‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales (volume 2)Chapitre 84 sur 149 · ODE · texte numérisé non relu

ODE

Zill

de toux conviilsive, opiniâtre, chez un enfant de trois ans. 3 à 6 milligr. par jour on solution dans un méinnge d'cilcool et do glycérine.

Caféine. Injections à la dose de 1 à 2 centigr., au point douloureux dans la migraine;

Teinture de haschisch. 30 à 60 centigr., d'un mélange, en parties égales, de teinture de haschisch et d'eau distillée.

Des injections ont été essayées iivec Yémétine, le tartre stibié, l'huile de croton, le chloroforme, etc.; elles sont irritantes, amènent de l'inflammation, des abcès et doivent être entièrement bannies de la pratique.

Voy. Bégaiement, Tcmeubs.

IIVOCULATIOIV. Le professeur Coze, de Strasbourg, et son chef de clinique, ont vu constamment se reproduire, par : ce moyen, des infusoires nés dans diverses fermentations animales putrides. Des liquides provenant de cadavres ou de tissus macérés dans l'eau, le sang d'un malade atteint d'infection putride et celui d'animaux infectés et morts de cette manière ou de liquides provenant de leurs organes, dilués dans l'eau : distillée pure et injectés dans la jugulaire, la trachée ou le ti?su cellulaire de lapins, ont donné naissance à des vibrioniens en plus ou moins grande quantité au sein de ces nouveaux organismes, et déterminé une leucocythose infectieuse et mortelle. Mais, distinction remarquable et de la plus haute importance pratique si elle se confirme, tandis que les iiijectiohs par la trachée ne provoquaient que des effets légers et passagers, les injections sous-cutanées provoquaient les phénomènes les plus ' graves, et une mort rapide révélait à l'autopsie la dégénérescence graisseuse du foie, des reins et l'inflammation du pouj mon {Gnz. méd. de Strasbourg , mars). En confirmant la rapidité d'absorption par la voie sous-cutanée, ces exp?rien- ! ces tendent à révéler une prééminence absolue de cette mél,hnde j thérapeutique, (Voy. Injections sods-cutanées.)

: IODE. Pour prévenir l'action trop vive de la teinture appli- ! quée en lotions sur la peau et la transformation de vésicules ou

de pustules qui, en s'ouvrent, laissent le derme à nu et fonlinteri rompre le traitement, M. Sigmund y ajoute partie égale de

teinture de noix de galle. Il augmente môme les proportions j de celle-ci pour les malades dont la peau est Irès-fine. Les

^12 lObli.

adénites chroniques el les bubons syphilitiques en sont généralement modifiés d'une manière favorable [Vim. medin. Vochenscli. 1864).

Par les bons effets qu'il en a obtenus contre la syphilis , M. Guillemin propose de le substituer à l'iodurede potassium! (Voy. Syphilis.)

lodisnio. Le docteur Benedikt ayant vu une injection de teinture d'iode produire tout à coup une paralysie de la respiration et de la circulation, entreprit de rechercher l'action de l'iode sur le système nerveux. Ses expériences, au nombre do 70, faites sur des grenouilles avec une solution aqueuse d'iodure de potassium — 1 partie sur 4 — et de teinture d'iode — 1 partie sur 3 à 6 , — lui ont montré :

-l" Que l'iode pur et l'iodure de potassium affectent tout d'abord la respiration, celui-ci plus que celui-là ;

2" Que la sensibilité diminue graduellement et finit par disparaître;

3° Que le cœur est paralysé plus vile par l'iode que par l'iodure;

4° Que la contractililé musculaire disparaît plus tôt que celle du cœur par de petites doses.

L'empoisonnement se fait donc par le système nerveux. Appliqués sur l'extrémité centrale de la moelle, ces deux agents ont arrêté la respiration, la circulation et la contractililé des muscles beaucoup plus rapidement qu'introduits dans le torrent circulatoire. Les signes d'intoxication apparaissent plus lentement si le poison est appliqué à l'extrémité périphérique de de la moelle. Introduits dans le système circulatoire, l'iode et l'iodure de potassium exercent donc leur action toxique en attaquant la partie centrale de la moelle épinière, et excitent ou paralysent ainsi les organes de la respiration, les fibres sensibles et les fibres motrices. {Gaz. me'd. , 4 864.)

Il résulta, dans un cas observé par M. Gillespie, sur un émigrant indien de dix-sept ans, du simple badigeonnage de la teinture d'iode sur quelques ganglions tuméfiés de la région parotidienne. Cinq heures après, il y eut des vomissements et des selles liquides d'une couleur jaunâtre. Le lendemain, tous les symptômes de l'iodisme existaient ; pouls petit et rapide, anxiété, soif intense, sensation de brûlure du côté de l'abdomen, vomissements, diarrhée, suppression des urines. Rien du côté du cerveau. Malgré le traitement par les opiacés

.lURlSPlUlDENCE.

}t l'amidon, la mort survint Irenle heures après rinloxicalion.

L'autopsie ne présenta rien de particulier. 45 grammes l'urine trouvée dans la vessie contenaient des traces d'iode. Med. Times, n" 749.)

Un nouvel inhalateur, construit parM. Charrière, est destiné larticulièrement à faire respirer l'air saturé d'iode à l'état de /apeur avec l'avantage d'en pouvoir régler thermoméiriquenent la quantité à volonté. Il permet également de diriger ces ,'apeurs sur toutes les parties du corps.

lodolhévapie, ou De l'emploi médico-chirurgical de l'iode et le ses composés, et particulièrement des injections et des badi- ;eonnages iodés, par A. A. Boinet, chirurgien consultant des !daisons impériales de Napoléon, etc., etc. Ouvrage couronné oar l'Académie des sciences el par l'Académie de médecine. )euxième édition. Un vol. in-8° de 1112 pages.

IRIDECTOMIE. Hernie de Viris. Chez une opérée de tf, Martin (de Marseille), dont l'ouverture de la cornée était 3e 8 à 10 millimètres, cet accident se révéla le quatrième jour sn levant le premier appareil, par une sensation de gravier. C'était une hernie irienne de la grosseur d'une tête d'épingle. Il suffit d'appliquer quelques disques gélatineux de fève de Calabar pour faire réduire aussitôt cette hernie, et trois jours après, le 1 8 mars, sept jours après l'opération, la jeune fille était complètement guérie. [Gaz. deshôp., n° 68.)

Contre les hémorrhagies intra-oculaires consécutives à cette opération, le docteur Heymann a pratiqué des injections avec une solution de sel de cuisine. Après avoir donné issue à la plus grande partie du sang avec la curette de Daviel, cette solution, placée dans une seringue de Pravaz et maintenue à la température du sang, fut injectée goutte à goutte pour remplir le vide sans qu'il en résultât de douleur. Trois injections semblables suffirent pour dissoudre le reste du sang et l'entraîner hors de l'œil. [Ann. d'oculis ligne.)

JURISPRUDENCE. Exercice illégal. Magnétisme. En provoquant, sur tous les points de l'empire la répression de l'exercice illégal, les associations locales des médecins rendront

llitl

JUIUSPRUDENCE.

de grands services aux populations qu'ils préserveront ainsi de dangereux empiriques, lesquels, sous le manteau de la charité ne se livrent souvent qu'à l'escroquerie la mieux qualifiée. Le tribunal correctionnel d'Avignon en a offert des exemples, dans ses audiences des 14, 21 et 28 décembre 1864, qui ne doivent pas rester ignorés.

Alexis Vève, dit le Perroguet, âgé de cinquante-trois ans, cultivateur à Robions. était connu, dans le canton de Cavaillon, comme possédant un onguent infaillible pour guérir les panaris; si quelquefois le mal résistait au remède, il avait recours au bistouri ou même aux simples pincettes pour faire disparaître le doigt malade, et les opérations chirurgicales auxquelles il se livrait, s'il faut en croire un témoin, auraient amené la mort de l'un de ses trop crédules clients. Vève reconnaît les faits relevés à son encontre, et prétend avoir apporté son secret de Cayenne ; il ajoute qu'il faisait de la médecine par charité, sans toutefois refuser les petits cadeaux qu'on lui offrait en nature ou en argent.

Andruéjol, herboriste, est déjà connu au Palais; il a eu à comparaître devant le tribunal une première fois pour des faits de même nature ; il est incorrigible, et, cette fois, il ajoute l'escroquerie à l'exercice illégal de la médecine. Il jouit d'une certaine popularité à Avignon ; il applique des emplâtres et administre une poudre fébrifuge^ que des personnes intelligentes, il faut le dire à regret, ont employés quelquefois en les payant fort cher. D'autres ont bien payé les remèdes, mais elles les attendent encore. Andruéjol est porteur de nombreux certificats, tous conçus dans les mêmes termes, et légalisés par les maires des communes où il a exercé son industrie.

La lettre suivante d'un homœopalhe, produite au procès comme pièce à décharge, montre assez les rapports étroits de celte homœoniaiserie avec l'empirisme trompeur et dangereux des plus vils charlatans.

0 Mon cher Andruéjol,

» Je suis passé chez vous, ce malin, et je n'ai trouvé que , .) voire femme. Arrangez-vous de façon à venir à Marseille ■ » passer une quinzaine de jours; il y a de Vargenl à gagner; » apportez de la poudre en quantité, et surtout ayez soin d'être » bien habillé, parce que les gens qui ne sont pas bien mis n n'inspirent pas de confiance. Je vous prendrai en passant à » Avio^non. Mes amitiés à madame Andruéjol, et tout à vous „ de cœur. Augif.r, D. M. »

JURISPRUDENCE

L'inculpé Robert, de Bollène, est un empirique des plus dangereux; d'abord condamné à dix ans de réclusion pour faux par la cour d'assises de Vaucluse, il a subi de nombreuses condamnations pour exercice illégal de la médecine. Gilles, officier de santé, déjà plusieurs fois également frappé par la justice, n"a tenu aucun compte des condamnations qu'il a encourues. Tous deux se rendaient à Avignon à de fréquents intervalles, s'installaient dans un appartement de l'hôtel des Trois-Mulets, où ils recevaient de nombreux malades, que Gilles, l'agent responsable de son dangereux complice, visitait, et auxquels il donnait des consultations dont Robert retirait le prix.

