‹ Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicalesChapitre 152 sur 158 · URTICAIRE · texte numérisé non relu

URTICAIRE

2° Le traitement de Turéthrile chronique par le vésicaloire constitue à nos yeux une médication puissante et sérieuse, qui semble donner des résultats d'autant plus satisfaisants, que l'affection est plus ancienne. Elle mérite certainement de fixer l'attention des praticiens.

Injections amylacées. Ayant remplacé le sous-nitrale de bismuth par l'amidon chez des cuirassiers en traitement à l'infirmerie pour des uréthrites récentes et anciennes, M. Luc, médecin-major, fut agréablement surpris d'en obtenir du succès. Depuis quatre ans il n'a pas cessé d'en faire usage, ainsi que le professeur Michel (de Strasbourg), dans un service spécial de vénériens, et tous deux en ont obtenu les meilleurs résultats.

De la poudre impalpable d'amidon, réduite en bouillie assez claire pour être injectée avec de l'eau chaude à 20 degrés environ, sert à cet effet. Après des bains de siège pour calmer l'irritation locale, et de l'opiat astringent, ces injections sont employées à la dose de quatre par jour. On les emploie d'emblée dans l'uréthrite indolente.

Prises comme les injections de sous-nitrate de bismuth, celles d'amidon ont l'avantage d'être économiques, de pouvoir être employées facilement partout, sans danger des principes toxiques, comme le bismuth, et d'être complètement inoffensives. (Mém. de méd. et chir. militaires, septembre.)

URINE. Des expériences comparatives, faites par M. le docteur Squarey à l'hôpital de University Collège pour l'administration du café à doses croissantes, trois fois par jour et alternativement de semaine en semaine, il résulte que, ni la température animale, ni la quantité d'urée éliminée, ne sont augmentées notablement. La proportion des chlorures n'en paraît pas davantage influencée. [Royal med. and chir. Society.)

URTICAIRE. Urticaire intermittente. Quand elle S6 complique d'un étal fébrile, elle peut se confondre avec lui au point de méconnaître quel est des deux le fait primordial, idiopalhique. Les conditions endémiques et épidémiques dans lesquelles elle s'observe peuvent pourtant la faire distinguer, ainsi que sa physionomie particulière et l'état de la rate. Mais lorsque celte éruption se montre sans fièvre d'une manière intermittente, il n'y a pas lieu à erreur. C'est ainsi que M. Bour-

U11TICA1RK.

don en relate Irois cas observés à Paris. Dans l'un, l'urticaire apparut trois jours de suite à sept heures quarante-cinq minutes du matin, sur les deux mains et les poignets, chez un jeune homme ; dans un autre chez une jeune fille : c'est à la face et à heure fixe le matin, que l'éruption se manifestait sans aucun trouble de la menstruation ni autre appréciable. Quelques doses de sulfate de quinine mirent fin à ces accès.

Chez une dame de quarante-quatre ans, l'apparition de l'exanthème fut précédée d'anxiété, d'oppression et autres accidents probablement occasionnés par le froid, et que des affusions froides redoublèrent. Le sulfate de quinine fut administré immédiatement, et l'accès ne se renouvela pas. (Soc. méd. des hôpil.)

Est-ce à dire que le sulfate de quinine soit toujours nécessaire pour mettre fin à ces éruptions intermittentes, comme le croit M. Bourdon? Un fait observé par nous tendrait à nous faire répondre négativement. Dans l'été de 1 864, un jeune professeur d'origine allemande nous fut envoyé de l'institution où il enseignait, pour une éruption orliée qui venait de se montrer aux deux oreilles et aux deux angles du maxillaire, surtout à gauche. Il y avait un peu de céphalalgie et de rougeur de la face. Nous prescrivîmes simplement le repos au lit, des boissons chaudes et l'enveloppement des parties atteintes pour y maintenir la chaleur, et nous n'entendîmes plus parler du malade. Mais quel fut notre étonnement de le voir revenir quatre jours après avec les mômes accidents, que les mêmes moyens firent de nouveau cesser. Nous n'avons plus revu ce malade que plusieurs mois ensuite, à la fin de l'automne suivant, pour constater tous les signes d'une luberculisation du poumon droit. Le sulfate de quinine ne serait donc pas indispensable pour la cessation de ces éruptions intermittentes.

C'est tout le contraire pour la fièvre intermittente orliée, comme il est tout rationnel de l'admettre et comme de nombreux faits en déposent. M. le docteur Allaire en rappelle ainsi un exemple à cette occasion, survenu à la suite de la coqueluche chez un enfant de 5 ans [Gaz. des hôpit., n° 37). Mais de celte forme symptomatique, l'éruption peut souvent disparaître sans la quinine, à moins* qu'elle ne tienne à une cause occulte, dialhésique, rhumatismale ou autre. C'est ainsi que M. le docteur Dumontpallier a constaté l'éruption orliée, par plaques disséminées sur toute la peau, chez une dame qui était

prise chaque nuit, vers les trois heures du matin, de démangeaisons tellement vives, qu'elle s'écorchait la peau. De son enquête pour en déterminer la cause, il résulte que cette dame était fille et petite-fille de rhumatisants, qui furent atteints d'urticaire. L'aîné, par exemple, ayant une diarrhée intermittente, qui se supprima par une émotion vive, eut aussitôt une urticaire. Le cadet la présenta aussi ; le troisième l'eut avec des névralgies, et le quatrième, âgé de deux ans, eut de la diarrhée suivie d'une urticaire.

Le grand-père était asthmatique ; la grand'mère avait eu des rhumatismes noueux, des accidents cardiaques et de l'angine de poitrine. En sorte que, sans avoir jamais présenté de rhumatismes articulaires aigus, celte famille n'en était pas moins atteinte de diathèse rhumatismale manifeste. D'où cette théorie, que l'urticaire est souvent une expression de la diathèse rhumatismale ou arthritique. (Soc. méd. des hôpit.)

