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ALBUMINURIE

sion à celte zone, à Monaco, au moins 400 à 500 mètres détendue horizontale, et 70 mètres au moins d élévation à partir du bord de la mer.

Toutes choses égales d'ailleurs, la proportion des particules salines paraît d'autant plus grande, que leur recherche a été effectuée dans un point de l'atmosphère plus rapproché de la mer.

Ce fait résulte de la pulvérisation de l*eau qui se produit au sommet de la vague. Il n'est pus nécessaire pour cela que la mer soit très-agitée.

Le transport des molécules salines par les vents peut se faire à des distances telles qu'on a pu constater des traces trèsappréciables de sel marin dans des eaux de pluie recueillies loin des côtes.

Celte poussière hydro-minérale ne doit pas être confondue avec cette autre plus grossière, connue sous le nom d'embrun, et constituée par des goutteleltes d'eau que les vents ont enlevées à la surface des flots. (Acad. de méd., octobre.)

ALBUMINURIE. Étiologie. Dans la diphthérite, elle n'est le résultat, dit M. Sée, ni de la suffocation ni de l'oppression, pas plus que d'une augmentation de la pression intra-vasculaire, car il rapporte un fait, observé à Beaujon, où elle n'est apparue qu'après la trachéotomie, c'est-à-dire alors que la gêne de la respiration avait disparu.

Pour M. Archambault, elle n'est pas toujours liée à la diphthérite, lors même que celle-ci est manifeste. Dans un certain nombre de cas, dont il cite quelques exemples, une scarlatine latente lui paraît en être la cause. Mais cette opinion n'est appuyée que sur des inductions, et M. Sée a donné un moyen d'éclairer ce litige. Dans la diphthérite, l'albuminurie apparaît beaucoup plus tôt que dans la scarlatine, et l'urine, dans ce cas, ne contient jamais de sang, tandis que dans l'albuminurie scarlatineuse, 9 fois sur 'I 0 on peut constater la présence du sang. Legendre a même pu dire que c'était plutôt de l'hématurie que de l'albuminurie proprement dite qu'on rencontrait dans la scarlatine. Le microscope n'est pas moins net à cet égard. Bien plus souvent, dans l'albuminurie scarlalineuse, on rencontre des tubes cylindriques et des fibrilles ; dans l'albuminurie diphthérilique, au contraire, il n'y a jamais de globules de sang, et plus rarement encore des tubes cylindriques et des fibrilles ; du reste, l'asphyxie n'a aucune influence sur la pro-

duction de cette albuminurie ; on ne saurait d'ailleurs affirmer la nature scarlatineuse de l'affection d'après la quantité d'albumine. (Soc. méd. du IX" arrondiss., et Union méd., n° 6.)

Emploi sémiologique du thermomètre. Comme dans les inflammations aiguës, M. Ringer, médecin de S. Barlhelemxj Hospital, l'applique à la maladie de Bright pour en connaître les diverses périodes. Dans un cas de néphrite scarlatineuse, il marqua ainsi 105° F. pendant quatre ou cinq jours, pour revenir ensuite au degré normal, alors que du sang apparut dans les urines raréfiées. L'élévation de la température marquerait ainsi le degré de l'inflammation, et permettrait sûrement d'en juger la marche et l'intensité, sans que la persistance d'autres symptômes, comme l'émission du sang, doivent modifier ce pronostic. Le traitement en recevrait donc ainsi de précieux éclaircissements. (Presse méd. belge, n° 2.)

Sans offrir rien de nouveau, le traitement mixte du docteur Hassall paraît avoir été si heureux entre ses mains, qu'il mérite d'être connu. Sur cinq cas, dans lesquels la quantité d'albumine rendue lors de l'entrée des malades à l'hôpital était de 70, 310, 357, 184, 245 grammes par jour, elle était réduite à 5,. 16 1 , 202 grammes pour les trois premiers, après un séjour de trois mois ; à 77 grammes pour le quatrième, après deux mois, et à 6 grammes pour le cinquième, après cinq mois de traitement.