Après l'audition de nombreux témoins qui ont confirmé les faits indiqués parla prévention, M. Roussel, substitut, a, dans un remarquable réquisitoire, habilement relevé les charges qui s'élevaient contre chacun des prévenus. Ce magistrat a démontré, dans un langage élevé, que les actes d'exercice illégal de la médecine ne portent pas seulement atteinte aux intérêts légitimes des médecins, mais qu'ils compromettent gravement la santé publique ; que ces dangereux empiriques loin d'apporter aux malades une guérison qu'ils promettent toujours, laissent aggraver quelquefois le mal et rendent souvent la guérison impossible. 11 a, en outre, établi, à l'aide de la jurisprudence et de la doctrine, que le corps médical, justement alarmé des abus qui se produisent sous ses yeux, pouvait intervenir et demander une réparation que les tribunaux ne sauraient lui refuser. Enfin, M. le substitut a requis une application sévère de la loi contre ces hommes qui se font un jeu de la santé publique, et qui sont d'autant plus à craindre qu'ils trouvent un accès plus facile auprès des ignorants.

Après une spirituelle plaidoirie de M. Fortunel, soutenant les droits du corps médical et demandant des dommages-intérêts, le tribunal, après une longue délibération, a rendu un jugement condamnant : Vève, à 15 fr. d'amende et 25 fr. dédommagesintérêts; Andruéjol, à un mois d'emprisonnement, 30 fr. d'amende et 100 fr. de dommages-intérêts; la femme Andruéjol, a 30 fr. d'amende; Robert, à 45 fr. d'amende et 100 fr. de dommages-intérêts ; Gilles, à 45 fr. d'amende et lOOfr. dédommages-intérêts. [Union méd., n" 7.)

On ne peut que déplorer le peu de sévérité de la loi contre (les délits aussi graves et qui sont de véritables crimes de lèse iiumanité. Aussi doit-on applaudir sans réserve à l'interpréta-

ûlt> lUniSPRUDENCE.

lion intelligente et juste que lo tribunal correctionnel' de Niort on a l'aile dans l'alTairo Mord on cumulant les peines. Cette j'jrisprudence, qui tend de plus en plus à s'établir depuis les efTorls tentés par les conseils judiciaires de l'Association pour la faire prévaloir, a reçu ainsi une éclatante confirmation par le jugement suivant du 20 janvier 1 865:

« Le tribunal a condamné la femme Morel à i 0 francs d'amende pour chacune des 173 contraventions d'exercice illésai de la médecine relevées conlre elle ;

Morel, son mari, à pareille somme de 1 0 fr. pour les 84 contraventions du même chef relevées contre lui, et la femme Redon à pareille somme de 10 fr. pour chacune des 69 contraventions de même nature relevées à sa charge ;

1 Morel et sa femme, pour délits d'escroquerie, chacun h un au et un jour d'emprisonnement, chacun à 1000 fr. d'amende, ne se confondant pas avec les amendes ci-dessus mises à leur charge, et de plus, à tous les frais solidairement et proportionnellement avec la femme Redon, en fixant à un an la durée de la contrainte par corps. {Union méd., n" 10.)

Ainsi voilà un jugement qui, tout en acquittant du délit de blessure par imprudence mis à la charge des prévenus par l'accusation, ne se traduit pas moins en un total de 3,460 fr. d'amende pour exercice illégal, la prison et une amende pour escroquerie. Ainsi interprétée, aucune loi ne donnerait une pénalité aussi sévère et aussi efficace. Il est donc à souhaiter qu'elle le soit toujours ainsi.

Sur l'appel des condamnés devant la Cour impériale de Poitiers, après un réquisitoire très-remarquable de l'avocat général Camoin, et par un arrêt longuement motivé, des circonstances atténuantes ayant été admises, la peine de la prison a été réduite à 3 mois, et l'amende à 200 fr. Ce réquisitoire et les considérants se trouvent dans V Union médicale, n°* 67 et 68.

Au contraire, une application bien rigoureuse de la loi a été faite dans la personne de M. Lemartret, ancien chirurgien de marine, admis au concours interne à l'hôpital du Vésinet, ayant passé cinq examens et n'ayant plus à subir que sa thèse inaugurale. M. Queudot, médecin à Voulx, près de Fontainebleau, l'envoyait près de ses malades quand il ne pouvait les visiter lui-même. Sur la plainte de M. Haite, officier de santé, le tribunal correctionnel de Fontainebleau a vu là le délit d'exercice illégal et condamné le délinquant à 30 francs d'amende,

JURISPRUDENCE

jugement confirmé par la cour de Paris. N'est-ce pas le cas d'appliquer la sentence : Dura lex, sed lex, car en considérant le caractère de la dénonciation et la position spéciale du dénoncé, n'y avait-il pas lieu à une exception en sa faveur?

Par jugement du \ 4 mars 1 864, le tribunal correctionnel de Bourges a condamné un pharmacien, pour exercice illégal de la médecine, débit de médicaments sans ordonnance, et pour blessure involontaire, à 5 francs d'amende par chacune des deux contraventions à l'art. 35 de la loi du i 9 ventôse an XI, et à 500 francs delà même peine par chacune des deux contraventions à l'art. 32 de la loi du 21 germinal an XI ; et en cuire, aux dépens liquidés.

Contrairement à la décision du tribunal de Cusset, jugeant sur la poursuite des pharmaciens de Vichy que les fermiers de ces sources avaient le droit de débiter les pastilles de Vichy, le tribunal correctionnel de la Seine, 7*^ chambre, a décidé que c'était un médicament, qu'aux pharmaciens seuls appartenait le droit de le préparer et le débiter, et a condamné pour ce fait un droguiste et deux confiseurs.

Prête-nom. — Un docteur en médecine ne rougissait pas de couvrir de son diplôme un charlatan italien, sans titre, qui, publiquement, dans les rues et les places de Lille et d'autres villes environnantes, pratiquait des opérations sanglantes, vendait et distribuait des remèdes. Le tribunal correctionnel do I Lille a vu dans ces deux faits une atteinte à la loi, et par jugement du 1 1 octobre, il les a condamnés solidairement en vertu des considérants dont voici les principaux :

« Qu'ainsi Bennali a exercé illicitement la médecine et la chirurgie, en prenant le titre de docteur, par des paroles et par des manœuvres qui l'indiquaient comme tel à chacun;

Attendu que Colandre s'est rendu complice de ce délit en aidant et assistant Bennati de son titre de docteur, de sa présence et de son concours pour cet exercice illicite ;

Qu'il s'agit ici, non pas d'une simple contravention comme au cas d'exercice de la médecine sans usurpation de titre, mais bien d'un délit où les règles de la complicité doivent s'appliquer ;

Attendu que Bennati et Colandre ont tous deux débité au loids médicinal et distribué des drogues et préparations médicamenteuses sur les places publiques de Lille, Roubaix et Toiir- ;oing, qu'ils ont annoncé par affiches imprimées des remèdes

JUlUSl'HlJDENCE.

secrets et que tous deux en ont vendu ; qu'il n'y a pas à distinguer entre les remèdes inlurnos et externes, la loi étendant ses défenses à tout ce qui peut produire au corps humain les (ffetsd'un médicament;

Vu les articles 35 et 36 de la loi du 19 venlôse an XI, et l'article 60 du Code pénal; '

Les articles 32 et 36 delà loi du 25 germinal an XI, et l'arlicle unique du décret du 29 pluviôse an XIII ;

Les arlicles 194 du Code d'instruction criminelle et -^5 du Code pénal ;

Le tribunal déclare Guido Bennati coupable d'avoir, en août et septembre 1 865, à Lille, exercé sans diplôme la médecine et la chirurgie en prenant le titre de docteur ;

En conséquence, le condamne à une amende de lOOO francs;

Coupable d'avoir, auxdits lieux et temps,' débité des drogues et préparations médicamenteuses sur les places publiques et annoncé par affiches imprimées des remèdes secrets ;

En conséquence, le condamne à une amende de 600 francs;

Coupable d'avoir, auxdils temps et lieux, vendu des remèdes secrets ;

En conséquence, le condamne à une amende de 600 francs;

Déclare Martin Colandre coupable de s'être, en août et septembre 1 865, à Lille, rendu complice de l'exercice illégal delà médecine, commis par Bennati en prenant le titre de docteur ;

En conséquence, le condamne à une amende de 1 000 francs;

Coupable d'avoir, auxdits lieux et temps, débité des drogues et préparations médicamenteuses sur les places publiques, et annoncé par affiches imprimées des remèdes secrets;

En conséquence, le condamne à une amende de 600 francs;

Coupable d'avoir, auxdits lieux et temps, vendu des remèdes secrets;

En conséquence, le condamne à une amende de 600 francs; Condamne Bennati et Colandre aux frais du procès; Plus, 3 francs de poste ;

Prononce contre eux la contrainte par corps pour le recouvrement des amendes et des frais, en fixe la durée à un an;

Prononce la solidarité entre eux en ce qui concerne les amendes del 000 francs et pourles délits et les frais du procès.»