L'intermittence peut provenir encore de causes accidentelles et inaperçues. Dans une famille composée de cinq personnes, la grand'mère ayant été atteinte d'un rhumatisme articulaire, M. le docteur Boem prescrit l'huile de foie de morue dans la convalescence. Quel ne fut pas son étonnement d'être appelé quelques mois après pour constater chez cette dame, son fils, sa femme et deux jeunes enfants, une affection de peau revenant toutes les nuits et causant des démangeaisons insupportables. C'était une urticaire bien caractérisée, qui résista à tous les bains et les soins hygiéniques. La diathèse rhumatismale ne pouvant être admise chez les quatre plus jeunes malades, M. Boem, en recherchant la cause de cette éruption intermittente, la trouva au fond d'une bouteille de pilules d'huile de foie de morue, qui exhalait une forte odeur de poisson pourri. La grand'mère, ayant trouvé commodede la prendre sous cette forme, en avait fait prendre au reste de la famille. Cette cause était si réelle, qu'il suffit de cesser l'usage de ces pilules pour voir disparaître l'urticaire. (Gaz. des hôpit., n° 137.)

UTÉRUS. Amputation. Un nouveau succès de cette grave opération par la section abdominale a été obtenu par le docteur Storer (de Boston), en septembre 1865, sur une femme de quarante-sept ans, portantuneénorme tumeur utérine, fluctuanio sur certains points, résistante et solide sur d'autres, et qu'on supposait être une tumeur lïbro-cystique, analogue à

UTÉKUS.

celles décrites par WcsL, Kiwisch cl Pagcl. La vie de la malade était mise en danger par l'accroissement de la tumeur. M. Storer, après beaucoup d'hésitation, se décida à l'extirper en même temps que l'utérus. L'opération fut laborieuse et pleine de difficultés. 11 fallut détruire, par le décollement et par l'incision, des adhérences nombreuses; une hémorrhagie en nappe força à laisser la plaie abdominale ouverte pendant trois heures; 2 livres 1/2 de chloroforme furent employées pour produire et entretenir l'anesthésie.

La tumeur entière pesait 37 livres, savoir : 8 pour la portion pelvienne, 16 pour celle de l'abdomen, et 13 pintes de liquide. L'aspiration du sang épanché dans le bassin avec une seringue, l'enlèvement des caillots avec une cuiller d'argent, puis avec une éponge, en démontrent assez la gravité.

Néanmoins l'opérée put sortir de son lit vingt-huit jours après l'opération. La guérison fut complète au bout de deux mois. (Amer. Journ. ofmed. sciences, janvier. )

Quoique la pratique tonte récente de l'ovariolomie ait pu familiariser les chirurgiens anglo-américains avec celle grave opération, et les rendre plus hardis à la pratiquer, il n'en est pas moins vrai qu'elle fut proposée dès 1787, et exécutée pour la première fois en 1 843 par M. Heath,de Manchester. M.Burnham, de Lowel (États-Unis), qui l'a pratiquée neuf fois, en a obtenu le premier succès en 1853. Suivant M. Kœberlé (de Strasbourg), qui l'a pratiquée cinq fois, il y en aurait 42 cas de connus, dont 8 guérisons, soit 81 pour 100 de mortalité ou 1 guérison sur 5 cas. (Gaz. des hôpit., n° 72.)

Un second succès de M. Kœberlé a été communiqué, le 19 avril, à la Société de médecine de Strasbourg. (Gaz. méd. de Slrasb.,n° 5.)

Un beau succès de celle opération redoutable par le vagin a aussi été obtenu contre un renversement complet de l'utérus remontant à un second accouchement terminé huit mois auparavant par une matrone, et donnant li eu depuis à des hémorrhagies continuelles. Une fois cette lésion bien constatée, M. Padieu s'occupa d'y remédier par la ligature placée le plus haut possible dans le sillon formé entre le pédicule et le petit bourrelet du col utérin. Les deux bouts du fil sont passés dans les trous de huit gros grains de chapelet, puis la constriction opérée par le serre-nœud ordinaire : opération simple et des plus faciles.

Immédiatement après, douleurs très-vives dans le bassin,

s'irradiant dans les reins, altération profonde dos traits; sueurs froides, pouls très -petit, serré, lent; nausées. Mais tout cet appareil effrayant céda à l'emploi de 1 ether, du laudanum et de frictions sèches et chaudes sur les membres ; la réaction s'établit et les douleurs se calmèrent. Chaque jour la ligature fut resserrée par quelques tours d'écrou concurremment avec des injections émollientes. Pas d'accidents ultérieurs, et le neuvième jour la ligature tomba avec la tumeur, qui, soumise à l'examen histologique de M. le professeur Robin, fut reconnue pour être bien le tissu utérin.

Le rétablissement de Mmc Caron fut complet, et appelé un an après dans son village, M. Padieu s'assura qu'elle se portait parfaitement et qu'elle s'occupait activement de sa profession de boulangère. Il y avait suppression des menstrues, et il constata par le toucher l'absence du museau de tanche à la partie supérieure du vagin. La partie inférieure du col forme un anneau peu épais, très-souple, insensible, au centre duquel le bout du doigt pénètre aisément dans une espèce de cul-de-sac rétréci et résistant formé immédiatement au-dessus, et qui marque la limite supérieure de ce qui reste de l'utérus. [Bull, de la Soc. mèd. d'Amiens.)

Ce procédé opératoire est justifié par la médecine comparée, moins riche peut-être sur ce sujet que la pathologie humaine. Sur une vache de sept ans, dont la matrice était sortie complètement après la parlurition, M. Ledru, vétérinaire à Pont-Sainte- Maxence (Oise), après un premier succès de réduction le \ 0 août, ne put l'effectuer neuf jours après. Le tissu utérin était noirâtre, très -friable, et se déchirait avec une effrayante rapidité. Une hémorrhagie abondante avait lieu. Il se décida dès lors à tenter l'excision de cet organe. Du fouet fortement ciré lui servit à cet effet. Après avoir fait le nœud de la saignée, il posa une ligature en double à \ 0 centimètres du col de la matrice, et la serra lentement, graduellement, durant quatre ou cinq minutes. Un coup de bistouri acheva la section sans hémorrhagie.

