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sur la contagion des maladies des animaux à l'homme a profilé de son séjour en Angleterre pour tracer une relation exacte du tléau qui a fait de si grands ravages dans les troupeaux anglais, Voy. CuoLÉn^.
ÉPILEPSIE. Diagnostic. L'aum ne peut être un signe dislinctif, suivant M. Moreau, car il est excessivement rare. Depuis quatre ans qu'il est à sa recherche dans son service do quatre cents malades à la Salpôlrière, où les entrées annuelles sont de soixante-dix à quatre-vingts, il ne l'a rencontré qu'une seule fois nettement et franchement caractérisé. Tous les autres phénomènes observés avant, après ou durant l'intervalle des accès dans l'épileppie, l'hystérie convulsive et l'hystéro-épilepsie, ne diffèrent pas des perturbations physiques et morales mal définies qu'éprouvent ces malades, et ne sont que des symptômes ordinaires dont certains aliénistes ont fait à tort des signes distinctifs pour créer autant de genres d'épilepsie avec un traitement spécial. C'est là une grosse et déplorable erreur.
Cette distinction entre l'épilepsie, l'hystéro-épilepsie et l'hystérie ne peut se faire au début que par un examen répété de wî'su, qui n'est possible qu'à l'hôpital. C'est ainsi que les secousses, que l'on peut comparer aux effets produits par des décharges électriques sur la motililé, mais qu'il faut voir pour les connaître et les distinguer des convulsions hystériques, sont un des cnractères exclusifs de l épilepsie. Mais elles peuvent se montrer chez des hystériques comme un prodrome de l'épilepsie. Lorsqu'elles agitent un membre, un côté du corps ou une région musculaire quelconque, on les confond souvent avec des tics, qui se trouvent être ainsi les précurseurs du grand mal. C'est donc là un symptôme très-fâcheux.
Absences, élourdissements, La perte de connaissance étant commune aux hystériques et aux épilepliques, on ne saurait établir un diagnostic différentiel sur ce signe absolu ; des nuances seules peuvent aider à cet effet. Ce sont plutôt des syncopes, des évanouissements incomplets, n'impliquant pas la perte de connaissance chez les hystériques. Elles se sentent froid aux pieds, aux jambes, la tôle leur tourne, le cœur leur manque. On les voit rougir et pcllir alternativement; obligées de s'asseoir ou de se coucher ; nul mouvement convulsif des paupières; fixité, mais non^égarement du regard.
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Il Chez celles qui ont été touchées par l'épiiepMe ou qui en ' sont menacées, la perte de connaissance arrive plus rapidement, sans malaise général, fixité du regard, immobilité sans i affaissement sur elles-mêmes. L'explosion est, au contraire, ! instantanée chez d'autres, la perte de conscience est complète. Il s'y joint des troubles de la vision et même des mouvements convulsifs des muscles du visage.
Le véritable vertige épileplique frappe avec l'inslanlanéité, la rapidité fulgurante d'une décharge électrique à la manière des grands accès. La perte de connaissance est non moins absolue que subite.
Allaques épilepHformes. Celto forme d'élourdissement qui affecte les vieillards, les personnes de complexion apoplectique ou atteintes d'hypertrophie du cœur, qui commettent des excès alcooliques, vénériens ou intellectuels, diffère du vertige épilep- ■ tique en ce que la perte de connaissance est extrômenient rare et toujours incomplète, sans rien d'instantané, d'électrique. Elle ressemble davantage au vertige hystérique ou hysléroépileptique, bien que, pour un œil exercé, il ne puisse y avoir méprise.
Les malades sont rarement pris à l'improviste ; ils sentent venir l'attaque, luttent, songent à en prévenir les conséquences et appellent au secours. Quelques-uns sont envahis par un sommeil de plomb; d'autres voient les objets tourner, les pieds leur manquent comme sur un sol mouvant, et alors même que l'attaque est légère, le malade est plus ou moins de temps à revenir à lui,
Le plus souvent ces attaques sont symptomatiques d'accidents cérébraux purement congestifs. {Union méd., n° 72 et suiv.)
