ROUGEOLE
à la queslion. Ce n'est qu'implicitement qu'il admet la généralisation du rhumatisme. « Si le tissu fibreux, dit-il, est le siège spécial des manifestations rhumatismales, on ne saurait s'étonner de rencontrer partout des lésions de ce genre, car le tissu fibreux, appelé tissu conjonctif aujourd'hui, est une partie essentielle de presque tous les organes; à ce titre, aucun point de l'économie ne pourrait réclamer une exemption absolue du rhumatisme et de ses effets. Nous le voyons frapper tour à tour les membranes séreuses, le tissu musculaire, le système osseux, les vaisseaux, les nerfs et tous les grands parenchymes sécréteurs. » On voit dès lors avec quelle réserve l'auteur se prononce à ce sujet.
C'est beaucoup plus explicitement qu'un médecin américain, le docteur Buckler (de Baltimore), a traité une des parties les plus importantes de ce sujet, le rhumatisme pulmonaire. Dans une monographie qui mériterait d'être plus connue en France, il traite spécialement de l'éliologie, de la pathologie et du traitement de la fibro-bronchile et de la pneumonie rhumatismales, Philadelphie, 1853. Le siège, les signes, le diagnostic différentiel, les lésions, le traitement, en sont .fixés d'après les faits cliniques. M. Bail eût ainsi pu y faire de précieux emprunts si elle était entrée dans notre littérature, mais trop souvent ces travaux y restent étrangers,
ROUGEOLE. Quelques documents pouvant servir à V étude de la pathologie de la rougeole, par M. Monli, médecin de l'hôpital Sainte-Anne de Vienne. 1 4 pages in-4° avec des tableaux statistiques (Vienne).
Résolue statistiquement, la question de l'âge auquel les enfants sont le plus exposés à celle éruption est en contradiction avec l'opinion de Rilliet et Barthez, qui pensent qu'elle ne frappe qu'exceptionnellement au-dessous d'un an. Sur 52 enfants traités au dispensaire Sainte -Anne, 12 n'avaient pas encore un an, et, sur 91 admis à l'hôpital, 4 étaient au-dessous de cet âge. Enfin, sur un total de 364 enfants, 43 étaient audessous d'un an, 181 au-dessous de 5 et 140 au-dessus. La réponse à plus d'une question douteuse ou controversée se trouve ainsi résolue dans ce travail intéressant, sur la prédisposition du sexe, la durée des périodes et la fréquence des complications.
SfiAH LATINE.
SALIVE. En étudiant chimiquement la salive parotidienne dans diverses maladies, M. Mosler fait dépendre de son action directe les maladies de la bouche ou des gencives qui viennent compliquer celles-ci; ainsi, dans le diabète, la stomatite mercurielle, la fièvre typhoïde, etc. (Berl. klin. Wochenschr., n° 16 et suiv.)
Son influence chimique sur la carie dentaire, étudiée expérimentalement par M. Magitot, en a été reconnue comme l'unique cause. — Voy. Carie.
SCARLATINE. Scarlatine puerpérale. Celte complication de l'état puerpéral, suivant le docteur Mac Clintock, a une gravité bien plus grande, comme une marche et un caractère différents, que dans d'autres circonstances, en raison sans doute des conditions morbides dans lesquelles elle se développe et qui lui donnent naissance. Il en évalue ainsi la mortalité à 48 pour 100 et môme aux 2/3, ce qui la rendrait aussi dangereuse presque que la fièvre puerpérale elle-même ; mais cette gravité tout approximative est atténuée par la réalité. Sur 34 cas survenus chez les accouchées de la maternité de Dublin, de novembre 1854 à novembre 1861, 10 seulement ont été mortels, soit 30 pour 100, c'est-à-dire la moitié de l'évaluation précédente. A quoi donc bon l'avoir émise ? d'autant plus qu'elle doit encore être moins funeste dans la pratique particulière que dans les hôpitaux.
