EMPOISONNEMENT
de la glotte fut dissipée par l'examen digital. Le médecin et l'infirmier niaient que le malade eût pris de l'opium ni aucun poison. Le cas commandant d'agir, la trachéotomie fut exécutée immédiatement, et dès lors, la mort semblait réelle, si ce n'eussent été les battements faibles, lents du pouls. L'emploi de la respiration artificielle ramena la vie : quelques minutes après, la respiration se faisait par l'ouverture trachéale; l'opéré ouvrit les yeux, se leva, et regarda tout étonné autour de lui. C'est alors, et alors seulement, que l'examen des pupilles démontra la méprise par leur contraction. Des renseignements pris, il résulta, en effet, que l'infirmier avait administré par erreur au patient un demi-grain de morphine toutes les demi-heures, et qu'il en avait pris ainsi 2 grains et demi {Boston mocl. and. surg. joarn., mars). Heureusement l'ouverture de la trachée se cicatrisa avec facilité, et il n'en fut que cela ; mais on a, dans ce fait, un exemple frappant de la pratique hasardée de la médecine comme de la chirurgie aux États-Unis.
Procédé inquisitorial. Une dame de quarante-quatre ans était arrivée au dernier degré de narcotisme par l'ingestion de 2 onces de laudanum, sans que divers émétiques , révulsifs cutanés, titillation de la luette, aient pu la tirer du coma. Insensible depuis trois heures, elle présentait un pouls à 45 à peine, faible, mou, irrégulier; respiration lente, stertoreuse, avec écume buccale, peau froide, face pale et cadavéreuse, sans que l'usage de la pompe gastrique eût amené aucun changement à cet état.
Au lieu d'employer l'antidote aujourd'hui bien connu de l'opium, la belladone ou son alcaloïde, le docteur Monroë, ne sachant plus, dit-il, que faire, et regardant ce cas comme désespéré, se rappela avoir lu que l'inquisition espagnole, pour augmenter les tortures de ses victimes en prolongeant leur existence, faisait tomber, de la hauteur de plusieurs pieds, de l'eau froide goutte à goutte sur le creux épigastrique du patient. Renouveler ce procédé inquisitorial fut l'affaire d'un moment : un seau d'eau froide, muni d'un robinet, fut placé à 8 ou 9 pieds d'élévation du sol et, ia femme y étant couchée, le jet tombait directement sur l'épigaslre. Le premier effet fut de rendre la respiration plus fréquente, moins stertoreuse. Au second seau d'eau, la face s'anima ainsi que les battements du cœur; enfin, l'expression de la vie revint graduellement,
ENCHONDKOME.
moyennant celte allusion locale de trois à quatre seaux d'eau. (Dos ton med. journ., mai.)
L'action de ce moyen simple se comprend de reste. C'est un excitant énergique qui peut se trouver plus facilement que beaucoup d'autres; c'est à ce titre qu'il mérite d'être signalé. Mais il faut que l'estomac soit préalablement débairassé du poison comme dans ce cas; c'est là le point essentiel pour l'employer avec succès aussi bien que tous les autres. À défaut de pouvoir parvenir à cette expulsion de l'agent toxique, il ne faut pas balancer à employer son antagoniste, l'atropine, pour en neutraliser l'action délétère.
EMPYÈME. Un nouveau cas de guérison de l'empyème, consécutif à la pleurésie, par un des jeunes cliniciens les plus exacts, les plus scrupuleux de l'Italie, et qui, parla rigueur scientifique de ses travaux, se rallie étroitement à l'école de Paris, M. le professeur Baccelli, de Rome, mérite une mention spéciale, en tant que venant avec quatorze faits semblables à l'appui d'une nouvelle doctrine sur la formation de cet empyème consécutif et son traitement curatif. Il a démontré ainsi cliniquement que, l'épanchement purulent étant contenu dans une cavité close dont les parois formées de la séreuse épaissie et proliférante doivent être considérées comme la membrane pyogénique, il n'y a à craindre ni l'entrée de l'air, ni l'action topique du liquide, ni son absorption, attendu l'activité fonctionnelle de celle membrane. Aussi bien emploie-t-il un gros trocart pour donner issue au pus à la partie la plus déclive de la cavité, et y pratique-t-i! librement ensuite des injections de nitrate d'argent à haute dose, en laissant une canule à demeure pour l'écoulement continu du liquide remplacée par un drain dès que les bords de l'ouverture deviennent calleux. (Giom. med. diRoma.) Un exposé précis de cette méthode serait désirable pour en faire profiter nos lecteurs.
ENCIIOjVDROME. Hérédité. Un homme robuste, de vingtcinq ans, entra, en \8GU, à la clinique de Heidelberg, pour une tumeur de la tubérosité de l'ischion, grosse comme la lêt$ d'un enfant de dix ans, bosselée, d'une dureté cartilagineuse, dont l'apparition remontait à un an.
Depuis dix ans, des excroissances dures, volumineuses, bosselées, s'étaient dévoloppées sur les os des extrémités infé-