Il consiste à favoriser l'action de la peau par des bains de vapeur, à neutraliser par des ventouses sèches la congestion des reins. Dés toniques et des astringents sont administrés, notamment le sesquichlorure de fer, le sulfate de quinine, les acides tannique et gallique, et' quand l'hydropisie est considérable les hydragogues calharliques et diurétiques. Mais pardessus tout il faut veiller à la diète, qui doit être nilrogénée. Les œufs el le lait seront donnés en abondance. C'est à ce régime, et surtout au repos et au calme moral qu'il procure à ses malades, que M. Hassall attribue les succès obtenus. (Lance t, décembre 1 865.)

ALIÉNATION MENTALE. Suivant un rapport ministériel du 16 avril, il y avait en France, en 1860, 99 asiles spéciaux aux aliénés : 57 publics et 42 privés, pouvant contenir 31 550 malades. L'effectif progressivement croissant d'après

une statistique des vingl-cinq dernières années, était de 30 239 à cette époque, se réparlissant on 26 450 fous, 3746 idiots et 43 crétins, au 1 er janvier 1861.

L'hérédité suivant les sexes ne ressort pas clairement de cette statistique, mais la prédominance des causes physiques sur les causes morales est complètement établie. L'ivrognerie en est la plus fréquente.

En raison même de ce fait probablement, le nombre des sorties et des guérisons des hommes est positivement supérieur à celui des femmos ; de même, la proportion des guérisons est supérieure à la suite d'aliénation par causes physiques que par causes morales.

La mortalité dans les asiles va en augmentant, et est surtout considérable à partir du premier mois de leur internement, parmi les hommes plus que parmi les femmes.

Tels sont les principaux résultats, appuyés sur des chiffres, de cette vaste enquête statistique. Élaborée avec des matériaux recueillis d'après un plan uniforme, elle a une valeur considérable qui s'augmenterait encore de l'actualité, si elle comprenait les six dernières années.

Tandis que la statistique officielle en France s'arrête à 1 860, celle pour les îles Britanniques va jusqu'au 1er janvier 1865. Ainsi le nombre total en était pour l'Angleterre de 29 425, dont 13 988 hommes et 1 5 437 femmes, répartis comme suit :

Asiles publics 22281

Hôpitaux • 217"

Établissements privés 4479

Asiles maritimes, militaires et criminels 485

En Écosse, ce nombre s'élève très-exactement à 651 5, dont 3021 hommes et 3494 femmes, répartis de la manière suivante :

Asiles publics de district. . 1542 bommes, 1579 femmes.

Asiles privés 363 — 451 —

Asiles dos paroisses .... 217 — 273 —

Asiles dos pauvres 179 — 253 — •

Établissements privés. . . . 720 — 93S —

En Irlande, ce total est de 8485, savoir :

Asiles publics 4729

Asiles privés 552

Maisons de travail 2563

Prisons 452

Maintenus par le gouvernement. . . . 188

De 8272 qu'il était en 4 864, le nombre s'en est élevé, eh Irlande, à 8485 en 1865. 4835 étaient dans des établissements publies, et 2733 dans des établissements de bienfaisance; 583 dans des maisons particulières, et le surplus dans les prisons ou des asiles spéciaux.

C'est donc 44 425 aliénés renfermés que compte le Royaume- Uni, outre ceux qui sont dans leurs familles, et dont il est impossible de fixer exactement le nombre. La proportion n'en est établie ni avec la population ni avec l'étendue kilométrique de chaque pays, et il n'en résulte que ce fait bien connu, universel, de la plus grande fréquence de l'aliénation parmi les femmes que parmi les hommes.

Des renseignements beaucoup plus précis sont fournis par le récent rapport du docteur Laehr, sur la population de tous les asiles de l'Allemagne au 1er janvier 1865. Pour 46 millions d'habitants et une étendue de 11 459 milles carrés allemands, il y a 141 asiles, 92 publics et 49 privés, contenant 19 550 aliénés, savoir: 17 833, comprenant 9426 hommes et 8397 femmes dans les asiles publics, contre 1727 seulement (900 hommes et 827 femmes) dans les établissements privés; 83 directeurs, 54 médecins en chef et 124 adjoints. Divisés suivant les différents Étals, ces chiffres se décomposent ainsi pour les principales monarchies :

Superficie. Population. Asiles publics. Établiss. privés. Médecins.

Prusse. . . .

4796alién.

944 alién.

Autricbe. . .

Bavière. . . .

