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pas. L'autopsie montra, en effet, l'intégrité de ce vaisseau; le sang provenait d'une ulcération faite au sinus pélreux supérieur par un séquestre du rocher. La clinique médicale de Graves en contient un semblable observé par Porter, si ce n'est que le flot et la couleur indiquaient du sang artériel. Mais Toynbee constata que la carie de la caisse du tympan avait déterminé l'érosion du golfe de la veine jugulaire interne, d'où hémorrhagie et mort. Un écoulement sanguin se manifesta de môme chez un homme atteint de carie du rocher , et ne cessa qu'avec la vie du malade. La carie avait mis le sinus latéral en communication avec la cavité de l'oreille.
De quelque manière qu'il ait lieu, cet accident est donc des plus graves. La couleur du sang et la forme de son écoulement peuvent en faire prévoir l'origine. Une fois la perforation produite, l'hémorrhagie se fait, soit par l'oreille , soit par les fosses nasales ou le pharynx. Le sang peut même s'accumuler entre les os de la base du crâne et la dure-mère qu'il a décollée. Une quinte de toux a été, dans deux cas, la cause déterminante de l'issue du sang. La saignée l'a arrêté dans un cas; le plus souvent, c'est la syncope; mais le remède curatif est la ligature, et encore n'y a-t-il guère d'espoir jusqu 'ici à fonder sur ce moyen extrême. (Voy. Bull, de la Soc. anal. , t. IX.)
OVARIOÏOMIE. L'initiative, qui en était généralement attribuée à Laumonier(de Rouen), en 1784, appartiendrait au docteur Houstoun, qui l'exécuta, en 4 701, aux environs de Glascow (Gaz. hebd., n° 28). La relation de ce fait curieux et concluant se trouve dans le volume XXXIIIe des Philosophical Transactions. Londres, 1826, p. 8.
On a cherché à en expliquer les insuccès par le milieu, par l'influence de l'air ambiant, par la nationalité des malades, dit M. Kœberlé. Plausibles au premier abord, ces propositions ne peuvent guère s'accorder avec les faits. A Strasbourg, il a été pratiqué sept opérations par divers confrères ; toutes les opérées ont succombé. Mes collègues de Strasbourg n'ont pas été plus heureux que ceux de Paris, quoiqu'ils aient opéré dans le même milieu que moi. On ne peut donc pas plus attribuer les insuccès à l'influence de l'air si incriminé de Paris qu'à l'air de Strasbourg. D'ailleurs, 3 succès ont été obtenus à Paris, même depuis 1864, tandis qu'à Lyon une première opération, faite avec succès en 1 862, a
OYARIOTOMIE.
été suivie de quatre opérations devenues mortelles. Trois opérations, pratiquées à Reims, ont également été mortelles; néanmoins, une de mes opérées de Reims a guéri. M. de Krassowski, à Saint-Pétersbourg, a obtenu 3 guérisons sur ses 6 premières opérations; M. Élilling, à Cassel, a fait 10 ovariotomies jusqu'en 1 866, 6 fois avec succès. MM. Battlehner, à Carlsruhe; Nusbaum, à Munich; Schlossberger, à Leipzig; Meslerton, à Upsal, etc., ont également obtenu d'heureux résultats. A Édimbourg, l'ovariotomie a été constamment mortelle jusqu'en 1862; depuis, elle a fourni les résultats les plus remarquables entre les mains de M. Keith; ce n'est pas pourtant la constitution des malades — qui d'ailleurs étaient anglaises — ni le milieu qui ont changé.
Quoi qu'il en soit, l'avenir de cette opération est définitivement assuré, à en juger par ses progrès. L'habile initiateur de la chirurgie moderne en Portugal, le professeur Barbosa, l'a introduite dans ce pays, en la pratiquant pour la première' fois à Lisbonne sur une jeune fille de vingt-quatre ans. Le kyste, dont l'existence remontait à trois ans, était multiloculaire, entouré d'adhérences,. très-volumineux, rempli d'un liquide visqueux si épais qu'il ne sortit que très-difficilement par une grosse canule. Malheureusement, après des espérances de guérison, une péritonite survint et enleva l'opérée le sixième jour. Mais les bases, les succès de cette opération, sont trop bien établies maintenant pour ne pas la répéter devant ce premier insuccès.