La répression ici est du moins exemplaire et proportionnée | la gravité du délit, au mépris de la loi et au dommage causé. Si tous les tribunaux usaient de cette juste sévérité, l'exercice

JUlUSl'KUDUNCË.

llégal 110 rierail pas si fréquent ni si audacieux, et la santé Hiblique mieux garantie.

Restt'ictiou du diplôme. — SeuIedesÉtalseuropéens, sinon ivec la Turquie, l'Angleterre avait résisté jusqu'ici, comme les fltals-Unis, à exiger des médecins étrangers la conslatation de eur savoir professionnel, pour obtenir le droit d'exercice sur ses terres. Le diplôme émanant d'une Faculté authentique n'esl-il pas une garantie suffisante? Il suffirait en pareil cas de s'assurer de l'identité de celui qui le présente ou du moins ne pas l'assujettir à de nouveaux frais universitaires, car il semble par là que l'on vend ce droit d'exercice local. Et du moment qu'une autorisation de bon plaisir peut l'accorder et l'accorde dans certains cas, il serait juste do le délivrer gratuitement jusqu'à ce qu'un traité international établisse réciproquement, comme pour la propriété littéraire, celte faculté d'exercice entre les parties contractantes.

Au lieu d'étendre libéralement ce droit, le Médical Council tend à le restreindre déplus en plus. Il ne s'agit pas seulement, par l'amendement qu'il sollicite au Médical Act, de i 838, d'assujettir les médecins étrangers à de nouvelles épreuves et à un titre anglais pour avoir le droit d'être inscrits sur le Médical Regisler, il exige même celte formalité de ceux qui ont été reçus dans les universités coloniales du Canada, l'Inde, l'Australie, etc. , pour exercer dans la métropole. C'est proclamer soi-même sa supériorité et son intolérance devant l'admission des diplômes anglais dans toutes les colonies. Dans celte voie rétrograde, il ne reste plus qu'à limiter le droit d'exercice à la circonscription de l'université où l'on est reçu. Mieux vaudrait, pour la libre Angleterre, s'appliquer à réduire le nombre de '1 9 de ses corps conférant des grades, licensing bodies, et dont plusieurs abusent eq vertu de privilèges surannés.

Liberté d'exercice. Depuis plusde 30 ans, le gouvernement bavarrois s'arrogeait le pouvoir arbitraire de désigner aux médecins les localités où ils devaient exercer. Sous prétexte de répartir uniformément les secours médicaux sur la surface du pays, chaque médecin, nouvellement reçu, recevait ainsi officiellement sa destination, comme en France un curé la reçoit de son évêque, sauf à le changer quelques années plus tard pour une localité plus avantageuse, et cela sans compensation. Les abus innombrables de ce système protecteur à l'excès, et

.iui;isi>Kui)iiisci;,

lo préjudice en résullanl pour les populations de certaines localités qui se voyaient enlever leurs médecins dès qu'ils s'éLaieni familiarisés avec le climat, les habitudes locales, la consliiiiiion générale de la population, les maladies dominantes, etc. , toutes conditions si nécessaires au praticien et qui n'avaient jamai8^ ainsi que des débutants, ouvrirent enfin les yeux de l'aulorilé. Par un décret du 3 février, le roi a rendu la liberté aux médecins de s'établir partout où bon leur semblerait, et nul doute'* qu'à l'avenir le service sanitaire ne s'établisse aussi uniformément et avec bien plus d'avantages pour les malades et les^ médecins qui trouveront également leur compte à ce rétablissement de la liberté individuelle.

De l'exercice de la médecine^ nécessité de reviser les lois quLi le régissent en France. Lettres adressées à M. Jules Simon,, par M. le docteur Delvaille (de Bayonne), précédées d'une« lettre de M. Jules Simon. Un vol. in-8 de 1 44 pages. Germer- - Baillière.

Exposé sommaire et lucide de tous les motifs et les raisonss militant pour une nouvelle loi organique de la médecine tendant à accorder au médecin le rang et les droits qu'il méritée et qui, trop souvent, lui sont refusés.

Responsabilité médicale. Le docteur Brenel est appelé,', en mars 1 862, à donner des soins à un sieur Bonnardin, à 8 kilomètres de son domicile, pour une fracture de l'extrémilé inférieure du fémur résultant du choc d'une feuillette devin en déchargeant celle-ci. Notre confrère constata la fracture et la présence* du fragment inférieur très-court du fémur dans le creux poplité,', mais le gonflement considérable l'empêcha de procéder à laa coaptation immédiate. Il immobilisa le membre avec un appareil modérément serré et l'entoura de compresses imbibées d'unn mélange résolutif ; le gonflement augmenta les jours suivants,' devintinflammatoire, et des accidents graves auraient pu résulter: de manœuvres intempestives dont le docteur Brenet s'abstint i prudemment.

Au bout de deux mois, les accidents inflammatoires etlegon-ilement ayant disparu, le blessé, qui se trouvait loin de son domicile au moment de l'accident, se fit transporter chez lui, à 15 kilomètres du lieu où il avait reçu les premiers soins. Là, d'autres médecins appelés constatèrent que le fragment inférieur du fémur n'avait contracté aucune adhérence solide ; ils le re-

JUKISPKUDENCE.

dressèrent facilement, après éthérisalion préalable, et le maintinrent réduit à l'aide d'un appareil convenable, ce qui eût été fait de même par le docteur Brenet, médecin éclairé, si le blessé fût resté soumis à ses soins.

Mais Ips nouveaux confrères, sans tenir compte des difficultés et des impossibilités primitives, ont eu l'imprudence de délivrer au blessé des certificats constatant que les indications n'avaient pas été suffisamment remplies par le premier médecin traitant; aussi, lorsque M. Brenet a réclamé ses honoraires (-125 fr. pour une douzaine de visites faites à 8 kilomètres de son domicile), non-seulement il se les est vu contester, mais encore est-on venu lui opposer une demande reconventionnelle en 500 francs de dommages et intérêts.

M. Brenet, en exposant ces faits au bureau du Comité local de l'Association de Saône et-Loire, le \ \ septembre dernier, a réclamé de sa part une intervention active qui lui a été justement accordée. M" Renaud, avocat du barreau de Châlon, conseil judiciaire de l'Association, a été chargé de le soutenir en même temps que l'Association rédigeait simultanément, àMâcon et à Châlon, des notes explicatives qu'elle a fait parvenir au tribunal, revêtues de la signature de tous les médecins, membres de l'Association, desquelles il résulte que le seul blâme encouru par M. Brenet est la modicité des honoraires réclamés.

Cette assistance confraternelle a euun plein succès et démontre les avantages que les membres de l'Association peuvent attendre de cette institution d'assistance morale et professionnelle. Si les médecins appelés à remplacer M. Brenet en eussent fait partie, le sentiment de la solidarité confraternelle les eût empêchés de délivrer un certificat contre lui sans lui demander des renseignements, et le scandale d'un procès eût été évité au corps médical. Que le docteur Brenet ne s'y fût pas rallie, au contraire, et ses efforts isolés eussent probablement échoué malgré la justesse de sa cause, comme tant d'autres faits en déposent, et l'on aurait à déplorer une nouvelle condamnation d'un confrère; car les faits avaient été singulièrement travestis par la partie adverse, et les conclusions du procureur impérial n'étaient pas favorables, puisqu'il croyait devoir demander une réduction d'honoraires. En tout cas, cette assistance a démontré à la justice que les médecins étaient décidés à se prêter un mutuel appui lorsque l'un d'eux était l'objet d'injustes attaques ou de réclamations mal fondées.

GâRNIKH.

JUUISI'KUDKNCE.

Voici le texte du jugement prononcé par le tribunal do Châlon :

« Considérant que les deux demandes, tant principale que rc conventionnelle, sont fondées sur le môme fait, l'opération pra • tiquée par le docteur Brenet au sieur Bonnardin ol le traitement qui en a été la suite; que, suivant le demandeur, celte opération est un acte de sa profession de médecin, d'où est né pour lui le droit de réclamer des honoraires; tandis que, suivant Bonnardin, celte opération, à raison des fautes commises par le médecin, lui aurait causé un préjudice pour lequel des dommages et intérêts lui sont dus; en sorte que c'est de l'appréciation que fera le tribunal du fait qui lui sert ainsi de base aux deux prétentions, que dépendra la décision à rendre sur l'une et l'autre demandes;

Considérant qu'il n'y a pas de raison pour que les art. 1382 cl 1383 du Code Napoléon, dont les dispositions sont générale?, ne s'appliquent pas aux médecins; mais que, lorsqu'il s'agit de l'exercice de leur profession, c'est avec la plus grande réserve que l'on doit décider qu'une responsabilité est encourue par eux ;

Considérant qu'un chirurgien qui opérerait contre toutes les règles que l'art indique, ou se servirait d'instruments autres que ceux qui sont usités, ou bien enfin commettrait une faute très-grave et estropierait ainsi le sujet ou en occasionnerait la mort, pourrait être déclaré responsable; mais que, s'il avait opéré suivant les règles de l'art, il n'encourrait aucune responsabilité, quels qu'aient été les résultats de l'opération, et lors même que l'on polirrait prétendre que cette opération, faite avec plus d'habileté, aurait été plus avantageuse ou moins funeste pour le malade;

Considérant qu'exiger la responsabilité médicale au delà de certaines limites, ce serait priver les malades des secours de l'art précisément dans le cas où ils en ont un besoin plus urgent; qu'en effet, quand un accident grave et réclamant un secours immédiat arriverait, aucun médecin n'oserait se hasarder à opérer le malade dans la crainte que si, malgré ses efforts, le mal a des conséquences funestes, il ne soit accusé lui-môme de les avoir occasionnées, et chacun d'eux exigerait alors le concours de confrères qui viendraient à l'opération ou au traitement, ce qui aurait le plus ordinairement pour résultat, en perdant un temps précieux, de laisser le malade, ou tout au moins de rendre le mal incurable;

