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AMYGDALES

section du calcanéum. Enfin on isole les os de la jambe , et, par un trait de scie on enlève les malléoles, avec une mince rondelle du tibia et du péroné. (Zeilschr. fur praU. Heilk. , n° 52, 1 865.)

Mise en pratique sur un soldat, cette modification a donné un résultat satisfaisant. Il se promène sans fatigue, et marche assez rapidement avec un pied artificiel et à l'aide d'une canne.

Amputation de Syme. Dans une de ses leçons au collège royal des chirurgiens de Londres Sur la chirurgie du pied humain, M. Hancock, analysant tous les détails de cette opération d'après un tableau statistique de 219 cas, trouve les résultats suivants :

Guérisons immédiates 183

Amputations secondaires 13

Décès 17

Résultats nnn connus 0

(Lancel, 21 juillet.)

AMYGDALES. Hypertrophie. Elle est, selon M. Champouillon, une véritable infirmité pour les enfants, lorsqu'elle existe :i l'état chronique , source de tracasseries, de malaises, sinon de souffrances cruelles, et même un obstacle à l'évolution des constitutions les mieux préparées. Par leur volume, elles poussent en avant et immobilisent le voile du palais et la luette, obstruent l'orifice postérieur des fosses nasales et même la gorge. D'où altération de la voix , déglutition difficile, respiration ronflante pendant le sommeil nécessitant l'ouverture de la bouche. En diminuant la quantité d'air inspiré pendant le jour, le murmure vésiculaire est moins ample, moins éclatant au sommet des poumons. Cette ration atmosphérique insuffisante préjudicie à l'hématose, rend l'oxydation des globules sanguins imparfaite, favorise l'anémie, abaisse la chaleur animale, et altère l'élaboration des matériaux nutritifs. Une déformation particulière du thorax peut même s'ensuivre.

La trompe d'Eustache, en participant à l'irritation chronique, occasionne souvent une surdité temporaire.

Il y a donc urgence à traiter activement cette altération, et au besoin à pratiquer l'excision de cet organe, si la résolution ne peut s'en faire. (Acad. des se.)

28 ANASARQUE.

Tout en reconnaissant le réalisme du tableau précédent, nous ne saurions nous empêcher de dire qu'il est exagéré. S'il est vrai que ces accidents peuvent se produire , c'est trèsexceptionnellement. Son défaut est de faire prendre cette exception pour la règle, afin d'arriver plus sûrement sans doute à ce qu'elle ne s'observe plus.

ANALEPTIQUES. Le sang artériel du bœuf contenant tous les principes analeptiques de la viande crue de cet animal , et ne perdant aucune de ses qualités nutritives par la coagulation au contact de l'air, M. le docteur A. Lespiau , médecinmajor de première classe à l'hôpital du Gros-Caillou , a eu l'idée d'en faire des pastilles dont voici la formule :

Caillot de sang artériel de bœuf 8 parties.

Siitre blanc pulvérisé et tami-é 70 —

Poudre d'iris de Florence 2 —

La quantité du caillot représente le dixième de la masse totale.

Ce nouveau médicament remplace très-bien la pulpe de viande crue, et se^donne à des doses calculées de manière que la quantité de caillot représente 2 grammes par jour pour les adultes, et pour les enfants des proportions en rapport avec l'âge des sujets. (Bull, de l'Académie de mèd.)

ANASARQUE. Diagnostic. L'examen des urines offre, selon le docteur Ronvaux, des signes différentiels très-précis au début de l'hydroémie, suivant la cause qui l'a produite. Ainsi, quand elle provient d'une diminution de l'exhalation cutanée et pulmonaire, les urines, plus ou moins abondantes, ont leur composition normale, et ne renferment pas d'albumine au début, à moins qu'il n'y ait complication du côté des reins. S'il y a néphrite aiguë, les urines sont considérablement diminuées en quantité et même quelquefois tout à fait supprimées ; le peu qui en est excrété renferme presque toujours de l'albumine normale et même du sang. Dans la dégénérescence des reins, les urines sont diminuées en quantité, mais beaucoup moins que dans le cas précédent, et elles renferment une forte proportion d'albumino normale. Dans l'hydroémie des fièvres exanthématiques, l'état des urines est assez variable; mais, géné-

ANATOMIE

ralement, la quantité en est diminuée, et l'on y trouve d'assez fortes proportions d'albumine modifiée ou caséiforme. Quand elle résulte d'un état anémique prononcé, les urines sont généralement assez abondantes, peu denses, et ne renferment que de faibles quantités d'albumine caséiforme ou d'albuminose.