Hanovre. . . .

Wurtemberg.

Ces détails statistiques sur l'aliénation mentale dans ces différents pays sont curieux et intéressants, et méritent d'être consignés.

^ Symptomatologie. Température cutanée. Invariablement identique, elle présente les caractères suivants, d'après M. Berthier, dans les folies non chroniques, à forme expansive : abaissement plus ou moins marqué de la chaleur aux extrémités, élévation également graduée à la tête et sous les aisselles; mains sèches à la face dorsale, humides, quelquefois moites, fréquem-

ment visqueuses à la face palmaire; — dans les folies non chroniques, à forme dépressive : température basse, même trèsfroide aux membres inférieurs, élevée à la tête et sous les aisselles; aux mains, face dorsale sèche, très-sèche, face palmaire sèche ou gluante ; — dans l'état chronique, la transformation du derme, qui s'amincit, se parcheminé et quelquefois se laisse envahir par l'érythème pellagreux, ramène progressivement les symptômes à une sorte d'uniformité. Moins de chaleur à la tête et sous les aisselles, moins de froid aux extrémités ; peau généralement aride, sèche, pulvérulente, rugueuse. (Joum, de méd. mentale, avril.)

Dilatation fusi forme de la carotide interne. Chez un certain nombre d'aliénés, M.Manson a rencontré cette disposition particulière de l'artère à partir de son origine. Il l'attribue à l'obsiacle circulatoire produit par l'oblitération des capillaires dans certaines affections chroniques du cerveau (Med. Times, mars.) Ce serait donc un fait analogue à la dilatation du ventricule gauche dans la maladie de Bright.

Traitement. Influence des fièvres intermittentes. Après Koster, qui a éveillé le premier l'attention sur ce sujet, en rapportant 7 guérisons et 7 améliorations de l'aliénation après ces pyrexies, le docteur Nasse, en étudiant pendant neuf ans et demi l'action de cette cause sur 76 aliénés de l'asile Sachsenberg, près de Schwerin, où la fièvre intermittente est très-commune, est arrivé aux résultats suivants :

Dans 39 autres cas, il n'y eut aucune influence sensible ; elle fut même fâcheuse dans 3.

Les cas les plus favorables sont la mélancolie, la manie; ce qui explique les différences obtenues par les différents observateurs. M. Dagonet n'a pas vu, en effet, ces accès modifier le délire [Ann. méd. psycholog., septembre). C'est donc dans la mélancolie et la manie qu'il faudrait se borner à expérimenter ce singulier moyen pour être en droit d'en tirer des conclusions.

Guérisons complètes

Améliorations durables

— passagères. . . .

— pendant la fièvre,

Chanvre indien. M. Bôltcher l'a trouvé utile, comme quatre

observations en déposent, surtout au début des affections mentales, contre l'insomnie et l'anxiété précordiale, alors que l'opium a échoué. Il a eu à s'en louer aussi dans les formes constituées contre l'agitation déterminée par des hallucinations de la vue ou de l'ouïe inspirant une profonde terreur aux malades. (Berl. klin. Woch., n° 16.)

Considérations sur Vemploi de l'opium dans la manie. Thèse inaugurale, par M. Becoulet, ancien interne à l'asile d'aliénés deBailleul'(Nord). Strasbourg, 1 866.

Excellente monographie historique, clinique et thérapeutique sur ce sujet très-restreint.

De la curabililè de certaines formes de folie, épilepsie, catalepsie, hystérie, chez les femmes, par le docteur Baker Brown. Londres.

En rapportant la plupart de ces maladies à Yexcitalion périphérique, c'est-à-dire des organes génitaux du nerf honteux, le remède unique et spécifique est l'excision du clitoris. On peut juger de Y excentricité du livre et de l'auteur par celle du remède.

Rapports des maladies constitutionnelles et diathésiques avec la folie. — De 45 observations cliniques rassemblées à cet effet par M. Dupouy, il conclut qu'en vertu de la solidarité organique à une modification maladive de l'intelligence correspond toujours une modification connue ou inconnue, soit du cerveau ou des conditions matérielles qui le font fonctionner.