JURISPRUDENCE

Considérant que le sieur Bonnardin ayant eu le fémur brisé en plusieurs morceaux au-dessus de l'articulation du genou, lo docteur Brenet fut appelé pour réduire cette fracture et donner les soins que nécessitait l'état du blessé;

Considérant que lorsque deux ans se sont écoulés, et que le docteur Brenet réclame des honoraires, prix de l'opération qu'il n faite et des soins qu'il a donnés au sieur Bonnardin , celui-ci refuse le payement qui lui est demandé, en prétendant que le demandeur l'a mal opéré et aurait, par sa maladresse, nécessité une seconde opération et ainsi occasionné une continuation de souffrances et d'incapacité de travail pour lesquelles il réclame des dommages et intérêts;

Considérant que les faits articulés par Bonnardin ne sont pas concluants; qu'en effet, lors même que d'autres médecins auraient cru devoir faire une seconde opération, cela ne prouverait pas que la première ait été faite contrairement aux règles de l'art ; et que, quant aux autres accidents manifestés, rien ne pourrait établir que ce n'était pas une conséquence naturelle de la fracture grave arrivée à Bonnardin ;

Considérant que, eu égard à l'importance de l'opération, aux soins qu'a donnés le médecin et à. la distance qu'il fallait parcourir, la somme réclamée paraît modérée au tribunal, qui croit devoir l'allouer;

Statuant sur la troisième question, déclare non concluants les faits articulés par le défendeur et rejette la demande reconvenlionnelle; déclare bien fondée la demande principale, et condamne, en conséquence, Bonnardin à payer au docteur Brenet la somme de 125 fr., avec intérêts à compter du jour de la demande en justice. » {Union mr'ri., n" S 8.)

En Angleterre, plus qu'en aucun autre pays du monde, les médecins sont exposés aux récriminations légales de leurs clients; nous disons légales pour les différencier de ces criaille ries qui sont le pain quotidien du médecin. La loi est plus libérale en France qu'en Angleterre. Elle protège assez efficacement le médecin pour qu'il n'ait, dans les cas ordinaires de sa pratique, rien à craindre des demandes reconventionnelles qu'on oppose à l'envoi de ses notes, et qui ont pour but de renverser les rôles et de transformer le créancier en débiteur. Les Anglais, malgré leur gros bon sens pratique, n'en sont pas encore arrivés Ib, et un chirurgien anglais, M. F. Gérard, âgé de soixante-dix ans, vient d'être condamné à trois mois d'emprisonnement,

.lUIilSPHUDKNCK

pour n'avoir pas agi aoLivemeiit dans un accoucliemenL laborieux. Voilà ce qu'a décidé un jury anglais, de sa science certaine. Une autre fois, sans doute, il décidera qu'un accoucheur a agi trop activement en appliquant le forceps ou en donnant l'ergot de seigle, et que dame nature eût pu suffire aux frais de l'accouchement. On conçoit que, devant de pareilles alternatives, les médecins aient songé à la formation d'une société qui doit porter le nom de Médical défense Associalion, et dont le but est de donner une assistance matérielle et morale aux confrères prévenus.

Erreur médicale. Dans un mémoire sous le litre: Le médecin est'il responsable devant la loi? le professeur Nonnis, président de la Faculté de médecinedeCagliari, conclut négativement :

'1° Parce que l'on ne peut distinguer les erreurs du médecin des erreurs et des difficultés de la science si variable, si obscure dans ses applications pratiques sur les divers individus, que l'on ne peut rien fixer de positif ni d'absolu dans les actes thérapeutiques, nonobstant les plus manifestes indications.

2° Parce que ce qui est taxé d'erreur par les uns, n'est qu'un accident, une inadvertance pour d'autres, d'autant plus que tout est variable et d'opinion pei'sonnelle dans les préceptes de la science et que personne n'est ni ne doit être responsable d'une opinion erronée, pas plus que ne le sont les experts, les jurés ni les magistrats, qui interprètent la loi à leur guise.

3° Le médecin et le chirurgien ne peuvent être responsables que des actes exécutés de propos délibéré dans une intention manifestement méchante et coupable pour offenser l'individu ou la société et leur nuire. Les lois tutélaires ne sont applicables que pour réprimer et punir les délits et les crimes semblables. [Sardegna med., n° 5.)

Certificats timbrés. Deux médecins de la Haute-Vienne ayant délivré des certificats sur papier libre, l'un à un indigent, comme médecin du bureau de bienfaisance, pour déclarer qu'il était dans l'impossibilité de se rendre à l'hôtel de ville, l'autre pour constater, comme directeur d'un asile d'aliénés, l'état de démence de l'un de ses malades, ont été en butte aux réclamalions de l'administration du timbre. D'autre part, un honorable membre- do l'Association locale de Cherbourg ayant de même délivré sur papier libre un certificat constatant l'incapacité d'un malade de se rendre à un conseil de famille, s'était vu

JURISPRUDENCE

réclamer une amende de 60 francs, quoique ce certificat eût été visé pour timbre.

Dès lors et sur la demande de M. Bardinet, président de l'Association des médecins de la Haute-Vienne et de celle de Cherbourg, le conseil général de l'Association a dû s'enquérir « si le médecin qui délivre un certificat quelconque sur papier libre est passible d'une amende de 60 francs », pour éclairer le corps médical à cet égard.

Déjà Bowiel avait dit à l'assemblée générale qu'il avait remarqué que depuis longtemps l'administration des finances, toujours féconde en moyens ingénieux de remplir ses coffres, essayait de faire passer le principe que tous les certificats doivent payer timbre, et qu'en cela elle avait pour elle la loi du 1 3 brumaire an "VU. Or, le droit émanant de cette loi a été explicitement reconnu de nouveau par M" Guerrier, membre du conseil judiciaire de l'Association, dans une consultation d'où réfulle que l'obligation du timbre est absolue, et que pas un certificat de médecin ne doit être délivré autrement que sur papier timbré de 50 cent.

« Dura lex, sed lex, » a dit M" Guerrier. (Union méd., n°3''

Déclaration de naissance. Un médecin de Bordeaux accouciie une dame américaine dont le mari est absent, et sur son affirmation et celle du consul de sa nation, il se borne à faire sa déclaration à celui-ci. Ce n'est que le quatrième jour que, pour s'assurer de la régularité de sa conduite, il s'adresse à la mairie, où on le renvoie au procureur impérial, qui le blâme très-vertement de ne pas avoir fait sa déclaration dans les trois jours, le prévenant que par cette omission il a encouru la prison. Ce n'est qu'en vertu d'un jugement du tribunal qu'il put rectifier sa conduite et obtenir l'inscription sur les registres de l'état civil, en concordance avec celle du consulat américain (Soc. de méd. de Bordeaux). Exemple pour ne jamais s'écarter des articles 55 et 56 du Code civil, car l'excuse de l'ignorance de la loi n'étant pas admise, surtout en pareil cas, leur oubli pourrait occasionner des désagréments pires que dans celui-ci.

Dons manuels in arliculo morlis. Un médecin a-t-il le droit d'en recevoir d'un malade pour les remettre à un tiers? Telle est la question posée à M. Legrand du Saulle, en sa double qualité de médecin et d'avocat. Question neuve et originale, soulevée par le fait suivant : tjn fonctionnaire public ^ âgé de

JURISPRUDENCE

50 ans, célibalairo, se mot au lit lo l"^' octobre, avec les symplômes Irès-évidenls du choléra. Il donne aussitôt une somme d'argent li sa vieille domestique et prie son médecin de vouloir bien remettre à une personne qu'il lui désigne, différents bijoux et un portefeuille contenant des lettres, des billets de banque et des valeurs assez importâmes. Intimidé et ne voyant là qu'une bonne action à accomplir, le médecin accepta le mandat, et le cholérique étant mort le lendemain, il remplit fidèlement sa mission quelques jours après.

Après une dissertation sur les conditions légales des donations, le consultant, serrant de près la question spéciale, y donne la solution suivante :

Le don manuel, fait par un moribond est valable sans doute, s'il est sain d'esprit. Mais, dans l'espèce, le médecin peut met- Ire de son côté de sérieuses probal)iIités, s'élever des données scientifiques à l'examen du fait particulier, et doser en quelque sorte la somme d'intelligence restant à l'agonisant. Témoignage compétent qui peut être invoqué en cas de procès et ferait ainsi le médecin juge et partie.

Il faut encore, pour la validité de ce don manuel, que le moribond se dessaisisse sans arrière-pensée et avec la ferme et irrévocable intention de gratifier le donataire sans aucune condition restrictive. Le don est nul s'il est fait avec la pensée de rester possesseur des ol:)jets dans le cas où il reviendrait à la vie. La forme testamentaire est seule valable pour ces dons conditionnels.

Remis à un tiers, les dons manuels ne sont valables que si le tiers a mission d'accepter pour le donataire comme le père pour son fils, le tuteur pour l'interdit; autrement une procuration notariée est indispensable, à moins que du vivant du donateur, les objets soient remis au donataire et acceptés par lui. En un mot. le concours des deux volontés est nécessaire, celle qui donne, l'autre qui accepte.

Or, il n'en a pas été ainsi dans le cas actuel. Le médecin n'avait pas mission de recevoir, et il n'a pas remis les objets en temps utile. Donc le don est frappé de nullité radicale. Le donateur est mort avant la prise de possession du donataire, le concours des deux volontés n'a pa.s été réalisé pour la validité du di)n. La volonté de donner était éteinte avant que celle d'accepter ait commencé. Le cas de nullité prévu par la loi romaine est donc bien avéré ici. La mort du donateur a révo-

JURISPRUDENCE

qué la mission confiée an mandataire et a fait cesser le mandai en vertu de l'article 2003 : « Le mandat finit par la mort du mandant. y>{Gaz. des hôp., n° liS.)

