NARCOTIQUES
quand le nœvus est étendu et profond ou dans le voisinage d'organes essentiels, comrnel'œil, le nez, l'oreillle. Suivant M. Carter, on ne devrait y recourir que lorsqu'il est possible d'intercepter momentanément la circulation dans les veines atférentes par la compression digitale ou instrumentale. Il est évident que cette précaution est exagérée dans une foule de tumeurs érecliles très-superficielles, surtout en employant la seringue de Pravaz, dont le piston, marchant à l'aide d'un pas de vis, assure l'introduction graduelle et mesurée du liquide sans danger d'une irruption trop rapide.
XARCOTIQUES. IVarcéinc. Action sur les enfants. Ses propriétés hypnotiques, constatées chez les adultes par M. Béhier (voy. année 1864), ont été confirmées chez les enfants par le docteur Laborde. Bien que l'effet n'en soit pas aussi constamment uniforme que chez les chiens, — ce qui prouve que notre organisation plus compliquée est soumise à des variations multiples qui nous font échapper à cette égalité thérapeutique, — les résultats ont été assez concluants. Chez un garçon de huit ans et une fille de dix, tous deux phihisiques, admis à l'hôpital des Enfants, le sommeil, que le sirop diacode et l'extrait théba'ique ne réussissaient pas à produire, fut obtenu dès la première nuit avec une cuillerée à bouche du sirop suivant (formule de Debout) :
!^ Narcéine 25 ccnligr.
Sirop simple 500 grammes.
Acide acétique q. s.
Chaquecuillerée à bouche de20 grammes représente \ centigr. de narcéine. On peut aller progressivement jusqu'à 2 et même 3 ; mais si l'effet narcotique n'est pas produit à cette dose, mieux vaut recourir à un autre agent, le sirop de morphine par exemple; c'est ainsi que chez un garçon de treize ans, phlhisique, celle substitution eut les meilleurs résultats.
Dans certains cas, ce médicament calme le subcleliriiim en même temps qu'il produit le sommeil. D'autres fois, le sommeil est si profond, que le malade pyrle et répond tout haut en dormant, comme les chiens soumis à son influence hy[motique qui chassent les mouches sans s'éveiller.
On peut donc compter, sauf de rares exceptions, sur ce médicament comme sédatif de la toux, el un effet hypnotique près-
NÉCnOLOGlE.
que infaillible, ce qui l'a fait administrer avec succès contre la coqueluche. Voy. ce mot.
L'expectoration n'en a été que peu influencée, non plus que l'émission de l'urine ni les vomissements, ce qui tient sans doute aux différences d'ûge des malades, (Soc. méd, d'observ.yel Gaz. des hôp., n" 38.)
M. Bouchuten a obtenu les mêmes avantages chez une enfant de dix ans, au troisième degré delaphlhisie pulmonaire, couchée salle Sainte-Geneviève, n° 3, service de M. Roger. Une insomnie opiniâtre, des rôves bruyants et loquaces, une toux opiniâtre et souvent suivie de vomissement, avaientfait administrer 1 0 gram. de sirop diacode et une pilule de 2 cenligr, d'extrait thébaïque chaque soir pendant 13 jours consécutifs, sans en obtenir le moindre effet. Le 14'' on remplaça cette médication par une cuillerée à bouche de iO grammesde sirop de narcéine, ce qui, à la dose ordinaire de 25 centigr. pour SOO grammes de sirop de sucre, fait 1 centigramme de narcéine par jour. L'insomnie et l'agitation persistent encore trois jours, mais le 17 elles ont beaucoup diminué, et le 20 il n'y a plus de subdélirium loquace, le sommeil est paisible et calme et dure la plus grande partie de la nuit. {Bull, de ihêrap., janvier.)
Ces bons effets sont d'autant plus incontestables que l'emploi préalable du sirop diacode et de l'extrait thébaïque fournit un lerme certain de comparaison. Il y a cependant des cas complètement identiques où la morphine se montre supérieure à la narcéine, ce qui dépend sans doute de certaines conditions individuelles. Il ne faut donc pas conclure à une supériorité absolue; il faut observer.
Morphine. Voy. Injections sous-cutanées.
IVÉCROLOGIE. Atïbene.'savantpharmacologiste italien, et placé comme tel le premier dans les conseils du gouvernement, a succombé le 1" juin. Cet événement a été déploré dans touto l'Italie comme un malheur public.
Alquic, Jean-Alexis-jacques, professeur à la Faculté de médecine de Montpellier, a succombé à peine âgé de cinquantetrois ans. L'excès de travail l'a tué, de môme qu'il avait fait ses brillants succès. Fils de ses œuvres et grâce au concours où sa valeur et son mérite éclataient au grand jour, il parcourut successivement tous les degrés de l'échelleacadémiqueà la Facnllé,
NÉCROLOGIE. 475
qu'il a de nouveau illustrée par son talent et son savoir. Aussi ses œuvres perpétueront sa mémoire dans l'histoire de cette Faculté.
