INJECTIONS SOUS-CUTANÉES
doux de ses malades. Dans ce cas, les aocidenls sont si instantanée, que l'opérateur en est prévenu avant que l'injection soit terminée. 11 doit donc s'arrêter aussitôt. Et comme il n'est possible ni de prévoir ni d'éviter un semblable accident, il recommande de pous.ser du moins très-lentement ces injections comme un moyen de l'atténuer.
Injections d'atropine. L'action de Cet alcaloïde est si redoutable que l'on ne saurait trop en montrer les dangers. Aux cas d'empoisonnement parla méthode endermique (voy. Empoisonnement) se joint celui d'une dame hystérique depuis son enfance, chez laquelle des douleurs névralgiques si vives et rebelles existaient à l'épaule droite et les parties environnantes , que M. le docteur J. Délaye, de Toulouse, ne connaissant pas sans doute la contre-indication de ce médicament chez les hystériques (voy. Hystéiiie), crut devoir pratiquer, le 5 juin, une injection hypodermique de 4 milligrammes d'atropine en solution. Un quart d'heure après, la malade ayant voulu se lever de son fauteuil, éprouve un étourdissement, tombe, crie, appelle; puis ne parle, ne voit, ni n'entend plus; un délire général avec hallucinations bizarresy succède. Surviennent ensuite des mouvements cloniques, yeux convulsés, dilatation énorme de la pupille, sécheresse et constriction de la gorge, respiration entrecoupée, pouls convulsif, peau sèche et froide ; visage hagard.
Cet état dura pendant trois heures sans qu'il fût possible de rien faire avaler à la malade. Ce n'est qu'après ce temps que du café à haute dose et l'emploi d'une potion avec 1 5 gouttes de laudanum et 4 grammes d'iodure de potassium dissipèrent ces accidents. L'excrétion de l'urine seule persista dix-huit heures. La névralgie elle-même disparut au prix de ce grave danger. [Jouni. deméd. de Toulouse, juillet.)
Deux conditions, il est vrai, se réunissaient ici pour faire naître cet accident : l'hystérie et la haute dose employée. Quand le valérianale d'atropine n'est employé à l'intérieur qu'à la dose de 1 à 2 milligrammes ef produit ainsi parfois des accidents, comment n'en pas produire avec 4 milligrammes par la voie hypodermique, beaucoup plus active pour son absorption ? Ce n'est que graduellement que l'on peut arriver à cetle dose et la franchir sans danger.
Yoy. Abcès PÉniPHnÉNiQUF.s.
IN.IÈr,TIONS SOUS-CIITANÉKS.
Injections cnnuiiInntcN. V. Ani^.vhysme, N^evos.
Injections de niorpiiinc. Dans un cas de névralgie traumalique par une balle ayant traversé la cuisse de part en part et déterminé consécutivement des douleurs névralgiques intolérables à la plante du pied correspondant, M. Warren pratiqua des injections hypodermiques morphinées sur la jambe, qui eurent un complet succès. Leur action est ainsi prouvée, lors môme qu'elles sont faites à une certaine distance du point douloureux. Bien plus, en injectant le membre sain, le soulagement était aussi prompt qu'en opérant directement sur le trajet du nerf lésé. Le point est d'autant plus important qu'il est souvent incommode de faire ces injections sur le point douloureux du nerf, comme on l'a conseillé. {Am.med. Times, 1 864.)
C'est surtout cet avantage que le docteur Piedvache a fait ressortir dans sa thèse inaugurale lorsqu'il s'agit de combattre la douleur : préférence de la morphine sur l'atropine à cause de l'étendue de son action toute locale au contraire avec l'atropine. Les injections morphinées sont ainsi spécialement indiquées contre les douleurs profondes et inaccessibles. [Sull. de Ihér., n" 3.)
Voy. Angine, Cancek, Hernie.
Injection» au sulfate de quinine. Les effels généraux produits par une solution de quinine témoignent non moins hautement en faveur de la théorie de Hunter. C'est ainsi que la pratique toute locale de MM. Courty, Béliier, Bois, se trouve contredite par les expériences de M. Pihan-Dufeillay et d'autres expérimentateurs à ce sujet. (Voy. Fièvres intermittentes.)
M. Dodeuil a surtout mis ce fait en évidence à la Maison municipale de santé sous les yeuxdeM. Bourdon, en les employant à plus haute dose dans le rhumatisme articulaire (voy. ce mol). Il a provoqué etdéterminé ainsi tous les signes d'ivresse quinique, sinon l'intoxication propre à ce médicament sur le pouls, les oreilles et les yeux. Ainsi, en administrant 40 centigrammes en une seule fois après le début du mouvement fébrile, la chute du pouls s'est produite avec une certaine régularité trois quarts d'heure après. — C'est le temps nécessaire à l'introduction du médicament dans le torrent circulatoire, ce que démontre son élimination en notable quantité dans les urines en moins de 30 minutes. Ces deux actions se sont manifestées avec une régularité jusqu'alors exceptionnelle en thérapeutique, bien que des
INJECTIONS SOUS rUTANIÎES.
variations légères aient eu lieu non-seulement chez des individus différents, mais sur le même sujet, d'après les conditions individuelles qui influent sur la réceptivité du malade. Tout en visant à l'exactitude absolue, il est impossible pour cette raison d'arriver en médecine à une rigueur mathématique. Mais il résulte de ces faits que par la méthode hypodermique, les influences vitales agissant sur l'absorption sans être complètement anéanties, sont moins puissantes et moins nombreuses que par les autres voies,
La rapidité de ces effets physiologiques est d'ailleurs proportionnée à la dose. Avec 20 centigrammes, il faut quelquefois attendre une heure et demie pour constater l'élimination. Mais comme il n'est pas nécessaire que cet effet se produise pour obtenir l'effet thérapeutique cherché, on peut se borner à de moindres doses. M. Pihan-Dufeillay a obtenu ainsi la cessation des accès de fièvres intermittentes avec des doses très-faibles. Il n'est indiqué de recourir à des doses élevées que dans un cas pressant comme la fièvre pernicieuse, où il faut agir vite et sûrement. Sous ce rapport, en montrant que l'on peut impunément en saturer l'économie par cette voie en un si bref espace de temps, M. Dodeuil a rendu un véritable service à la science; mais il paraît avoir conclu à tort qu'il faut introduire une dose supérieure à la moitié et presque égale aux deux tiers de celle qu'on introduirait par la bouche pour en obtenir des effets identiques, puisque M. Pihan-Dufeillay a pu prévenir des accès intermittents avec une moindre proportion. Cette conclusion ne pourrait s'appliquer qu'au traitement du rhumatisme, et encore l'auteur a-t-il pu exagérer cette dose en voulant toujours obtenir les effets physiologiques du médicament.
Les bourdonnements d'oreilles et les troubles de la vue n'apparaissent d'une façon précise qu'au bout de deux heures et demie ; leur durée est variable et ils peuvent se reproduire par intervalles deux ou trois fois dans la journée.
La durée de l'élimination est généralement de vingt-quatre heures pour une dose de 40 centigrammes ; elle est souvent terminée en neuf heilt-es aVec la moitié. [Bull.de thérap., août.)
PnABMAcoLor.iE. L'action un peu trop énergique do l'acide sulfurique, la difficulté de le manier et les inconvénients résultant d'une solution trop acide sur la peau autant que sur l'ab- ?orption, ont engagé M. Dodeuil à ne pas s'en servir, non plus