‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales (volume 2)Chapitre 61 sur 149 · EXUTOIRES · texte numérisé non relu

EXUTOIRES

pepsie) pour voir aussitôt le sommeil reparaître et toutes les fonctions se rétablir, comme aussi l'ecthyma cessa bientôt de se reproduire et disparut sans qu'aucune médication spéciale ait été dirigée contre lui. [Journ. de méd. et de chir. pratiq., février. )

EXERCICE ILLÉGAL. V. Jurisprudence.

EXOSTOSE. Un exemple en a été présenté par M. Broca à la Société de chirurgie, provenant d'un jeune homme de fdix-neuf ans qui en était atteint depuis une dizaine d'années. Revêtue, coiffée d'un kyste synovial qui en obscurcissait le diagnostic, elle avait le volume d'une tête de fœtus à terme, de la consistance demi-dure et fluctuante de certains lipomes. Son pédicule était au niveau de l'anneau du troisième adducteur.

voisinage de l'artère fémorale rendit l'extraction laborieuse. Les parois du kyste étaient épaissies et doublées de végétations fibrineuses comme dans certaines hématocèles anciennes et renfermaient un litre environ de sérosité sanguinolente. La jtumeur osseuse n'avait guère que le volume d'un petit œuf de poule adhérent au fémur par un pédicule.

1 E.vostosc de croissance. Tel est le nom donné par M, Broca à ces tumeurs dont M. Soulié, son élève, a traité ians sa thèse inaugurale soutenue en 4 864. Une déviation du ravail d'accroissement en est l'origine, et c'est particulière lient le tissu chondroïde qui leur donne naissance. Elles ont constamment leur siège au niveau du cartilage épiphysaire et lont souvent symétriques. On les rencontre plutôt en dedans ou ■n dehors des membres qu'en avant ou en arrière sans doute à ;ause de tendons qui s'opposent à leur développement dans ce sens. Par le travail d'ossification, elles semblent remonter et )ermettent ainsi déjuger de l'époque probable de leur formaion par la hauteur à laquelle on les trouve. (Soc. de chir., mai.)

EXUTOIRES. Suivant le docteur Peyreigne, les feuilles le laurier, enveloppées entre deux linges, sont Irès-employées ivec succès dans le Midi pour faire suppurer les plaies. Elles ■xcilent et entretiennent la suppuration surtout dans les panais. [Journ. de méd. Toulouse, févr.). M. Julia a déjà préconisé •e mode de pansement il y a peu d'années. On peut donc en iser comme on le fait des feuilles de lierre sur les vésicatoires,

FÈVE DE CALABAR.

FALSIFICATIOIVS. Kirsch. De l'aveu même des distillateurs de l'arrondissement de Grasse, ils préparent des eaux distillées de laurier-cerise qu'ils vendent plus particulièrement aux liquoristes pour l'employer à la fabrication d'un kirçcli qui est ainsi substitué à celui préparé avec les cerises npires. C'pst ainsi que plusieurs cas d'accidents graves sont survenus à un grand nombre de soldats et d'autres personnes après avoir bu deux et même un seul petit verre de ce kirsch. Il n'y a pas lieu d'en être étonné à la quantité d'acide cyanhydrique qq'ij contient. Tandis que la proportion varie de 3 à 10 milligrammes seulement pour iOO grammes de la liqueur loyalement préparée, l'analyse faite par M. Boudet, a donné 22 milligrarnmes daps le kirsch préparé à l'eau de laurier-cerise seule avec l'alcool.

L'odeur vive de celte liqueur et la savgur très- prononcée de l'eau de laurier-cerise sont les caractères propres à distinguer cette fraude. On peut d'ailleurs la constater par l'excellent procédé de M. Buignet, avec l'ammoniaque et une dissolution titrée de sulfate de cuivre. [Journ. do pharm. et de chimie, janvier.)

FEIIMEIVTS. Voy. Inoculation.

Ferment de rurine. VpV. NéfrOzymase,

FÈVE DE CALABA.R. Par une nouvelle analyse de ce nouveau médicament, MM. Vée et Leven ont obtepu un pri|jcipe immédiat qu'ils considèrent comme son véritable alcaloïde,et auquel ils ont donné le nomd'esmne. C'est la physosliçimineu des chimistes Jobst et Hesse. Mais le procédé d'extraclionli diffère sensiblemept. •

L'ésérine est solide, cristallisable, dqpée d'une saveur très-i faiblement amère qui ne se développe que lentement. Klle soluble dans l'éther, l'alcool, le chloroforme, fort peu dansi l'eau à laquelle elle communique cependant unq ré,!ction fran.-> chôment alcaline. Les crisiaijx spnt des lamelles irès-minces,?

FÈVE DE CALABAR. 308

0 l'orme rhpmboïque, parfaitement régulière ou altérée par des lodifications sur les angles obtus, se colorant dans la lumière lolarisée. Les acides dissolvent facilement l'ésérine et les dissoutions ainsi obtenues précipitent par les réactifs généraux des Icaloïdes. Chaufifée sur une lame de platine, elle fond, répand l'abondantes vapeurs blanches et brûle sans résidu. Ses sels ont presque tous solubles. L'ésérine en dissolution agit promp- • ement sur la pupille. Une seuls goutte d'une dissolution au millième, introduite dans l'œil, suffit pour prévenir une contracion excessive et permanente. (Soc. de Mol. et Gaz. méd., 11° 51, 1864.)

i Recherches chimiques el physiologiques sur la fève de Caldbar ; Ihèse inaugurale par M. A . Vée, Paris, ayant obtenu le second premier prix de la Faculté, en raison de la précision des détails iitde la valeur des résultats.

i PsARMACoLOfliE. L'iusolubilité dans l'eau distillée du principe iclif de ce puissant antidote de l'atropine, était jusqu'ici un

obstacle majeur à son emploi en ophthalmologie. M. P. Bloneau, pharmacien distingué, s'est appliqué à vaincre cette difficulté. Remarquant que la calabarine, la physostygmine ou ésérine, comme on voudra l'appeler, se dissolvait parfaitenenl dans les larmes, il a cherché à composer un liquide anaogue. Or, les larmes verdissant le sirop de violette, ce qui inlique leur alcalinité due à une faible quantité de chlorure de sodium, ce véhicule devait donc être alcalin. Il a ainsi uni ésérine à l'ammoniaque et ce liquide s'est montré complètement soluble dans l'eau. Seulement pour l'employer en collyre 3t éviter l'action irritante de l'ammoniaque, il faut laisser la

I solution débouchée à l'air libre, l'ammoniaque excédant s'évapore et il n'en reste que la quantité voulue pour tenir la physostygmine à l'état de composé soluble.