Bafignc, Jean-Pierre, docteur et professeur agrégé de la Faculté de médecine de Montpellier, chirurgien de l'hospice de la Miséricorde, chevalier de la Légion d'honneur. Après avoir consacré la première moitié de sa vie à ses études, à la science, aux concours, il se dévoua avec le même zèle et plus d'aptitude encore à la pratique dans la seconde, et devint ainsi le praticien le plus renommé et le plus occupé de la ville et des environs.
Banchct, agrégé de la Faculté de médecine, chirurgien de l'hôpital Saint-Antoine, a été enlevé à trente-neuf ans par un érysipèlephlegmoneux, suite d'un pansement chirurgical exécuté avec une piqûre à la main. Il a été ravi ainsi à l'affection toute paternelle de son maître, le professeur Velpeau, dont il était devenu l'élève favori, titre que d'autres beaucoup plus distingués n'ont pu conquérir.
Bazin, médecin en chef de l'Asile d'aliénés de Bordeaux et professeur h la Faculté des sciences, venait de recevoir la décoration de la Légion d'honneur comme la plus juste récompense qui peut être accordée au mérite et à un travail persévérant et constant, lorsqu'une attaque d'apoplexie foudroyante le frappa inopinément à soixante-neuf ans, étant président ds la Société de médecine. De simple laboureur, ne sachant ni lire ni écrire à dix-huit ans^ il s'est ainsi élevé, malgré tous les obstacles de la pauvreté et de l'isolement, aux premières places qu'un médecin puisse occuper en province; preuve de la toute-puissance du travail allié à une honorabilité, à un dévouement humanitaire et confraternel que personne ne dépassera jamais. Aussi sa vie mérite-t-elle d'être retracée pour servir de modèle et d'encouragement aux générations futures.
Beau, médecin de la Charité, membre de l'Académie de médecine, est mort retiré, ignoré, sans bruit ni ostentation, comme il avait vécu. Malgré des travaux do premier ordre sur la physiologie et la pathologie du cœur et des recherches nombreuses sur plusieurs autres sujets, il est mort sans atteindre le but de sa vie entière et de tous ses travaux : l'enseignement, auquel son esprit original, hardi, indépendant, investigateur,
ÎSÉCROLUGIK.
le rendait plus propre que tant d'autres qui lui furent préférés. Son isolement des luttes et des coteries de l'Ecole en fut l'unique cause; mais il n'en laissera pas moins une mémoire chère à la science qu'il a tant i;ultivée et à tous ceux qui en font leur culte. Puissent ses enfants et petils-enfanis recueillir les fruits qu'il a si laborieusement semés!
Béraud, arrivé à Paris jeune, inconnu, sans protection, était devenu par le concours élève des hôpitaux, prosecteur, chirurgien du bureau central, malgré tous les obstacles. S'il avait échoué à la Faculté do médecine, il n'avait pas renoncé pour cela à l'enseignement. Il démontrait bien ; il mettait une parole abondante et animée au service d'une grande instruction ; en un mot, il fut un de ceux qui contribuèrent à maintenir l'enseignement libre des hôpitaux aussi haut que l'enseignement officiel.
Aussi le succès couronnait-il ses laborieux efforts. Ses travaux étaient récompensés par l'Institut et un grand succès de vente accueillait son Traité de physiologie, uu Manuel de chirurgie publié avec le patronage de M. Velpeau, et son splendide Allas d'analomie chirurgicale. Il venait d'être nommé chirurgien de l'hôpital Saint-Antoine et touchait même au bonheur domestique, lorsque la mort le surprit subitement à la fleur de l'âge, au moment où ses espérances allaient se réaliser,
Betschler (J.-'W,). Un des accoucheurs les plus consommés de l'Allemagne, placé pendant trente-six ans à la tête des études obstétricales et gynécologiques de l'Université de Breslau. Il a succombé à soixante-huit ans. De nombreux travaux remarquables, notamment sur la difformité du bassin, perpétueront son nom.
Bixio, Jacques- Alexandre, quoique n'ayant eu du médecin que le titre, et connu exclusivement comme savant économiste et homme politique, était fait pour en honorer la profession par sa haute intelligence, son esprit pratique, sa haute probité scientifique, son cœur bienfaisant et généreux, sa droiture et toutes ses vertus civiques. Nommé ambassadeur à Turin après la révolution de février, il siégea ensuite à l'Assemblée nationale, dont il fut vice-président. Nommé le premier, ministre de ■ r agriculture et du commerce, par le président de la République, il lui offrait sa démission quelques jours après pour des diver-
NÉCROLOGIE
gences politiques. Jamais Bixione transigea avec sa conscience. 11 fut le. vir probus de ce temps comme dans toute sa vie.