Il est ainsi convaincu qu'il existe des manies chlorotiques, scrofuleuses et rhumatismales, des lypémanies tuberculeuses ou pellagreuses, comme des épilepsies saturnines ou syphilitiques. D'où un traitement précis, rationnel. (Ann. méd. -psychologiques, septembre.)

Etude médico-légale sur la simulation de la folie. Considérations cliniques et pratiques à l'usage des médecins experts, des magistrats et des jurisconsultes, par le docteur Armand Laurent, médecin en chef de l'asile des aliénés de Marseille. Un volume in-8. — Ouvrage nouveau et des plus importants en présence des cas de simulation remarquable et persistante qui ont été signalés dans ces derniers temps.

Traité de la médecine légale des aliénés dans ses rapports avec la capacité civile et la responsabilité juridique des individus atteints de diverses affections aiguës ou chroniques du système nerveux, d'infirmités congénitales (surdi-mutité, cécité), d'arrêt de développement cérébral (idiotie, imbécillité), etc., par M. Morel, médecin en chef de l'asile d'aliénés de Saint-Yon (Seine-Inférieure), etc., etc. 4 volume grand in-8° compacte, publié en 6 fascicules. En vente le fascicule 1er, comprenant les Considérations générales el l'historique. In-8° de 160 pages.

ALLAITEMENT. De la mortalité des nourrissons en France, spécialement dans l'arrondissement de Nogent-le-Rotrou, par le docteur Brochard, chevalier de la Légion d'honneur, médecin de l'Hôtel-Dieu, de la prison et des épidémies de Nogent-le-Rotrou. In-8° de 1 G 1 pages.

Circonscrivant cette question très-importante d'hygiène publique à l'arrondissement de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir), où l'unique industrie des femmes est de venir chercher des nouveau-nés à Paris pour les allaiter, M. le docteur Brochard la résout de manière à lever tous les doutes à ce.t égard.

Sur 2429 nourrissons arrivés en I 8 58 et I 859, il a constaté officiellement, comme chargé du service médical de la direction des nourrices dans cet arrondissement, qu'il en était mort 866, soit 35 pour 100; tandis que sur 2163 naissances survenues pendant ce temps dans l'arrondissement, il n'y a eu que 496 décès d'enfants n'ayant pas deux ans, soit 22 seulement pour 100, défalcation faite, bien entendu, des 866 précédents enregistrés par erreur comme formant la mortalité locale. Soit 1362 décès sur 2163 naissances. Ainsi se trouve faussé le mouvement annuel de la population parisienne et celle des départements où s'exerce l'industrie des nourrissons. La différence est ici authentique et très-frappante, d'autant plus qu'aucune cause locale ou endémique n'avait agi durant cette période.

Les causes réelles de cette extrême mortalité chez les nourrissons de Paris ne ressortènt pas moins clairement de cette statistique. Elle a été de 17 pour 100 chez les nourrissons parfaitement surveillés do la direction générale des nourrices, de 42 sur ceux des bureaux particuliers privés de surveillance; de 55 parmi les enfants assistés de Paris, quoique surveillés comme les premiers, et de 60 à 75 parmi ceux du déparlement qui sont tous élevés au biberon par ordre supérieur (Journal de

médecine de Bordeaux, février). C'est donc bien à défaut de soins et d'allaitement naturel, soit dans les huit à dix premiers jours de la naissance, soit indéfiniment, comme chez ces derniers, qu'il faut s'en prendre, sans que la différence de constitution avec les enfants des campagnes, des prédispositions héréditaires morbides, etc., puissent être invoquées. Il est d'autant plus facile aux parents, aux familles et à l'adminislration d'y porter remède, que la nouvelle sociélé protectrice de l'enfance leur en offre un sûr moyen.

Un mémoire du docteur Monot (de la Nièvre) sur V industrie des nourrices et la mortalité des nouveau-nés, soumis officiellement à l'Académie de médecine, a mis cette question importante à l'ordre du jour devant ce corps savant, en signalant des abus criants aussi bien des nourrices que des autorités municipales, et des malheurs déplorables. Pour y porter remède, il propose d'exclure les filles-mères comme nourrices et obligeant les femmes mariées à une autorisation spéciale de leurs maris, à cause de la démoralisation qui autrement en est la conséquence. L'âge exact de la nourrice, qui ne pourrait se présenter comme telle que de vingt à quarante ans; celui de son enfant; la moralité et les conditions de salubrité de logement, de position, devraient aussi être exigées, ainsi que des inspections médicales plus fréquentes et plus efficaces.