Pendant une heuro, l'opérée eut des accè3 vertigineux épouvanlables : elle se couchait, se roulait, battait des pieds, montait dans l'auge. Les yeux lui sortaient de la tête, les pattes de derrière fléchissaient comme les chevaux frappés de paraplégie. Puis tous ces désordres se calmèrent peu à peu, et, le lendemain, la bête, très-tranquille, continua à mieux aller sans encombre; gaunier. 28

LTÉRliS.

la sécrétion lactée se rétablit prompt ?ment, et la guérison eut lieu. (Recueil de méd. vétërin. , février.)

En justifiant les opérations semblables pratiquées sur la femme dans des conditions analogues, et dont l'issue fut aussi heureuse, ce succès, qui pouvait les rendre invraisemblables ici, les confirme. Mais il y a loin de ces ablations simples, si l'on peut dire, avec celles qui se font sur l'utérus en place. S'il y a lieu d'êlre réservé pour celles-là, il faut être sévère pour restreindre celles-ci plutôt que pour les multiplier, malgré quelques succès.

Rupture circulaihe. C'est une cause Iraumalique, contondante, qui est assignée par M. le professeur Binautà cette lésion mortelle, rencontrée à l'autopsie d'une femme morte à la Malernilé de Lille. A 2 centimètres environ au-dessus du col utérin, la demi-circonférence antérieure de l'utérus était complètement déchirée parallèlement au détroit supérieur dans l'état de gestation, bien que descendue dans l'excavation par suite du retrait de l'organe; la demi-circonférence postérieure n'était pas détruite complètement, mais la tunique péritonéale seule subsistaità la partie médianecorrespondantà l'angle sacro-verlébral; de chaque côté, le resle du tissu utérin était contus, friable, désorganisé, ce qui indique bien l'action d'une cause mécanique, quoique l'on ne découvrît aucune trace de pus.

Or, celte femme avait fait une chute de trente-deux marches d'escalier, tombant les pieds en bas et l'abdomen sur chaque marche, à huit mois de grossesse, et était entrée à la Malernilé huit jours après l'accident, dans un état maladif, souffrant. M. Binaut en conclut que là est l'origine de tous les accidents, et que l'irrégularité de l'accouchement, opéré vingt-cinq jours après, n'en est que la conséquence. Comprimées pendant cette chute, divisée en trente-deux secousses successives, entre le bassin, les marches de l'escalier et la tête du fœtus, les parois utérines n'ont pu manquer d'être violemment contuses, surtout en avant, par l'action directe, comme l'autopsie l'a montré. La lésion, plus profonde au niveau du promontoire, en justifiant l'action mécanique, compressée, de cette partie dans les ruptures de l'utérus, en est une seconde preuve.

Voici donc bien comment les choses se seraient passées : mortification lente des parties contuses; résistance do la tunique péritonéale à l'extérieur et des membranes amniotiques à Tinté-

rieur; altération graduelle, par ce fait, de la santé de la mère, sans retentissement appréciable sur le fœtus, qui était fort et vigoureux ; pas d'hémorrhagie en raison de la contusion des vaisseaux et la persistance des membranes. De là aussi l'inefficacité des contractions énergiques pendant quinze heures par la division des fibres musculaires, et ensuite l'inertie utérine résistant au seigle ergoté et à la présence du forceps. (Bull. méd. du Nord, mai.)

On voit que ce cas remarquable et rare méritait d'être connu dans ses principaux détails. Il indique la résistance diverse des tissus, et peut servir à faire prévoir, soupçonner des altérations que, sans cela, on pourrait attribuer à des causes étrangères.

Gangrène. Si cette désorganisation est rare dans l'état puerpéral, elle l'est bien plus en dehors de cette condition spéciale. Le fait d'une jeune femme de vingt ans observée par M. le professeur Michel (de Strasbourg), et qui en fut atteinte è la suite du choléra de 1 854, est donc bien intéressant. Lors de la convalescence, en effet, elle ressentit des douleurs dans le petit bassin, avec frissons répétés, envies fréquentes d'uriner, soif, céphalalgie. Dès le lendemain, une sanie infecte s'écoulait par le vagin, et le troisième jour ce fut en un seul morceau, l'extrémité supérieure du vagin et le col de la matrice, d'un gris noirâtre, de consistance de l'amadou. La portion vaginale du col, grosse comme un œuf de pigeon, mesurait 2 centimètres. L'ouverture du col et sa paroi interne étaient noires, verdâtres, gangrenées.

La portion vaginale détachée est de 5 à 6 centimètres. Elle se termine en biseau. Des taches noires, verdâtres, couvrent la surface interne avec des intervalles d'un blanc pâle, rosé, laissant encore apercevoir les plis transversaux du vagin.

Une perte de substance assez considérable, et constatée par le toucher, résulta de la mortification. Une vaste cavité cylindrique granuleuse, avec un tubercule au centre, était perçue. Néanmoins cette plaie se détergea et se cicatrisa si bien, que la femme guérit parfaitement.

Ce ne fut qu'un an après environ, que M. Michel fut appelé à remédier à de violentes coliques mensuelles, malgré un léger écoulement de sang. Un agrandissement de l'ouverture donna issue à un litre environ de liquide noirâtre et grumeleux.

Cette hystérotomie mit non-seulement fin aux douleurs, mais

une grossesse en résulta, qui ne put arriver qu'à six mois. (A rch . de méd., août.)