Délire. Un des caractères dislinctifs avec celui de la folie, c'est la conscience plus ou moins nette qu'en a l'hystéro-épi- I leptique. Qu'on interroge les malades au plus fort de leurs di- I vagations, alors même qu'elles s'abandonnent à toute sorte d'excenlricilés, d'extravagances, que toutes leurs paroles trahissent le désordre de leur esprit, qu'elles paraissent subju- I guées par des convictions déliranles , des hallucinations de : toute nature, et la première question les remet instantanément I dans leur bon sens et les rend à elles-mêmes. Elles conviennent I qu'elles ne savent ce qu'elles disent, ce qui ne les empêche pas
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de retomber aussitôt dans leiirà divagations. D'où la contradiction qui s'observe entre loars paroles et leurs actes. De là aussi une grande analogie entre ce délire et celui que produit 1h haschich et d'autres substances narcotiques. On y trouve aussi tous les éléments morbides distincts, comme idées lixes, hallucinations de la sensibilité générale, de l'ouïe, de la vue, incohérence des idées, impulsions automatiques, folies aflectives, pseudo-monomanies, états mixtes, toujours isolés, au contraire, dans la folie simple ou essentielle.
Il a aussi beaucoup de ressemblance avec le somnambulisme par l'état absorbé, les rêvasseries continuelles dans lesquelles les malades sont plongés et qui reviennent par accès comme d'une manière intermittente, et se terminent ordinairem.ent par des convulsions ou des spasmes.
Les idée» de suicide, au lieu d'être logiquement raisonnées comme chez les fous, sont spontanées, instantanées comme l'accès lui-mémo, sans lien ni cause appréciable. De même des impulsions à frapper, à détruire.
Tous ces phénomènes délirants jugent d'ailleurs aussi bien l'accès qu'ils en sont jugés eux-mêmes, c'est qu'ils l'annoncent aussi bien qu'ils le terminent, mais s'y rattachent toujours trèsélroitement.
Erolisme. Contrairement à la croyance accréditée, c'est un symptôme tout à fait exceptionnel. Trois exemples s'en sont seulement présentés, pendant cinq ans, dans un service de trente-cinq à quarante hystéro-épileptiques.
Complications. Sur 31 6 épilepliques observés à Bicélre durant six années, MM. Rengade et Raynaud ont établi statistiquement que 108 avaient été exempts de tout accident, 8 seulement en ont présenté de légers, sans importance, et 200, soit 2 : 3 environ, de plus ou moins graves, dont suit la nature et l'ordre de fréquence.
Contusions, ecclujmoses, plaies. 167 cas siégeant le plus souvent à la tête et aux parties saillantes osseuses des articulations on particulier. Leur gravité est en rapport avec leur répétition, qui s'oppose à la guérison et non avec la soudaineté ni la force de la chute.
Morsures. 70 cas. Langue, lèvres, joues, rarement sur d'autres parties du corps.
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Bn'ihires. \7 cas. Les précautions prises à ce sujet dans un i hôpital expliquent la rareté de cet accident, si commun en ville.
Fractures. Des dents, 10 cas; du nez, 2; clavicule, 2; le bras, 2, dont trois récidives chez le même malade ; olé- ' crâne, i ; maxillaire inférieur, 1; base du crâne, 3 : total, 21 cas.
j Entorses. 3 cas, dont 1 du poignet.
Luxations. De Tépaule, 7 cas, le plus souvent répétées à plusieurs reprises et jusqu'à six fois et plus. Comme pour les plaies, la récidive rapprochée des accès fait surtout le danger, la gravité des fractures et des luxations en s'opposant à la contention.
Accidents nerveux. 29 cas de complications névropathiques, paralysies, contractures. L'hémiplégie du côté droit est la plus fréquente.
Hémorrhagies. 27 cas, dont la plupart sont des écoule-' I menls sanguins par le nez, la bouche, l'oreille, ou une lésion artérielle résultant de la chute. Des suffusions sanguines, péléchies, avec gonflement à la face et au cou, regardées comme Irès-fréquentes, n'ont été rencontrées que trois fois, sans compter un cas d'hémalidrose, des hémoptysies consécutives et des congestions cérébrales qui, tout en se rattachant à l'accès, n'en sont que le produit médiat.
Mort. 1 0 cas pendant l'accès, dont 6 par congestion cérébrale, asphyxie, et 4 par étouffement dans le lit ou dans la terre fraîchement labourée.
Accidents indéterminés. 11 en existe un certain nombre de cas. C'est ainsi que l'on pourrait rSconnaître la nature des accidents d'empoisonnement par le tabac que présentent certains épileptiques à la suite de l'accès. 2 cas s'en sont présentés cliez des malades qui avaient une chique dans la bouche lors de l'arcès et qui l'avaient avalée par un mouvement spasmodique (le déglutition.
La plupart de ces accidents sont d'autant plus graves que beaucoup d'épilepiiques tombent toujours sur le môme point du corps, 18 malades présentaient cette particularité dont 0 tombaient invariablement du côté droit, 2 seulement du côté opposé, 3 sur les coudes et les genoux, 2 sur le dos,
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1 sur le front, 1 sur la lêle, 1 sur l'occiput, 1 sur le nez, 1 sur le menton. Des bourrelets appliqués sur ces parties peuvent prévenir pu diminuer les effets dangereux de ces chutes répétées.