Mais ces différences tranchées ne se rencontrent, il faut bien le remarquer, que dans les premiers temps de toute infiltration. Lorsqu'elle dure depuis longtemps, les urines tendent à prendre un état assez uniforme, qui ne varie plus que par la plus ou moins grande quantité de liquide et par le plus ou moins d'albumine modifiée que l'on y rencontre, et encore ces différences deviennent-elles fort peu sensibles. (Journ. de méd. de Bruxelles.)

AIVATOMIE. Clavicule. De la comparaison de 9 paires de cet os provenant du même sujet, dont le docteur Wyman donne le détail, il résulte que la longueur de la droite n'était égale que dans 3 cas; supérieure de 5/1 00es dans un seul, et dans les 6 autres, la gauche au contraire, était plus longue de 43 à 35/1 00es.

Le poids n'était pas plus égal, uniforme et sans rapport avec la longueur : celui de la clavicule droite était supérieur dans 6 cas, avec une différence de quelques milligrammes jusqu'à plus de 7 grammes ; eelui de la gauche, supérieur dans 3 cas, ne variait que de 1 à 3 grammes. (Bost. med. Society, mai.)

L'écart considérable constaté entre ces deux os pairs est assez curieux; mais il était indispensable, pour tirer profit de ces résultats, de connaître les professions des sujets, car on pourrait avoir ainsi le mot* de l'énigme de ces différences de longueur et de poids.

Muscle intercostal commun. Sur les animaux domestiques, M. Goubaux, professeur d'anatomie à l'École vétérinaire d'Alfort, contrairement à la plupart des auteurs, le considère comme expirateur. Il se fonde, à cet égard, sur ce que son insertion inférieure et postérieure à la région lombaire est son origine, en ce qu'elle est plus fixe et moins mobile que l'insertion supérieure à l'apophyse transverse de la septième vertèbre cervicale. Or, dit-il, si les faisceaux obliques en avant, en bas et en dehors que l'on voit se détacher de distance en distance de son bord externe pour s'insérer sur les côtes, ne peuvent

30 ANATOMIE

qu'affaisser celles-ci ou les rapprocher de la ligne médiane, et diminuer ainsi le diamètre transversal de la cavité thoracique, ïl est donc expirateur.

11 se fonde d'ailleurs sur un exemple de déviation de la colonne vertébrale dans la région dorsale suivi d'autopsie, présenté à la Société de biologie en 1 855 (t. II, p. 153), pour trouver les preuves expérimentales de celte opinion. (Journ. d'anat. et de physiol., n° 1 .) — Voy. Muscles.

Vaisseaux et nerfs des fibro-cartilages. Contrairement à l'opinion générale, M . Sappey a découvert, dans les fibrocartilages interarticulaires, ceux du genou en particulier, des veines et des artères très-multipliées, se dirigeant parallèlement aux faisceaux du tissu conjonclif, avec un grand nombre débranches collatérales formant des anastomoses entre elles au début de leur trajet; les artères sont même pourvues de leurs trois tuniques. Leurs terminaisons forment des anses avec des dispositions très-variées. Les bourrelets périarticulaires sont encore plus vascularisés, de même que le périoste, dont ils semblent une dépendance.

Des nerfs dont le volume surpasse parfois celui des vaisseaux suivent ceux-ci ou s'en écartent dans des directions diverses, en formant comme eux des anastomoses et des entrecroisements des plexus multiples.

Ces vaisseaux et ces nerfs pénètrent en très-grand nombre les ligaments. En se divisant et se subdivisant a l'infini, d'interstice en interstice, d'aréole en aréole, ils arrivent jusqu'à leur face profonde, où leurs dernières ramifications forment, sur les points recouverts par les synoviales, un réseau d'une extrême richesse. Les ligaments capsulaires et quelques autres ligaments périphériques en sont si abondamment pourvus, qu'ils peuvent être comparés à la peau sous ce rapport. Les nerfs surtout y sont aussi nombreux que dans la peau des doigts et des orteils.

II en est de même des aponévroses, dont les nerfs sont de deux ordres : les uns propres, spéciaux a ces enveloppes; d'autres , communes aux muscles des tendons, n'en sont pas si abondamment pourvues. On peut donc assigner à cet égard le premier rang aux ligaments et aux fibro-cartilages périarticulaires, le second aux aponévroses et aux tendons, le troisième aux cartilages. (Acad. deS Scienc., mai.)