Si dans ce cas spécial, nouveau, le médecin n'a pu effectuer le dépôt en temps voulu et n'en doit pas être réputé responsable, la conclusion à tirer de ce fait, c'est que le médecin doit s'immiscer le moins possible dans les affairesprivées de ses malades. Son rôle est nettement défini, et line s'agit pas d'y faire rentrer la mission de remettre à un tiers des objets reçus d'un mourant^ ce qui pourrait être pour la loi la source de nombreux embarras. Il ne doit recevoir ni pour lui ni pour les autres.

Secret médical. Il est en opposition manifeste avec le système des réformateurs qui voulaient que la folie fût constatée au début par un jury nommé exprès et par trois médecins différents. Quoi! dit M. Brierrede Boismont, on nous défend de faire connaître l'observation de malades qui nous ont été confiés et qui nous attaquent dans ce que nous avons de plus cher, notre réputation et notre honneur; et, sous prétexte que le devoir de notre profession nous fait une obligation du secret, il sera permis d'instruire publiquement le procès d'un aliéné I

Les conséquences en seraient déplorables pour celui qui exerce une profession où la vie et la fortune sont en jeu, car c'est l'ébranlement de la confiance et ses suites, s'il rentre guéri dans la société. Et cependant ces malades peuvent guérir, et il le montre par l'exemple d'un notaire et d'un négociant dont l'avenir eût été infailliblement brisé si ce n'eût été le secretgardé et qui seul leur a permis de reprendre le cours de leurs travaux et de mener à bien une carrière honorablement commencée. {Union viéd., n» i39.)

Conformément à la décision prise à l'unanimité par la Société médicale du 2^ arrondissement de Paris, l'Association locale des médecins de Toulouse, se basant sur l'obligation du secret médical et l'impossibilité de ne pas le violer en donnant des détails sur la santé des clients aux Compagnies d'assurances sur la vie qui réclament des détails à cet effet, a pris l'engagement de ne délivrer aucun certificat demandé par les compagnies, quel que soit l'état de sanlé du postulant. [Journ. Oe méd. de Toulouse, mars.)

Cette obligation de l'article 21 8 du Code pénal est si absolue que les cours de Grenoble et de Montpellier ont jugé que le

KYSTES

médecin ne peut 1 "enfreindre, même du consentement rie la personne intéressée, sans encourir les rigueurs de la loi.

KYSTES. Kystes de Tovairc. TruilemeiU par asinralion. Après un exposé des divers traitements chirurgicaux de l'hydropisjg en/ct/si<le de Toua/re, palliatifs et curatifs, et un examen raisonné des difficultés, des inconvénients, des danp;ers même aussi bien que des avantages qui leur sont inhérents, M. Buys propose un nouveau procédé par aspiration pour prévenir l'entrée de l'air dans le kyste qui lui paraît le danger capital. La pompe de M. Guérin, la seringue de M. Boinet et toutes les précautions opératoires usitées pour empêcher cet acccident, ne lui paraissent le faire qu'incomplètement. En vidant brusquement la cavité, elles permettent au liquide de la remplir de nouveau et perdent ainsi les avantages obtenus. L'expulsion complète et continue du liquide à l'abri du contact de Tair lui semble le but à atteindre, ce qu'aucun procédé ne réalise. Il pense qu'une succion douce et continue peut' y parvenir en vidant lentement le kyste, et celui-ci une fois vidé, en en maintenant complètement la vacuité.

II a fait confectionnera cet effet des ampoules en caoutchouc de la grosseur d'une tête d'enfant et dont les parois, variantd'épaisseur, possèdent une force aspiratrice plus ou moins prononcée de manière à graduer leur effet selon les besoins ; un conduit élastique partant de ces ampoules aboutit à un robinet métallique qui se visse à l'extrémité d'un trocart. L'ampoule n" 1 n'a que 1 millimètre d'épaisseur de paroi ; c'est à peine si son aspiration est sensible; elle doit servir à vider lentement la tumeur, afin d'empêcher que par un raptus trop prompt la femme ne soit incommodée.

L'ampoule n" 2 a 2 1 /2 millimètres de paroi et une force à peu près double de la précédente. Elle doit, le kyste vidé, en maintenir la vacuité en aspirant chaque goutlede sérosité aussitôt sa formation, et en rapprocher les parois. Cependant sa puissance aspiratrice ne pourrait nullement irriter ou enflammer la surface interne de la tumeur; ce rôle est dévolu à l'ampoule n° .S, dont les parois ont 3 1/2 millimètres d'épaisseur ; celle-ci doit servir à activer le retrait du kyste et à produire une fluxion avec exsu-

KYSTES

dation de lymphe plastique. C'est peut-être nue présomption, puisque l'expérience ne l'a pas encore prouvé, mais l'auteur croit que le traitement au moyen de ces ampoules, employées selon l'indication, aboutira à la guérison des kystes simples, et cela d'autant plus facilement que, s'il le faut, on peut combiner leur action avec celle de tout autre agent, tel que la teinture d'iode, la teinture de myrrhe, une solution de sulfite alcalin, l'eau tiède, etc.

L'avantage de ce procédé est d'éviter l'action de l'air sur les liquides morbides et d'extraire facilement ceux-ci, fussent-ils épais comme la substance colloïde. Mais ces ampoules n'étant point applicables au trocart connu, il a fallu recourir à un , instrument nouveau qui pût s'immobiliser là où. il a pénétré, et s'opposer à ce que le kyste vidé ne l'abandonne. Ce nouveau trocart est pourvu d'une double canule entre laquelle se cacheiil quatre ressorts en or, qui, l'instrument plongeant dans le kyste, se dilatent et viennent faire un bourrelet de 3 centimètres de diamètre par lequel le kyste est attiré et maintenu contre les téguments. D'autre part, un manchon à vis fait avancer jusque contre la peau un disque métallique basculant, formé de deux plaques entre lesquelles s'insère une rondelle de baudruche. La paroi du kyste et la paroi abdominale sont ainsi accolées. Pour maintenir le tout parfaitement en place et empêcher que plus tard l'air extérieur ne pénètre sur les côtés du trocart, la rondelle de baudruche est adaptée à la peau au moyen de collodion élastique. L'instrument est complété par un robinet placé près de son ouverture, de manière à ne permettre la sortie du liquide que lorsque le robinet de l'ampoule a été vissé sur lui. Enfin, un bandage de corps doit, au moyen d'un compresseur à vis, déprimer la paroi abdominale du côté opposé à celui où siège la tumeur et aider de cette façon à l'action des aspirateurs.

Les indications de ce procédé sont, comme pour les autres, d'opérer les kystes de bonne heure avant qu'ils aient acquis un développement qui les expose à devenir multiloculaires, à contracter des adhérences de la paroi supérieure, ou à s'enflammer.

Les kystes séreux uniloculaires sont ceux qui offrent le plus de chances de guérison. Les kystes séro-purulents ou sérosan^inolenls en offrent moins. L'ampoule n° 2 paraît devoir suffire à leur traitement.

KYSTES

Les kystes à loges nombreuses, hydaliques ou colloï'le8> devront ôtro soumis à l'ampoule n" 3.

Hn général, lorsque l'ampoule n" 2 n'est point parvenue, au bout do quelques jours, à tarir la sécrétion, il sera convenable d'appliquer l'ampoule n" 3 jusqu'à ce qu'une congestion des parois se soit produite, ce qui se reconnaîtra facilement à la nature du liquide.

Les kystes ayant pour point do départ une dégénérescence, les cystosarcomes et les cystocarcinomes n'ont rien à espérer | du traitement.

Les kystes doivent être ponctionnés du côté où ils ont commencé à paraître, le plus près possible de leur lieu d'origine et' dans le point le plus déclive. S'ils sont opérables par le vagin, il faut recourir à ce mode opératoire, en évitant de désemplir trop promptement lekyste, et n'employer l'ampoule véritiiblemenl aspiratrice que lorsque les organes se seront habitués à 1 instrument. Il ne doit être retiré que lorsque, pendant plusieursjours, aucune sécrétion ne se sera montrée par la canule et que l'on reconnaîtra dans l'abdomen la présence d'une tumeur dure ' de petite dimension.

Pour employer l'instrument, le manchon avec son disque garni d'une large rondelle de baudruche, de linge ou d'étoffe, est remonté jusque contre le robinet ; on obture avec de l'axongee les fenêtres qui donnent passage aux ressorts, après s'être assurée que le jeu de ceux-ci se fait librement. La ponction se pratique ■ comme avec un trocart ordinaire, avec la précaution de le faire^ pénétrer aussi profondément que possible, alin que la couronne de ressorts puisse se développer librement dans l'intérieun du kyste. On relire alors doucement l'instrument pour s'as-surer que la couronne fait obstacle et que le kyste est accolée aux parois de l'abdomen. Le manchon, avec son disque incliné ' à l'angle voulu, est à son tour rapproché de la peau de manière? à l'afReurer sans la comprimer et à l'aide decollodion élastique, , la rondelle de baudruche ou d'étoffe est fixée sur la peau aulourr du disque et principalement à son centre au pourtour de lai piqûre. On retire alors le stylet, en lui imprimant un petit i mouvement de rotation sur lui-même de gauche à droitee pour le dégager et en le tirant directement en arrière, le point blanc du manche placé en haut. On laisse écouler le quart ou la moitié du liquide contenu dans la poche, on ferme le robinet, et l'on place la ceinture à pelote compressive, celle-ci

KYSTES

-iluée du côté sain de l'abdomen, tandis que de l'autre l'inslrumont est passé dans la fente qui, à cet effet, est ménagée dans k' bandage, Les deux coulants sont rapprochés aux deux côtés (le l'instrument, qui est ainsi maintenu d'une manière immuable r la ceinture, que l'on boucle au degré de pression voulue, uir que le bandage, à son tour, ne puisse bouger dans aucun ns, on attache les deux sous-cuisses et, s'il le faut, on adapte on haut quatre bretelles qui vont s'épingler à une bande roulée nlour de la taille. La pelote, au moyen de sa vis, déprime la iroi abdominale au degré que l'opérateur juge convenable. \ lent enfin le dernier temps de l'opération, qui constitue vérila- V-mentle traitement : après avoir rempli d'eau l'ampoule élaslue, on y fait, au moyen d'une pompe aspirante, le vide aussi implétement que possible; on ferme le robinet et on le visse à lui du trocart.