Pour son succès même, il n'est pas sans utilité de signaler une nouvelle méprise analogue ù celle que nous avons déjà relatée (voy. année 1865). Au lieu de la rate, c'est le rein qui a été pris pour un kyste de l'ovaire par le docteur Baum, de Gœttingue. La tumeur avait été ponctionnée préalablement et diagnostiquée comme telle par l'issue du sérum. Ce n'est que dix-huit mois après que le liquide s'étant reproduit dans des proportions incompatibles avec l'existence , l'abdomen fut ouvert. Après la division du péritoine, le kyste se montra do couleur rouge bleuâtre avec de nombreux vaisseaux saillants à la surface. Ponctionné, il donna issue à 25 pintes de liquide d'abord clair, puis trouble et purulent à la fin. Mais l'excision fut ensuite rendue impossible par l'étendue et la solidité des adhérences avec l'intestin, notamment le côlon transverse et descendant. La paroi antérieure fut seulement excisée et les
OVAMOTOMIE.
bords réunis avec les parois de l'abdomen par six points de suture. La mort survint le deuxième jour et l'autopsie révéla l'erreur." C'était un kyste du rein gauche atrophié, à parois trèsépaisses, s'étendant de la partie supérieure de la région lombaire à la surface du bassin et remplissant toute la cavité péritonéale de droite à gauche, tellement que tous les organes circonvoisins en étaient refoulés, comprimés (Archiv fUr klin. Chir.). Nouvel avertissement pour rendre l'examen aussi minutieux que possible avant d'opérer.
Contre celte redoutable opération, Scanzoni invoque la récidive qui en serait la conséquence sur l'ovaire non enlevé. Rien j usqu'ici ne prouve la réalité de cette assertion . M. SpencerWells a constaté que l'un et l'autre ovaire sont atteints avec une fréquence égale, et que dans le tiers à la moitié des cas terminés par la mort, l'autopsie a montré que tous deux étaient atteints. Pourtant; la maladie ne débute pas simultanément, car sur les 1 30" premières opérations qu'il a exécutées, il n'excisa les deux ovaires que dans 7 cas, et dans 3 autres seulement l'ovaire non enlevé fut soupçonné malade. Dans 3 cas seulement, l'ovaire examiné et conservé comme sain fut ensuite atteint, et encore, dans deux de ces cas, la maladie était de nature maligne. Les résultats montrent donc qu'après une première ovariotomie heureuse, la guérison peut être, règle générale, regardée comme définitive.
D'ailleurs, en cas de récidive, une seconde opération peut être exécutée sans offrir plus de danger que la première, comme 4 cas en témoignent. Le premier est celui du docteur Allée (de Philadelphie), dans lequel l'ovariotomie, suivie de succès, fut pratiquée seize ans après la première ; le deuxième est dû à M. Spencer Wells, l'opération ayant été faite neuf mois après la première; le troisième du docteur Bird est relatif à une récidive opérée quatorze ans après. Ces deux derniers cas furent suivis de mort, mais M. SpencerWells en a relaté un quatrième suivi de succès, chez une fille de vingt-quatre ans, opérée par lui, une première fois en février 1865. La tumeur pesait 29 livres. L'ovaire droit était sain et pendant un an la guérison se maintint parfaitement. Mais au quinzième mois la récidive se manifesta et fut si rapide dans son développement qu'au dix-huitième mois, une tumeur pesant 4 8 livres fut enlevée avec un succès égal à la première (Roy. med.'and chirurg. Society, nov.). Sur cette petite statistique, les succès sont donc de moitié.