Quant aux causes de ces accidents, elles se rapportent à l'âge, à la constitution, la profession des malades. Les lésions externes sont surtout fréquentes chez les adultes, en raison de l'intensité des accès. Les sujets maigres, lymphatiques ou scrofuleux y sont plus exposés. Ce sont les hémiplégies et autres accidents nerveux qui prédominent chez les enfants. Les vieillards ont à redouter les fractures et les congestions.
Les professions prédisposent à certains accidents particuliers. Les fractures, les luxations, résultent surtout de la chute d'un lieu élevé; les brûlures sont particulières à ceux qui travaillent près du feu et plus fréquentes l'hiver. Le séjour au lit nest même pas sans danger, à moins que la camisole de force ou un lit approprié ne le préviennent. L'été, c'est-à-dire une température élevée, prédispose aux congestions. Il suffit doncd'indi- 'quer ces causes pour en atténuer, en prévenir l'action par des soins, des précautions et des moyens appropriés. {Gaz. hebd., janvier.)
Rupture du cœur. Médecin en chef de l'asile d'aliénés de Blois, M. Lunier en a observé deux cas dans l'hiver de i 861 . Le premier chez un épileptique de soixante-neuf ans, n'ayant d'accès que tous les trois mois; mais d'une extrême violence, sans aucun symptôme d'affection du cœur. Dans l'un de ces accès, le 2 décembre, il mourut subitement. L'aulopsie ne révéla pas d'autre lésion anatomique que le péricarde énormément distendu, et le cœur comme perdu au milieu de caillots de sang.
Sur la face postérieure de l'organe , vers la partie moyenne et près du bord gauche, il existe une déchirure irrégulière, à bords frangés, à direction parallèle au sillon longitudinal, longue de 22 à 25 millimètres, établissant une large communication entre le ventricule gauche et le péricarde.
Des brides charnues réunissent en plusieurs points les bords épais de la solution de conlinuité.
A l'intérieur de la cavité ventriculaire, on distingue bien nettement deux pertuis assez étroits, distants l'un de l'autre d'un centimètre environ et convergeant obliquenient vers l'ouverture extérieure, boaucoup plus étendue.
Les orilices et les valvules présentent quelques concrétions cartilagineuses au niveau du bord adhérent des valvules sigmoïdes, mais sans trace aucune de rétrécissement.
Les parois du ventricule gauche sont légèrement hypertrophiées, sans augmentation ni diminution de la cavité ventriculaire.
Une coupe perpendiculaire à l'axe du cœur, au niveau de la partie moyenne de la déchirure, donne 1 8 millimètres d'épaisseur à la paroi du ventricule gauche, au niveau de la déchirure, et 22 millimètres partout ailleurs.
Les parois du ventricule droit n'ont , au même niveau^ que i millimètres d'épaisseur.
Le second cas s'est présenté chez un épileplique dequaranle- Irois ans , dont les accès survenaient tous les quinze jours environ avec une série d'accès consécutifs pendant quatre à cinq jours et d une extrême violence, sans avoir jamais offert, pendant huit ans d'observation , le moindre symptôme morbide du côté du cœur. Le 27 décembre, il est trouvé mort dans son lit sans avoir éveillé personne. De violents accès avaient eu lieu dans la journée.
L'autopsie montre le poumon gauche refoulé en arrière dans la gouttière vertébrale par le cœur enveloppé de son péricarde, dont l'incision donne lieu à l'écoulement de deux verres environ de sang noir mêlé de caillot?.
Le cœur est petit. Un peu à droite du sillon antérieur, le long de la cloison intervenlriculaire, exisle une déchirure à peu près, parallèle, longue de 6 à 7 centimètres, et occupant toute I l'épaisseur de la paroi antérieure du ventricule droit. Les piliers i qui masquent en partie cette déchirure à l'intérieur sont conservés, et c'est à travers leurs interstices que cette cavité communique avec celle du péricarde. Les bords de la solution de continuité sont éraillés comme l'est un morceau d'étoffe auquel on fait un trou avec le doigt.
Aucune trace de lésion organique; valvules saines, sans insuffisance ni rétrécissement.
Une coupe perpendiculaire à l'axe du cceur, vers la partie moyenne, où siège la déchirure, donne 4 à 5 millimètres d'épaisseur, et 1 2 à 1 3 millimètres au ventricule gauche.
