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STÉ0GÉN1E

De nouvelles expériences ont été faites à cet effet à Bruxelles et à Paris, à peu près simultanément, là sur un chien, ici sur des lapins, en raison de l'aspect lisse et parfaitement uni du canal osseux chez ces animaux, sans aspérités ni lamelles osseuses. Le 10 mai 1865, M. Goujon en réséquant 3 centimètres de la diaphyse du fémur, sur deux jeunes lapins, put ainsi extraire de ce fragment, en le brisant, un petit cylindre de moelle rouge, assez résistante et parfaitement homogène. Sur l'un de ces animaux, on greffe ce fragment de moelle sous la peau; sur l'autre, dans la profondeur des muscles de la cuisse. Placés ensuite dans de bonnes conditions, ces deux animaux se rétablirent promptement et, sacrifiés le 5 juillet, deux mois après l'expérience, le premier ne présente aucune saillie sous la peau ; la moelle avait été complètement résorbée et l'on trouvait à peine quelques traces de l'opération qu'il avait subie. Chez le second, au contraire, on percevait une petite tumeur résistante et peu mobile.. Enlevée immédiatement, elle se montre composée de deux parties très distinctes : l'une, celle qui adhérait aux muscles, était composée de six petites lamelles osseuses, se louchant toutes par un de leurs côtés et formant ainsi un petit canal hexagonal d'un centimètre de long, -parfaite-^ ment régulier et dajis lequel se trouve de la moelle encore rouge. L'autre partie de la tumeur était constituée par de la moelle à l'état graisseux, rappelant assez exactement la moelle des vieillards. (Soc. de biologie, avril.)

Ces premiers résultats sont indécis et ne résolvent pas la question. En se répétant, ils pourront devenir plus concluants et il serait surtout intéressant de chercher à les obtenir comparativement avec la moelle et le périoste, en faisant les résections sous-périostées. On aurait ainsi la mesure réciproque du pouvoir ostéogénique du périoste et de la moelle dans des conditions parfaitement identiques et comparables.

C'est précisément ce qu'a réalisé M. le docteur Kops (de Bruxelles). Sur un chien d'un an, parfaitement bien portant, il réséqua avec la gouge et le maillet, le 22 novembre 1865, un fragment de 3 centimètres du côté externe et de 2 du côté interne du tibia, après en avoir préalablement détaché lepérioste qu'il réunit ensuito.au tissu musculaire environnant, avec des sutures métalliques. La moelle fut laissée m situ. La plaie réunie et pansée permet au chien de marcher dès le lendemain; il est gai, bien portant, sans symptômes morbides. Du pus

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sanguinolent s'écoule de la plaie le 27, l'animal marche et mange bien, quoique ayant déchiré, arraché son bandage, lorsque, sans symptômes morbides, il est trouvé mort le 4 décembre au matin, ayant encore bien mangé la veille.

L'autopsie, pratiquée le même jour, montre une entérorrhagie. Du pus sanieux entoure le foyer de la résection. Le bout supérieur du tibia est dénudé par la langue du chien et présente un renflement d'aspect spongieux et rougeâlre, beaucoup plus volumineux que le corps de l'os, se continuant avec le tissu médullaire par un rétrécissement pédonculé et sans rapport avec le tissu compact. Le bout inférieur se continue avec une production de nouvelle formation qui semble dépendre du périoste conservé intact du côté externe, et qui se continue avec le bout supérieur du péroné, fracturé sans doute par les coups de maillet.

11 n'y a donc ici que le renflement du bout supérieur qui paraisse en faveur de la puissance régénératrice de la moelle. Le microscope n'y découvrit, il est vrai, que quelques granules de graisse et des cellules fusiformes de tissu conjorrctif ordinaire ; mais en raison du peu de temps écoulé entre la résection et la mort, l'auteur estime que c'est là une grande présomption pour admettre que plus tard ce tissu conjonclif eût subi la transformation osseuse. (Bull, de fAcad. de méd. de Belgique, n°9 6 et 7.)

Incomplète, cette expérience ne donne et ne pouvait donner que des probabilités; d'autres seulement pourront la rendre concluante pour attribuer à la moelle, comme le veut M. Kops, une part dans bon nombre de cas, surtout chez les enfants, de ces régénérations osseuses rapides, complètes, que l'on rapporte exclusivement au périoste alors même que l'on ne peut dire s'il a été ménagé, conservé. Mais un troisième élément, dont l'auteur ne parle pas, doit entrer ici en ligne de compte : c'est la suppuration dont le rôle effacé vient d'être invoqué de nouveau par M. le professeur Sédillot, pour expliquer également ces mêmes régénérations. Après avoir rappelé qu'une suppuration longue, persistante, a existé dans la plupart des cas récents de reproduction périostique, il insiste sur ce fait : que l'inflammation suppurative provoque, à la surface des tissus qui en sont le siège, une proligération cellulaire extrêmement active et y développe la membrane pyogénique dont les cellules, après son épaississement, sa granulation, au lieu de se changer en pus, se transforment parfois enostéoplastes qui, s'étendant de proche