Sans doute des réformes sont urgentes devant la déplorable habitude que les habitants des grandes villes, Paris en particulier, ont de confier leurs enfants à des étrangères pour les allaiter, sans les moindres garanties de moralité ni de santé. Mais il est bien délicat de touchera cet égard à la liberté individuelle; ce n'est que par l'entremise des officiers municipaux que le gouvernement peut veiller à l'observation des mesures qu'il jugera nécessaire d'édicter, et l'on sait tout ce que laissent à désirer dans les campagnes les lumières, le zèle et même l'intégrité, l'indépendance de ces autorités. L'exécution de ces réformes laissera donc toujours beaucoup à désirer.

Une mesure, la meilleure assurément, serait de prescrire à toutes les mères d'allaiter leurs enfants ; devoir commandé par la morale et la nature. Mais que de réclamations s'élèveraient aussitôt! A défaut de cette prescription légale, ne pourrait-on pasdu moins recommander ce devoir sacré par la voixduclergé et des autorités, et venir en aide pécuniairement aux mères pauvres ayant besoin de leur travail journalier pour vivre et

faire vivre leur enfant. Déjà les crèches et des sociétés particulières fonctionnent dans ce sens ; il n'y aurait qu'à étendre et perfectionner ces moyens de secours.

Aussi la Société protectrice de l'enfance, qui s'est formée à Paris dans le but spécial de surveiller par ses délégués et correspondants les enfants confiés à des nourrices, pourrait-elle êlre d'un puissant secours pour la réalisation de ces réformes dans les départements. Le gouvernement n'aurait qu'un mot à dire pour l'encourager dans cette voie en lui donnant force et autorité.

Pesées régulières. La santé de l'enfant et son poids étant dans un rapport très-étroit et sensible, MM. Odier et Blache, internes dans les services d'accouchement, estiment que la meilleure organisation administrative par les simples règles d'hygiène et d'allaitement serait impuissante à sauvegarder les intérêts des nouveau-nés, sans y ajouter le système des pesées obligatoires déjà préconisées par MM. N. Guillot, Hervieux et Bouchaud, comme moyen de constater et de surveiller leur état de santé. Ceux-ci sont trop souvent remis aux nourrices dans un état pitoyable pour que l'on doive rendre cel'es-ei toujours responsables de l'extrême mortalité de leurs nourrissons. La constatation du poids de l'enfant étant une indication infaillible de son état de santé, ils proposent, chaque fois qu'un enfant sera remis à une nourrice, de le peser et d'inscrire son poids sur son bulletin, qui sera remis à l'autorité locale à son arrivée et transcrit sur un registre spécial.

Chaque semaine, l'enfant devra être représenté au médecin inspecteur qui se rendra auprès de l'autorité, et le poids ainsi constaté indiquera le progrès ou le déclin de sa santé (Aca-démie de médecine, octobre). Ce système singulier n'a qu'un défaut, c'est d'être impraticable sous tous les rapports.

Mortalité infantile. D'un mémoire sur ce sujet lu à la Société de statistique de Londres par le docteur Farr, il résulte que sur 4 00 nouveau-nés, il en arrive à l'âge de 5 ans : en Norvège, 83 ; en Suède, 80 ; en Danemark, y compris les anciens duchés, 80 ; en Angleterre, 74 ; en Belgique, 73 ; en France, 71 ; en Prusse, 68; en Hollande, 67; en Autriche, 64; en Espagne, 64; enRussie, 62; en Italie, 61.

Scrutant les causes de ces extrêmes différences, M. Farr

AMÉNORRHÉE.

attribue la proportion favorable qui distingue la Norvège au régime lacté auquel les enfants sont exclusivement soumis dans ce pays. Mais un fait non moins important, c'est la prédominance'des populations rurales sur celle des villes, et qui, loin de vivre agglomérées, réunies en centres, en villages populeux, sont dispersées en fermes et maisons isolées, construites en bois, sur des terrains rocheux et exempts d'humidité. D'où résulte pour chaque personne une plus grande aire en Norvège que dans tout autre pays, même aux États-Unis.