Ces faits sont aussi remarquables qu'ils sont rares ; Short en signale un analogue où la lésion existait dans lo ventricule gauche. Ce siège, autant que le moment où la rupture a été
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observé; et l'absence d'autres lésions, permet donc d'adnietlre qu'elle est duo à la gône apportée h la circulation par l'accès d'épilepsie et aux efl'orts violents des ventricules pour repousser le sang dans les artères comprimées. Le cœur, en un mot. a dû se rompre chez ces malades comme se rompt l'utérus pendant l'accouchement, lorsqu'une résistance quelconque s'oppose à l'expulsion du fœtus. Si, chez le second, cependant, la lésion avait son siège sur le ventricule droit, il faut l'attribuer à ce qu'il y a eu d'abord un commencement d'asphyxie, comme cela a lieu assez souvent chez les épileptiques qui meurent la nuit pendant un accès convulsif, et que l'obstacle au cours du sang s'est fait principalement sentir dans la petite circulation oa circulation pulmonaire. On trouva, en effet, dans le péricarde, une grande quantité de sang noir encore liquide, rnélé seulement de quelques caillots.
Je ne puis croire, dit M. Lunier, que les accidenis de celle nature ne soient pas plus fréquents. Je suis convaincu que si dans tous les cas de mort subite, chez des épileptiques, on ne se contentait pas le plus communément d'ouvrir le crâne et le rachis, on rencontrerait plus souvent la rupture du cœur. Aussi l'attention des médecins appelés à faire des autopsies d'épileptiques doit-elle être fixée sur ce point, (Soc. de méd. de Pans et Gaz. des hôp., n" 109.)
Traitement. Mariage. Conseillé surtout dans l'hystérie et rhystéro-épilepsie, d'après quelques idées régnantes, ce moyen n'a jamais été suivi de succès sous les yeux de M. Moreau. Sur un total de 287 malades, 4 87 dont 8 hystériques, 17 hysléroépilepliques et 162 épileptiques y ayant eu recours dans le but exprès de se débarrasser de leurs accès, aucune n'y a trouvé la guérisOn ; le plus grand nombre, au contraire, sinon toutes, y ont trouvé une aggravation.
Hydrothérapie. Le corps étant frolté avec une éponge imbibée d'eau froide, un jet d'eau froide est projeté avec force exclusivement le long de la colonne vertébrale, pendant trois a cinq minutes, ce qui suffit pour déterminer une rougeur plus ou moins vive, comme érysipélateuse. Quand la menslrualion est irrégulière, la douche est continuée une ou deux minutes sur le pubis, ce qui suffit souvent pour rétablir la régularité. LeS malades se livrent ensuite aux exercices gymnasliques pendant une demi-heure. Or, sur 32 épileptiques soumises à cette nié-
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thode, 15 environ ont éprouvé une amélioralion durable : les accès sont devenus plus rares et ont perdu de leur violence. Chez les autres, dont plusieurs cas sont rapportés comme exemple, ramélioralion a été telle qu'au lieu d'un ou plusieurs accès par semaine et même par jour, avec vertiges de dix à vingt minutes, les malades sont restées un mois et plus sans aucun accident.
Sur 19 hystéro-épileptiques, il y a eu 2 guérisons vraies, incontestables; 2 moins certaines et \ pseudo-guérison. Des 14 autres, 9 se sont trouvées plus ou moins améliorées, 5 n'ont éprouvé aucun résultat.
Sur 1 5 hystériques , 7 guérisons, 6 améliorations notables, 2 cas réfractaires. L'hydrothérapie est donc définitivement aujourd'hui un des moyens les plus efficaces contre celte grave et redoutable névrose.
Le docteur Schreyer (de Hambourg) en a modifié l'administration en faisant prendre chaque jour un bain tiède à 28 degrés à l'issue duquel, une demi-heure après, il fait verser, d'une hauteur de 4 à 6 pieds, sur la nuque et le dos, d'abord un, puis deux et trois seaux d'eau froide. On termine par des frictions brusques et réitérées. Une diète sévère, plusieurs purgatifs salins sont administrés et l'on y ajoute, quotidiennement, en deux doses progressives, de 4 à 12 grains de digitale. Sur
116 individus ainsi traités, 3 seulement éprouvèrent une rechute. I Encore finirent-ils, en reprenant les remèdes, par guérir défij nitivement. Celte cure doit, en moyenne, durer six mois. A un moment donné, on diminue graduellement la quantité de la . digitale, rangée parmi les spécifiques du mal caduc. L'hydrothérapie rend de réels services dans les variétés idiopatliiques et symptomatiques. Tout en faisant de justes réserves, on peut donc rationnellement appeler l'altenlion sur celte méthode. [Rivisla clinka, juin.)