ANATOMIE

Ainsi se trouve démontré, parle microscope, un fait analomique normal, longtemps ignoré, nié et soupçonné, prévu seulement dans ces derniers temps par quelques physiologistes hardis.

Ganglions nerveux périphériques. Rappelant ce qui a été dit à ce sujet au point de vue histologique, analomique et anatomo-pathologique, M. Polaillon, par de nouvelles éludes sur la texture de ces ganglions, montre qu'ils font partie intégrante du nerf. Il a constaté aussi que le névrilème se continue sur le ganglion et lui forme une gaînequi a la même texture lamineuse que le névrilème. Elle adhère tellement au tissu propre, c'est-àdire aux globules ganglionnaires, qu'il est impossible de la séparer, sinon chez les animaux très-jeunes, le fœtus humain et des mammifères où l'on peut isoler ce fourreau.

Le tissu ganglionnaire est divisé en quatre groupes, selon l'arrangement de ses éléments histologiques. Ainsi les ganglions des nerfs de sensibilité générale diffèrent de ceux du grand sympathique, et ceux-ci des ganglions des plexus nerveux. Mais l'abondance des détails ne permet môme pas de synthétiser ici ces caractères différentiels. (Journ, d'anal, el de physiolog. , juin.)

Lymphatiques du gland. Les recherches microscopiques du docteur Belaieff lui ont montré que les plus grands ont de \ à 2 millimètres de diamètre, avec une variation considérable des plus petits. Leurs caractères distinctifs sont des renflements circulaires, totaux ou unilatéraux, existant au milieu ou aux confluants de ces vaisseaux, et plus considérables chez l'homme que chez le lapin. Dans les troncs lymphatiques, ils sont l'indice d'une valvule ; dans les capillaires, c'est une simple dilatation.

La couche unique épithéliale de ces tubes capillaires consiste en cellules ovales, polygonales, fusiformes ou dentelées, dont l'axe longitudinal correspond à celui des vaisseaux. Elles sont d'autant plus serrées et allongées, qu'elles se trouvent près d'un tronc, et larges et arrondies aux extrémités terminales.

Les tubes capillaires sont plus abondants dans le gland et le sillon balano-préputial que dans la verge et le prépuce ; mais les tubes terminaux de celui-ci sont plus larges que ceux du gland. 64

ANATOMIK.

Deux caractères distinguent les troncs lymphatiques de la verge, outre leur largeur considérable; ce sont les varicosités correspondant à leurs valvules et la composition double ou triple de leurs parois. Leur direction est tantôt recliligne, tantôt en zigzag. (Joum. de Vanat. et de laphys., n° 5.)

On comprend l'importance de ces données dans leur application à la syphiliologie.

Vésicules pulmonaires. De nouveaux procédés compliqués de préparation ont permis à M. Hirschmann de venir affirmer de nouveau la présence de fibres musculaires lisses dans le parenchyme pulmonaire, niées par plusieurs anatomistes. Il a vu très-nettement dans les parois des alvéoles des noyaux allongés, ovoïdes, en forme de bâtonnets, appartenant à des faisceaux de fibres musculaires lisses ; faisceaux disposés par bandes dans les cloisons des alvéoles, et les noyaux formant des séries parallèles et régulières autour des bords alvéolaires.

L'auteur a constaté, en outre, la présence d'une couche d'épithélium pavimenteux dans les vésicules pulmonaires, épithélium nié aussi par plusieurs micrographes. ( Archives de Virchow.)

Artère intra-costale anormale. Dans une présentation faite à la Société de médecine de Vienne par le professeur Patruban, le tronc commun, partant de la sous-clavière, suivait le bord supérieur de la première côte et se divisait ensuite en mammaire externe, suivant sa direction ordinaire, et en intra-costale d'un fort calibre. Après avoir suivi obliquement la paroi interne et antérieure du thorax, s'anastomosant avec les intercostales, elle traversait les parois thoraciques vers la sixième côte, pour se distribuer dans les muscles de la poitrine. ( Wiener med. Wochenschr. )

Si rare et exceptionnelle qu'elle soit, cette anomalie a son importance. Dans l'empyème, la thoracocentèse, la nécrose et ' les fractures des côtes, et bien d'autres cas, une hémorrhagie peut survenir sans que l'on puisse s'en rendre compte autrement. De là l'utilité de la connaître.