On obtient alors un collyre parfait, dit M, Ozanam, à la dose le 5 centigrammes pour 30 grammes d'eau, il est parfaitement fommode et efficace pour obtenir la contraction de la pupille, ainsi que je m'en suis assuré sur plusieurs malades. Il a aussi obtenu une solution de la calabarine avec de l'eau légèrement additionnée de chlorure de sodium. Cette préparation peut donc être également utilisée en collyre. (Revue de thérap. inéd.~chir., n° 1 3.)

1 En constatant que cinq à dix gouttes de teinture, injectées

dans la jugulaire ou sous la peau du lapin, ne font que paralyser momentanément le train postérieur, et qu'après deux ou trois heures tout accident a disparu, M. de Mello, doyen de la Faculté de médecine doGoïmbre, conclut que ce poison est moins violent que le curare, la strychnine, même la narcéïne et la morphine, et qu'il pourrait être employé avec avantage dans l'épilepsie et le tétanos. [Soc. de biologie.)

Ces expérimentations ont déjà eu lieu avec des résultats contradictoires, et sans un bienfait assuré pour la thérapeutique.

FIEVRES. Fièvres symptomatiques. Traitement. Si la digitaline occupe aujourd'hui une large place en toxicologie, la digitale ne s'étend pas moins en thérapeutique. Son action sédative sur la circulation a paru une indication contre les fièvres inflammatoires où le cœur est vivement surexcité. C'est ainsi qu'en Allemagne on en a fait un régulateur du pouls dans la fièvre typhoïde. On en a de même étendu l'emploi à la pneumonie, la pleurésie, le rhumatisme, lapéricardite, et c'estainsi que le professeur Uirtz (de Strasbourg) a obtenu des succès remarquables dont un de ses élèves, M. Coblenlz, s'est fait l'interprète dans sa thèse inaugurale: De la digitale comme agent autipyrétique. Séparant comme plusieurs palhologistes le font aujourd'hui, la fièvre d'invasion prodromique, d'une phlegmasie, de l'inflammation elle-même, et admettant que parfois la fièvre est primitive et l'inflammation locale secondaire, il en conclut qu'il y a toujours utilité à agir contre cet élément fébrile qui complique et tend à étendre le processus inflammatoire. On sait d'ailleurs, par des expériences physiologiques, que la digitale est un névrosthénique qui, en ralentissant la circulation, abaisse la température et agit ainsi secondairement comme un antiphlogistique.

Douze observations de maladies aiguës montrent queces deux facteurs de la fièvre, le pouls et la caloricité, ont été modifiés puissamment par la digitale. Une défervescence a lieu rapidement qui indique d'en suspendre l'emploi. Des vomissements bilieux, lorsqu'ils se produisent, doivent aussi en faire cesser l'usage. On observe alors la constipation sans diurèse.

Le succès a été tel dans ces faits, que M. Coblentz préfère de beaucoup la digitale à la saignée et au tartre stibié; il voudrait en voir étendre l'usage à tout appareil fébrile prononcé : l'érysipèle grave, la fièvre typho'ideà forme inflammatoire, les

FIÈVRES

fièvres éruplives avec prédominance de îa fièvre, la fièvre puerpérale, etc., etc.

La préparation employée à l'hôpital de Strasbourg est l'infusion dont la dose varie de 50 centigrammes à 1 granmie.

On fait infuser dans iOO à 4 20 grammes d'eau, et l'on ajoute 20 grammes de sirop d'écorces d'oranges. On donne une cuillerée à bouche toutes les deux heures (fiul/. de ihérap., n" 7.)

Pour plus de sécurité, nous croyons qu'il convient de faire préparer séparément la dose de feuilles de digitale en paquets.

Fièvre typhoïde. Étiologie. Persistant dans ses louables recherches sur l'influence géologique ou la nature des terrains sur le développement de certaines maladies de l'homme i et des animaux, comme il l'a fait l'an passé pour la pustule maligne, le savant directeur de l'école d'Alfort, M. Magne, en étudiant les rapports de la commission académique, quant aux

I épidémies de fièvres typhoïdes, est arrivé à conclure de ces ; documents et de ses propres observations dans le département i de Saône-et-Loire, qu'elles sévissent surtout dans les pays dont i le sol est constitué par des terrains modernes. Voici l'expres- [ sion numérique de cette proposition :

Si, eu égard à l'étendue du pays, les chances d'avoir une invasion de fièvre typhoïde sont représentées par le nombre 100 dans les terrains modernes, elles sont de 59 dans les arrondissements mixtes et de 49 dans les terrains anciens ; ou égard à la population, si elles sont de 4 00 dans les terrains modernes, elles sont de 59 dans les arrondissements mixtes et de 43 dans les terrains anciens.

Il y a dans cette étude des horizons nouveaux et peut-être de grandes découvertes à faire. C'est un filon à suivre et à exploiter. Les naturalistes n'ont pas hésité à étabhr la relation de cause à effet entre la nature des terrains et les êtres organisés qu'ils nourrissent. Les pathologlstes ne sont-ils pas autorisés à admettre ces mômes relations lorsqu'ils voient que le sang de rate des herbivores, la fièvre typhoïde épidémique, se

II montrent ici souvent et sur de larges surfaces, là de loin en loin et sur de petits espaces, ailleurs presque jamais, selon que certains terrains abondent, sont peu étendus ou manquent complètement. {Acad. deméd., octobre.)