Bromure de potassium. Quoique contradictoires, les résultats de cette nouvelle expérimentation dans les hôpitaux n'en sont pas moins instructifs. L'incurabililé du mal et la nouveauté du remède qui est employé après tant d'autres pour le combattre, les rendent également intéressants.
Entre les mains de M. Bazin à l'hôpital Saint-Louis, ses effets ont été des plus heureux ; l'action en paraît surtout évidente chez un employé de commerce de quarante ans qui,
(iARMEU. 17
i^b ËPiLti'iks.
après six années de grands chagrihs domesli4ûfes el uhe séj^àralion judiciaire, avait eu une première àttaque à trente huit ans. De gai, il était devenu triste, sombre, inditrérent, ennuyé, el pendant deux ans les accès se répétaient de plus éh plus fréqiients el violents inalgré l'emploi dé tous lès remèdes connus, rationnels et secrets : assa fœtida, extrait de valériane, valérianate d'ammoniaque, camphre, hydrocyanate de fer, lactàle dë zinc et de manganèse, sulfate de cuivre ammoniacal, remède d'Agen {cétoine dorée), remède de Pain {Galium album), aucune amélioration n'était survenue et les attaques revenaient constamment depuis tous les quinze joui-s et même tous les cinq a six jours par intervalles.
Chaque attaque était presque constamment précédée d'un riialaise général très-ntiarqué ; très-souvent il éprouvait une sensation de froid intense, au niveau des genoux, qu'il ne pouvait réchauffer. Le malaise redoublait lorsque l'accès était sur le poiiii d'éclater ; et redoutant alors là violence des convulsions, dont il était menacé, le malade se couchait à la hâte sur son lit, se faisait lier bras et jambes, et attendait la crise convulsive. (Quelquefois celle-ci échouait, el le malaise se dissipait graduellement ; plus souvent elle éclatait avec une violence extrêïhe, au point qu'on avait de la peine à le maintenir, malgré les précauUons qu'il avait prises. Souvent il n'avait pas le temps de prendre ces précautions, et par deux fois il est tombé sur le rebord d'un trottoir, contre lequel il s'est fait de larges plaies au front du côté droit. Ces crises étaient accompagnées d'un cri initial, d'écume à là bouche, et de tnorsures à la langue ; elles se répétaient deux oti ti-bis fois dans le même jour à trois bu quatre heures d'intervalle. Elles étaient souvent suivies d'un délire violent, pendant lequel le malade vociférait contt-e ceux qui l'approchaient ; ce délire durait de quinze à vingt ttiinutes ; au bout de ce temps, un sommeil profond venait annoncer la fin du paroxysme. En môme temps que les accès devenaient plus fréquents, les fonctions inlellécluelles du malade saltéraient de plus en plus ; la mémoire surtout lui faisait presque complètement défaut, il était incapable du moindre travail; et désespéré de voir sa maladie résistèr à tous les moyens qu'il a\ait employés, il était tombé dans un étal d'abattement moral des plus profonds.
C'est deux jours après l'une de ces attaques ordinaires qu'il est soumis au bromure de potassium, à àose progressive, d'à-
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près la méthode indiquée ci-dessous. Ce trailement a amené chez lui immédiatement la cessation complète des attaques ; depuis qu'il le suit -, il n'en a pas eu une seule, et il y !i de cela cinq mois et demi. Dès le lendemain, il en a ressenti un bien-être général inaccoutumé, dont il osait à peine faire part à sa famille, craignant de se faire illusion, et qui ne s'est pas démenti depuis. Peu à peu toutes ses fonctions se sont rétablies, et il est actuellement dans un état des plus satisfaisants. Ses fonctions digestives sont très-bonnes, et bien qu'il prenne toujours le bromure de potassium, à la dose de 4 à 6 grammes, il n'a jamais eu de gastrite ni de diarrhée. Le pouls est de 70 à 80 ; il n'y a ni exagération ni diminution de la sueur ; les urines sont normales. La sensibilité cutanée est intacte, celle de l'arrière-gorge et des conjonctives est à peine légèrement affaiblie. Du côté des sens génésiques, il éprouve, dit-il, un calme notable, mais il a encore de fréquentes érections. Il a souvent, le soir, en rentrant, une légère tendance au sommeil, mais elle se dissipe facilement dès qu'il se donne un peu d'exercice, parfois il a aussi un peu de courbature, de roideur dans les reins et dans les membres. Les fonctions intellectuelles sont très-notablément améliorées, il rend parfaitement compte de son état ; la mémoire est redevenue presque aussi bonne qu'autrefois, cependant il est encore obligé patfois de chercher ses mots. Mais il éprouve encore de temps en temps, très-irrégulièrement, de légers étourdissemenls instantanés, quelquefois un léger tremblement dans les paupières , accidtents légers auxquels il fait à peine attention.