Sulle borse sierose et propriamente délie vescicolari degli arti um'ani (Recherches anatomiques sur les bourses séreuses, spé-

ANESTHÉSIE. 33

cialement vésiculaires), par le docteur Zoja, prosecteur à l'université de Pavie. Thèse de concours contenant des descriptions irès-précises du siège, de la fréquence ou de la rareté, des rapports et de la capacité de certaines bourses muqueuses souscutanées et sous-aponévrotiques des membres, le degré de résistance et de perméabilité de leurs parois, et mille autres détails anatomiques fondés sur la dissection de cinquante-sept cadavres. In-4° de 1 04 pages, avec 2 planches et une table bibliographique. Pavie, 1 865.

ANENCÉPHALIE. De ce que l'anémie ou la diminution des globules rouges chez l'adulte produit l'hydropisie, détermine l'infiltration générale, M. Dareste en conclut que l'anémie serait aussi la cause de l'anencéphalie. Il en trouve la preuve dans ce fait que tous les embryons, monstres anencéphales, étaient anémiques (Acad. des se, septembre). Comment de tels monstres, manquant de parties aussi essentielles que le cerveau, pourraient-ils offrir une nutrition normale. L'anémie ici est donc plutôt l'effet que la cause.

ANESTHÉSIE. È ther ou chloroforme? On tend à revenir en arrière sur l'agent à employer pour la produire. Interprète de la chirurgie lyonnaise, M. Pétrequin, incité sans doute par les travaux et les expériences faites récemment à ce sujet à Paris (voy. année 1 865), est venu soutenir devant l'Académie des sciences l'emploi absolu de l'éther pur, rectifié, marquant de 62 à 66 degrés, comme exempt de tout danger. Mais M. Velpeau a très-bien répondu que, depuis plus de quinze ans qu'il employait exclusivement, le chloroforme, i! n'avait pas eu à déplorer un seul malheur. Et de même de plusieurs autres chirurgiens de Paris et toute l'école de Strasbourg, M. Sédillot en tête, tandis qu'il est notoire que l'éther a produit la mort un certain nombre de fois. Or, si l'on invoque la mauvaise préparation de celui-ci pour l'expliquer, à bien plus forte raison peut-on le faire du chloroforme. C'est donc une question de pratique à élucider. Aussi bien propose-t-il de garder les deux méthodes qui, perfectionnées l'une et l'autre, peuvent avoir des indications spéciales et des applications distinctes. (Acad. des se.) — Voy. Chloroforme.

Chlorocarbone. Par ses incessantes recherches, ses tenta-

ANESTHÉSIE

tives, ses expériences sur les anesthésiques, l'illustre auteur de la découverte des propriétés anesthésiques du chloroforme, M. le professeur Simpson (d'Edimbourg), a trouvé, pour ainsi dire, un succédané à celui-ci dans un produit ayant avec lui beaucoup d'analogie de composition et d'effets : c'est le bicltlorure de carbone ou chlorocarbone, découvert, en 1839, par Regnault, de l'Institut, et dont l'histoire et la composition chimiques se trouvent, comme celles de tous les composés chlorés, dans tous les ouvrages classiques, élémentaires, depuis cette époque. Inutile donc de les rappeler, ni les divers noms sous lesquels ils ont été désignés depuis, en France et à l'étranger. En voici les propriétés anesthésiques et les résultats obtenus par M. Simpson.

Ses premiers effets sont très -analogues à ceux du chloroforme, mais il est plus longtemps à produire le même degré d'anesthésie, et celle-ci aussi plus longue à se dissiper. Expérimenté sur des lapins et des souris, deux de ces animaux, dans des conditions identiques, soumis aux mêmes doses de chloroforme et de chlorocarbone, ont éprouvé une influence dépressive sur le cœur beaucoup plus grande avec celui-ci qu'avec celui-là. L'emploi en est donc beaucoup plus dangereux. Employé chez une femme en couches pendant une heure, il en résulta l'aneslhésie ordinaire; mais le pouls devint, à la fin, extrêmement petit et faible. Chez une autre femme soumise au chloroforme auparavant, aucun effet différent, au contraire, ne se manifesta, quoiqu'elle fût atteinte d'une affection valvulaire. Dans une opération de fistule vésico-vaginale, une division du col utérin, la dilatation du vagin et l'application de la potasse caustique sur un large naevus, chez un enfant, le chlorocarbone agit parfaitement comme anesthésique. L'enfant resta endormi plus d'une heure après l'opération, avec le pouls rapide et faible durant tout le temps du sommeil anesthésique. Une des souris soumises à son influence respira imparfaitement pendant quelque temps sur la table, puis mourut.

