valvules du cœur gauche, six observations cliniques recueillies en France et en Allemagne ont confirmé l'exactitude de ses recherches et mis hors de doute l'existence rie cette nouvelle variété pathologique. Le docteur Schivardi, en en rapportant un septième cas observé au Grand Hôpital do Milan, les a résumés tous et tracé ainsi l'histoire clinique de cette nouvelle maladie, dont la description ne se trouve encore dans aucun traité classique, pas même les plus récents, ni dans les ouvrages spéciaux de Ramberger et de Friedreich. Heureusement, une excellente thèse, soutenue devant la Faculté de médecine de Paris le 31 août 1 864 par M. Vast, * comblé cette lacune en rassemblant tous les travaux et leâ faits connus sur ce sujet. Il est donc à propos de rapporter celte nouvelle observation et le résumé des autres pour lui servir dé critérium.

Une femme do vingt-cinq ans , très-robuste, mariée depu peu, entre le 24 mai à VHospitale maggiore, salle Lavorerio,

ENDOCAIIDITE ULCEREUSE, 255

plaignant de fièvre intermittente depuis cinq jours. Elle n'a jamais eu d'autre maladie qu'une affection cutanée des mains, dont elle porte encore les traces ; menstruation régulière, non douloureuse.

Le 25, au matin, on la trouve dans la période de chaleur de l'accès; elle dit avoir eu un vomissement au début de la période algide. On constate, avec surprise, un second accès dans l'après-midi, avec céphalalgie et fourmillements aux extrémités. Le même ensemble symptomatique se répète les jours suivants, avec vomissement le matin, au début du frisson. Crampes dans la jambe droite, avec fourmillements dans la main correspondante; pouls fréquent et dur. De la céphalalgie gravative s'étant manifestée le 28 au soir, une saignée de 400 grammes est pratiquée dans la crainte d'une congestion cérébrale et suivie d'un vomitif.

Les accès s'étant reproduits le lendemain, une solution acide de 80 centigrammes de sulfate de quinine est administrée et répétée les jours suivants, sans aucun changement dans les accès. Une douleur pleurodynique apparaît le 2 juin, et des bulles miliaires sur la poitrine et le ventre, le lendemain. La persistance des vomissements avec bouche sèche, soif vive et l'aspect souffrant, anxieux, suggèrent l'idée d'une fièvre typhoïde ou miliaire. Le 4, une application de sangsues diminue à peine la douleur de côté. Des sueurs profuses apparaissent. Le 5 et le 6, trois accès successifs. Insomnie, agitation extrême, La miliaire se confond avec les sudamina.

Le sulfite de magnésie ne peut être toléré. Diurèse copieuse, selles régulières. Aucune réponse de la malade, ni rien dans son habitude extérieure, ne pouvait faire soupçonner une maladie du cœur. Placée d'un côté ou de l'autre, le plus souvent dans la supination, la tête haute, elle présentait un pouls variable, un peu d oppression; céphalalgie avec frissons, insomnie, vomissements. Ce n'était pas une fièvre intermittente, puis qu'au lieu de céder au sulfate de quinine, les accès avaient changé, d'intermittents ils étaient devenus rémittents. L'absence des principaux signes de la fièvre typhoïde en excluait l'idée; il ne restait que celle d'une infection purxilenle, et c'est pourquoi les sulfites avaient été employés.

La respiration devint de plus en pins anxieuse; l'ogitalinn augmenta, et sans quel'état général fît prévoir une fin si prochaine, la mort arriva le ! 3 juin, après vingt jours de traitement.

ENDOCAllUlTE ULCÉREUSE.

Aucune altéra lion ne se rencontra à l'autopsie que dans l'organe central de la circulation. Le péricarde était distendu par un épanchement séro-sanguinoient abondant, avec de fausses membranes récentes. Rien d'anormal dans le cœur droit. A gauche, l'épaisseur des parois du ventricule était de 82 centimètres, avec grandeur naturelle de sa cavité. La valve postérieure de la valvule mitrale était épaissie, opaque, rougeâtre dans la partie moyenne de sa moitié interne, et dans la partie la plus tuméfiée de la surface auriculaire existait une ouverture circulaire de 8 millimètres de diamètre à bords irréguliers, recouvertsde végétations. Il s'en détache une, entre autres, d'aspect polypeux, du volume et de la forme d'une graine, rougeâlre, formée de couches concentriques irrégulières, avec une cavité remplie des détritus de ces végétations.