L'époque de son apparition rend compte de ces différences. Plus l'invasion est rapprochée de l'accouchement et plus elle est dangereuse. Des 10 cas mortels, 8 se rapportent à des femmes atteintes trente-six heures après la délivrance, sur 18 prises ainsi du premier au second jour, soit environ 45 pour 1 00; tandis que sur les 16 autres où elle se manifesta plus tard, 2 seulement furent mortels où elle était apparue le troisième jour. Cette remarque, faite par d'autres observateurs, comme pour la fièvre puerpérale elle-même, explique donc les différences de mortalité qui peuvent être signalées à cet égard.
Est-ce à dire que la scarlatine elle-même soit aussi souvent mortelle dans l'état puerpéral? Non, car des 10 décès signalés,
SPERMATÔRRHÉË
6 seulement eurent lieu sous son influence directe; une métrophlébile et une péritonite déterminèrent les 4 autres.
La fréquence du pouls après l'accouchement doit en faire redouter l'apparition. La primiparilé semble aussi y prédisposer. Sur les 34 cas énoncés. 21 se rapportent à des primipares. La légèreté relative de l'angine en est un caractère distinctif. — Comme à la Maternité de Paris (voy. Thèse du docteur Senn, Paris, 4 825), elle coïncida ordinairement avec la fièvre puerpérale à l'état épidémique. Dans aucun cas, l'anasarque ne s'ensuivit : trait particulier de la scarlatine puerpé pérale.
Deux préceptes sont à observer dans le traitement : extrême réserve dans l'emploi des purgatifs, surtout au début de l'éruption, et emploi libéral au contraire des stimulants, dès que celle-ci paraît, à moins de contre-indication spéciale. Ils ont produit les meilleurs effets dans l'épidémie de scarlatine puerpérale qui eut lieu h la Maternité do Vienne en 1799, et relatée par Malfalli dans lejournal d'Hufeland {Dubl. quaterl. Journ. of med. science, février).
Quoique l'auteur regarde comme une faute de qualifier cette forme de scarlatine de puerpérale, en raison de ce qu'elle n'est pas une maladie particulière, il est évident que les traits dis^ tinctifs qu'il a lui-même reconnus et signalés autorisent, justifient cette dénomination, et c'est pourquoi nous l'avons conservée. — Voy. Température.
SOMMEIL. On wakejulness (De l'insomnie, précédée d'une Introduction sur la théorie du sommeil) , par le docteur W. Ham^mond, 93 pages in-8°; Philadelphie. — Contrairement à beaucoup de physiologistes, l'ancien chirurgien en chef de l'armée fédérale considère le sommeil comme un effet de l'affaiblissement, de la circulation cérébrale, et établit en conséquence la pathologie et le traitement de l'insomnie. Les déductions sont faciles à prévoir.
S P E H M ATO R R 1 1 É E . Cette affection si grave, si souvent rebelle à la médication la mieux dirigée, entraîne si rapidement la dégénérescence physique et morale de l'individu qui en est atteint, que la guérison suivante, obtenue par le docteur Heulard, et qui date de plus de sept mois, mérite d'être rapportée.
Un jeune homme de vingt ans, grand, brun, lymphatique,
SPERMATORHHEE.
était depuis plus de deux ans affecté de pollutions nocturnes, fréquentes, considérables, so reproduisant presque toujours sans plaisir, dans un état incomplet d'érection, ou même sans aucune tension du pénis, et constituant plutôt un écoulement passif qu'une éjaculation; ces pollutions avaient lieu sans rêves lascifs, et malgré le soin que prenait le malade d'éviter toute lecture érotique. M. X... éprouvait un sentiment habituel de malaise, d'oppression , après le moindre exercice, dyspnée pénible et les battements du cœur, habituellement très-fréquents, acquéraient une rapidité extrême. Digestion assez régulière, mais suivie de tiraillements d'estomac assez semblables à ceux des femmes leucorrhéiques. Il recherchait principalement les aliments trèsépicés et de haut goût, et cependant, malgré une alimentation qui pour un autre eût été suffisamment réparatrice, il maigrissait, son regard était terne, languissant, la vue était sensiblement affaiblie.
Divers traitements institués étaient restés complètement stériles. En vain on avait administré le camphre à diverses doses, en vain le malade avait pris des bains tièdes et froids, en vain il s'était soumis à un régime purement lacté, les pollutions nocturnes se multipliaient de plus en plus, et M. X... arrivait à l'épuisement...