Il suffira d'ouvrir les robinets pour mettre le liquide de ampoule en rapport avec le kyste. Il y passera avec une vitesse jiroportionnelle à la force de succion de l'ampoule et à l'ouverire donnée aux robinets. Il est ainsi fort aisé de pratiquer, l'abri de l'air, des lavages et des injections médicamenteuses. Pour retirer l'instrument, un stylet mousse vient remplacer lo stylet ordinaire ; par de légers tâtonnements, on introduit le clou du stylet dans la rainure de la canule interne, on l'y fixe et lai imprimant un léger mouvement d'arrière en avant, on fait i entrer les ressorts, on décolle les rondelles de baudruche, et instrument rendu libre se retire sans difficulté.

Ce mode de traitement, préconisé pour les kystes de l'ovaire, ourrait s'appliquer à une foule d'antres affections, comme hydrothorax, pyolliorax, abcès par congestion, abcès enkystés de l'abdomen, hygroma, etc. Ce principe de l'aspiration, à l'abri (le l'air, peut être appelé à jouer un rôle dans le traitement de toute affection caractérisée par la présence d'un liquide morbiilemenl sécrété dans une cavité close. L'instrument seul variera >uivant l'organe sur lequel il doit agir. {Journal de médecine de Bruxelles, janvier.)

Torsion. De nouveaux faits de torsion et d'étranglement observés sur le cadavre par M. Rokitanski, l'ont convaincu de la fréquence de celte altération du pédicule. 8 fois sur 58 autopsies, il l'a trouvée 6 fois à droite sur 37 cas et 2 fois à gauche sur 2 ! . La torsion de dedans en avant est beaucoup plus

KYbTES.

fréquenlo quo celle qui s'opèro de dehors ea dedans, dette rotation de la tumeur sur son pédicule s'étend d'un demi-tour à deux tours. Les adhérences en modifient la disposition. Sa manifestation est parfois soudaine, vX dans ce cas elle est fatale. La tumeur, ordinairement mobile, devient lixe tout à coup avec des symptômes de péritonite et des accidents d'élranglemonl souvent mortels. On peut tenter, dans ce cas, de replacer la tumeur dans sa position primitive. Une occlusion intestinale peut aussi en résulter, et môme la destruction de la tumeur. On rencontre alors à l'autopsie une hypérémie surtout du système veineux avec tuméfaction plus ou moins considérable, infiltration sanguine du parenchyme, inflammation, liémorrbagie, exsudation dans l'inlérieurdes kystes, dilatation, rupture, nécrose de la trompe, tuméfaction hémorrhagique du pavillon, péritonite, etc. L'aspect de ces lésions varie avec la date plus ou moins récente de l'étranglement.

On comprend qu'il est favorisé par la longueur du pédicule, le volume de la tumeur, l'absence d'adhérence, certaines altitudes du corps, des secousses imprimées à l'abdomen, des efforts, etc.

Dans quelques cas, l'atrophie, une métamorphose régressive de la tumeur, la section plus ou moins complète de son pédicule, ont été la conséquence de cet étranglement. Ce qui fait conseiller par M. Rokitanski de le provoquer dans un but thérapeutique. Mais les dangers qui peuvent en résulter contredi-sent cette proposition ou plutôt doivent la faire repousser. [Soc. de méd. de Vienne.)

Ces torsions seraient dues, selon M. Klob, à la réplétion à& la vessie. Une poche membraneuse du volume d'une orange étant attachée au côté externe de l'ovaire d'un cadavre, on la vit s'élever de haut en bas et subir un mouvement de torsion de dedans en dehors en remplissant peu à peu la vessie. Elle; revint au contraire de haut en bas, mais sans effectuer son mouvement de restitution en laissant écouler le liquide. En remplissant de nouveau la vessie, la rotation est portée plusf loin. Les mouvements s'exécutent en sens inverse quand la3 poche est fixée à l'extrémité interne de l'ovaire. D'où il infère; le mécanisme de ces torsions aujourd'hui bien constatées, dui pédicule des kystes de l'ovaire. {Oeslerv. Zeilsch. , n" 1 8.)

Sondes à demeure. Au succès obtenu par M. Després à l'aide.-

KYSTES

de ce moyen (Voy. Diclionnaire, 1864), M. Bergoret d'Arbois, en a ajouté deux autres, dont voici le résumé :

Une domestique célibataire, de trente-cinq ans, délicate, portait en 1 8oG un kyste de l'ovaire datant de plusieurs année?, du volume de l'ulcrus au septième mois de la grossesse. Cette fille se livrait à tous les travaux de la maison malgré une gône très-prononcée et une douleur assez vive se faisant sentir habituellement près de l'ombilic. Après avoir lavé la lessive plusieurs jours de suite, la douleur ombilicale augmenta tellement, que M. Bergeret fut appelé. Des sangsues et des émollients furent appliqués. Une saillie du volume d'une noix, fluctuante, se forma et donna, par la ponction, une grande quantité de liquide séro-purulent. Le kyste diminua considérablement, et un bout de sonde élastique ayant été placé dans l'ouverture et fixé par des fils à des bandelettes de diachylon à l'extérieur avec un bandage de corps^ il continua à se vider insensiblement. Ce tube renouvelé tous les deux ou trois jours fut continué pendant six semaines, après lesquelles il ne restait plus que des noyaux presque imperceptibles dans l'hypogastre. Celte fille guérie parfaitement, reprit ses occupations, et a continué de jouir depuis d'une bonne santé.

Peu de temps après, la fille Daclin, grosse et forte journalière de vingt et un ans, se présenta avec un kysie de l'ovaire gros comme la matrice à huit mois de gestation. Une ponction donna un liquide troublejaunâtre qui se renouvela très-promptement. La malade réclamant un traitement curatif, une seconde ponction fut pratiquée, et une sonde élastique, introduite par la canule, resta à demeure dans le kyste, fixée comme dans le cas précédent. Il s'écoula les jours suivants une quantité énorme de liquide, dont la sécrétion était provoquée par une vive inflammation développée dans le kyste; de la fièvre survint avec frissons, vomissements. La sonde fut retirée et des cataplasmes appliqués. L'ouverture suinta encore quelque temps ; les accidents inflammatoires persistèrent une quinzaine de jours, puis tout rentra dans Tordre, et après un à doux mois de convalescence, le palper ne découvrait plus la moindre trace de la tumeur, cette jeune fille était parfaitement guérie. {Bull, de la Soc. (le méd. de Besançon, n° 14.)

A défaut do détails cliniques, on no peut que préjuger l'agent curatif dans ces cas remarquables. Est-ce l'action topique du tube comme l'admet l'auteur, ou n'est-ce pas bien plutôt

GARNIER. or:

43a KYSTES.

celle de l'air sur la surface interne du kyste, qui, en la itiôdifiant, en a lari la sécrétion? Dans celte supposition assez probable, on pourrait recourir aux enduits imperméables de collodion, de préférence aux cataplasmes, pour modérer, combattre rindammalion, et ce mode de traitement des kystes uniioculaires do l'ovaire, bien moins redoutable que l'ovariolomie, n'en aurait que plus de clianccs do succès.

Eleclro-punclure. A l'exemple de ceux qui ont employé avec succès l'oleclro-puncture à la résorption du sérum de fa tuniqUe vaginale, M. Elleaumc a tenté ce rhême moyen contre un kyste volumineux de l'ovairt? gauche, cbez une malade de soixante et un ans, qui s'en est aperçue depuis huit à neuf ans, que les règles ont cessé. Une ponction exploratrice confirme un kyste séreiix. Dès lors, la femme étant couchée, une première aiguille est implantée près de l'ombilic et une autre à 12 centimètres à gauche. On les fait communiquer avec les deux pôles de l'appareil Legetidrë et Morin, en donnant le maximum d'électricité sans autre douleur qu'un léger frémissement dans les parois abdominales, pendant une demi-heure que dure l'opération. On constate une diminution de la tumeur, et la feminé peut s'en retourner à pied, se sentant moins gênée.

Trois autres séances semblables sont faites de trois en trois jours, dont l'innociaité encourage l'opérateur à prolonger la quatrième pendantdeux heures. Mais à son retour, la femme éprouve un violent frisson et des douleurs du côté gauche. Le ventre se tend, et des vomissements surviennent pendant la nuit, et lors de sa visite, deux jours après, M. Elleaume trouve sa malade assise, souffrant tellement du ventre, qu'elle ne peut rester étendue dans son lit, face grippée, teint terreux. Le ventre a augmenté et la tumeur distendue au point de ne pouvoir la déprimer donne la sensation d'une pierre et fait un relief considérable sans que la douleur sourde augmente à la pression; sonorité très- manifeste gazéo-aqueuse. Pouls dur à 120. On diagnostique une inflammation du kyste et des frictions d'onguent napolitain avec cataplasmes, le calomel à l'intérieur, n'amènent qu'une légère amélioration. Les accidents augmentent les jours suivants au point de faire pratiquer la ponction qui donîi'e 5 litres de pus et des gaz extrêmement fétides. Malgré le soulagement résultant de cette évacuation, les accidents persistant, et cette pâUvre femme entre trois jours après

kYSÎES.