La valvule semi-lunaire de l'aorte, correspondant à l'orifice de la coronaire droite, présente une ouverture irrégulière intéressant presque toute la moitié interne. Les contours sont également recouverts de petites végétations, dont une, comme une grosse fève, pédiculée, pyriforme, d'un rouge obscur, se distingue sur le bord supérieur externe, et formée, comme la précédente, découches concentriques, avec des détritus à l'intérieur.

Plus grande encore est l'ulcération de la valvule sigmoïde correspondant à l'orifice de la coronaire gauche, laquelle laisse passer la pointe du petit doigt. Il ne reste plus que 2 à 3 millimètres du bord libre, et une languette triangulaire, adhérant à l'aorte par son extrémité. Des végétations identiques aux précédentes s'y observent aussi.

La valvule semi-lunaire postérieure, sans être perforée, est épaissie, avec des végétations sur la surface ventriculaire. Ces végétations, dont la réunion forme le volume d'une petite noix, obstruent une cavité, de la capacité d'un œuf de pigeon, formée dans la substance môme du ventricule. La surface interne en est irrégulière, anfractueuse, tapissée de végétations ténues, granuleuses, effilées. En arrière et en bas, les bords de cette caverne forment un arc de cercle tuméfié, couvert de végétations, avec un amas de détritus gris verdâtre dans l'intérieur.

L'examen microscopique, fait par un élève de Yirchow, le docteur Visconti, montra dans les parties les plus épaissies, sans ramollissement de la valvule mitrale, les éléments du tissu conneclif tuméfiés et opaques, le tissu interstitiel épaissi, avec

ENDOCARDITE ULCÉREUSE.

une véritable prolifération de ces éléments, dont quelques-uns contenaient des granulations graisseuses. Les végétations étaient constituées par de la fibrine à l'état granuleux, avec quelques éléments cellulaires de la valvule détruite, de leurs détrilus, de granulations graisseuses et de quelques leucocytes. Les mêmes éléments, en plus grande quantité, constituaient la partie ramollie des plus grosses et renfermée à l'intérieur. Les couches externe et moyenne montraient, en outre, de la fibrine à l'état fibrillaire, et une plus grande quantité de leucocytes à un ou plusieurs nucléoles, rendus surtout apparents par l'acide acétique.

Les végétations de la grande cavité de la substance musculaire étaient formées également de fibrine amorphe et fibrillaire, d'éléments cellulaires, de granulations graisseuses, de leucocytes et de fragments de fibrilles musculaires, avec dégénération adipeuse. Les fibres musculaires des parois de cette caverne étaient en proie à une dégénérescence graisseuse qui les réduisait à des fils déliés, avec une hyperplasie du tissu connectif à la place.

Ces lésions pathologiques, parfaitement d'accord avec celles j qui ont été rencontrées jusqu'ici, constituent le caractère anai( tomique de l'endocardite ulcéreuse aiguë. Malheureusement, il )' n'est pas aussi facile d'en connaître la cause. Ni l'âge, ni le « sexe, ni la profession, ne semblent exercer une influence délerli minée à cet égard. La malade de Kirkes avait 14 ans ; celui de ic Spengler, 38; celui de M. Charcot, 27; ceux de M. Lancereaux, S 22 et 23; celui de M. Hcrard,27; celle-ci, 2o. En tout, quatre 1(1 hommes et trois femmes, exerçant tous des professions failli; gantes.

Le frisson fut le symptôme initial dans tous les cas, revenant îi ensuite avec des accès bien caractérisés. Ce signe est si confi stant et marqué, que, dans les sept cas, on diagnostiqua une fièvre intermittente, et l'on employa la quinine ; l'hypertrophie de la rate sembla même en confirmer l'existence; mais l'irrégularité des accès et l'inefficacité de l'antipériodiqne montrèrent bientôt l'erreur de ce diagnostic, et c'est alors que quelques symptômes typhiqnes firent songer à une dolhiénentérie, que l'aulopsie ne confirma pas.