Bnchez. Quoique médecin, c'est plutôt comme homme politique, moraliste et historien qu'il s'est distingué. Ses nombreux ouvrages en témoignent hautement. Mais c'est surtout comme homme juste, honnête, modéré, indépendant, intègre et vertueux qu'il était connu parmi tous ses nombreux amis politiques. Aussi fut-il nommé président de la Chambre, c'est-àdire au poste le plus élevé alors de l'Etat, par la seule force de ces mérites que la phalange d'hommes distingués et généreux que i'avénement de la Répuplique amena à la Constituante, en 1 848, se plaisaient à reconnaître, à admirer en lui. Témoignage éclatant et irrécusable de ce qu'étaient les tendances de ce gouvernement populaire et les hommes qui le dirigeaient. 11 vivra et sera admiré comme un exemple de ce vir probus antique qui lui donne sa place dans l'histoire contemporaine.
a L'inaltérable amour du beau, a dit le docteur Cerise, son dis- » ciple et son ami, la recherche infatigable du vrai, l'énergique v> volonté du bien, ont marqué chacun des jours que Bûchez a »* passés sur la terre; à la joie supérieure du beau, du vrai et » du bien, il avait sacrifié toutes les joies secondaires, même » les plus légitimes, plaisirs dans la jeunesse, bien-ôlre dans » lâge mûr, sécurité dans la vieillesse, il avait tout immolé » sans jamais en éprouver un regret »
De tels hommes, de tels caractères, sont trop rares pour n'être pas cités en exemple à tous.
Busseiuakcr, savant médecin hollandais ayant consacré sa vie aux recherches d'érudition. 11 était venu se fixer à Paris pour mieux s'y livrer, attiré par MM. Litlré et Daremberg, dont il fut le collaborateur et l'ami. C'est assez dire son mérite.
Cerioli, Gaspardo, médecin et professeur distingué, auteur d'importants travaux de matière médicale, notamment sur la nicotine, et dont les observations sur la transmission de la syphilis par la vaccine ont eu un grand retentissement, est mort à Crémone âgé de quatre-vingt-quatre ans.
Cheviiiion, président de la Société locale des médecins de l'arrondissement de Yitry-le-François, dont la fondation est due
NfiCHOLOfJllî.
à son inilialive inlolligenlo, généreuse et empressée. Cliampion décidé des droits du médecin dans la société, il était résolu à tout faire pour leur triomphe, et il avait accepté ainsi de se mettre h la lôte de plusieurs institutions utiles de l'arrondissement, où ses prééminentes qualités, son savoir, sa vaillance, son honorabilité l'avaient appelé. Une aiïeclion cérébrale l'enleva en peu de jours, à l'âge do quarante-huit ans, victime ainsi de son dévouement à sa profession, à ses confrères!
Chrétien (V.), chevalier de la Légion d'honneur et officier de l'instruction publique, pour ses nombreux et éclatants services publics. Par son assiduité aux séances de la Société médicale du Haut-Rhin, et sa part active à ses travaux, il en fut nommé président à trois reprises successives , honneur bien rare qui témoigne de l'estime et de la confiance dont il jouissait parmi ses confrères.
Van-Coetscm, professeur émérite à l'Université de Gand, médecin en chef de l'hôpital civil, membre titulaire de l'Académie royale de médecine, est décédé à soixante-dix-sept ans, peu de jours après que le roi Léopold venait de le nommer officier de son ordre. Far les nombreux services qu'il avait rendus dans sa longue carrière, autant que par son honorabilité, tous les corps savants auxquels il appartenait ont tenu à honneur d'exprimer publiquement les regrets que la mort de cet infatigable travailleur leur inspirait.
Debout, rédacteur en chef et propriétaire du Bulletin général de Ihérapculique, auquel il avait su donner, par un choix judicieux et pratique des travaux qu'il admettait dans ce recueil, une valeur qui ne pourra que difficilement être surpassée. Convaincu de l'importance de la thérapeutique, il y donnait tout son temps et ses soins. Aucun travail sérieux ne lui était étranger. Il succomba à la peine à moins de soixante ans.
Des Gtangs, Pierre, était un de ces jeunes chirurgiens militaires dont la chute du premier Empire brisa pour ainsi dire la carrière. Retiré dans son pays natal, le docteur Des Etangs montra que le médecin peut acquérir de la gloire parmi ses concitoyens, dans le calme de la paix comme sur les champs de bataille. Elu successivement maire de sa commune, conseiller (lu département, il fut récompensé de sa vie laborieuse et chari-
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table par la décoration de la Légion d'honneur, et monrut à soixante ans à peine, regretté de tous ses compatriotes et do tous ceux qui l'avaient connu.
Dieudonné, Joseph, président de la Société des Sciences médicales et naturelles de Bruxelles, à laquelle il donna, par ses soins incessants, toute l'aulorilé et la notoriété qu'elle a dans le monde médical, rédacteur principal du Journal de médecine, de chirurgie et de pliarmacologie , qu'il fonda en 1842, pour servir d'organe à ses travaux, a succombé, à l'âge de cinquantecinq ans, le \ 0 août, après avoir consacré sa vie entière au progrès de la science. Sans relater tous les titres honorifiques de ce savant et estimable médecin, ceux qu'il s'acquit comme publiciste et ami de la science, dans les deux œuvres précédentes, et le succès qu'il en obtint, suffisent pour l'immortaliser. Grâce à son Journal mensuel, le plus vaste répertoire encyclopédique des sciences médicales qui existe peut-être, la Société dont il était le représentant compte partout des membres ou des lauréats. Aussi sa mémoire est-elle impérissable comme les deux œuvres confondues en une seule, dans laquelle j! s'est pour ainsi dire incarné.