La matière saburrale abondante qui se forme dans la bouche

riÈVRKS.

pendant la fièvre typhoïde, se corrompant au passage incessant do l'air, devenant brune, noire, fuligineuse, attirant les parasites et laissant dégager des émanations fétides, semble à M. Netter constituer un foyer do putréfaction d'autant plus dangereux que, placé immédiatement au devant des conduits aérions, chaque inspiration introduit ainsi de la matière putride dans les poumons. Plusieurs faits qu'il relate paraissent donner un rôle considérable à cette source d'infection dans les phénomènes putrides et démontrer l'heureuse influence des gargarismes acidulés fréquemment répétés pour la neutraliser. {Acad. des sciences et Gaz. de Slrasb., février.)

Dysphagie. Complication nerveuse observée par M. Kennedy, médecin de l'hôpital de Cork street, de Dublin, et dont il distingue deux formes essentiellement différentes. L'une, toute locale et transitoire, insignifiante, débute brusquement dans la première période et vers le milieu de la ma|adie, analogue à ces troubles de l'innervation qui font contracter ou paralyser les extrémités, qui empêchent la malade d'ouvrir la bouche, de tireur la langue, de vider la vessie, etc. La déglutition peut être troublée de même passagèrement.

L'autre apparaît toujours plus tardivement, rarement avant le huitième jour. Son début est si peu marqué, qu'elle passe facilement inaperçue, mais elle s'aggrave progressivement et est déjà très-intense après vingt-quatre heures, et telle est sa différence avec la première que l'aggravation continue ordinairement jusqu'au terme fatal. Tels en sont les caractères différentiels. Celle-ci est donc un signe très-important au point de vue du pronostic. Dans plus d'un C9S douteux, il a suffi à M. Kennedy pour fixer son opinion à cet égard, Il ne faut dpnc pas négliger de faire boire les malades (^ans les cas douteux, car bien que cette dysphagie varie d'inlensilé d'ip] ipstant à l'autre, elle ne perd pas sa signification pronostique gravp. [Dublin med. Press., février.)

Il est à regretter que l'auteur ne dise pas si ce trquble nerveux cû'incide avec d'autres, avec la forme adynamique, pa|: exemple, et s'i} n'pst ainsi qu'une expression ajoutée à ply.r sieur§ autres (ip la gr^vi^é de la maladie.

Altérations musculaires. Comme on l'a observé dans la fièvre puerpérale, la morve et l'infection purulente, M. Dauvé, médecin-major, a rencontré la myosile dans trois cas de fièvre

FIÈVRES

lyphoïde mortelle, chez de jeunes soldais du 34? de ligne arrivés depuis deux à trois mois en Algérie, et soumis à des marches forcées, des fatigues excessives dans des circonstances exceptionnellement fâcheuses. Évacués du camp d'Aïn-Ounera, ils furent admis et observés à l'hôpital du Boghar. Une complication si grave et si remarquable, non signalée dans les ouvrages les plus récents sur ce sujet, npérite, en raison m^me de ce silence, d'être citée, ne serait-ce que comme une rare exception. Voici le résumé de ces observations :

I. Lecouillard, vingt-trois ans, entré le 31 décembre 1864, afi huitième jour d'une fièvre typhoïde à forme adynamique. Elle suit un cours naturel jusqu'au 1 S janvier, et déjà un mieux se manifestait, quand le 17 des vomissements verdâtres surviennent ; le pouls s'élève, et l'on découvre bientôt un gonflement énorme de toute la moitié supérieure et interne de la cuisse droite. Une fluctuation très-profonde ne tarde pas à apparaître, et une incision découvre en effet une vaste collection, sous l'aponévrose du vaste interne, qui donne 1 litre environ de liquide brun, noirâtre, mélangé de sanie purulente et de caillots noirs énormes. L'opéré meurt subitement le lendemain.

A l'autopsie, qui permet de constater les caractères anatomopathologiques spéciaux de la dothiénentérie avec rate doublée de volume, foie énorme, on découvre, en agrandissant l'incision de la cuisse, que les parois du foyer, qui peut contenir le poing, sont formés par la cloison aponévrotique du vaste interne, laquelle adhère intimement aux loges des muscles environnants. Le fémur n'est recouvert que par un peu de bouillie noirâtre, derniers vestiges des fibres musculaires suppurées. [.'inflammation ne s'étend pas à plus de 2 centimètres en bas, mais elle occupe toute la portion supérieure du muscle malade; On trouve là tous les degrés de la myosite : hypérémie du tissu cellulaire intra-fibrillaire, décoloration et friabilité des fibres musculaires entourées d'un exsudât rouge sombre, vaisseaux sanguins rompus, foyers hémorrhagiques, caillots noirâtres, mous et défibrinés, pus jaune rougeâtre, tantôt disséminé, tantôt réuni en petits abcès. Nulle part ne se trouve le l)us jaune et bien lié des suppurations du tissu cellulaire; les ■ points jaunâtres non encore liquéfiés, représentent |es diverses transformations de la dégénérescence graisseuse des fibres

FIÈVRES

musculaires, ta lésion cesse un peu au-dessous du niveau du grand Irochanler. Les régions fessière et inguinale ni lo bassin n'offrent aucune inllammation de voisinage.

On doit noter que, dans ce cas, aucune contusion ni rupture sous-cutanée, ni fatigue musculaire ne pouvaient expliquer les lésions constatées.

IL Claudin, vingt-quatre ans, entre le 13 janvier 4 865 au dixième jour d'une fièvre typhoïde à forme ataxique, qui vai sans cesse en s'aggravant jusqu'au 29 où la mort survient.

Sans avoir jamais éprouvé de douleur en aucun point duj ventre, ce malade, quatre jours avant sa mort, accusa un peu: de douleur à la région hypogastrique. Il existait une légèresaillie à la partie inférieure des muscles droits. L'autopsie lai montra sensiblement épaissie sans altération de la peau corres-pondante, ni changement de coloration de la paroi péritonéale. sous-jacente. L'incision de la gaîne des deux muscles droits laî montre distendue dans son tiers inférieur par des caillots noi-râtres ayant dissocié, ramolli et même détruit en certains points^ les fibres musculaires. Quelques fibrilles paraissent plus pâlesà lorsqu'on les dépouille de leur enveloppe noirâtre. Il n'y ai aucun signe de dégénérescence graisseuse ni de trace de globules purulents.