Quant à la mortalité extrême qui frappe l'Italie placée à l'extrémité opposée de l'échelle, M. Galligo l'attribue à 1 "élude négligée des maladies de l'enfance et le défaut d'hôpitaux spéciaux. On ne peut apprendre en effet qu'en étudiant, et pour cela il faut en avoir les moyens.

AMÉNORRHÉE. Vagin artificiel. Chez une fille de quinze ans, non réglée, ayant éprouvé à deux reprises, à un mois de distance, des douleurs très-vives dans les reins et le bas-ventre, avec nausées, vomissements, fièvre, accidents paraissant se rattacher à l'établissement de la menstruation, le médecin n'ayant pas trouvé d'issue à l'examen, fit entrer cette fille à 1* Hôtel- Dieu. A l'examen, M. Dolbeau rencontre une conformation externe parfaitement normale; l'hymen offre même un petit orifice à son centre, mais le stylet y rencontre à quelques millimètres un obstacle insurmontable.

L'exploration rectale, abdominale et vésicale constate uniformément une tumeur dure, résistante, sorte de boudin dirigé un peu à droite, entre le rectum et l'urèthre. Le vagin n'existant pas, celte tumeur résultait probablement de l'accumulation du sang. Il s'agissait donc de lui donner issue et de créer une voie, un canal artificiel pour l'écoulement périodique du sang, sans quoi la vie de la jeune fille pouvait être compromise.

La ponction de la tumeur sanguine par le périnée ou par le rectum était donc insuffisante. Outre que l'instrument, en se frayant ainsi un passage aveuglément, peut léser des organes importants, ce n'était là qu'une opération palliative, ne remplissant nullement la principale indication qui y faisait recourir. Le décollement du rectum avec l'urèthre, et l'ouverture consécutive de la poche sanguine proposée et exécutée par Amussat, puis par A. Bérard, puis M. Debrou, sont bien plus rationnels. Dès lors l'urèthre porté en avant à l'aide d'un cathéter, le chi-

AMPUTATIONS

rurgien, portant le rectum en arrière à l'aide du doigt, pratique une incision de la peau entre les deux conduits, comme dans la taille prérectale. Les parties molles sont ensuite décollées, au besoin seulement divisées avec l'instrument tranchant, afin d'éviter plus sûrement toutes lésions. C'est ce qui fut exécuté le 22 mai. Arrivé sur la tumeur, au lieu d'en attendre l'ouverture spontanée par ulcération ou autrement, à cause de la cicatrisation possible de la plaie et du rétrécissement probable de l'ouverture, M. Dolbeau en pratiqua largement l'ouverture pour avoir une issue complète et facile du sang. Des caillots noirâtres ont été extraits. Le doigt a perçu immédiatement le col de l'utérus entouré encore de caillots qui ont été rejetés postérieurement. La suppuration s'est établie, et à l'aide du toucher pratiqué chaque jour, une voie artificielle a ainsi été créée pour l'exécution d'une fonction importante à la vie. (Gazelte des hôpitaux, n° 84.)

Délicate par les dangers, les accidents qu'elle peut entraîner, cette opération, dont l'indication est formelle en pareil cas, n'a été faite qu'un si petit nombre de fois, qu'il était curieux d'en connaître les résultats. Les règles n'étaient pas encore apparues après plus d'un mois, à la sortie de l'hôpital. Elles étaient apparues chez l'opérée d'Amussat, quoique obligé d'intervenir de temps en temps pour maintenir le canal béant. Celle de M. Debrou a pu même se marier et devenir enceinte, mais l'accouchement a été des plus laborieux ; il fallut recourir au forceps, et la femme succomba. Jusqu'ici les bénéfices de cette opération ne sont donc pas encore connus, et c'est à la dilatation progressive avec des mèches de Laminaria digitata qu'il faudrait recourir, croyons-nous, pour en obtenir un succès complet.

AMPUTATIONS. Bien qu'incomplète, la statistique des amputations pratiquées par les chirurgiens de l'armée confédérée pendant la guerre n'offre pas moins un certain intérêt dans la proportionnalité.

Amputations de la cuisse, 509.

Primitives .

Secondaires,

Guéris. Morts. Mortalité p. 100. 213 132 38 43 119 72

AMPUTATIONS

/ Choparl.. .