Sur trois autres malades qu'il a eu occasion d'observer dans sa pratique particulière depuis qu'il emploie ce médicament contre cette névrose, M. Bazin a obtenu un résultat tout aussi avantageux, alors que la maladie avait résisté à différents traitements. Chez l'une de ses malades, âgée de trente et un àns, les attaques convulsives duraient depuis six ans; elles revenaient principalement la nuit et se répétaient trois ou quatre fois par mois ; de plus, il y avait de temps en temps des vertiges passagers, et vers la fin trois ou quatre absences par jour, caractérisées par une pâleur syncopale et une perte momentanée, mais absolue de conscience. Chez celte malade, sous l'influence du médicament, les attaques convulsives ont disparu d'abord -, plus tard les vertigeé, et enfin les absences, et depuis un an elle n'a plus aucun symptôme d'épilepsie. Chez un autirte,
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âgé de quaranle-cinq ans, les attaques convulsives avaient débuté à l'âge de neuf ans, et se répétaient depuis plusieurs mois, tous les huit ou dix jours. Il y a cinq mois qu'il est soumis à l'usage du bromure, et depuis ce moment il n'a pas eu une seule attaque.
M. le docteur Gratiot, médecin à la Ferlé-sous-Jouarre, qui a eu recours au bromure, d'après la même méthode en a obtenu les mêmes effets dans deux autres cas, encore récents il est vrai, mais où l'action du médicament n'en est pas moins manifeste. Dans l'un , il est question d'une jeune fille de vingt-six ans, dont les attaques épilepliques duraient aussi depuis l'âge de neuf ans, se répétaient tous les quatre ou cinq jours, et se composaient de deux accès violents, suivis de trois ou quatre plus faibles. Le bromure a été donné il y a quatre mois, et immédiatement il y a eu éloignement des accès qui ne sont revenus que trois fois, et depuis deux mois elle n'en a pas éprouvé. Dans l'autre, il s'agit d'une petite fille de trois ans, dont les attaques convulsives revenaient tous les huit jours et faisaient craindre, par leur intensité, qu'elle ne succombât dans un de ces accès. 11 y a deux mois, elle a été soumise au bromure, à une dose progressive d'un et deux grammes; au bout de quinze jours, les accès ont disparu et ne se sont pas montrés depuis. Actuellement, elle prend encore un gramme de bromure dans les vingt-quatre heures ; elle a légèrement maigri, mais sa santé est excellente.
Dans ces différents cas, on administre le médicament de la manière suivante :
Bromure do potassium 20 grammes.
Eaudislillce 300 —
Deux cuillerées à bouche, représentant 30 grammes, contiennent 2 grammes de bromure. Chez l'adulte, on débute d'emblée par cette dose de deux cuillerées : une le matin et une le soir, une heure avant le repas, que l'on fait prendre dans un peu d'eau sucrée ou dans un peu de vin, et immédiatement après, le malade a soin d'avaler encore un peu de liquide, afin qu'il ne reste autant que possible aucune partie du sel sur les parois de la bouche, où il pourrait avoir une action locale. On augmente ensuite progressivement d'une cuillerée, tous les quatre ou cinq jours, et l'on arrive ainsi jusqu'à huit ou à'\x cuillerées. On maintient cette dose, qui n'a pas été dépassée
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dans les faits précédents, pendant quelques jours ; puis on la diminue progressivement, de la même manière qu'on l'a augmentée. On revient ainsi à quatre cuillerées, à moins que les attaques ne soient légèrement modifiées, auquel cas on maintient le malade aux doses plus élevées, pendant quelque temps, pour ne revenir que plus tard à quatre cuillerées. On continue ensuite à donner le médicament de quatre à six cuillerées, pendant plusieurs mois, même après la cessation de toute attaque. Chez l'enfant, on débute par une dose moitié moindre, qui devrait être encore diminuée si l'on avait affaire à un enfant en bas âge. On augmente ensuite progressivement par demij cuillerées, à quelques jours d'intervalle, sans aller au delà de quatre cuillerées ; puis on diminue la dose pour l'augmenter de nouveau et prolonger le traitement comme chez l'adulte. {Gaz. (leshôpit., n" 35.)