Si, dans ce fait, l'inflammation ne s'est pas montrée commee dans le précédent, rien n'annonce qu'elle ne se serait pas déclarées plus lard. C'est donc là au moins un exemple d'apoplexie mus— ' culaire, identique par le siège avec celui rencontré par M. Cru— ' veilhier, et qui mérite d'en être rapproché. '

m. Woelckel, vingt-deux ans, entre le 28 février, après» j

25 jours de maladie, à l'ambulance dans l'état le plus grave. \

d'une fièvre typhoïde à forme adynamique. Il ne sort de sonii i, état de somnolence habituel que pour demander le vase ett

rendre fréquemment des matières noires et fétides sans causerr i,

de douleur. Il n'a pas d'eschares au sacrum ni d'abcès exter- fj

nés. Mort le 5 mars. Iç

A l'autopsie, qui confirme le diagnostic, on trouve, en pré— ,]

parant les muscles du bassin et les aponévroses du périnée, des> ji

lésions musculaires identiques avec les deux exemples précé- .^^ dents. L'apoplexie sanguineoccupedesdeux côtés les obturateurs-

internes, pyramidal, jumeaux et releveur de l'anus. Dans toute- ^. ea portion pelvienne, l'obturateur interne droit est réduit en

une bouillie noirâtre, qui s'écoule à l'incision de son aponévrose. Elle est mélangée de sanie purulente, des globules purulents s'y voient facilement. Dans la portion extra-pelvienne, les fibres de l'obturateur sont dissociées, quoique apparentes, et ne sont saniées que près de leur insertion trochantérienne. La lésion diminue également d'intensité dans le pyramidal, lies gouttières du sacrum au grand trochanter. Le releveur de l'anus a laissé transsuder à travers sa lame celluleuse inférieure le liquide noirâtre qui a communiqué cette teinte à tout le tissu graisseux de la cavité ischio-rectale qui ne renferme pas de caillots ; le muscle obturateur interne droit contenait seul de la sanie purulente, les autres ne renfermaient que des raillots plus ou moins noirs et plus ou moins diffluents. L'apoplexie était moins prononcée sur les muscles du côté gauche.

On trouve réunies ici les lésions rencontrées dans les deux autres cas. Rien n'avait pu les faire soupçonner pendant la vie.

Ces trois malades n'ont présenté aucun symptôme de scorbut ; et comme ce sont les seuls cas où l'auteur ait eu à pratiquer l'autopsie, ces lésions identiques ne sont donc pas exceptionnelles. Aussi est-il disposé à les attribuer aux circonstances antihygiéniïjues, insalubres du camp, comme l'abaissement de la température, le froid humide et les soins incomplets donnés sous la tente. Les lésions musculaires dans les régions déclives seraient ainsi un des symptômes ultimes de la fièvre typhoïde des camps. {Rec. des Mém. de médec. et chir. militaires, avril.)

Toutes ces suppositions étiologiques paraissent sans fondement; l'ignorance des travaux et des faits produits sur ce sujet à l'étranger peut seulé les autoriser, car ces travaux démontrent que c'est là une complication fréquente et très-bien constatée de la fièvre typhoïde. Il est vrai que ces lésions musculaires remarquables sont signalées comme telles pour la première fois en France. Malgré la place considérable accordée à l'anatomie pathologique dans l'ouvrage de M. Louis sur ce sujet, il dit, au contraire, que les muscles volontaires ne sont nullement altérés dans la fièvre typhoïde. Mais il n'en est pas de même au delà du Rhin. Rokilansky le premier a signalé une rupture du muscle droit de l'abdomen et Virchow ayant observé 4 cas semblables, a consacré, dès 1857, un long travail à la pa- Ihogénie de ces lésions musculaires ; ce sujet n'a cessé d'y

310 PI8VRER.

être étudié depuis, notainlneiU pat- M. Zenlfer, pt-ofesseur d'ànalomie pathologique à Erlang(>n qui, ayatU bbseh-'é un très- p grand nombre de cas fie ces lésioHs dails plusieurs épidémies de typhus survenues à Dresde de 1859 a 1862, leur a consacré' un ouvrage spécial sous ce titre : Ueber die Veraenderwigen der willkuhrlichen Musicien in Typhus abdomiiialis. Leipzig.

Il distingue ces dégénérescences musculaires en granuleuse t et cireuse d'après les caractères microscopiques qu'elles préson-tenl et dont il donne la description détaillée. Celle-ci est ainsi, rapportée à la myosite par Virchow, ou à la dégénérescence; colloïde. L'atrophie simple est décrite de même et ces dive^ses^ lésions sont étudiées d'après leur dislribulion dans le systèmes musculaire. Le groupe des abducteurs en est le siège de prédilection. Quant à leur fréquence, elle est telle qu'elles ne le'^ cèdent guère à celles de l'intestin. Sur 79 autopsies appartenant à des phases très-diverses de la fièvre typhoïde, la dégénérescence cirause a été rencontrée 70 fois, savoir : 49 fois dansplusieurs groupes musculaires et 21 fois dans un groupe uni-que. Elle existait 36 fois aux degrés les plus avancés dans un: ou plusieurs groupes musculaires, 12 fois à un degré moyen: et 22 avec des altérations peu avancées.

Cette forme de dégénérescence n'a donc fait défaut que dans- 9 cas; et encore, dans 4, il y avait une dégénérescence granuleuse avancée et légère dans 4 autres. Un seul fait négatif see rapportait à un cas où les ulcérations intestinales étaient douteuses elles-mêmes.

Ces lésions ont été rencontrées dansplusieurs cas de mort subite par une complication quelconque de la fièvre typhoïde. Ellesne sont donc pas spéciales aux cas graves, non plus qu'à certaine forme de celte pyrexie,caroh en a Constaté les symptômesdans tous les cas. Elles paraissent appartenir à son évolutionn normale. On en suitainsi la marche, et dès la deuxiènie semaine,, ces dégénérescences paraissent à leur apogée. Elles se développent donc avec la fièvre même.