Episiorrhaphie. Perfectionnée surtout par les chirurgiens anglais, elle vient de recevoir encore une modification par M. Robert Ellis, surtout dans la manière de pratiquer la suture des parties avivées. Au lieu de la suture enchevillée simple, il emploie trois lames d'argent, espèce de fils plats, larges de 2 millimètres environ, qu'il passe à une dislance moyenne del centimètre dans les fentes de tiges d'argent, longues de 8 à 9 centimètres, placées de chaque côté de la vulve. Après avoir rapproché et serré convenablement les parties, il arrête les fils en les tordant sur leur axe comme la vrille d'un tire-bouchon. Lancel, décembre.)

La différence est donc dans les matériaux employés. Quant à leur valeur comparative dans celle opération, elle est encore à établir; seulement, la préférence accordée aux fils d'argent sur les autres tend à donner à cetle modification une certaine supériorité.

Onguent mercuriel contre les ulcérations rebelles du col. Devant la difficulté de déterminer exactement la nature de ces ulcérations, à défaut de leurs caractères spécifiques, lors même qu'elles coïncident avec la syphilis constitutionnelle, et leur résistance au traitement général et local, le docteur Vertheim, médecin de la division des vénériens de l'hôpital Rodolphe, de Vienne, les a traitées avec des gâteaux de charpie enduils d'onguent mercuriel, renouvelés chaque jour d'abord, puis tous les deux jours, durant deux à quatre semaines. La guérison s'en est suivie dans \ 4 cas où la cautérisation argenlique était restée infructueuse. {Wiener med. Woch., nos 4 0 et H.)

Dans le doute surtout, la solution de chlorate de potasse n'estelle pas bien plutôt indiquée, d'un usage plus facile et plus rationnel?

Colon iodurè. C'est à modifier les applications topiques sur le col utérin que le docteur Greenhalgh s'est appliqué, pour en rendre l'action plus immédiate. Il dissout à cet effet la substance médicamenteuse dans la glycérine, dont il imprègne des gâteaux d'ouate ou de coton qu'il fait ensuite sécher. Le coton joduré est ainsi préparé :

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Iodure de potassium

Iode

Glycérine

60 grammes.

Immergez 250 grammes de coton floche dans celte solution, et après saturation, faites sécher convenablement.

Des rondelles du diamètre d'une pièce de 2 francs sont appliquées sur le col et fixées convenablement, de manière à les laisser vingt-quatre à quarante-huit heures en place [Lancel). Les pansements sont ainsi moins fréquents, par une action directe et moins prolongée du médicament. C'est donc là une nouvelle modification pharmaceutique sur tout ce qui s'est fait dans le même but.

Notes cliniques sur la chirurgie utérine dans ses rapports avec le traitement de la stérilité, par le docteur Marion Sims, ancien chirurgien de l'hôpital des Femmes à New-York, traduites de l'anglais par le docteur Lhéritier, médecin consultant de l'empereur. Un vol. in-8° de 500 pages, renfermant 140 figures gravées.

Pathologie et chirurgie du col utérin, par le docteur Bertet (de Cercoux). Mémoire couronné par la Société impériale de médecine de Bordeaux, en \ 865 ; 95 pages in-8°. Librairie Germer-Baillière. — Monographie essentiellement pratique, émaillée de nombreuses observations, et qui montre un praticien confiant dans son art. Sans s'astreindre à la forme classique, il montre des connaissances étendues et variées sur ce sujet; quelques idées originales et un tact pratique qui en rend la lecture attrayante et utile. La distinction qu'elle a obtenue est, d'ailleurs, le meilleur témoignage de sa valeur.

VACCINE. Choix et source du vaccin. M. le docteur Huet- Després se guide, à cet égard, bien plus par la limpidité du virus que par l'âge de la pustule, dont le développement varie assez sur les vaccinés, et bien plus fréquemment sur les revaccinés. Aussi s'est-il fait une règle de ne vacciner ou revacciner qu'avec un liquide parfaitement incolore, limpide, et de repousser comme vaccinifères tous les sujets dont les pustules étaient purulentes.

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C'est dans cos conditions qu'ayant revacciné, au commencement de 1865, 153 détenus de la Roquette au-dessus de quinze ans, la plupart portant déjà des cicatrices, il a obtenu 113 succès et 32 insuccès, 8 ayant quitté la prison avant la constatation. Résultat assez remarquable pour faire adopter cette règle de conduite. Une observation importante a été faite dans cette expérience au point de vue de la source de cette sérosité vaccinale. L'un des revaccinés ayant eu ses pustules déchirées, volontairement ou non, et du sang et du pus étant à leur surface, M. Huet les lava à l'eau tiède, et attendit pour les recouvrir de taffetas gommé, lorsqu'en s'approchant à cet effet, un quart d'heure au plus ensuite, il vit une sérosité limpide, incolore, sourdre de la plus grosse pustule. Épongée, cette sérosité se renouvela en quelques minutes. Recouvertes de taffetas, ces pustules, examinées le lendemain, étaient de nouveau purulentes. Ramollies, nettoyées avec de l'eau tiède, et mises à vif, une sérosité semblable à celle de la veille recommença à sourdre de nouveau.

Inoculée pour en déterminer la nature et les propriétés, cette sérosité donna lieu à de très-belles pustules vaccinales. L'opération, pratiquée sur des vaccinés depuis douze à quinze jours, ayant une croûte épaisse, donna le même résultat. La croûte enlevée, l'ulcération lavée, mise à vif, puis desséchée, la sérosité no tarda pas à sourdre, et, inoculée, donna lieu à un très-beau vaccin. (Union mêd., n° 1 .)

Sans qu'il y ait rien de nouveau dans ce fait sur la source du fluide vaccin, il est démontré par là qu'il continue à se former avec ses caractères inoculables longtemps après la période de suppuration. Il s'agit simplement, pour le découvrir, d'enlever la croûte, de mettre l'ulcère à découvert, et de le nettoyer à l'eau tiède de tout liquide étranger.