Diissnrgey, médecin des plus renommés de Lyon, sa ville natale, est une de ces nombreuses victimes delà science, dont le martyrologe s'augmente tous les jours. Après une vie toute de pratique et de dévouement à ses malades, esclave de ses devoirs, il en est mort victime. Une piqûre qu'il se fit en pratiquant une autopsie judiciaire le précipita dans la tombe, à l'âge de soixante-dix ans, alors que plein de vie et de santé, il eût pu rendre encore de nombreux services.
Ferguson, accoucheur de la reine Victoria, et l'un des représentants les plus distingués des sciences médicales en Angleterre, est mort subitement, le 25 juin, à soixante-cinq ans, enlevé par une affection organique du cœur, qui l'avait forcé à la retraite depuis plusieurs années.
fontcncan, Adolphe, dont le nom signifiait: probité, dévouement, énergie et haute intelligence, est mort à Oran, le \ 0 juillet, à l'âge de trente-sept ans, martyr de son dévouement. Il était si dévoué à tous et partout, que l'an dernier, quand l'épidémie décimait A'in-Temouchent, lui parlait volontairement
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comballre le fléau, alors que deux autres confrères l'avaient précédé dans cette tâche et en avaient élé vaincus. A deux reprises, il fut assez heureux pour sauver les populations , mais il revint avec le germe de la maladie qui l'a conduit au tombeau.
Garnicr, docteur en médecine, ancien maire de Neuillysur-Seine, s'est distingué en mourant, comme pendant sa vie, par le bien fait à cette commune et à ses pauvres. Il a légué GO, 000 francs à la commune, 10,000 francs au bureau de bienfaisance, 500 francs aux pauvres, et à chacun de ses domestiques, une somme suffisante pour les dispenser de servir d'autres maîtres.
Gaudet, président de l'Association locale de Châtillon-sur- Seine, l'ancien médecin si bien connu des bains de Dieppe dont il fut le fondateur pour ainsi dire, poste qu'il occupa pendant vingt-deux ans et où il composa un ouvrage sur les bains de mer toujours utilement consulté. Ce médecin instruit, distingué, a succombé à soixante-cinq ans, dans la retraite qu'il s'était choisie au lieu de son enfance, près de sa vieille mère qu'il aimait et honorait tant, et qui a eu la douleur de lui survivre. Avec lui a disparu un représentant de l'école des Corvisart, des L'Herminier, Gueneau de Mussy, Guersanl, Chomel, dont il avait été et l'élève et l'ami.
Gimellc, Pierre-Louis, membre et trésorier de l'Académie de médecine, ancien chirurgien militaire, officier de la Légion d'honneur, a succombé le 19 juin à une attaque d'apoplexie, âgé de soixante-quatorze ans. Sa réputation de parfaite intégrité était son plus beau titre.
Gratîolet, Pierre^ professeur de zoologie à la Sorbonne, chevalier de la Légion d'honneur. Frappé d'apoplexie à quaranteneuf ans, le lendemain du jour où une justice trop tardive venait d'être rendue à son mérite transcendant. Sa belle vie, aussi savante et honorée que modeste, était d'accord avec ses doctrines spirituahstes. Sa mort a été marquée par un cri unanime, général, universel de regrets, comme un témoignage solennel rendu à ses qualités, à ses vertus. La France a perdu en lui le plus distingué de ses naturalistes, la science un de ses plus féconds interprètes.
NÉCROLOGIF.
Ciuardia, D. José de. Doyen en retraite de l'ancienne Faculté de chirurgie de Madrid, a succombé le 18 janvier, à soixantetreize ans. Pendant plus de cinquante ans, il fit le service des maladies des yeux de l'hôpital général et acquit une grande renommée dans celte spécialité.
nerpin (de Genève), mort à Paris, le 14 juillet à la suite d'une longue maladie. Ancien interne des hôpitaux, il s'était distingué par une pratique heureuse et savante dans son pays, lorsqu'il crut avoir trouvé le remède curatif de l'épilepsie. 11 vint dès lors se fixera Paris et publia à celle occasion son Traité clinique sur le pronostic el le traitement curatif de re'p?7epsie couronné par l'Institut, Comme spécialiste, sa dignité, son honorabilité professionnelle n'eut rien à souffrir. La guérison do l'épilepsie était chez lui [une conviction, une foi sincère, et il suivait l'étude et les effets du traitement de ses malades avec un véritable dévouement.
niflelsheim, Edmond Léonce, qui s'était voué avec passion à l'étude de l'électrothérapie, a été enlevé à trente-sept ans, alors que ses travaux en collaboration avec des savants de premier ordre comme M . Uobin, et couronnés par l'Académie des sciences, autorisaient à espérer en lui un vaillant chercheur de la vérité scientifique. La science doit donc en porter le deuil.