Les plus importantes complications de ces dégénérescences sont les ruptures des muscles atteints et les hémorrhagies qui les accompagnent ; lésions qui ont amené la découverte des dégénérescences qui les produisent. C'est ainsi qué Virchow les désigna sous le nom à'hémalome des muscles. Bien que plusfréquentes dans le muscle droit dé l'abdomen, elles ont été rencontrées dans le psoas, dans Ifes muscles de la jambe, le

FIÈVRES

petit pectoral, le sous-scapulaire, le brachial; etc. Elles n'existent le plus souvent que d'iin côté, et la description anatomique qu'en donne le docteur Zenker est en tous points ressemblante avec les faits précédents et montre leur complète similitude. Il n'y a donc là rien de nouveau comme on peut s'en convaincre d'après la traduction que donnent de ce travail, les Archives générales de médecine, août et septembre. On a rencontré aussi ces lésions dans l'endocardite ulcéreuse. Voy. ce mot.

Une rupture musculaire a été rencontrée par M. le docteur B. Bail chez un homme de trente-cinq atis, mort le 24 janvier dernier d'une fièvre typhoïde dans le service de M. Piorry,

Le muscle droit de l'abdomen du côté gauche présentait, versle milieu de sa longueur, une solution decontinuilé presque coniplète. Les faisceaux musculaires rompus se terminaient par des prolongements mousses et arrondis, placés très-irrégulièrement les uns en regard des autres. L'intervalle entre leurs extrémités était sur certains points de 2 centimètres environ ; il en résultait une perte de substance qui laissait un vide dans la gaîne aponévroliquedu hiusclè. A sa partie antérieure et externe, la continuité des faisceaux n'était pas interrompue : la rupture était incomplète. Une ecchymose considérable existait sur ce point, et l'on trouvait môme du sang librement épanché dans la gaîne musculaire.

Examinées au microscope, les extrémités des faisceaux interrompus présentaient une structure granuleuse et se trouvaient infiltrées d'une quantité considérable de globules graisseux. Les stries transversales avaient cessé d'exister dans une étendue de quelques millimètres. Plus loin, le muscle reprenait sa structure normale.

Quelques déchirures analogues, mais beaucoup moins étendues, se trouvaient sur le trajet du muscle opposé. Les mêmes lésions ont été constatées au microscope. (Soc. de biologie.)

Traitement. D'après sa doctrine signalée plus haut que la fétidité de l'haleine est la cause des phénomènes septicohémiques, voici la formule précise de celui que M. Netter oppose dans les conditions suivantes :

Après avoir passé par tous les prodromes ordinaires, dit-il, une personne offre, le sixième jour, de la fièvre, de l'anxiété, delà stupeur, du délire pendant la nuit, de la diarrhée, une langue fortement chargée de saburres ou bien rouge et sèche,

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mats non encore livide, do la douleur et du gargouillement dans la fosse iliaque droite, des bruits sibilants, des taches lenticulaires. — On applique alors sur la fosse iliaque six ventouses scarifiées , le lendemain on donne une bouteille d'eau de Sedlitz , mais en môme temps et dès le premier jour de l'examen, on fait toutes les demi-heures gargariser les malades et on les force à se laver la bouche et les narines avec la solution suivante : décoction d'orge 200 grammes, vinaigre 25 grammes, mellite 30 grammes. Que l'on useainsi deux, trois, quatre gargarismes dans les vingt-quatre heures, et qu'on observe, dit-il, et l'on aura cette surprise : que le cas jugé grave au début ne paraîtra plus que bénin, s'il n'avorte immédiatement.

L'expérience estintéressante. D'après le rapport intime existant entre l'état de la langue et l'intensité de la fièvre, l'auteur prétend qu'en tenant forcément la langue propre et humide, et en combattant l'élément intestinal dès le début, la fièvre et les autres phénomènes généraux s'apaiseront en montrant que jusqu'ici on a considéré comme accessoire un élément capital. {Union mec/., n° 1 i.)

Ventilation. Fondé sur ce que la période de chaleur est la plus longue dans les pyrexies, le docteur Mac Cormac laisse ouvertes jour et nuit et en toute saison les croisées de la chambre des malades atteints d'affections fébriles. Suivant lui, la mortalité élevée dans les hôpitaux résulterait du défaut de cette mesure. {Brilish med. Journ., juin.)

Digitale. M. Thore rapporte une observation de fièvre typhoïde chez un ivrogne débutant par un accès àedelirium tremens auquel il était sujet. En pareil cas , le meilleur moyen de diagnostic est l'examen de l'urine qui est toujours albumineusedans la fièvre typhoïde. La teinture de digitale à haute dose est aujourd'hui le plus sûr moyen de combattre cette complication. (V. année 1 864.)

Son emploi est d'autant mieux indiqué que M. Loederich aussi vante la digitale contre la fièvre typhoïde, mais c'est principalement pour combattre l'élément fébrile qui lui semble le phénomène capital et le plus dangereux. Deux à trois potions avec 75 centigrammes de poudre de digitale infusés dans 100 grammes d'eau et données par cuillerées à bouche toutes les deux heures ont produit chaque fois, dit-il, la défervescence

FIÈVRES

fébrile du deuxième au troisième jour. {Gaz. méd. de Slrasb., janvier.)

Sur i 84 cas traités depuis dix-huit ans et ayant pour critérium de leur gravité et de leur intensité une durée d'au moins vingt et un jours, M, Fonlan déclare qu'il n'en a pas perdu un seul à l'aide du traitement suivant:

^Les trois premiers jours, la fièvre n'étant pas bien caractérisée, des boissons tièdes sont seulement administrées, mais le quatrième, si les symptômes typhoïdes se manifestent, on commence à donner, cinq à six fois par jour, 2 ou 3 cuillerées à bouche do bouillon. On fait prendre simultanément trois fois de suite, en mettant un jour d'intervalle, 50 centigrammes de calomel à un adulte, le soir, et le lendemain matin 30 grammes d'huile de ricin. De l'eau de Seltz et de la limonade froide sont données le jour intermédiaire. Des lavements d'eau froide, des compresses froides sur le ventre, des sinapismes promenés sur le corps, une ventilation active complètent le traitement de cette première période.

