ÉRYSIPÈLE
étant rapprochée du pylore seulement. Dans le second, arrondies, larges comme un pois aplati et n'inléressant que la muqueuse, leurs bords ne' aient ni coupés à pic ni renversés ; des taches ecchymotiques existaient autour sous l'apparence d'un pointillé fin en quelques endroits. Les glandes de Brunner ne paraissaient pas avoir augmenté, et le défaut d'examen microscopique n'a pu découvrir si elles étaient le point de départ de l'ulcération.
Des vomissements fréquents, répétés, de matières bilieuses, ont été le seul symptôme appréciable de ces ulcérations duodénales. La gravité en est ainsi décelée, et l'attenlion pourra être appelée de même à vérifier l'existence de cette lésion et à en rechercher l'origine. {Arch. de méd., décembre 1 864.)
Un fait analogue a été observé par le professeur Malherbe, de Nantes, à l' Hôtel-Dieu, sur un homme de vingt-quatre ans, entré le 28 novembre '1864, atteint depuis quatre jours d'un érysipèle de la face. Le gonflement devint extrême avec phlyctènes et excoriations. Le pouls petit, faible, est à 96; nausées, efforts de vomissements répétés , écoulement continu de la salive, appétit nul, soif, langue couverte d'un enduit blanchâtre. Malgré un vomitif, tous les symptômes augmentent d'intensité. Des exsudations dipthéritiques recouvrent les excoriations de la peau, grand abattement des forces.
Le 2 décembre, des coliques violentes apparaissent avec redoublement des vomissements, et malgré l'emploi des purgatifs répétés, le malade succombe à 1 0 heures du soir.
L'examen de l'abdomen montre l'estomac, le duodénum et le jéjunum hypérémiés notablement; les valvules conniventes présentent par places un peu de gonflement, deux d'entre elles un peu plus volumineuses et plus rouges, la première à environ 50 à 60 centimètres du pylore, la seconde 4 mètre plus bas, portent chacune une ulcération arrondie ayant au plus 1 centimètre de diamètre à fond grisâtre, sans boursouflement des bords, n'inléressant que l'épaisseur de la muqueuse hypérémiée, partielle dans le reste de l'inlestin. {Journ. de la Soc. acadéin. de.la Loire-Inférieure, 217'= livraison, p. 19.)
Les symptômes gastriques et même les vomissements, qui s'observent si souvent au début de l'érysipèle, ne sauraient être considérés comme un signe spécial de ces ulcérations intestinales. Ce n'est que par leur intensité, leur ténacité et après l'emploi du tartre slibié, toujours indiqué en pareille cir-
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constance, que l'on pourrait en craindre le développement. En tout cas l'analogie de cet effet est frappante entre les brûlures étendues et les érysipèles graves qui produisent également ces lésions, comme Dupuytren l'avait signalé, comme Curling et Érichsen l'ont observé, et comme M. Béhier l'a répété de nouveau dans ses Conférences cliniques.
Contagion. Sur une note envoyée par M. Blin (de Saint- Quentin) relativement à une série de douze érysipèles, ayant eu pour origine un malade revenant de Paris, où il avait été en rapport avec un élève des hôpitaux atteint de cette maladie, M. Gosselin, rapporteur, dit que, s'il n'est pas inoculable, l'érysipèle peut être communiqué par l'exhalation de miasmes volatiles spéciaux, ce qui constitue une contagion admise par plusieurs auteurs modernes. M. Velpeau lui-même no considère pas ce mode de développement comme impossible. Il y a peut-être des miasmes putrides qui s'introduisent dans les plaies, Si ce mode de transmission, dans un hôpital, peut être attribué à une influence épidémique, il n'en est pas de même dans les faits de M. Blin. C'est ainsi qu'il rappelle celui d'un prêtre ayant un bouton au front, qui vit survenir un érysipèle autour, après avoir confessé un malade qui en était atteint. Le père de ce prêtre, étant venu le voir, en eut un également autour d'un anthrax qu'il avait au cou. Une femme ayant une écorchure à la jambe vit se développer un érysipèle autour en soignant son enfant qui en était affecté.
On ne peut admettre, dans des cas aussi significatifs, le hasard ou de simples coïncidences, malgré tous les faits contraires. M. Gosselin croit que la contagion résulte de conditions individuelles spéciales. Dans l'ignorance de ces conditions, la prudence conseille de se comporter toujours comme si l'érysipèle était contagieux, en favorisant l'aération et prenant toutes les mesures d'hygiène et de précaution possibles.
M. Gibert rappelle qu'il a été atteint, il y a quelques années, d'érysipèle de la face, alors épidémique à l'hôpital Saint- Louis. Madame Gibert, qui le soigna pendant deux nuits, fut atteinte aussitôt ; son fils, qui passa une nuit seulement, fut pris à son tour. Il pense donc que tous les praticiens reconnaissent maintenant la nature contagieuse de l'érysipèle.
M. Guérin craint qu'on ne confonde deux termes fort différents. Il faut parler des érysipèles contagieux et non de la con-