Vaccine naturelle. De toutes les maladies virulentes, la morve, la rage, la syphilis, la vaccine était à peu près la seule dont le développement spontané, au sein de l'organisme du cheval, de la vache en particulier, ne fût pas mis en doute. Rien que rare, celui-ci paraissait parfaitement constaté, sans que l'on soupçonnât seulement qu'il pût être dû à l'absorption d'un germe identique. M. Chauveau (de Lyon), le premier, a suscité cette idée que le vaccin, par sa fixité, pourrait bien se disséminer dans l'atmosphère, sous forme do poussière vacci-

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nale, à la manière des graines des végétaux. Suspendues dans l'air, ces poussières pourraient bien être entraînées avec lui dans les vésicules pulmonaires, d'où l'infection de l'organisme et l'apparition dite spontanée du coiv-pox ou du horse-pox naturel. Ainsi se trouverait détruite la doctrine de la spontanéité des maladies virulentes.

Cherchant, par l'expérimentation, à démontrer ce fait, M. Chauveau, au lieu de prendre la voie indirecte du poumon, comme il aurait pu le faire par la pulvérisation de croûtes vaccinales inhalées, a injecté directement le virus liquide dans le système sanguin de quatre animaux, et l'échec fut complet. Mais en les répétant sur quatre autres pour le système lymphatique, une éruption de vaccine généralisée apparut chez trois, du septième au douzième jour, avec tous les caractères du cow-por, dit spontané. Un cheval eut aux naseaux et aux lèvres l'exanthème type, ainsi qu'une éruption, avec sécrétion abondante aux talons des membres postérieurs. Une jument eut des boutons sur tout le corps, principalement à la région mammaire et aux lèvres. Sur une autre jument, l'éruption se montra surtout aux organes génitaux et à la face interne des cuisses.

Et, comme preuve delà légitimité de cet exanthème, le virus en ayant été inoculé à la vache et à l'enfant, donna lieu à une vaccine à évolution extrêmement prolongée, comme dans le cas où le cow-pox dit spontané a été inoculé à l'espèce humaine. D'où l'auteur de ces expériences infère avec beaucoup trop de précipitation, selon la plupart des médecins, que l'on peut ainsi produire à volonté, et avec son activité spéciale, la vaccine naturelle considérée à tort jusqu'ici comme spontanée. (Acad. de méd. , avril.)

Il n'y a là au contraire qu'un résultat de l'inoculation, bien connu par les expériences faites avec le virus syphilitique.

Mais il y a là, ajoute M. Chauveau, un effet différent de l'inoculation sur place, qui, tout en exerçant une action générale sur féconomie, n'est suivie que de la germination sur place du virus. La comparaison du horse-pox naturel dit spontané avec le horse-pox général produit de l'expérimentation, ne révélant aucun caractère différentiel , il n'est donc plus possible d'invoquer la prétendue spécialité du mode de manifestation, comme preuve de la spontanéité réelle du premier. Mais, dit M. Leblanc, si le vaccin horse-pox ou cow-vox était toujours

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communiqué et résultait (Tune absorption virulente, il se montrerait plus fréquemment.

Quant à donner la généralisation comme caracléristique de l'absorption du vaccin par une autre voie que celle de la peau, ce caractère n'existe pas absolument, puisque l'inoculation yariolique et parfois môme l'inoculation vaccinale y donnent lieu. (Acad. de méd., septembre.)

Toutes ces expériences et ces distinctions subtiles se réduisent donc à la production d'une éruption généralisée par l'injection du virus vaccin.

Vaccine animale. C'est sur ce sujet qu'a porté le rapport annuel de M. Depaul à l'Académie de médecine en i 865.

Trois questions ont été posées par lui à cet égard :

1° Savoir si elle permet de conserver au virus toute sa pureté, et met à l'abri de toute contamination.

2° Si elle est supérieure à la vaccine humaine.

3° Et s'il est possible qu'elle réponde à tous les besoins.

Affirmatif sur la première, en raisou de l'âge des génisses et de leur immunité à la contagion syphilitique, le rapporteur ne tient aucun compte des autres maladies dont elles peuvent être infectées. D'ailleurs n'est-il pas en contradiction avec lui-même, comme l'a fait remarquer justement M. Ricord : lui qui admet la transmission de la vérole au lapin et au chat, n'a-t-il pas lieu de redouter, par induction, qu'elle ne se transmette aux autres animaux, à la vache en particulier? Que l'inoculation des accidents primitifs du chancre simple, du chancre mou ait réussi, personne ne le nie plus, et cela n'est pas à redouter, puisque cette inoculation s'éteint sur place; mais, en admettant que la fameuse chatte de l'hôpital des Vénériens avait la vérole constitutionnelle, M. Depaul n'est pas rigoureux en admettant que la race bovine est réfractaire à celte infection. Lui qui admet si facilement et par induction, pour les besoins de sa cause, les faits venant à l'appui de son système, devrait être plus rigoureux au moins pour ceux qui lui sont contraires. Le fait inédit d'une femme revaccinée avec le cowpox Lanoix, à l'hôpital Saint-Antoine, service de M. Lorain, et ayant présenté ensuite un chancre induré sous l'une des pustules, sans que le mode de contagion soit parfaitement élucidé, montre au moins que M. Depaul s'est trop hâté de conclure sur ce point en faveur de la pureté et de la nnn-con-

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tamination du vaccin animal. Son avantage sur la vaccine humaine n'est pas môme démontré sous ce rapport.

Un singulier argument est invoqué pour faire cette démonstration, sur le second point. C'est la durée plus longue du vaccin animal. De l'avis de tous ceux qui ont expérimenté la nouvelle méthode, dit M. le rapporteur, les premières manifestations sont plus lentes à se produire ; il n'est pas rare de ne voir rien paraître le troisième, le quatrième, le cinquième, le sixième, le septième jour et même plus tard encore. La tardive apparition de l'éruption est un des caractères de cette vaccination, et tandis qu'elle est une exception assez rare avec le vaccin humain, on peut la considérer comme la règle avec le vaccin de la génisse. Il est assez commun aussi de constater sur le même individu que les boutons ne paraissent pas à la même époque, et tandis que quelques-uns se sont montrés le troisième et le quatrième jour, d'autres sur lesquels on ne comptait plus signalent leur présence seulement le cinquième, le sixième, le septième et même le huitième jour.