Du dixième au douzième jour, on reprend l'usage des purgatifs, soit un verre d'eau de Sedlilz tous les deux jours, trois fois de suite avec de l'eau de Seltz pour boisson le jour intermédiaire. Aussitôt après, il accorde des potages, du lait, des côtelettes. Vers le quinzième jour, il ajoute 3 cuillerées de vin de quinquina par jour, et fait lever le malade dès qu'il peut se tenir hors du lit. Jamais, dit-il, je ne fais la médecine des symptômes quelles que soient les complications, si ce ne sont une potion camphrée et un lavement au musc lorsqu'il survient du délire ou des accidents nerveux. (Soc. de méd. de Bord. ,29 mm )

Comme on l'a fait observer, ce traitement ressemble à beaucoup d'autres, celui des purgatifs répétés, celui de l'alimentation persistante, mais il n'est ni l'un ni l'autre. Plusieurs objections s'élèvent pourtant contre lui : c'est qu'il est appliqué sans qu'il y soit changé un iota, quelles que soient les différences des cas. C'est là l'argument par excellence que l'on puisse lui faire. D'ailleurs, la méthode employée par M. Fontan pour compter ses succès est fort commode, car dès que le malade succombe avant le vingt et unième jour, il ne l'enregistre pas sans doute, et l'on sait que dans les cas graves la mort survient ordinairement avant ce délai. On ne saurait donc attacher une grande importance à sa médication spéciale.

GÂBN!£R. 18

3ià FIÈVRES.

I<;tut typhoïde. Après dix-huit ans d'observation, M. Guépard, lo profond clinicien do l'Hôtel-Dieu, admet que l'ensemble des symptômes typhoïdes, conslituant la (orme grave ou maligne de certaines maladies, est dû à Une fièvre d'origine miasmatique, affectant le type rémittent commun dans les caè légers, et le type rémittent pernicieux dans les cas gfaves, état qui vient compliquer ces maladies et dont on peut triompher par le sulfate de quinine. Cette doctrine se trouve contenue dans les propositions suivantes :

r Les symptômes qualifiés de graves, malins, ataxiques, àdynamiques, putrides, hjphoïdes, etc., appartiennent à une maladie spéciale dont la hiarche et le développement peuvent, comme cela a lieu pour les lièvres paludéennes, être enrayés par l'emploi du sulfate de quinine

2» Celte maladie peut exister sBulG et indépendamment de toute localisation ;

3° Elle peut, au contraire, donner lieii à des congestions viscérales ; le plus ordinairement, lepoutnon, le foie, le cerveau, la rate, sont le siège de ces congestions ;

4° Elle apparaît souvent dans le cours d'autres affections aiguës ou chroniques, dont elle modifie la marche, change la physionomie et augmente la gravité ;

5" Dans ce dernier cas, le sulfate de quinine convenablement administré neutralise les effets de cette complication, en enraye les progrès et ramène l'àUlre maladie à son premier état de simplicité ;

6° A son plus haut degré d'intensité, Cette maladie, abandonnée à élle-mêmè, peut amener la mort, avant de s'être localisée, et hè laisser d'autres traces de son passage que la liquéfaction du sang et des congestions passives dans les principaux viscères;

7° Mais, lorsque les localisations viscérales ont eu le temps de se produii e, elles arrivent très-rapidement à la suppuration ;

8° L'administration tardive du sel fébrifuge peut être suivie d'une amélioration apparente et de courte durée; mais les accidents ri'e tardent pas à reparaître et amènent bientôt la terminaison fatale ;

9° Dâns les cas légers de l'affection dont nous nous occupons, là guèrison peut avoir lieil sans qu'on ait besoin de recourir au sulfate de quinine ;

i 0° Danè ces cas, lêâ évacuants qui sont, d'ailleurs, indi-

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qués par le trouble des fonctions digestives, concourent puissamment au rétablissement delà santé. {Acad. de méd., août.)

S'il est vrai que l'étude de l'intermittence soit faite aujour^ d'hui dans toutes les maladies comme épiphénomène pour lui opposer son spécifique, il n'en faut pas moins reconnaître l'originalité de la théorie précédente, assise sur de nouvelles bases. — C'est donc à étudier si ces bases sont réelles et ne manquent pas un peu de précision que les praticiens doivent s'appliquer.

Fièvre récurrente. Voy. Épidémies.

Fièvres pernicieuses. L'engorgement splénique étant lo caractère anatomique de l'intermittence, la douleur en résultant dans cette région devient, dans certains cas d'accès pernicieux obscurs, un signe précieux pour le praticien qui n'en a pas observé tous les antécédents, ou dont le jugement est faussé, égaré par la prédominance de certains symptômes, comme dans la forme comateuse, par exemple. C'est ce que M. le docleur Meilhac (d'Argentat) montre à nouveau par six exemples bien choisis [Gaz. des hôp., n° 44). Rechercher l'existence de ce signe est donc indispensable toutes les fois que l'esprit et l'observation ne sont pas parfaitement d'accord sur la nature du diagnostic de ces cas graves, survenus tout à coup et dont l'éliologie est obscure.

Fièvre intermiitente. Elle diffère en plusieurs manières, au Mexique, d'après M. Morel, de celle qu'on observe en Algérie et en France, où elle est endémique. Le frisson est plus long et plus accentué, les symptômes gastriques plus fréquents, les stades se modifient et se transforment même par les récidives. Elle se complique de névroses diverses par la chronicité. La solution arsénicale réussit mieux dans cet état que le sulfate da quinine. [Reo. de mémoires de méd. el chir. milit., janvier.)

Si donc l'agent pathogénique est le même dans les terres chaudes qu'ailleurs, il s'y mêle évidemment des causes spéciales pour changer ainsi le type suivant les lieux, parfois même les localités.