Jouet, ancien chirurgien des armées impériales succombant à soixante-dix ans, aux suites d'une infection putride contractée iar\s l'exercice de sa profession, à Isigny (Calvados), est un autre modèle de dévouement à citer.
Kîrkcs, médecin et professeur à l'hôpital Saint-Barthélemy, [le Londres, examinateur au collège royal des médecins, a suc- :ombé à une pneumonie, à l'âge de quarante et un ans. Une intelligence d'élite, fécondée par un travail soutenu, une observation opiniâtre, l'avait conduit à la position éminente qu'il occupait, Malgré son âge peu avancé, il jouissait d'une grande autorité )armi ses confrères; il en était aimé et respecté; ses travaux mr l'embolie l'ont placé à côté de Bouillaud et de Virchow , car i'est à lui qu'est due la découverte de V endocardite ulcéreuse. En iislinguant des phénomènes d'embolisme produits par de gros :aillots, de certains symptômes typhoïdes, coincidanl avec la ïrésence de petites concrétions granuleuses, il élucida celte nou-
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velle espèce pathologique dont l'observation est aujourd'hui bien avorée (voy. FNnocAnnrrr,). Son Manuel de physiologie l'avait rendu populaire piirmi les étudiants.
Lcjcunc, Ernest, médecin militaire belge qui , plein de savoir el d'avenir, s'élait engagé dans la légion belge-mexicaine, comme médecin do régiment. Il fut tué lâcljement après le combat de Tacamburo, pendant qu'il pansait un blessé mexicain, et succomba ainsi victime d'une noble ambition el du dévouement médical, à vingt-neuf ans I
iMmarchand, Albert, ancien interne des hôpitaux do Paris, succombant à vingt-huit ans, à Bordeaux, d'une fièvre typhoïde contractée en visitant ses malades.
Lombcrt, Jean-Bapiisle^ praticien très-estimé do Paris, où il est mort, lo 14 juin, trois mois aprèsavoir été honoré de ladécoration do la Légion d'honneur, unique récompense do (rente ans de pratique, de dévouement el d'abnégation pour les pauvres malades de son quartier.
I.oreboulict, doyen de la FacuUé des sciences de Strasbourg, et directeur du Musée d'histoire naturelle, a succombé prématurément à soixante et un ans. Sa vie entière fut consacrée au service de la science, ainsi que l'attestent de nombreux travaux; service aussi zélé, laborieux que désintéressé.
Macquct, Louis-Jules, l'ancien interne distingué et lauréat dos hôpitaux de Paris de 1844 à 1850, a succombé à quarantequatre ans à peine, chirurgien de l'hôlel-Dieu d'Angoulême, alors qa'il avait conquis la conQauce de toute la population de cette ville, autant par son savoir, son habileté et ses succès que par sa douceur, sou affabilité et son dévouement à ses malades.
Malgaigae, Joseph- François, professeur de médecine opératoire à la Faculté de médecine de Paris, président de l'Académie de médecine, a succombé le 1 9 octobre, à peine âgé de soixante ans. Il y avait à peine huit mois que, présidant pour la secondd fois l'Académie, il avait été frappé de congestion sur sa chaise curule, el depuis il n'avait pas recouvré sa brillante intelligence ni les traits de son esprit. Orateur éloquent et spirituel, écrivain érudit, fécond et pénétrant, il communiquait à tous les
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A^ts qu'il Irallait un intérêt nouveau et inconnu. Le paradoxe ,'tait lo trait remarquable de son esprit. Historien, comme en ' noignent plusieurs travaux d'érudition et notamment son édita magistrale des œuvres d'A. Paré, il se montra surtout i hirurgien savant etcritique dans son excellent Manuel de médel ino oporaloii-e, dont les éditions se sont succédé et dont le succès lui survivra, dans son beau traité des Luxations et fractures et tant d'autres oeuvres remarquables; mais aussi, lui qui n'avait vécu que par l'esprit, est mort aussi par là, suivant les [)^v^\es de l'Écriture, car il en avait usé et abusé. Le corps iné lical a perdu en lui le plus brillant représentant de la chirurgie française.
iTlarx, l'ancien aide de clinique de Dupuytren et son secrétaire particulier et intime, a quitté la vie sans bruit, sans éclat, comme il avait vécu. Sa vie médicale fut intimement liée à celle de son maître; elle s'y rattache par ses leçons clinique?, publiées en collaboration avec M. Brierre de Boismont, et par plusieurs autres actes. Il est mort à soixante-huit ans.
. Iflelays, Marie-Louis, chirurgien à l'hôlel-Dieu de Rouen et des asiles d'aliénés, professeur à l'École de médecine, etc., est mort le 8 août, à cinquante et un ans. Tous ces litres attestent assez le mérite de ce médecin distingué, et le concours de toutes les autorités de la ville et d'une foule empressée ont témoigné du crédit et de l'honorabilité dont il jouissait autant que des regrets que cetlo mort prématurée a excités dans toute la population rouennaise.