Ce fut dans ces conditions qu'il vint réclamer mes conseils. A l'examen des parties génitales, le gland se découvrait facilement, le prépuce n'était pas sali par de la matière sébacée, il n'y avait pas, il n'y avait jamais eu d'herpès au prépuce, de démangeaisons dartreuses vers le scrotum. Une chose seule frappait, le frein ou filet de la verge était extrêmement court, et dans l'érection, le gland, fortement tiré en bas, formait avec le pénis un angle assez prononcé. N'y avait-il pas dans cette disposition une sorte de corrélation de cause à effet? N'était-il pas possible que pendant l'afflux du sang dans les corps caverneux, ce vice de conformation ne donnât lieu à une sorte de frottement susceptible d'amener l'éjaculation ? L'incision du frein de la verge fut dès lors proposée et acceptée, et eut le résultat le plus heureux; les pollutions nocturnes cessèrent, pendant plus de quatre mois il n'y en eut pas une seule; depuis lors il n'en survint que tous les huit ou dix jours, mais accompagnées d'une sensation de volupté et toujours précédées d'un rêve lascif. Depuis, M. X... a repris force et santé. (Abeille mëd,, n° 49.)
STAPHYLOMÈ.
La moindre irritation locale pouvant être une des causes multiples du mal, il est juste d'admettre que l'exiguïté du frein ait ici joué ce rôle; mais la suite de l'observation montre que cette cause n'était pas la principale, puisque le mal a persisté après que celle-ci eut disparu. Il ne faut donc pas accorder à cette petite difformité une importance qu'elle n'a pas.
STAPHYLOME. Slaphylôme postérieur. ÉtiolOGIE. Cause prochaine de la myopie confirmée, cette altération consiste dans l'ectasie, l'amincissement des membranes profondes du globe oculaire. Or, l'anatomie pathologique montre quo la région de ces membranes profondes, primitivement distendue, dit M. Giraud-Teulon, est la zone de tissu cellulaire ou connectif interstitiel plus ou moins lâche qui entoure la lame criblée et sépare les deux couches fibreuses, tant du nevrilemme du nerf optique que de la sclérotique dans sa portion postérieure.
Lors du mouvement de convergence des axes optiques, en même temps que la pression est exercée dans l'intérieur du sac élastique choroïdien, le plan postérieur de la sclérotique, sa lame externe est tirée en avant par les muscles obliques. La lame interne, intimement unie à la choroïde, est au contraire repoussée en arrière par l'accroissement de la tension intra-oculaire.
Il y a donc naturellement tendance à disjonction de ces deux lames, qui ne sont que mollement unies entre elles dans la région du nerf optique, dans le seul fait de l'accroissement de pression interne qui suit le mouvement de convergence.
Cette tendance est singulièrement favorisée quand le mouvement de convergence mutuelle s'exerce dans un plan supérieur ou inférieur au plan de l'horizon.
Elle se change en un fait accompli et pathologique quand le mouvement de convergence est rendu plus difficile par l'insuffisance des muscles droits internes. La disjonction des deux lames sclérales (le staphylôme postérieur) est alors inévitable si l'insuffisance est prononcée.
L'observation clinique vérifie ces aperçus. Dans trente-huit à quarante observations, un léger staphylôme postérieur s'est rencontré avec l'emmétropie et même l'hyperopie, ou une mvopie extrêmement légère, conditions en apparences paradoxales, mais dans lesquelles on a pu constater très-nettement l'insuffisance des muscles internes.
STAPHYLOME.
Si donc la myopie reconnaît généralement pour cause prochaine l'existence ou le développement de l'ectasie des membranes profondes de l'œil (le staphylôme postérieur à tous ses degrés), cette ectasie elle-môme se produit sous l'influence d'une cause prochaine et d'une cause prédisposante.
La cause prochaine est l'application à des travaux sur objets rapprochés.
La cause prédisposante est l'insuffisance des muscles droits internes ou des forces de la convergence.