De nombreuses récidives s'étant montrées dans la pratique du docteur Augé (de Reuilly), en donnant le sulfate de quinine par la méthode ordinaire, c'est-à-dire après l'accès, sans qu'il pût en accuser la falsification de ce sel, il les attribua à l'inopportunité du moment de son administration. Il est rationnel

que celle-ci ail lieu do telle sorte que le maximum d'action du médicament coïncide avec le début do l'accès. Or, ce maximum étant do huit à neuf heures après l'ingestion, il administre le sulfate de quinine neuf, sept et cinq heures avant l'accès, en trois doses égales de 10 centigrammes seulement qu'il répète pendant cinq jours consécutifs. Quatre exemples de fièvres intermittentes rebelles, récidivées depuis un an, ont été guéries radicalement par cette méthode. Une névralgie faciale a cédé de môme en ajoutant 5 milligrammes d'acétate de morphine à chaque dose de l'antipériodique que l'on donne en poudre ou en pilule. Outre que cette méthode est rationnelle, elle a l'avantage de pouvoir donner le médicament à plus faible dose qu'on ne le fait généralement et de prévenir ainsi l'intoxication quinique [Bull, dethérap., n" 9.)

Injections hypodermiques. Confirmant la valeur de ce moyen proposé par le docteur Moore, M. Desvignes a annoncé, à la Royal med.-chir. Society de Londres, avoir guéri par ce moyen plusieurs centaines de cas de fièvres intermittentes en Toscane, qui avaient résisté au sulfate de quinine et à l'arsenic administrés par l'estomac. Une solution acidulée de 7 centigrammes de sulfate de quinine dans quatorze gouttes d'eau luiaserviàcet effet.

Un membre ayant dit que l'inoculation avec une aiguille canelée, chargée d'un fluide plus concentré remplacerait avantageusement l'emploi de la seringue, M. Diday en prend occasion pour recommander l'instrument vaccinateur de M. Chassa gny (de Lyon) à cet effet. 11 s'en est servi pour l'introduction des sels mercuriels contre la syphilis, et il déclare qu'il est moins désagréable de s'inoculer ainsi que d'avaler une pilule (Gas. de Lyon). — A ce compte, ce sera bientôt un jeu de se guérir soi-même delà fièvre intermittente ; il n'y aura qu'à faire constater que l'on en est atteint.

C'est ordinairement à la dose de 1 0 centigrammes seulement que M. Pihan-Dufeillay les a employées dans vingt-sept cas, dont une fois sur lui-même. Le sentiment de la piqûre est celle d'une aiguille et une cuisson semblable à celle d'une goutte d'eau vinaigrée ou alcoolisée sur une écorchure récente est tout ce que produit l'injection. Malgré la faiblesse de la dose, il survient de l'amertume du gosier, parfois même des bourdonnements d'oreilles fatigants. Deux à trois injections successives de 1 0 à 1 5 centigrammes chacun ont réussi dans des cas

OÙ des doses quatre à cinq fois plus considérables administrées par la bouche avaient échoué; fait déjà constaté par M. Erlenmeyer. II y a donc économie réelle et possibilité ainsi d'administrer facilement le quinine aux enfants et aux adultes qui, par préjugé ou susceptibilité gastrique, refusent de le prendre par la bouche.

L'important est d'obtenir une solution parfaite du sulfate de quinine dans la plus petite quantité possible de liquide, après l'avoir mis en pâte avec trois ou quatre gouttes d'eau dans un tube, on ajoute l'eau de Rabel goutte à goutte jusqu'à limpidité parfaite, en ayant soin d'ajouter 1 à 2 centigrammes de sel quinique en plus de celle que l'on veut employer, à cause de la perte qui résulle des transvasements et de ce qui reste dans la seringue. Les vingt gouttes qu'elle contient peuvent s'introduire sous la peau en moins de deux minutes, si la ponction est bien faite perpendiculairement par un petit coup sec dans la peau tendue et à une certaine profondeur. Faite Irop superficiellement, il peut s'ensuivre le décollement de l'épiderme, de petites bosselures et même un petit abcès à la place, autrement il suffit de ne pas se servir activement du membre pendant quelques heures, pour que cette petite opération soit exemple d'accidents. [Bull, de thévap., mai et juin.) Voy. Injections

SOUS-COTANÉES.

Rien ne démontre mieux l'utilité de ces injectio'ns que la communication de M. Fauvel sur les Constitulions médicales de Coiislanlinople. Il a constaté que dans la fièvre rémittente; avec complication gastro-intestinale, le sulfate de quinine administré par la bouche ou le rectum était mal toléré et par suite non absorbé ou du moins très-incomplétement, alors cependant que la vie du malade ou du moins la prompte guérison des localisations toujours graves de la maladiedépend de cette absorption. De là aussi le danger de ne pouvoir prévenir les paroxysmes qui se montrent souvent deux fois en vingt-quatre heures et qui peuvent être mortels comme dans la fièvre rémittente pernicieuse, alors surtout que le quinine doit être administré longtemps avant, et que dans la forme algide, l'estomac ne l'absorbe plus. (Soc. méd. des hôpitaux, juillet.)

Toutes ces circonstances, on le voit, militent en faveur des injections sous-cutanées que le savant médecin sanitaire w manquera pas'd'employer sans doute à l'avenir, maintenant que les résultats en ont été dûment constatés.

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Os de sèche. Nouveau succédané de la quinine à ajouter à tant d'autres que l'usage a condamnés, ol auquel celui-ci ne paraît guère destiné à survivre, attendu les hautes doses qu'il en faut administrer pour que son action antipériodique se manifeste : soit i 5 à 20 grammes pour répondre à 65 ou 75 centigrammes de sulfate de quinine. C'est un gros volume, et s'il est vrai que l'absence de goût et d'odeur puisse compenser cet inconvénient, combien d'estomacs ne pourront le supporter si le palais y est moins sensible. M. le docteur Rrault court donc grande chance de ne voir son remède adopté ni par les médecins, ni par les malades.

Traité des fièvres intermittenles et rémittentes des pays tempérés et non marécageux et qui reconnaissent pour cause les émanations de la terre en culture, par le docteur Adrien Berenguier, 1 volume in-8, de 364 pages.