Mercadier, médecin aide-major à l'ambulance de Pachuca {Mexique). Tombé mort au milieu du détachement du 2® zouaves qu'il accompagnait et qui fut attaqué traîtreusement le 28 janvier dans une gorge de la Huasteca.
Mollard, Charles-Louis, dont le nom était devenu populaire et des plus honorés dans sa ville natale, à Chambéry, par lès nombreux services qu'il lui rendit toute sa vie, est mort le 5 février, aussi généralement regretté qu'il avait été aimé.
Itlorel-Lavallée, chirurgien do l'hôpital Beaujon, modèle d'un travail persévérant, opiniâtre, êt de probité professionnelle, a succombé le 29 avril, à cinquante-quatre ans. Son
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caractère brusque, sa loyauté scientifique, l'empêchèrent d'arriver à la position éminenle dont son mérite était digne. Les distinctions dont il fut l'objet furent toutes dues à des travaux sérieux, dont plusieurs furent couronnés par les Académies de médecine et des sciences. Tels sont principalement ses mémoires sur la cystite cantharidienne, les fractures de la mâchoire, les hernies du poumon, l'hydropncumolhorax, les fractures de la clavîculii, un signe pathoijnomoniquc de la rupture du péricarde, etc. Mais en ne voulant devoir ses succès qu'au travail, il négligea les hommes, qui ne se préoccupèrent pas de lui, et c'est ainsi que sa mort n'a pas eu le retentissement qu'une si grande perte pour la science devrait toujours exciter. Il ne pouvait trouver sa récompense que dans le ciel.
Mott, VaJentine. Le plus grand chirurgien des Etats-Unis, a succombé à New-York, le 26 avril, à quatre-vingts ans. Son habileté et sa hardiesse opératoire ont rendu son nom universellement! célèbre, à l'égal des Cooper et des Dupuytren, et élevé la chirur-gie américaine à l'égal de celle d'Europe. Dès <816, il pratiqua heureusement l'amputation coxo-fémorale. Le premier, en Î818, il osa porter une ligature sur le tronc brachio-cépha-lique à 2 pouces seulement du cœur, opération qu'il eut la joie? devoir couronnée d'un entier succès avant sa mort. A. Cooper, , dont il était l'élève, répondit en apprenant cette nouvelle:; « Je préférerais être l'auteur de cette opération que de toutes f celles que j'ai inventées. » Il lia aussi le premier l'arlèrea iliaque avec succès, en 1827. Sept ligatures heureuses de la) sous-clavière, 1 6 amputations du maxillaire inférieur, 46 liga-lures de la carotide primitive, 7 de l'iliaque externe et 52 de? la fémorale, 165 lithotomies, et 1000 amputations, environ, , constituent l'avoir pratique de ce grand chirurgien, sans conip-ler toutes les petites opérations qui en sont comme la menue? monnaie. Fondateur de l'Académie de médecine de New-Yorki et du collège médical de l'université de cette ville, il fut élni ensuite correspondant de tous les principaux corps savants deî l'Europe. Sa mémoire est donc impérissable, sinon par ses tra-vaux de littérature, au moins par les progrès qu'il a imprimés à i la chirurgie.
IVaudin, Pierre, professeur honoraire de l'Ecole préparatoire de médecine de Toulouse, ancien membre du jury médical I
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du département, membre libre de la Société impériale de médecine locale, membre adjoint correspondant de l'Académie de médecine de Paris, etc., etc., décédé à Toulouse, le 13 mars, dans sa quatre-vingt-deuxième année. Ce vénérable doyen des médecins de Toulouse a emporté les regrets de tous pour les services rendus à la science dans sa longue carrière et l'exemple d'activité et d'exactitude à ses devoirs professionnels qu'il a toujours montré.
Pacheiisteclicr, Karl, célèbre ophthalmologiste, médecin en chef de l'hôpital d'Herfeld, a succombé dans cette ville, à de longues souffrances, âgé de quarante et un ans.
Paiiloux (M™''), née Elisa Haumontë , femme d'un honorable confrère, est décédée, sans enfants, le 6 juin 186 4, dans un petit village de Saône-et-Loire, en laissant les dispositions testamentaires suivantes, qui doivent immortaliser son nom dans les annales de la médecine comme celles de la bienfaisance :
« Je lègue à la commune de Saint-Ambreuil, canton de Sennecey, déparlement de Saône-et-Loire, pour ma part, notre domaine entier dans ce village, avec le mobilier, nos objets d'art et nos souvenirs de voyage et, de plus, le restant de ma propre fortune, soit en maisons à Paris, soit en capitaux placés sur l'Etat ou sur des particuliers, à la charge de ne jamais aliéner ce domaine et d'y assurer, à perpétuité, la résidence d'un docteur en médecine, avec 10 00 fr. de rente, en toute provenance de moi ou de mon mari, pour l'aider à vivre convenablement dans ce petit village, à condition qu'il soignera gratuitement, à domicile ou dans un asile, les gens nécessiteux de la commune; à charge en outre, à la commune, d'établir et de fonder à perpétuité dans ce village même, un asile modeste pour les invalides de l'agriculture, où ceux de Saint-Ambreull d'abord, ensuite ceux des communes les plus voisines, seront logés et secourus en proportion des ressources que nous laisserons, moi et mon mari, à ce sujet. »
En laissant à son mari l'usufruit de ses biens, cette dame a laissé deviner, par ces dispositions , un tendre accord tacite entre eux à assurer aux pauvres de bons soins dans la maladie.