à l'hôpital, où elle succombe aussitôt. {Mouv. méd., 11° 1 .)

Grave enseignement pour ceux qui aunnonl la hardiesse d'eml)loyer ce moyen do ne pas en abuser.

Chlorate dépotasse. Employé avec succès par M. Graig(d'Ayr) comme absorbant du liquide do telle sorte qu'il ne serait plus permis désormais de pratiquer l'ovariotomie sans avoir fait usage préalablement de ce médicamont à haute doFe. Car tout en admetlant, d'après l'expérience universelle, que beaucoup de cas doivent rester réfractaires à son action dont le succès dépend sans doute de certaines conditions indéterminées du liquide enkysté ou de son enveloppe, l'incertitude où l'on est à ce sujet fait une loi d'y recourir en présence des succès obtenus. En effet quatre cas sont relatés où la disparition du kyste a été complète dans deux, incomplète dans un et incertaine dans l'autre par cessation du remède. Il suffit de citer le premier comme exemple.

Miss S... d'une bonne constitution, porte une tumeur, grosse comme une tête de fœtus d'un mois, dans la région iliaque gauche, mobile, sans adhérences, dont le début remonte à cinq ans. Elle a suivi plusieurs traitements depuis quatre ans sans amélioration et elle allait être opérée quand la mort de son médecin empêcha peut-être la sienne. Soumise en effet à l'usage d'une solution saturée de chlorate de potasse, une cuillerée à dessert trois fois par jour, cette malade en éprouva une amélioration ser.sible après deux à trois semaines ; la tumeur diminua graduellement et était entièrement disparue après dix à douze mois d'usage de ce médicament ainsi que le malaise et tous les symptômes qui y étaient inhérents. [Edinb. med. Jouni.)

Le deuxième fait est aussi concis et concluant. En pareil cas des détails cliniques mieux circonstanciés seraient sans doute utiles au diagnostic; mais il suffit qu'un médicament aussi inoffensif paraisse même avoir été favorable dans un cas aussi grave qu'un kyste ou une tumeur quelconque de l'ovaire pour que des essais se renouvellent bientôt pour élucider cette question.

Chez une dame de quarante-cinq ans, portant un kyste de l'ovaire droit depiiis deux années environ, M. Chaloin a vu l'usage des eauxde Chalclguyon (Puy-de-Dôme), en provoquant des évacuations excessives pàr tous les émoncloires, faire diminuer cette tumeur du volume d'une tête d'adulte à celui d'une (Jrange. tJn an après, l'amélioraliGn se inaintehait, mais l'ovaire

43(5 KYSTES

gnuclio .'iiigmonlail h ?on lour(/1)ni. d'Injdrolorjic méd.^ I. \n p. 39). Si co fait iiniquo, ainsi dépouillé de loul rcnseigncmcnl, no peut servir à conn;iîiro l'action de ces eaux, cet effet est assez renfiarquablo pour faire tenter de nouvelles expérimentations à cet égard.

Kysïc liydatiqMc Ténico-rcclal. Il peut déterminer la rétention d urino cl la faire paraître idiopalhique. Ainsi chez un homme de vingt-quatre ans, admis à London hospitul et qui n'avait pas uriné depuis quatre jours, une tumeur fluctuante occupait l'hypogasiro et s'élevait jusqu'h l'ombilic : la paroi antérieure du rectum était soulevée et refoulée en arrière, 'a sonde n'avait pu parvenir dans la vessie. Une ponction fut pratiquée par le rectum, et tandis qu'il s'écoulait 3 litres de liquide limpide, l'urine sortait en grande abondance et naturellement par l'urcthre. Une péritonite ayant enlevé le malade, l'autopsie montra la vessie parfaitement saine et permit de constater entre elle et le rectum, dans le cul-de-sac pcritonéal, un large kyste hydatique qui «vait été ponctionné, [Lancet, 1 864.)

Le même journal a relaté un cas semblable en 1 862 et observé à l'hôpilalSaint-Barthélemy, mais le cathélérisme ayant pu être pratiqué, la tumeur fut ponctionnée ensuite et le malade guérit. C'est donc à bien distinguer la cause de la rétention qu'il faut s'appliquer.

Kyste du ccrvcan. Il a été rencontré derrière le chiasma adhérent à la selle turcique par ses parois très-épaisses et contenant 50 grammes de liquide jaune brunâtre de nature hydatique, renfermant des paillettes brillantes de cholestérine chez un enfant de treize ans, mort le 20 mars à l'hôpital des Enfants- Malades, avec tous les symptômes d'une méningite. (Soc. nuid. des liôp., mai.)

Mjstc rilSaircdc l'iris. — A la suitc d'une conlusion do l'œil droit, chez un enfantde 1 1 ans, sans troubles immédiats, il se développa une petite tache blanche derrière la cornée qui, envahissant peu à peu le cercle pupillaire, diminuait la vision. A l'examen, le 1 G août 1 864, dix mois après l'accident, M. Stoeber constate que cette tumeur a la forme et le volume d'un petit pois, et se trouve implantée sur la partie externe du bord pupillaire de l'iris; elle s'avance jusqu'au milieu de la pupille. A

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Taido d'une pelilo incision à la partie inférieure de la cornée, celte tumeur fut saisie, attirée au dehors, et, par un coup de ciseau, séparée de l'iris. C'était un kysle à contenu blanchâtre et grumeleux, formé de cellules graisseuses et de cristaux de cholestérine. Un cil chùtain foncé, long d'un centimètre, et semblable à ceux qui garnissaient les rebords ciliaires, était implanté par son bulbe au fond du kyste, dont il avait été sans doute la cause. Les suites de l'opération furent des plus heureuses. (Gaz. méd. de Stra&b., n" i.)

Kyjstc în<ra-cardîaqne. Une femme do soixanle-dix-luiit ans, bien portante d'habitude, entre à la Salpêtrière le 12 décembre 1 864. A la suite d'une vive contrariété, elle tombe à terre frappée d'une sorte d'attaque apoplectiforme. On la relève, on constate qu'elle a perdu la parole et que les membres du côté droit sont très-affaiblis, presque insensibles, tandis que ceux du côté gauche sont dans un état de continuelle agitation. Il y a en même temps un affaissement intellectuel profond et perte de la parole. A la faiblesse des membres du côté droit succède une contracture assez prononcée ; la sensibilité y renaît, et quarante-huit heures environ après le début, les membres des deux côtés sont doués d'une myotilité et d'une sensibilité égales. La malade parle un peu, est pâle, et a une grande tendance à la somnolence. L'amélioration semble se prononcer en core davantage le troisième jour; mais, dans la nuit suivante il y a du délire, de l'agitation pendant la nuit. Les jours suivants, et jusqu'à la veille de la mort, il y a des alternatives d'aggravation et d'amélioration. En général, il y a du délire et de l'agitation pendant la nuit, de l'affaissement et de la somnolence pendant le jour. L'intelligence redevient assez nette vers le matin. Il n'y a plus aucun phénomène de paralysie ; la malade se plaint de douleurs de tête assez vives et de courbature générale. Elle a éprouvé aussi des sensations de crampes dans les doigts. Aucun trouble manifeste des fonctions digestives, si ce n'est des envies passagères de vomir, coïncidant avec la céphalalgie. L'appétit n'est pas aboli. La face était habituellement assez pâle, un peu terreuse, et la langue sèche. Aucun phénomène morbide relatif aux fonctions respiratoires. Enfin le pouls, peu de temps après l'attaque initiale, est devenu très-inégal et a conservé ce caractère jusqu'à la fin, tantôt fréquent, tantôt à peu près normal sous le rapport du

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nombre dos pulsations. Un seul jour, on a entendu un bruit léger do souflle au niveau du milieu du cœur, et, depuis lors, on n'a plus per^;u aucun bruil anormal. Le pouls veineux dos jugulaires n'a été très-manifosle qu'à dater de la veille de la mort. La malade s'est éteinte pour ainsi dire, à la suite d'une agonie assez longue et tranquille, dix-sept jours après le début.

A l'autopsie, on a trouvé dans l'oreillette gauclie un kyste fibrineux rompu, et retenu près de l'auricule par un prolongement qui pénétrait jusqu'au sommet de cet appendice. L'examen microscopique a montré que la substance liquide qui infiltrait la couche interne de ce kyste était constituée par les mêmes éléments que le liquide puriforme des kystes fibrineux. Ce sont des globules sanguins plus ou moins déformés, des leucocytes dont un bon nombre contiennent des granulations graisseuses, des granules graisseux, des granulations moléculaires formés par la fibrine désagrégée et enfin, de petits cristaux aciculaires de nature indéterminée. La relation symptomatologique de ce fait répond donc à la question posée par M. Charcot à l'occasion de deux cas de ces kystes fibrineux renfermant une matière puriforme : qu'arriverait-il s'ils venaient à se rompre et -a mêler leur contenu au sang en circulation? C'est une sorte d'état typhoïde se termjnant par la mort. {Union méd,, n° 18.)