Ce n'est pas que les phénomènes généraux sont plus accentués. « Si quelques enfants, dit-il, deviennent plus inquiets et ont la peau un peu plus chaude, le plus grand nombre restent calmes, comme cela s'observe chez les individus inoculés avec le vaccin humain,

Quant à l'éruption, l'inflammation locale est plus vive, la pustule prend généralement des proportions un peu plus grandes. L'auréole inflammatoire semble être un peu plus précoce, et en général elle prend des proportions plus considérables. La peau devient rouge, luisante, tendue; l'inflammation parfois s'étend jusqu'au lissu cellulaire. Les ganglions axillaires se prennent plus souvent que d'habitude, et la réaction fébrile secondaire ou de suppuration, offre habituellement des caractères plus accentués.

Rien n'autorise donc, d'après cela, à conclure à la supériorité du vaccin animal, comme l'a fait son propagateur en France, M. Lanoix; on serait fondé au contraire à y voir une infériorité relative dans son activité, par la durée plus longue de l'incubation et la marche plus lente de l'éruption. Des cas semblent même confirmer cette interprétation. Exemple, celui do M. Gros : six inoculations pratiquées avec du vaccin en tubes ne présentaient aucune trace d'évolution au bout de dix jours. A cette époque, la vaccination do bras à bras ayant été prali-

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quée, les premières piqûres avec le vaccin animal se développèrent simultanément avec celles du vaccin jennérien. Le mode d'inoculation peut aussi contribuer à la plus grande largeur des pustules et la présence d'engorgements ganglionnaires; il faut donc en tenir compte. D'ailleurs, ces signes ne sont pas constants, et M. Hervieux les regarde même comme accidentels.

Les résultats statistiques invoqués ne décident pas mieux la question. Sur le chiffre total de 1 733 revaccinations, invoqué par M. Lanoix, il n'y a eu que 496 succès, soit 28,62 pour 4 00 ; et si cette proportion s'est abaissée à 4 8 pour 4 00 pour les revaccinations pratiquées à l'Académie de médecine en 4 858, sur l'armée de Paris, avec du vaccin humain, elle s'est élevée à 66.40 pour 4 00 en 4 864, et à 41,40 pour 4 00 en 4865. Elle a été de 30 pour 100 sur les revaccinations pratiquées sur une grande échelle, dans l'armée de plusieurs Etats de l'Allemagne, notamment la Prusse, où les succès d'emblée se sont élevés à 62 pour 1 00 en 1 865. On constate ainsi une proportion croissante de succès en poursuivant exactement la pratique des revaccinations avec le vaccin jennérien, proportion supérieure à celle que donne le vaccin animal, surtout si l'on fait entrer eu ligne de compte les résultats isolés obtenus dans les hôpitaux,, et relatés à la Société médicale. Ainsi, à Saint-Louis, M. Laillier n'a constaté qu'un seul succès sur 30 à 35 revaccinations; la plupart ont aussi été négatives dans le service de M. Hillairet, de même qu'à Saint-Antoine dans celui de M. Boucher. M. Moutard-Martin n'a eu que 3 succès sur 75 revaccinations.

Or, que l'on attribue cette grande proportion d'insuccès à l'âge trop avancé du vaccin ou à son emploi en tubes, ils ne déposent pas moins contre ce mode de vaccination.

En comparant l'action de l'un et l'autre vaccin par les résultats obtenus sur les nouveau-nés à la Maternité, vaccinés en 1865, M. Hervieux a obtenu les résultats suivants :

Vaccin humain.

Vaccin animal.

' Vaccinations

Résultats inconnus. . .

Échec complet

Papules imperceptibles 1 pustule

VACCINE. 503

Les revaccinations sur des femmes de celte institution, au nombre de 156, n'ont donné que 26 succès complets, 40 incomplets, et 90 insuccès. Sur une centaine, M.Guéneau de Mussy en a vu réussir la moitié environ, mais cette proportion n'a été que d'un tiers dans la pratique de M. Bourdon (Soc. des hôpit., janvier). Les proportions les plus favorables ne diffèrent donc pas tellement (Je celles obtenues avec le vaccin humain, que l'on puisse invoquer une supériorité quelconque du vaccin animal.

Sur la troisième question, résolue non moins affirmativement que les autres, bien des objections ont déjà été faites. Comment avoir partout et toujours une génisse à point pour donner son vaccin, car, avec la difficulté reconnue et constatée aujourd'hui de le recueillir et de l'envoyer en tubes, il n'y a guère à compter sur cette ressource. Recueilli dans des tubes, dit M. Empis, il doit être inoculé aussitôt, car il se coagule très-rapidement,' et forme sur la lancette une petite masse gélatineuse qui glisse sur elle au moment de la piqûre et ne pénètre pas dans la plaie. Il n'y a donc pas à insister actuellement sur les moyens proposés dans le rapport pour organiser ce service. Avant tout, il faut démontrer la supériorité du vaccin animal, et c'est à ce titre seulement qu'un crédit de 6000 fr. a été demandé par l'Académie pour faire des expériences à ce sujet. L'essentiel est qu'elles se fassent comparativement et avec impartialité.