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en proche, concourent à la formation, la régénération des os. C'est donc une affirmation erronée, d'après le savant professeur, que d'attribuer exclusivement, dans ce cas, la reproduction osseuse au périoste; le plus souvent les sources en sont multiples et le périoste, ménagé avec tant de soin, n'y a qu'une part restreinte. La preuve, c'est que le résultat est à peu près le même, qu'il soit ou non conservé. La régularité de la forme de l'os en est le seul avantage. Les gaines périostées, en fournissant un moule régulier aux cellules osseuses, leur permettent de s'y tasser, d'en suivre les contours et de reproduire un os d'une forme plus exacte et plus normale. Mais la suppuration même refait le périoste enlevé et les ossifications irrégulières, slyloïdes, mamelonnées, lamellaires, les cordons fibreux euxmêmes seraient des reproductions faites par la suppuraiion. (Gaz. de Strasbourg, juin.)

Ce n'est donc plus un seul élément, mais trois que comporte la solution de ce problème. Soulevés tour à tour et séparément, ils se réunissent aujourd'hui pour le compliquer. Comme toutes les questions à mesure qu'on les étudie, celle-ci grandit, s'étend, se complique. A cause de son actualité, il convient de n'en pas dissimuler les difficultés ; les faire connaître est le plus sûr moyen de les résoudre. C'est pourquoi nous rappelons ici qu'elle doit être envisagée sous le triple aspect du périoste, de la moelle et de la membrane pyogénique. Reste à déterminer la part et le rôle de chacun de ces différents tissus dans la régénération osseuse.

Sur la structure, le développement et la régénération des os. Thèse inaugurale soutenue à la Faculté de médecine de Strasbourg, par M. A. Joly (de Montpellier) et ayant obtenu une médaille d'argent au concours annuel de la Faculté. — Voy. Abcès.

OTORRII AGIE . Ligature de la carotide. N'ayant pu l'arrêter par aucun moyen, chez un de ses malades, phthisique de quarante-sept ans, M. Axenfeld pensa à l'ùltima ratio : la ligature, et appela M. Broca à cet effet. Celui-ci, se rappelant que, dans un cas semblable, l'autopsie avait montré la source de l'hémorrhagie dans une ulcération de la carotide interne, au niveau de son trajet dans le canal carotidien, tenta de 'lier cette artère ; mais il lia réellement la carotide primitive, comme l'autopsie le prouva ensuite. L'hémorrhagie cessa

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immédialemeiit, et ne se reproduisit plus jusqu'à la mort arrivée un mois plus tard par les progrès de la phthisie.

Un grave enseignement de ce fait, c'est que la suppression soudaine de celle quantité si considérable de sang artériel dans le cerveau n'amena pas le moindre trouble dans celui-ci. Le malade a continué sa conversation au moment où le vaisseau a été étreint par le fil, sans que le cerveau ait paru s'en ressentir. (Soc. dechir., avril.)

L'hémorrhagie provenait d'une perforation de la carotide interne au niveau de son trajet dans le canal carotidien, par le détachement d'une lamelle de la lame compacte qui sépare ce canal de la caisse du tympan. C'est le huitième cas de ce genre, relaté dans la science, ainsi que M. Jolly l'a monlré en les réunissant et en les interprétant dans un mémoire in Àrch. gén. de méd., juillet.

L'un est celui de M. Chassaignac, relaté dans son Traité de la suppuration. Une récidive foudroyante et mortelle de l'hémorrhagie ne permit pas de pratiquer la ligature. M. Baizeau en rapporte un aussi, en tout semblable, où la ligature de la carotide primitive n'empêcha pas l'hémorrhagie de se reproduire mortellement vingt-quatre heures après. Une double perforation de la carotide interne fut trouvée au niveau de sa première courbure pour expliquer l'insuccès. Un quatrième fait a été observé par M. Sée, et M. Choyau en rapporte un cinquième, mortel en deux jours par l'abondance de l'hémorrhagie, sans que la ligature fût pratiquée, et offrant deux perforations comme dans le troisième.

Dans tous ces cas, l'accident survint à la suite d'une otorrhée chronique, symptomalique d'une carie du rocher, coïncidant, dans les trois premiers, avec des tubercules pulmonaires. De là la prévoyance de ce danger mortel chez les personnes ainsi doublement atteintes. L'ulcération de la carotide, par sa contiguïté à la portion cariée, ou sa perforation simple ou double par de petits séquestres, est donc la cause qui le produit le plus souvent.

Ce n'est pourtant pas là la source unique de celle hémorrhagie; la veine jugulaire interne, le sinus pétreux supérieur et le sinus latéral peuvent aussi la produire. Symo rapporte ainsi le cas d'un enfiint atteint d'écoulement purulent par l'oreille, à la suite d'une scarlatine , qui fui atteint d'otorrhagies répétées peu après, que la ligature de la carotide interne n'arnMa

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