Chez une fille de vingt-quatre ans, d'une excellente santé i jusqu'à dix-huit, parfaitement réglée sans accidents dechorée i ni d'épilepsie, un premier accès eut lieu , à la suile d'une i vive frayeur. Parents vivants et bien portants ; deux frères i se sont suicidés sans motifs , une sœur éprouve quelques accidents nerveux, insomnie avec agitation. Sa fille est morte à huit ou neuf ans, épileptique et idiote de naissance.
Pendant longtemps il n'y eut que le vertige épileptique sans ou avec perte de connaissance pendant une ou deux minutes, sans que tous les antispasmodiques, l'atropine ni l'oxyde de zinc à dose croissante, en aient amené la cessation. Ces accidents s'éloignèrent avec celui-ci après un an d'usage, et il n'en était pas apparu depuis huit mois, mais les règles s'étaient supprimées depuis six, la malade avait maigri, peau d'un jaune paille, muqueuses décolorées, palpitations, bouffissure , inappétence, brisements des membres, céphalalgie au sommet de la tête, affaiblissement de la vue, méléorisme et douleurs du ventre. Pouls mou, petit, dépressible, peau froide. Il y avait évidemment une intoxication par le sel de zinc. Le traitement consista en purgatifs doux, toniques, ayant le quinquina pour base, et plus tard ferrugineux associés aux amers. Après six semâmes, la malade revint à sa santé primitive, et les règles reparurent, mais en même temps reparurent les accès, avec le cachet de l'épilepsie vraie. Cri initial, chutes, mouvements, écume aux lèvres, morsure de la langue, urines involontaires, etc. Ici commencent les accidents ; écrasement du nez,
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fractures des dents, brûlures profondes et graves des mains. Les époques menstruelles avaient une action bien marquée sur le retour des accès. Malgré la poudre de racine d'armoise à haute dose, employée pendant plusieurs mois, les accès se rapprochent, un par semaine, survenant le plus souvent la nuit, la malade éiant couchée. A un mois de distance, deux luxations de l'épaule droite se produisirent pendant des accès. C'est alors que, se fondant sur le tempérament de la malade et la coïncidence de l'époque menstruelle avec le retour des accès, le docteur L. Demeurât tenta l'emploi du bromure de potassium le 21 août 1 863, à la dose de ie\50. Le 28 septembre il y eut un accès; à la fin de novembre, un second. La dose fut élevée à 2 grammes, et, depuis lors jusqu'au \" août 1 865, c'est-à-dire depuis vingt mois, il n'y en a pas eu d'autre. Les règles viennent régulièrement; il y a de l'embonpoint et une bonne coloration de la face, des téguments et des muqueuses. La jeune fille est gaie, moral excellent; digestions excellentes ; ni palpitations ni céphalalgie. Depuis sept mois, la malade ne prend de bromure que quinze jours avant l'époque menstruelle, toujours à la dose de 2 grammes. [Gaz. des hôp., n° 96.)
Plus que personne, M. Moreau était à même d'en vérifier l'action réelle dans son service d'épileptiques de la Salpêtrière. C'était même son devoir d'expérimenter en présence des succès qui étaient proclamés de part et d'autres. Or, sur 1 5 épileptiques ou hystéro- épileptiques choisies parmi les plus jeunes et dont l'âge variait de seize à trente ans, chez qui la maladie était la plus récente, le médicament fut donné pendant trois mois à la dose de 50 centigrammes dans les vingtquatre heures, en trois doses, en augmentant d'autant de huit en huit jours jusqu'à 3 grammes. En voici le résultat :
6 malades n'en ont éprouvé ni bien ni mal, l'épilepsie a continué sans exacerbation ni rémission.
8 ont eu des accès plus fréquents pendant le traitement qu'avant.
Une seule a eu une diminution des accès remplacés par des vertiges. {Unionméd., n° 40.)
Ce résultat est en opposition complète avec quelques faits observés isolément ; mais ce qui en fait la gravité, c'est qu il contredit l'expérimentation faite dans les mêmes conditions par M. Williams chez 37 aliénés épileptiques de l'asile de Northampton (voy. Année \ 86 i). Dans aucun cas cependant
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|a guérison n'eût lieu; c'est là un point de ressemblance malheureux, mais Irès-utilp à constater, Il n'y a dpnç pas lieu de compter sur ce remède, pour voir disparaître cette épouvantable névrose.