Paiitiiin, Eugène, mort des suites d'une piqûre anatomique
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qu'il s'était faite en pratiquant une autopsie en sa qualité d'inlorno.
Pirla, liaffaele, le Licbig italien, a succombé le 18 juillet, Agé de cinquante ans seulement, alors que l'Italie avait tuiil à attendre de son zèle et de son talent.
Renandin, directeur de l'asile de Maréville, un des représentants les plus autorisés de la médecine mentale en province.
Itcweil, docteur en médecine et ès sciences, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris et de l'École de pharmacie; pharmacien de l'hôpital des Enfants. Tousces titres, gagnés par un long travail opiniâtre et incessant, ont été perdus en un cim d'oeil ainsi que l'avenir brillant qu'ils promettaient à leur auteur. Une mort subite, survenue le 6 juin, l'a enlevé à sa famille, à la science et à ses amis.
Rigal, de Gaillac, chirurgien très-distingué et bien connu sous ce nom de tout le corps médical, a succombé le 26 octobre à une longue et douloureuse maladie, survivant ainsi de quelques jours à peine à son amiMalgaigne.Ex-conslituanlen 1 8 48, correspondant de l'Académie de médecine, M. Rigal était un des chirurgiens les plus connus elles plus habiles delà province. Il a ainsi illustré sa ville natale.
. Rollaniie, du Plan, médecin à Châleaurenard. Personnification do la charité, que l'exercice de sa profession parmi les classes pauvres le mit à même de faire avec abondance. Plus d'une fois il se dépouilla du linge qu'il portait pour en faire aussitôt profiter le malade. Son testament a été le digne couronnement de sa vie. Il a légué sa propre maison, belle et vaste, pour en faire un hospice, ainsi qu'une somme de 2000 fr. à la Caisse des retraites de l'Association générale des médecins de France.
Scmnioia, GiuvaniU, l illustre thérapeutiste italien qui fut le réformateur do cette branche de l'art par ses ouvrages sur la préparation, l'action et l'usage des médicaments, et son Tryilé de pharmacologie et de thérapeutique, est mort à Naples à soixante-douze ans. Sous la tyrannie bourbonnienne, il fut exilé et emprisonné à cause de son libéralisme, et par contre
NÉCROLOGIE
élu député à la révolution de 1 8 48. Il voulut être enterré sans éclat et mourir aussi simplement qu'il avait vécu.
Southcy, ancien médecin de George IV, professeur de médecine, inspecteur et auteur do plusieurs travaux sur les maladies mentales dont il avait fait sa spécialité, est mort à Londres le 1" juin, à quatre-vingt-deux ans.
■ Sta^ss, qui pratiqua le premier en France la section du tendon d'Achille, est mort à Strasbourg dans un âge avancé.
Suc, Anloiiie, médecin en chef de l'hôtel- Dieu de Marseille, une des plus anciennes illustrations du Midi, mort à un âge avancé.
Taché, quivient de succomberauCanada, premierminislredu gouvernement, n'a pas moins droit à nos hommages. C'estlui qui, après avoir combattu en 1812 pour empêcher l'incorporation du Canada à la couronne d'Angleterre, fît ensuite celte mémorable déclaration : « Que le dernier coup de canon tiré par la suprématie anglaise en Amérique, le serait par un Canadien français. » Il déposa son épée après la guerre, se fil recevoir docteur, et exerça plusieurs années avec succès. Mais la politique réclamait un si vaillant patriote. Il fut nommé deux fois premier ministre, aide de camp do la reine et décoré de sa main pour ses bons services. La France et les Français n'ont qu'à s'honorer d'un tel patriotisme.
Tourcite, Léonce, ancien chirurgien , a succombé à Toulon, où il s'était rendu spontanément pour secourir les cholériques par le traitement à l'eait /"roîde, qu'il croyait infaillible et que l'invasion foudroyante du mal ne permit pas même d'employer pour lui. Si celui qui succombe au poste d'honneur est digne d'éloges, combien l'est plus celui qui, quittant par conviction sa paisible demeure, sa femme, ses enfants, va courageusement' au-devant du danger! Il y a plus que du devoir, c'est un dévouement héro'i'que qui mérite le respect et l'admiration.