Primitives. . .

| Syme. . . .

\ PirogofT. .

Secondaires..

j Chopart.. .

1 Syme. . . .

Amputations de la jambe, 4G4.

Guéris. Morts. Mortalité p. 100.

Primitives 314 219 95 30

Secondaires 150 76 79 40

Amputations «lu pied, 23.

Guéris. Morts. Mortalité p. 100.

Un des opérés par la méthode de Syme subit ultérieurement l'amputation de la jambe.

Amputations du bras, 434.

Guéris. Morts. Mortalité p. 100.

Primitives 294 252 42 14

Secondaires 140 81 53 37

Amputations de l'avanî-bras, 8B4.

Guéris. Morts. Mortalité p. 100.

Primitives 69 61 8 12

Secondaires 45 35 10 22

Amputation sus maliéoiairc. Par sa position de chirurgien de l'asile impérial de Vincennes, M. Laborie a pu étudier les suites éloignées de cette opération pratiquée dans les divers hôpitaux de Paris. En comparant ainsi un très-grLnd nombre de faits, il a pu juger que si par le résultat immédiat le plus précieux, c'est-à-dire la conservation de la vie des opérés, elle est au-dessus de l'amputation au lieu d'élection, elle lui est incontestablement inférieure, quant aux suites , à l'usage du membre. Il s'est assuré que tous les opérés offrant la cicatrice à l'extrémité du moignon présentent des accidents absolument identiques. Le membre mutilé ne peut servir à la sustentation. La cicatrice, tiraillée incessamment , s'ulcère. Ces ulcérations douloureuses finissent par gagner les extrémités osseuses, et le plus souvent les malades découragés, dont la santé s'altère, réclament une nouvelle amputation.

Les malades ayant subi l'amputation avec conservation d'un

GARNJER, 2

26 AMPUTATIONS

seul lambeau postérieur , comprenant dans son épaisseur le tendon d'Achille, l'ont seuls exception à cette règle. On obtient par ce procédé un moignon dont la cicatrice est située sur la parlie antérieure et inférieure de la jambe; et le lambeau, fortifié par la présence du tendon qui lui donne une consistance presque osseuse, résiste facilement à la pression exercée parle poids du corps. Dès lors le malade marche sur son moignon; il n'a pas besoin de chercher sur la jambe ou la cuisse un point d'appui, qu'il prend sur l'extrémité même du membre mutilé.

Un blessé ayant subi cette amputation pour un écrasement du pied -en offre l'exemple. Le lambeau postérieur se fixe sur la partie antérieure de la jambe, au moins à 2 centimètres au-dessus de la section des os. Le tendon d'Achille, dont on peut apprécier la consistance , forme un véritable squelette dans ce lambeau. Jamais ce malade n'a souffert de la pression, exercée même avec violence à l'extrémité du moignon, et avant la cicatrisation complète il marchait en s'appuyant sur cette extrémité.

Un an après l'opération, la marche est facile, et l'opéré peut faire plusieurs lieues sans se servir de canne, à l'aide d'une simple bottine avec un remplissage représentant la longueur de la mutilation; deux liges latérales de fer, que l'on fixe sur la jambe avec une jambière lacée, empêchent la bottine de se renverser. Le résultat est donc aussi satisfaisant que possible, et tout permet d'espérer qu'il se maintiendra. (Soc. de cfur. , février.)

Amputation de Pirogoff. Pour prévenir la rétraction du lambeau plantaire, le docteur Scholt?., plaçant le pied à angle droit sur la jambe, incise les parties molles de la plante du pied suivant une ligne droite étendue entre les sommets des deux malléoles et se prolongeant un peu au-dessus de ces sommets; une autre incision , légèrement convexe en avant, réunit les extrémités de la première sur la face dorsale, et sert à ouvrir rapidement l'articulation tibio-tarsienne. Coupant ensuite les ligaments latéraux et les tendons qui passent derrière les malléoles, il dégage les faces supérieure et latérale du calcanéum jusqu'à pouvoir amener le pied dans l'axo de la jambe. Co résultat obtenu , l'incision plantaire et l'incision dorsale se trouvent dans un même plan perpendiculaire à l'axe du membre inférieur, et c'est aussi suivant ce plan qu'on pratique

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