Dans cinq cas, l'auscultation constata un bruit de souffle cardiaque. Dans les deux autres, elle n'a pas été pratiquée, soit parce que, dans le premier, la malade fut apportée dans

ENDOCARDITE ULCÉREUSE.

un état trop grave à l'Iiôpiial, soil parce que, dans le dernier, M. Scliivardi ne soupçonnait pas l'existence d'une lésion dû cœur. C'est donclà un symptôme important qui peut lever les doutes en pareil cas.

Une extrême fréquence du pouls, tremblant ou dicrote, est la règle. Il s'élevait à 1 20 dans le cas de Spengler, à 1 60 dans celui de M. Hérard, à 1 00 en moyenne dans les autres.

Le vomissement de matières verdâlres n'a jamais manqué dans le premier septénaire, non plus que l'aspect d'une grande et profonde souffrance. Ces deux symptômes sont donc encore caractéristiques lorsqu'ils se rencontrent avec les précédents.

Un ictère très-prononcé, et qui a fait croire à un ictère grave ou une hépatite aiguë, a été signalé dans quatre cas par M. Lancereaux; mais c'est là un signe qui a besoin de confirmation.

Ce n'est pas S3ulement par les lésions locales que cette maladie est extrêmement grave, mais par le passage dans le sang des éléments en voie de métamorphose régressive, comme la présence de la matière granuleuse dans les vaisseaux, constatée par M. Lancereaux, ne permet pas d'en douter. Une véritable intoxication, ou infection purulente, se produit ainsi, qui amène ces phénomènes typhiques si prononcés et qui donnent le change à l'observateur. [Union méd., n" i 12.)

Un huitième exemple en a été observé depuis par M. Hérard chez une jeune fille de vingt ans, d'une bonne santé habituelle. Deux semaines avant son entrée à l'hôpital, elle avait été prise de rhumatisme articulaire aigu, ayant cédé rapidement à quelques jours de repos au lit ; mais en môme temps s'étaient développés rapidement des symptômes locaux du côté du cœur el des symptômes généraux d'une excessive gravité. Au moment de l'entrée à I hôpilal, ces symptômes étaient arrivés au summum de leur intensité: pouls à 95, irrégulier, pulsations accouplées deux à deux, avec intermittence entre chaque double pulsation; élevé rapidement à 1 50 les jours suivants, il était redescendu à 95-100, avec une nouvelle irrégularité de pulsations réunies trois par trois, quatre par quatre, cinq par cinq. C'est alors qu'il monta subitement à 160 par minute, puis graduellement il s'était abaissé au chilTre de 1 50, 1 40, 1 20, 100, en oscillant dans les derniers jours entre 100 el 110, mais alors plus plein, dépressible.

L'oreille appliquée sur le cœur percevait une impulsion

ENDOCARDITE ULCÉREUSE.

forte, et un bruit de souffle rude, râpeux, systoligue, qui a persisté avec ces caractères pendant toute la maladie, s'étendant dans une grande étendue de la région précordiale, plus prononcé à la base qu'à la pointe.

La face a été presque constamment pâle, jaunâtre; les traits contractés, la physionomie profondément altérée. Céphalalgie vive, le plus souvent frontale ; agitation etdélire nocturne, insomnie, idées tristes, sensation de prostration très-marquée, pasd'épistaxis. Le symptôme dominant et véritablement caractéristique a consisté dans des frissons qui se sont répétés presque tous les jours, quelquefois deux fois par jour, sans périodicité marquée et le plus souvent sans sueur. La langue a été constamment assez humide, sans rougeur des bords ni de la pointe. Anorexie, vomissements, diarrhée très-abondante, comme si l'organisme eût cherché à se débarrasser par cette voie d'un principe nuisible ; le ventre, ballonné, sensible en plusieurs points, présentait des sudamina sans taches lenticulaires, sans pétéchies. Toux fréquente et douloureuse; crachats, d'abord blanchâtres, aérés, puis visqueux et légèrement sanguinolents. A l'auscul- ) tation, râles sous crépitants aux deux bases, avec obscurité du ! son.

La malade a succombé aux progrès de l'asphyxie.