Trastour, Nicolas^ chirurgien principal d'armée, mort, à quatre-vingt-six ans, le 1 8 décembre -1864. Membre correspondant de l'Académie de médecine, vétéran distingué de celle illustre phalange qui porta si haut la gloire de la chirurgie militaire de la République à l'Rmpire, et de rRmpiro à la Restau-
NÉCIIOLOGIK.
ration. Il fil école à l'hôpital de Toulon, comme chirurgien principal, par son zèle, sa ponctualité militaire autant que par ses traditions opératoires. La mort qui l'avait respecté sur les champs de bataille d'Ulm, Austerlitz, Saint-Léonard, Wagram, Moscou, et dans l'épidémie cholérique de 1 832, est venue le frapper dans sa ville natale, à Antibes,où il s'était retiré et se consacrait au bonheur de sa Tamille et de ses conciioyens. Anlibes en ressentant vivement sa perte, devrait en consacrer le souvenir par une statue élevée à ce chirurgien éminent et dont la via l'honore.
TucITerd, Georges-Frédéric, de Montbéliard, le condisciple, le rival d'études et l'ami des Marjolin, Magendie, Roux, Breschet, et Dupuytren, a succombé en vrai patriarche, à l'âge de quatrevingt-cinq ans et neuf mois. Comme ses illustres collègues, il eût pu chercher à Paris une célébrité queson intelligence et son activité lui promettaient, il préféra être utile à ses compatriotes, et pendant cinquante-huit ans il se livra à l'exercice rude mais essentiellement utile de la pratique rurale. Sa notoriété et ses travaux sur les revaccina lions, dont l'un des premiers en France il se fit le promoteur, le firent nommer correspondant de l'Académie de médecine. Il est mort vénéré de plusieurs générations de ses concitoyens, en laissant un fils continuer sa carrière et ses excellentes traditions.
¥alcnciennes, Achille, l'ami de Humboldt et le collaborateur de Cuvier, dut surtout a ces titres ceux de professeur au Muséum d'histoire naturelle, membre de l'Institut, professeur à l'École de pharmacie et maître de conférences à l'École normale. Mort le 15 avril, à la suite d'une longue et douloureuse maladie.
Versini, Dominique-Vincent, médecin des plus honorés de la Corse, président de la Société locale, ancien inspecteur des établissamentsdebienfaisanceetmembre du Conseil général, décédé h Ajaccio, à l'âge de soixante-dix-huit ans.
Voillemier , vétéran honoré des praticiens , est mort à Senlis, président de la Société locale, en laissant un legs de 500 fr. à la Caisse des pensions viagères d'assistance de cette Société.
IVachsmntli, ^do/p/jf, professeur de pathologie spéciale et
NÉFROZYMASE.
de clinique à l'Université de Dorpal, enlevé à la science lo 15 avril, à trente-huit ans.
NÉFROZYMA.SE. Conduit par ses recherches surla zymase des fleurs et la matière albuminoïde que la plupart des glandes ou même des muqueuses sécrètent dans certains états etqui agissent sur les matières transformables comme les zymases sur le sucre, la fécule et les glucosides, M. Béchamp a étudié celle qui pouvait être sécrétée par les reins et exerçant son action sur l'urine. C'est la matière albuminoïde ferment de l'urine, qui s'obtient par diverses préparations mêlée de phosphate terreux calcaires et magnésiens. On en démontre l'existence par sa propriété de fluidifier l'empois de fécule et de saccharifier celle-ci commela diastase et la syalazymase. 11 est donc du même genre. De là son nom de Néfroztjmase.
Elle existe dans l'urine normale des deux sexes avec la même activité aux différents âges en quantité variable. Elle s'élève jusqu'à 6 décigrammes environ par litre d'urine. Elle varie le jour et la nuit, et suivant la nourriture prise. La moyenne dans les vingt-quatre heures étant de 55 centigrammes environ, chez l'homme, et de 4 décigrammes seulement chez la femme. C'est dans l'enfance que la sécrétion paraît en être la plus abondante. Une alimentation animalisée lui fait atteindre son chiffre le plus élevé. Elle augmente du triple sous l'influence de l'exercice. - C'est donc là une matière différente de l'albumine et de l'albuminose, puisqu'elle existe toujours et presque exclusivement dans l'urine normale et l'état de santé le plus complet ; tandis qu'elle se rencontre moins constamment et en plus faible quantité dans l'état pathologique. L'urine des femmes enceintes en présente surtout des quantités notables. Elle a été constatée dans plusieurs maladies ctiguës et chroniques, n'ayant entre elles aucun rapport. Elle s'est même rencontrée dans l'albuminurie. II suffit pour en constater la présence de mettre l'urine en contact avec l'empois de fécule qui en est dissous en peu de temps. Et comme une preuve de la nature protéique do ce ferment bien différent de l'albumine, c'est que les urines les plus riches en albumine sont précisément celles qui ont le moins d'action sur cet empois. {Montpellier méd. , mars, juin et août.)
De la néfrozymase dans les affeclmis des centres nerveux. Thèse inaugurale subie à la Faculté de Montpellier par M. Louis Leblond.