Employé contre des convulsions épileptiformes chez un jeune homme de dix-neuf ans, manifestenrient tuberculeux, que pour cela M. Bazin soupçonna avoir été atteint d'une mé- " ningile tuberculeuse dont les convulsions prolongées auraient ; été le symptôme, ce médicament ci paru en diminuer la fréj quence et l'intensité, tellement que le malade s'est remis [Gaz. i des hôp., n° 37). Mais cette observation n'est pas concluante et ne peut servir que de jalon pour employer ce remède contre des accidents qui sont mortels le plus souvent.
Deux nouveaux cas de son emploi contre l'épilepsie sur des I enfants de cinq à six ans, à l'hôpital des Enfante-Malades de I Londres, par le docteur Hillier, semblent révéler la mesure . exacte du pouvoir antiépileptique de ce médicament. Élevé ■ jusqu'à la dose de 4 à 5 grammes dans les vingt-quatre heures, ! il fit diminuer rapidement les accès de fréquence et d'intensité 1 sans les faire disparaître [BriHsIi med. Journ., mai). Après les j expérimentations si concluantes de M. Moreau (de Tours), [ n'est-il pas évident que c'est là un simple modérateur de l'exçi- : tabilité nerveuse, comme de nombreux faits le prouvent, sans action spéciale sur l'épilepsie, mais qui a d'autant plus d'action §ur celte névrose qn'elle est moins ancienne et moins bien caractérisée ou qu'elle existe chez des sujets plus jeupes, plus faibles et par cela même plus aptes à en ressentir l'infliience?
La différence du dosage est toutefois de nature à faire suspendre un jugement définlif sur la valeur antiépileptiqup de ce médicament.
I Slermtaioires. Considérant l'épilepsie comme une anémie du cervelet, M. Laycoc|{ recommande l'ammoniaque, le tabac ' à priser ou un mélange de 5 grammes de poudre d'ellébore I blanc uni à 30 grammes de poudre de quinquina dont on prend trois petites pincées par jour pour provoquer des éternuments énergiques, et en agissant ainsi sur la respiration, d'irriter les branches de la cinquième paire, qui se ramifient dans la mem- I brane de Schpeider et de modifier ainsi l'état du cervelet, i Mais les faits d'expérimentation ne répondent guère a cette I théorie spécieuse. Sept femmes et \m homme soumis à celle
ÉUYSIPÈLE.
expérience n'en ont élé impressionnés momentanément que comme avec toute autre médication nouvelle. Les attaques ont diminué les premiers jours et voilà tout. Si l'efiet a élé plus soutenu chez l'homme, il n'en est pas moins retombé dans son état primitif {Med. Times, mai). On ne saurait attribuer uno grande valeur à ce moyen renouvelé des anciens.
KRECTIOIV. M. Robin donne une nouvelle interprélation de ce phénomène physiologique. Au lieu de l'attribuer à la conlraclion des faisceaux des fibres musculaires des veines des tissus érectiles, il le rapporte à la réplétion des vaisseaux mômes de ce tissu. 11 la définit ainsi; phénomène de réplétion par un liquide incompressible de cavités, à parois flexibles, mais inextensibles au delà d'un certain degré déterminé autant par leur texture propre que par celle de l'enveloppe fibreuse de chaque organe formé de tissu érectile. Après avoir ainsi augmenté de volume Jusqu'à ce degré fixe, celui-ci devient relativement incompressible et inflexible; de là la rigidité comme celle des ventricules sous l'influence de leur réplétion par du sang lors de la systole des oreillettes et celle du cadavre.
La rigidité n'est, suivant lui, ni active, ni musculaire. L'absence de fibres musculaires dans les trabécules intervasculaires en est la preuve. Ce tissu intervasculaire n'a qu'un rôle de soutien. Il en fait ainsi un phénomène purement physique, analogue à celui de la rougeur de la face survenant sous l'influence vaso-motrice involontaire de certaines impressions visuelles, de contact ou de certaines pensées. Des mouvements réflexes la déterminent aussi, etc. [Gaz. méd. de Paris, n° 12.)
11 serait sans utilité, ce nous semble, de poursuivre plus loin la dissertation du savant physiologiste. Elle nous paraît bien plutôt une exposition des phénomènes en question qu'une démonstration de son mécanisme. C'est dire que ces explications ne nous ont pas convaincu, et que celte nouvelle théorie n'est pas plus satisfaisante que la précédente.
ÉRYSIPÈLE. Ulcéralions diiodénales. Dans deux cas d'éry sipèle interne, débutant par h gorge, observés par M. Larcher à l'hôpital Cochin, des ulcérations siégeant à la surface du duodénum furent rencontréesà l'autopsie. Hlles occupaient, au nombre dequatre, le pourtour do l'orifice duodénal des conduits cholédoque et pancréatique réunis dans les deux cas, une cinquième