A Tautopsie, le cœur, à peu près de volume normal, est recouvert de fausses membranes, épaisses, molles, indices d'une péricardite récente. Les parois en sont flasques, jaunâtres, par

I la présence de granulations graisseuses, abondantes. A l'intérieur du ventricule gauche existe, au niveau d'une des valvules sigmoïdes de l'aorte, une plaie fistuleuse établissant une communication entre cette cavité et la partie avoisinante de l'oreillette droite; les bords de cette plaie, du côté du ventricule, sont sinueux, irréguliers et recouverts de végétations fibrineuses plus ou moins saillantes. La valvule sigmoïde, qui se trouve directement au-dessus de l'ulcération, est amincie I 0^ perforée en plusieurs points. Les autres valvules sont saines, b ainsi que l'aorte et le reste du cœur gauche. Du côté de l'oreillette droite, l'ouverture est plus petite, plus régulière ; les dépôts fibrineux sont moins prononcés. Au-dessus de cet orifice, [faisant saillie dans la cavité auriculaire, existe une petite tu- ' meur sanguine de la grosseur d'une cerise, qui aboutit au canal de communication des deux cœurs, ainsi qu'une autre tumeur '■ paiement sanguine, mais beaucoup plus volumineuse, et située

ENDOCARDITE ULCÉREUSE.

dans l'espace cellulaire qui unil l'oreilleUe à l'aorte au moment do son origine. Ces deux tumeurs peuvent être considérées comme de véritables anévrysmes produits par i'eiïort du san? lancé à travers l'ulcération de l'endocarde.

Les deux poumons étaient œdémateux et congestionnés, mais sans trace d'abcès métastatiques.

Le foie, la rate et les reins ne présentaient pas d'irifarctus. Le foie était petit et mou, en dégénération graisseuse commençante.

La rate était un peu plus volumineuse qu'à l'étal normal.

Les reins étaient flasques, assez petits et de couleur jaunâtre. Les tubes urinifères de la substance corticale étaient remplis de granulations graisseuses.

Les deux muscles droits présentaient cette lésion qui a été signalée par M. Bail dans la fièvre typho'ide. On remarquait, au milieu de l'espace qui sépare l'ombilic du pubis, une solution de continuité symétrique de leurs faisceaux musculaires. En cet endroit, les deux fragments supérieur et inférieur étaient éloignés de 5 à 6 cenlftnètres l'un de l'autre, et l'espace qui les séparait était rempli par du sang coagulé. L'examen microscopique a montré, dans l'extrémité libre du bout supérieur, an niveau de la solution de continuité, des altérations graisseuses très-avancées des fibres musculaires.

Le cerveau était sain, ainsi que les artères qui s'y rendent. La dure-mère présentait, à sa surface interne, des néomembranes vascularisées et des exsudations fibrineuses molles. L'intestin était parfaitement sain. (Soc. méd des hôp. et Union méd., n" 67.)

Un neuvième cas a été observé par le docteur E. Œdmansson chez un artilleur de vingt et un ans, entré à l'hôpital le 17 février 1864 pour une angine tonsillaire chronique traitée par la cautérisation et les gargarismes. Un mois après, le frisson survint et se répéta avec malaise, céphalalgie, soif, épistaxis, diarrhée, douleurs dans les grosses articulations. Le pouls variait de 90 à 100, sueurs nocturnes, hypertrophie de la raie, urine albumineuse.

Dès la seconde semaine, la faiblesse était grande, pouls à 108, peau chaude et sèche, épistaxis répétés. iMalgré l'usage des toniques, la faiblesse progressait. Le quinzième jour, le malade commença à délirer, selles involontaires, pouls faible, irrégulier, de 124 à 126. Un amendement momentané se

ENDOCARDITE ULCÉREUSE.

manifesta, puis le coma survint avec secousses convulsives; pouls petit de 130 à 140. Il s'éleva même à 150 le vingtdeuxième jour ; la mort arriva le lendemain.

On avait diagnostiqué une fièvre typhoïde, et, sauf l'absence des taches rosées, tout semblait justifier ce diagnostic. L'autopsie seule révéla la vérité. La paroi cardiaque postérieure présente dans une étendue de trois quarts de pouce carré une couleur grisâtre avec aspect sec, sans reflet, avec friabilité du tissu. Une collection purulente du volume d'un grain de chènevis existe sous le péricarde viscéral à la périphérie de ce foyer .