Kyste hydatiquc de la poitrine. Une femme mariée, ayant eu des enfants, d'une constitution pauvre, santé moyenne, est atteinte depuis cinq années d'oppression, toux et hémoptysies au nombre de 15 à 20. Poitrine peu développée, amaigrissement général, matité au sommet et dans le creux axillaire gauche avec abolition du bruit respiratoire dans ces régions; à droite, respiration et résonnances normales; impossibilité du décubitus sur le côté sain. Diagnostic : tubercules au sommet du poumon gauche. Fièvre erratique d'abord , rémittente plus tard, sueurs nocturnes, expectoration rare et spumeuse. Au printemps de 1853, la malade fut prise d'une abondante hémoptysie avec suffocation, et l'auteur, appelé en toute hâte, trouva des sueurs froides, le pouls filiforme, la respiration courte et supérieure. Au milieu du sang répandu sur le lit, il découvrit une quantité innombrable d'acéphalocystes de la dimension et delà forme de grains de riz et d'une telle mollesse

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que la moindre pression les écrasait. Après leur expulsion, l'expecloralion conlinua encore plusieurs jours, sanglante et entraînant des acéphalocystes ; du quatrième au cinquiômo jour la malade rendit des fragments membraneux, puis la fièvre et la toux diminuèrent et s'éteignirent tout à fait. Retour de l'embonpoint et des forces, rétablissement du bruit respiratoire et de la sonorité dans la portion supérieure du poumon qui avait été malade. La santé s'est constamment maintenue depuis, [Genio Chinirgico.)

Il semble que dans ce cas rare, le diagnostic n'a pas été porté avec tout le soin convenable. La présence dp tubercules dans une partie du poumon, et surtout au premier degré, comme paraissaient l'indiquer les hémoptysies, n'abolit ni le murmure respiratoire ni la sonorité; elle ne fait que les modifier et la diminution qui en résulte n'est que relative. Une matité complète, un silence absolu, devaient faire admettre autre chose que des tubercules.

Ujstc hydatiquc du foie. Quand, par son volume, cette tumeur requiert l'intervention de l'art, M. Demarquay combine plusieurs procédés dans l'ordre suivant : il la ponctionne d'abord pour en établir sûrement le diagnostic Et pour prévenir l'épanchenient du liquide dans le péritoine, il évacue la plus grande partie du liquide par cette ponction exploratrice. Cela fait, il applique le caustique de Vienne sur la tumeur, et au lieu d'inciser ensuite l'escbare après la formation des adhérences, il répète chaque jour une nouvelle application de pâte de Vienne jusqu'à perforation et écoulement du liquide. C'est le forage gradtwl de M. Bergeret d'Arbois, qui l'a emprunté lui-même à Récamier, L'ouverture ainsi faite spontanément, il y introduit une sonde de gomme élastique ÏJ demeure et pratique des injections iodées très-étendues d'eau qu'il répèle jusqu'à destruction complète dés hydatides; puis il les remplace par des injections détersives jusqu'à cicatrisation.

Par celte méthode mixte, employée dans 5 cas et dont il rapporte un exemple, la guérison a été constante. Un seul inconvénient en résulte dès la première injection : c'est l'apparition de frissons répétés avec fièvre vive, nausées, vomissements. Mais, alarmants en apparence, ces symptômes se calment bientôt et ne reparaissent plus.

Cette pratique se trouve résumée dans les propositions suivantes :

410 LACRYMATION.

i" Si, pour établir le diagnostic, il est nécessaire d'avoir recours à une ponction exploratrice, donner issue par cette ponction à une grande quanlilé du liquide contenu dans le kyste ;

2'^ Pratiquer une ouverture très-large à la tumeur par une application journalière de caustique et sans jamais inciser l'escliare;

3" iMaintenir une sonde à demeure dans l'ouverture pour permettre l'issue du pus et faire dans le kyste des lavages fréquents.

4" Employer l'injection iodée afin de modifier la surface interne de la tumeur.

5° Donner au malade une alimentation tonique pour soutenir ses forces et l'aider à supporter une suppuration quelquefois longue. [Gaz. met/., n" 37.)

LACRYMATION, Fondé sur l'hypersécrétion des larmes qui se manifeste dans la plupart des ophthalmies et de la moindre irritation de l'œil par un corps étranger et le soulagement qui en résulte, M. Brachet, de Lyon, voyant là un effet do la nature médicatrice, propose d'en faire une méthode générale de traitement. La plupart des collyres secs ou liquides n'agiraient môme qu'en provoquant cette sécrétion. Il en trouve la preuve dans leur qualité différente, pourvu qu'ils soient irritants, et tous, quels qu'ils soient, le sont pour l'œil. Deux choses sont à examiner dans ce cas, dit-il : 1° l'action directe des larmes sur l'organe enflammé; 2° l'action résolutive ou critique de la sécrétion elle-même. La fluxion qui se faisait sur le globe de l'œil ou sur ses annexes est brisée et détournée par la sécrétion lacrymale qui est d'autant plus efficace qu'elle est plus abondante.

Une tentative faite par lui avec succès offre à l'auteur la confirmation de ce fait. Dans plusieurs cas, il s'est contenté, tantôt de promener la barbe d'une plume sur l'œil, tantôt d'appliquer pendant quelques instants la tôle d'une épingle dans l'angle de l'œil. En provoquant toujours des larmes abondantes, toujours aussi il a obtenu la guérison de l'inflammation de l'œil ou de la tache qu'il voulait combattre. Cependant, je le déclare, ces essais ne sont pas assez nombreux pour mériter une con-

LARYNGOSCOPE.

fianco trop étendue et trop complète. Cette restriction honnête montre assez la confiance que l'on peut avoir dans cette méthode.

LAUYi\(;OSCOPE. Miroir réllecleur. La plus simple manière d éclairer le larynx, suivant M. Fournie, consiste à projeter la lumière au moyen d'un réflecteur placé sur le front. M. Chiirrière a construit sur ses indications un réflecteur composé d'un miroir concave, fixé à l'extrémité d'une lige d'acier s'inclinant dans toutes les directions au moyen d'un pivot à genouillère placé sur une petite gouttière rembourrée que l'on applique sur la racine du nez. Placé ainsi immédiatement audessus du plan oculaire, il est maintenu par une tige d'acier qui, parcourant sur la ligne médiane la circonférence du crâne, va se fixer en se divisant en deux branches, sur la partie postérieure de la tête. Trois articulations permettent d'ailleurs do réduire cette tige à un très-petit volume pour mettre l'instrument dans une boîte ou dans la poche. {Acad. de méd., juin.)

Réflecteur fronlal. Frappé, comme en France, des graves inconvénients de la réflexion de la lumière dans les yeux de l'opérateur, dont la vue se trouve ainsi gênée, fatiguée pour celui qui se sert souvent de cet instrument, le docteur Johnson a tenté presque simultanément d'y obvier d'une manière difl"èrente. Il place devant les yeux une visière recouverte de soie noire, percée de deux ouvertures latérales, au milieu et audessus de laquelle est adapté et fixé le miroir réflecteur. Les yeux sont ainsi protégés de la lumière directe de la lampe et la lumière réfléchie, en passant par deux petites ouvertures, rend la vue de l'image plus claire et plus distincte. [Lancetf août.)

De nouvelles modifications apportées à l'examen laryngoscopique par M. Kriàhaber, rendent cette investigation des plus simples et des plus faciles. Le malade étant assis vis-à-vis l'opérateur placé sur un siège un peu plus élevé, un appareil d'éclairage, placé entre eux, concentre la lumière dans un réflecteur qui la projette par une lentille piano-convexe sur le miroir laryngoscopique, monté sur un manche et placé jusqu'à la luette, qu'il élève et repousse légèrement. Après avoir habitué les parties au contact de cet instrument, on peut ainsi y voir, y lire, pour ainsi dire, les lésions les plus légères du larynx. [Union méd.,n° 96.)

^42 LIGATlJlip, LKGÏSLATIOIV. Voy. AnMÉE, Mauine.

Ugislaiioii médico-pharmaceutique, ou Lois el Règlements qui régissent l'enseignement el la pratique de la médecine et de la pharmacie, avec commentaires et arrôls tirés de la jurisprudence. Publié par VAbcille médicale.

LEVIER. Voy. Dystocie.

LIGA.TIIUE. La ligature des vaisseaux se rendant à une

tumeur pathologique pour en arrêter la circulation el en provoquer l'atrophie, ainsi que Harvey l'avait fait avec succès pour une tumeur du testicule, a été également employée avec de bons résultats par M. Demarquay, pour une tumeur de la langue. Voy. Tumeur.

Double nœud liémostalique. Prenezdeux filsde longueur ordinaire, opposez-en les extrémités en les entre-croisanll'unesur l'autre, et le vaisseau étant au milieu, serrez en tirant sur chacune des extrémités. En les entre-croisanl de nouveau, le double nœud est fait. Il reste à couper deux de ces fils placés dans le sens opposé, c'est-à-dire un bout de chaque ligature. Elle est ainsi parfaitement assurée. [Lancet, novembre.)

On ne voit guère l'avantage de ce double nœud de M. Churchill, tandis que les inconvénients éclatent dès le premier essai ; notamment celui de ne pouvoir être pratiqué seul, même avec la pince fixe à artères. Un aide est au moins nécessaire pour qu'il soit bien assujetti.

Aiguille lubulée. M. Mathieu lui a fait subir une modification consistant en un petit galet placé à l'extrémité près du manche et qui, par un mouvement de rotation imprimé à une roue, fait cheminer le fil métallique dans l'aiguille. [Acad, de méd., octobre.)

IJgatiirc mortelle de la carotide primitive. U

homme de soixante -quatre ans, entre le 7 juillet 1 864 à l'hôpital Guy, service de M. Poland, pour une tumeur carcinomateuse ulcérée du côté droit du cou qui projette la face de côté et gène la déglutition. La ligature delà carotide primitive est décidée pour prévenir l'hémorrhagie et pratiquée le 9 par l'interne. Aucun accident immédiat ne suivit cette ligature; mais la respiration devmt bientôt plus laborieuse et, le lendemain, le bras et la jambe

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