L'inoculation avec le vaccin de génisse, pratiquée pendant l'incubation de la variole, n'empêche pas celle-ci , et n'en atténue pas môme la gravité. Exemple : Une femme de vingt-huit ans non vaccinée, entre à la Pitié pour une scarlatine, dont elle gùérit Le 22 févner elle est vaccinée avec. le virus de la génisse, et le 26 elle sort de l'hôpilal. Mais, la nuit suivante, les prodromes de la variole se déclarent, et elle rentre à l'hôpital, où M Gai lard constate une éruption vaccinale en plein développement alors que l'éruption variolique commençait à peine, et la imaladé succombe le 9 mars. D'où l'indication pratique de vacciner h 1 entrée môme des malades à l'hôpital, pour atteindre plus sûrP 'ment le but préservatif de la vaccine. (Soc. méd. des hôpit'

L'insuccès de la vaccination ou de la revaccinalion avec le vaccm de gènme ne comporte pas l'inaptitude à contracter la

VACCINE

variole. Exemple : Un jeune convalescent d'une broncho-pneumonie est revacciné sans succès par M. Lanoix, à l'hôpital Beaujon, service de M. Gubler; deux jours après, il présentait les prodromes de la variole. Il n'est pas rare de voir des individus résister à une ou plusieurs inoculations, contracter ensuite la variole. (Soc. méd. deshôpit., mai.)

Sur 67 malades — 39 hommes et 28 femmes. — revaccinés le 1 1 janvier, dans les salles Sainte-Athanase et du Rosaire, de la Pitié, et qui portaient des cicatrices légitimes de vaccin, je n'ai eu, dit M. Féréol, que 7 succès, dont 6 avec de très-belles pustules vaccinales, un peu petites et pâles, comme cela a lieu ordinairement avec le vaccin animal, chez des sujets de vingtcinq à trente-cinq ans; au-dessus comme au-dessous de cet âge il n'y a eu que des insuccès, moins un de vaccinoïde, chez une femme de vingt et un ans. (Soc. des hôpit. de Paris, janvier.)

Étude sur la vaccination animale, par M. le docteur Lanoix. Brochure in-8°de 50 pages. — Réunion des trois mémoires lus à l'Académie de médecine par l'auteur, avec une préface. C'est l'histoire prise sur le fait de ce mode de vaccination en France, par son initiateur. — Librairie Germer Baillière.

Vaccin animal et vaccin humain. Résultais comparés. Voulant se rendre compte de leurs effets consécutifs, l'Académie de médecine de Belgique a institué des expériences dans l'office de M. "Warlomont à cet effet. Elles ont porté sur soixantetrois sujets. Vingt-six enfants inoculés par six piqûres avec le cow-pox de génisse à bras ont offert au huitième jour :

7 enfants 6 pustules.

2 ne so sont pas représentés.

Dix enfants vaccinés au bras gauche de génisse à bras, et au bras droit avec du cow-pox animal conservé dans des tubes depuis huit, quinze et vingt-deux jours, ont également offert des vaccinations bien réussies.

Dans une troisième série d'expériences, vingt-trois enfants ont été inoculés comparativement de génisse à bras d'un côté,

VACCINE

de brasàbras de l'autre, avec du vaccin humain de I re, 2° et 3e transmission. Or, sans rappeler en détail les résultats, la commission a constaté, dit M. Marinus dans son rapport, que les pustules produites par le vaccin humanisé, sont plus belles et mieux développées, que celles résultant, chez le même individu de l'inoculation faite avec le vaccin animal. (Bull. del'Acad.) Les faits s'accordent donc à montrer partout l'infériorité relative du vaccin animal au vaccin humain.

Une commission de la Société de vaccine d'Amsterdam, appelée à pratiquer et à examiner comparativement des inoculations faites avec le vaccin humain et le vaccin animal envoyé en tubes de Bruxelles, dit clans son rapport « qu'à la première inoculation, les pustules de celui-ci se développèrent lentement et étaient au huitième jour moins avancées que les pustules observées d'ordinaire, après l'emploi du vaccin humain, » tous droits réservés. (Presse méd. belge, n° 36.)

S'il est vrai qu'à la seconde génération on observe le contraire, ce n'est pas moins là un témoignage irrécusable de la faillibilité déjà proclamée par la voix publique et qui est un des plus puissants obstacles contre la généralisation de son emploi

Aiguille vaccinale. A celle de M, Depaul, le docteur Danet en joint une seconde consistant tout simplement en une aiguille très-fine, terminée à l'une de ses extrémités par une cupule fermée par une membrane en caoutchouc servant à faire le vide et à chasser le liquide qui s'y trouve enfermé par la pression. (Acad. de méd., juillet.)

Vaccine syphilitique. A la suite d'une communication de MM. les docteurs Closmadeuc et Denis à l'Académie de médecine relative à des accidents de syphilis observés sur un grand nombre d'enfants du Morbihan à la suite de vaccination, MM. Depaul et Roger furent délégués par l'Académie pour observer et constater les fails. Or, il appert de leur rapport :

1° Que plusieurs des enfants soumis à leur examen étaient réellement atteints d'accidents primitifs et secondaires de la syphilis;

2° Qu'il paraît impossible d'expliquer leur contamination autrement que par la vaccination;

3° Quant à l'origine du mal, il leur a paru très-probable, après enquête, que c'était dans le liquide vaccinal envoyé par G ARMER i 29

VAC.1NISME.

la préfecture do Vannes qu'il fallait la placer. (Acttd. de méd., novembre.)

Par lo nombre des enfants atteints, la gravité des accidents et le retentissement de ce drame, il est l'analogue de celui de Rivalta, qui a surtout contribué à éveiller l'attention médicale et suggéré des études à cet égard.

VAGIMSME. M. Marion Sims, le célèbre gynécologiste américain, appelle ainsi un état d'hyperesthésie excessive de l'hymen et du vagin, accompagnée de spasme involontaire du sphincter assez considérable pour s'opposer à la copulation. C'est l'atrésie des auteurs, dont on trouvera un exemple remarquable à ce mot. Quoique paraissant assez rare d'après les cas publiés, cette affection serait fréquente d'après l'auteur, surtout dans la classe aisée ou ces gynécées sanitaires, maisons de santé consacrées aux maladies des femmes. En moins de dix ans, il en a opéré trente-neuf cas.