Une ulcération étendue existe à la face auriculaire de chacune I des moitiés de la valvule mitrale. Celle de la valve antérieure, I elliptique, a les dimensions d'une petite amande; l'autre, irré- 1 gulière, est plus petite. Toutes deux superficielles arrivent jusqu'au bord libre. Leur fond présentant çà et là quelques inégalités n'est nullement déprimé, il fait au contraire une saillie sensible et offre un aspect lardacé, une coloration grise. i Au niveau des ulcérations et dans les parties adjacentes, la 1 valvule est épaissie considérablement sans être insuffisante. ' Hypertrophie considérable de la rate sans altération de follicules de l'intestin. {^Dublin med. Près, et Gaz. hebd., n° 41.)

Enfin l'observation d'un dixième cas, recueillie à l'hôpital des Enfants^ a été relatée à la Société de biologie par MM. Duguet et Hayem. Il s'agit d'un petit ramoneur de treize ans,, très bien portant jusque-là, venu lui-même à pied à l'hôpital, le I 4 avril, ne se plaignant que de courbature, un peu d'abattement et présentant, quelques heures après son arrivée, une éruption bâtarde, d'apparence liémorrhagique sur tout le corps, □ ne pneumonie gauche, devenue double douze heures après, avec endopéricardile, épislaxis, adynamie profonde et ataxie, et enfin mort au quatrième jour ; par conséquent, phénomènes typhoïdes graves suivis rapidement d'une terminaison fatale.

L'autopsie montra des altérations profondes dans les principaux viscères, particulièrement dans le cœur, où existait le foyer de ramollissement de la substance musculaire avec destruction de l'endocarde et du péricarde, destruction manifestement consécutive à l'altération du niuscle ; dans le foie et les reins, une altération analogue à celle que l'on rencontre dans la lèvre typhoïde à forme maligne avec altération du sang et de nombreux foyers métasiatiques viscéraux.

ENDOSCOPE.

D'où ils concluent que l'endocardile ulcéreuse est une maladie maligne et grave d'emblée, et que l'état typhoïde est |)rimitif au lieu d"être le résultat de l'absorption des foyers purulents rencontrés sur les valvules suivant la théorie allemande ; une véritable pyohémie en résulterait dans ce cas, ce qui n'existe pas. 11 s"agirait donc de voir là une affection générale au lieu d'une maladie locale, de changer sa dénomination en un litre plus exact et mieux en rapport avec les altérations multiples observées. [Gaz. med., n° 41.)

EIVDOSCOPE. De l'endoscope et de ses applications au diagnostic et au traitement des affections de l'urèthre et de la vessie. Leçons faites à l'hôpital Necker, par A. J. Desormeaux, chirurgien de l'hôpital Necker. In-8» de 186 pages, avec 3 planches et 1 0 figures.

Histoire delà découverte et description de ce nouvel instrument, règles à observer dans son emploi, indit'ation de l'clalde la muqueuse uréthrale à l'état normal et dans les divers étals pathologiques, notamment les rétrécissements ; étude des maladies de la prostate et de la vessie : ulcérations, fongosilés ecchymoses, calculs, telles sont les matières de ce livre véritablement nouveau comme l'instrument qui en est l'objet et les résultats de son application.

Eadoseope perfectionné. A peine si l'inventeur a fait connaître cetinstrument en France par la publication de l'ouvraga précédent, qu'un perfectionnement nous arrive de l'étranger. Dans la séance du 15 mars de la Société du Collège royal des médecins de Dublin, le docteur Cruise, chirurgien de l'hôpital Muler Misericordiœ, a présenté une modification de l'endoscope de M. Desormeaux avec une notice de ses avantages. Elle consiste surtout dans un appareil d'éclairage si brillant et s'adap* tant si aisément au corps de la sonde, qu'aucun apprêt préalable n'est nécessaire pour permettre au praticien de s'en servir et inspecter facilement l'intérieur des cavités inaccessibles jusqu'ici à la vue. Tels sont l'urèthre et la vessie, le rectuKi au delà de l'exploration avec le doigt et le spéculum, la cavité du col et môme du corps de l'utérus, les fosses nasales, le pharynx, l'intérieur des kystes de l'ovaire, des abcès et des blessures contenant des corps étrangers. Plusieurs exemples où son usage a permis ainsi d'éclairer le diagnostic en présence

Page 1