Ecrite dans un but à la fois prophylactique et curatif, après une pratique de vingt années dans une contrée fébrigène, cette monographie s'adresse autant aux propriétaires, agronomes, cultivateurs, qu'aux praticiens des campagnes, auxquels elle sera un vade mecum utile, surtout à ceux des départementssous-pyrénéens qui y trouveront de sages indications. Pour l'auteur, les effluves telluriques se dégageant des terres sont, pour les cultivateurs, la cause de ces fièvres dont ils sont si souvent atteints. Le drainage, le chaulage, le marnage des terres en sont la prophylaxie comme la quinine en est le remède par excellence, à l'exclusion de tout autre, même des préparations arsenicales qui n'ont pas réussi dans le canton de Rabastens.

Fièvre puerpérale. L'ovarite chronique y prédispose selon M. de Robert de Latour, et il convient d'avoir cette étiologie en vue pour surveiller de plus près les suites de couches des femmes qui en ont été atteintes. Il semble même que ce ne soit là qu'un réveil de cette affection que la grossesse assoupit d'après le même auteur. Le même traitement lui est d'ailleurs applicable après comme avant l'accouchement : l'enduit imperméable au collodion, seulement il convient de ne pas soumettre ces accouchées à l'allaitement, car l'excitation des glandes mammaires, en retentissant sur l'utérus, entretient et développe le mal, c'est-à-dire l'écoulement sanguin, des douleurs lancinantes, etc. [Unionméd., n" 25.)

A l'exemple de plusieurs auteurs. M. Baiailhé la considère

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comme un empoisonnement suraigu, une infection purulente» ou mieux une infection putride aiguë résultant de l'absorption les produits renfermés dans l'utérus, s'opérant par les orifices béants des veines et des lymphatiques. D'où il conclut qu'en traitant l'utérus comme une plaie, on se mettrait en garde contre l'infection. Il propose, en conséquence, de recourir aux ïïir. jections alcoolisées. {Acad. de méd., juin.)

Dans ses leçons sur ce sujet, M. Barnes divise les causes de la fièvre puerpérale en deux classes : externes et internes comme étant la classification la plus pratique et la plus utile. Les premières sont ces agents qui, prenantleur source dans des conditions étrangères aux malades, leur sont apportées dans cet étal où elles sontle plus susceptibles à en être impressionnées de manière à ce que la fièvre puerpérale en résulte. Il les désigne sous le nom de causes heterogenetic.

Les secondes, au contraire, sont celles qui prennent leur source dans les malades elles-mêmes sans aucune contamination du dehors. Le poison qui produit la fièvre a son origine dans la maladie même. Ce sont les causes aulogenetic. [Lancet, février. )

Toute spécieuse qu'elle est, cette division n'éclaire guère l'étiologie de la fièvre puerpérale, et ne peut môme servir à en tracer la prophylaxie, sinon qu'en isolant avec soin les nouvelles accouchées, on pourra prévenir les causes externes, ce que l'on savait parfaitement avant cette division.

Prophylaxie. La mortalité effrayante constatée dans les Maternités, prouve que la charité accordée aux pauvres femmes dans ces établissements est une grâce dangereuse envenimée comme la tunique que Nessus donna à Déjanire, a-t-on dit. (Voy. AccoDCHEMENT.) M. Tarnier, en montrant que la réunion de plusieurs nouvelles accouchées dans une même salle est la cause de celte mortalité, a rendu évidente la nécessité de les isoler. La statistique lui a montré de plus :

1 ° Que les femmes enceintes ne contractent pas, sinon exceptionnellement, la fièvre puerpérale ;

2° Que la mortalité est moindre parmi celles qui séjournent plus de dix jours à l'hôpital avant d'accoucher, que parmi celles qui accouchent aussitôt leur entrée ;

3° Qu'après le huitième jour de l'accouchement, la fièvre puerpérale est très-rare.

D'où cette conclusion qu'avant de pouvoir réaliser l'isole-

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ment, il serait d'une bonne prophylaxie d'admettre les femmes dans les Maternités une semaine ou deux avant l'accouchement afin de les acclimater et prévenir plus souvent l'infection.

Prospelto diiiico ddla R. scuola di oslelricia in Milano. (Aperçu clinique de l'Ecole d'accouchement de Milan), pendant l'année 1 864, par le docteur Casati, un vol. in-8, Milan.

Ce travail donne surtout un résultat exact de l'emploi du sulfite de magnésie dans la fièvre puerpérale. Sur 22 malades 4 6 guérissent sous l'influence de ce médicament donné à la dose de 2 grammes dans les vingt-quatre heures, pendant dix jours consécutifs. Celles qui ont succombé n'avaient pu prendre ce médicament d'une manière suivie.

Fièvre purulente. Réfutant les diverses théories de la phlébite, de la résorption du pus dans le torrent circulatoire et de l'embolie pour expliquer l'infection purulente, AI. E. Baudot, dans un mémoire lu à la Société médicale d'émulation, adopte celle d'une fièvre essentielle émise par Teissier en 1 838. Elle naît spontanément, suivant lui, comme la fièvre puerpérale, et sous l'influence de causes générales de toutes les pyrexies : encombrement, défaut d'aération, épidémicilé, passions déprimantes. C'est ainsi qu'on la voit se développer dans les hôpitaux à certaines époques de l'année. Le mélange du pus au sang n'en est que la cause occasionnelle et la fièvre qui naît sous cette influence est l'effet de l'exislencede collections purulentes disséminées, et non le résultat mécanique de la présence du pus dans le sang. Il trouve la preuve de son essenlialité en ce que les lésions anatomiques ne consistent pas seulement dans l'existence d'abcès multiples comme on le dit communément, mais encore dans la présence de congestions, de ramollissements, de points gangréneux, d'hémorrhagies, etc., lésions multiples que l'on constate dans toutes les fièvres. {Union méd., n° 64.)

Fièvre bilieuse iiématurique. De nouvelles recherches nécroscopiques faites au Sénégal par le docteur Benoît ont confirmé cette découverte anatomique faite par M. Pellarin le premier : que la présence du sang dans l'urine est due à une hémorrhagie des reins se montrant sous forme d'ecchymose et d'infiltration sanguine de la substance corticale, tantôt d'un seul rein, tantôt des deux. Sans que leur hypertrophie soit

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