Une douleur locale au plus léger attouchement est le caractère principal, différentiel de celte affection avec l'atrésie. Elle existe surtout au niveau et de chaque côté du méat urinaire, là précisément où la membrane hymen prend son origine. Elle augmente encore au niveau de l'orifice de la glande vulvo-vaginale, mais souvent c'est à la fourchette là où l'hymen se relève, qu'est le point le plus douloureux, surtout quand il y a rougeur et éry thème. On rencontre parfois ici et là de petites excroissances rougeàtres, polypeuses, sorte d'hypertrophies ou d'cblitérations glandulaires.

Ordinairement épaissi et volumineux, l'hymen sur toute sa surface externe est douloureux, le moindre attouchement y produit une contraction spasmodique, involontaire et simultanée des sphincters de l'anus et de la vulve, tandis qu'à en juger avec la sonde, il n'en est pas de môme à l'intérieur.

Le traitement est entièrement chirurgical et comprend l'excision de l'hymen, la division du sphincter et la dilatation consécutive, sans que celle-ci puisse jamais précéder ni suppléer les deux autres.

Excision de l'hymen. La femme placée sur le côté gauche, on saisit cette membrane avec de fines pinces au niveau de sa jonction avec l'urèthre à gauche et en la tendant, on l'incise clans toute la circonférence de façon à l'enlever graduellement

VAGINITE.

d'une seule pièce. Trois ou quatre jours suffisent à la cicatrisation, après quoi l'on passe au second temps.

Dioision du sphincter. La patiente étant couchée et chloroformée, le chirurgien introduit l'index et le médius de la main gauche dans le vagin, puis les écartant autant que possible latéralement, il entame profondément le sphincter avec un bistouri ordinaire d'un côté de la ligne médiane en dirigeant son incision de haut en bas pour l'arrêter au raphé. Elle forme ainsi le côté d'un Y ; pareille incision est immédiatement pratiquée du côté opposé. Chacune doit avoir une étendue de deux pouces environ, soit un demi-pouce au-dessus de la marge du sphincter, autant à travers ses fibres qu'elle divise et un pouce depuis son bord inférieur jusqu'au raphé.

Dilatation. En cas d'hémorrhagie, le dilatateur doit être introduit immédiatement, sinon après vingt-quatre heures seulement. C'est un cylindre en métal, en ivoire ou en verre avec une dépression centralequ'on laisse en place, enl'adapiant convenablement une à deux heures le matin el autant le soir, et répétée ainsi jusqu'à entière cicatrisation des plaies et abolition de toute sensibilité douloureuse.

Sur 39 opérations, il y a eu 39 succès! (Gaz. des Afl/).,n° 87.)

Si cette opération est infaillible, il faut reconnaître aussi qu'elle est cruellement longue et compliquée et qu'il faudra à une femme toute la triste expérience de sa situation et la promesse d'y mettre fin, pour s'y soumettre; encore devra-t-on lui en laisser ignorer les détails.

VAGINITE. C'est à la cautérisation de la muqueuse vaginale dans tous ses moindres replis ou plutôt au badigeonnage avec une solution concentrée d'azotate d'argent que M. Nonat donne la préférence, quel que soit le caractère de cette maladie. Il se sert à cet effet de deux pinceaux ; un petit en poil sert à pénétrer dans le fond et les replis du cul- de-sac vaginal lorsque le spéculum bivalve l'a mis à découvert, l'autre en charpie sert à badigeonner le vagin à mesure que le spéculum, en se retirant, met la muqueuse à découvert. Pas un seul point ne doit être oublié.

Si l'on voit aussitôt l'inflammation et la sécrétion augmenter nolablement, l'orage s'apaise après deux à trois jours et l'amé-

VAIUCKS.

lioration se dessine. On ne renouvelle celte cautérisation que tous les cinq ou six jours, en diminuant la force de la solution. Des cataplasmes, des bains sont les adjuvants indispensables de celte médication héroïque. (Journ. de méd. et chir. prat. janvier.)

VARICES. Traitement chirurgical. Intercepter le cours du sang dans les vaisseaux variqueux a été le but constant des chirurgiens et plusieurs méthodes ont été proposées et employées à cet effet. M. le docteur Faure, plus hardi que ses devanciers, dit aussi avoir mieux réussi. Aux diverses espèces de ligature et même à la division sous-cutanée, il a substitué la section de dehors en dedans. Avec un bistouri convexe, il divise la peau et la varice transversalement par une incision semilunaire et disséquant le lambeau, — à convexité supérieure sans doute, — il place dessous un fragment d'agaric et entoure ensuite tout le membre d'un bandage compressif. Celte opération est répétée au besoin sur toutes les veines variqueuses.

Trois observations témoignent des bons effets de cette opération. L'affaissement des varices les plus volumineuses est immédiat sans perte notable de sang, surlout si on lie le membre au-dessus et au-dessous du point à diviser. L'interruption de la circulation n'a pas provoqué de nouvelles varices ni d'engorgement du membre ; la seule manifestation remarquable est un certain nombre de petites tumeurs un peu douloureuses, se développant sur le trajet des varices semblables aux nodosités de l'oedème noueux, moins la douleur ; mais elles disparaissent spontanément après quelques jours. (Arch. de me'd., mars.)

Ulcères variqueux. Encouragé par ces succès et partageant cette idée commune que la convexité prononcée de la région qui supporte ces ulcérations et l'altération des tissus environnants et sous-jacents est ce qui s'oppose à leur guérison, M. Faure leur a appliqué le même procédé. Les circonscrivant par deux incisions courbes qui divisent les téguments dans toute leur épaisseur, se rejoignant à leurs extrémités, il en dissèque les bords de manière à détacher des parties sous-jacentes, tout ce qui entoure l'ulcère. Chacune des veines est ainsi coupée dans toute son épaisseur et l'ulcère se trouve renfermé dans un îlot de tissus isolé par les bords du reste des téguments. Un °rand changement est ainsi apporté dans la circulation des

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