Au nombre des signes diagnostiques de l'insuffisance des droits internes, et comme un de ses principaux caractères, il convient donc de placer dorénavant la présence de tout staphylôme postérieur, et particulièrement au début, d'une simple petite éro=ion de la choroïde sur le bord externe du disque optique. (Acad. de méd., novembre.)
Staphylôme antérieur. Traitement. De forme conique et de la grosseur d'un pois dont l'origine remontait à trois ans, chez une dame de trente-huit ans, la tumeur touchait, par une portion de sa circonférence, à la partie supérieure de la cornée de l'œil gauche, légèrement violacée; elle était peu résistante et indolente au toucher. La vue était abolie par la présence d'exsu* dats plastiques dans le fond de l'œil; la pupille immobile, de forme ellipsoïde, avait son plus grand diamèire dans le sens vertical, ce qui s'expliquait par la tension que lui faisait subir dans ce sens la choroïde, qui, elle aussi, était slaphylomaleuse. De continuelles douleurs névralgiques, occupant l'œil et le front, tourmentaient beaucoup la malade. Après avoir chloroformisé la patiente, la paupière supérieure soulevée par l'élévateur et l'œil maintenu en place, MM. Giordani et Vignola appliquèrent, pour la première fois, le procédé de Borelli à ce staphylôme de la sclérotique. Deux fines épingles recourbées en traversèrent la base, l'une verticalement de haut en bas, et l'autre de dehors en dedans. Un fil double l'étreignit fortement. De la charpie pour isoler les épingles des paupières, un bandage et des applications réfrigérantes continues, tel fut le pansement. Chute de la tumeur le quatrième jour, et la cicatrisation de la plaie en résultant était complète le vingt-huitième.
En présence des graves inconvénients proJuits par le séjour des épingles sur la cornée surtout, le docteur Gritti se demande s'il n'y aurait pas lieu de les enlever dès que la ligature est
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faite. Mais M. Borelli répond qu'elle ne tiendrait pas à défaut d'une base suffisante et que, dès-lors, le procédé n'aurait plus d'objet. (Giom. d'ofialmologia ilal.)
STATISTIQUE. Statistica del movimento dello stato civile del regno d'Italia mil' unno 1 864 (Statistique du mouvement de l'état-civil du royaume d'Italie en 1 864), publiée par les soins du minisire de l'agriculture et du commerce ; un volume in-4° de 555 pages, Florence.
Comparés dans tous leurs détails, entre les anciens Étals réunis, les éléments de ce travail offrent des éclaircissements instructifs sur les effets de la topographie et des habitudes, des mœurs spéciales de ces anciens États.
STÉATOSE. Polystéatosc viscérale. Dans une étude intéressante de ce sujet nouveau, M. le docteur Perroud (de Lyon) a passé en revue les organes où elle se montre ordinairement ; le l'oie, le cœur et les reins en fournissent douze observations cliniques à l'appui; au point de vue clinique comme à celui de l'histologie et de la nosologie, il établit des divisions, des différences que les conclusions suivantes font connaître :
1° On doit reconnaître deux espèces de stéatose : l'une par hypergenèse du tissu cellulo- adipeux, et l'autre par état granulo-graisseux des éléments histologiques des organes.
2° L'état granulo-graisseux frappe très-souvent d'une manière simultanée le foie, les reins et le cœur.
Dans certains cas, il existe des connexions étroites entre ces trois stéatoses viscérales, si bien qu'on peut les considérer comme une sorte d'unité anatomique dont on doit étudier l'évolution, les symptômes, la marche, le diagnostic, le pronostic et le traitement.
3° La triple sléatose viscérale est facile à reconnaître, soit, au microscope, soit à l'œil nu, lorsqu'elle est parvenue à un état plus avancé.
Elle reconnaît pour cause prochaine une infiltration de principes granulo-graisseux provenant du dehors, plutôt qu'une dégénérescence graisseuse par dédoublement des principes immé iiats constituant les tissus.
4° Toutes les conditions capables d'augmenter la quantité des matières grasses du sang ou d'en entraver l'élimination, peuvent être des causes déterminantes delà stéatose viscérale.