Appliqué sur la peau, le chlorocarbone est beaucoup moins stimulant et irritant que le chloroforme, et pourrait avantageusement le remplacer comme anesthésique local dans les liniments sédatifs.

Injecté en vapeur dans deux cas d'hystéralgie grave, il calma la douleur immédiatement, et le soulagement fut tel, chez la première malade, qu'elle put goûter le sommeil dont elle était

ANESTHÉSIË.

privée depuis plusieurs semaines. Une seringue ordinaire, dont la grosse extrémité plonge dans une fiole ordinaire contenant une once environ de chlorocarbone, sert à cet effet. Employé de même par la voie rectale, il s'est également montré plus sédatif que le chloroforme.

Par la méthode hypodermique, à la dose de 1 0 à 20 gouttes, ce fluide a également calmé des douleurs des parois de la poitrine et de l'abdomen, sans être suivi des nausées qui résultent si fréquemment des préparations opiacées. 11 peut donc être préférable dans son emploi externe, comme anesthésique et sédatif, à plusieurs autres compositions analogues. Sous ce rapport, les expériences du savant professeur écossais méritent d'être répétées.

C'est donc là un moyen secondaire de produire une anesthésie locale, légère, superficielle, contre les douleurs névralgiques ou autres et même pour pratiquer certaines opérations. Beaucoup moins irritant et stimulant que le chloroforme, dont il ne diffère dans sa composition que par un équivalent de chlore, il lui est surtout préférable dans les applications externes, en n'étant jamais suivi de celte chaleur vive, de celte douleur cuisante que celui-ci provoque.

Voici d'après M. Adrian, qui prépare en grand ces deux produits, les caractères distinctifs de ces anesthésiques similaires, analogues, et qui permettent au praticien de les reconnaître :

CHLOKOFORME.

Odeur suave élhérée.

Saveur piquante et sucrée.

Très-fluide.

Densité : 1,48.

Point d'ébullition : 61" cenligr.

Difficilement inflammable.

Eau : peu solublc.

Alcool et étlicr : très-soluble.

Glycérine : peu soluble.

Huile et corps gras : Irès-soluble.

CHLOROCAHBONE.

Odeur douce éthérée.

Saveur piquante et âcre.

Très-fluide.

18° centigr.

Non inflammable.

Insoluble.

Très-soluble.

Insoluble.

Très-soluble.

De ces essais, il résulte aussi que le chlorocarbone se prêtes à toutes les formes pharmaceutiques sous lesquelles le chloroforme est employé. A l'intérieur, on peut le prescrire en potion et en sirop. Telle est la formule suivante adoptée par M. le docteur Vée :

ANESTHÉSIE

Chlorocarbonc ,

Huile d'amandes douces

Gomme arabique

Eau distillée simple ou aromatique,

15 grammes.

Sirop simple

A l'extérieur, il est appliqué en compresses ou en vapeur, et mélangé à l'huile d'amandes douces, au baume tranquille, etc., pour former des liniments très-sédatifs. On en obtient une pommade très-homogène dans les proportions suivantes :

En lavement, la suspension s'en fait parfaitement par l'intermède de l'huile d'amandes douces et d'un jaune d'œuf.

A l'aide de ces diverses préparations, on pourra remplir à peu près toutes les indications qui se présentent d'expérimenter ce nouvel agent. C'est une addition utile à la méthode sédative, un nouveau filon à exploiter, sans aucun des inconvénients des préparations opiacées, et qui présente certains avantages sur le chloroforme. (Union méd., nos 7 et 38.)

Protoxyde d'azote. Expérimenté le premier comme anesthésique par H. Wells, dentiste américain, c'est-à-dire un an ou deux avant la découverte de l'élhérisation, ce gaz fut ensuite négligé, oublié. Ce n'est que devant les catastrophes produites par le chloroforme que les chirurgiens américains pensèrent de nouveauà l'utiliser. Aujourd'hui il est très-employé même pour de graves opérations. Un malheur récent révélé à Philadelphie par une enquête judiciaire doit surtout en faire ressortir l'uti-

Mistriss Lister, accompagnée d'une amie, se présente à M. Hack, dentiste, pour se faire extraire une dent à condition d'être anesthésiée. Celui-ci propose le gaz hilariant ; mais la dame refuse, en disant qu'elle avait l'habitude du chloroforme. Elle l'avait tellement, qu'après une ou deux inspirations, elle expira.

Par ses Nouvelles recherches sur les propriétés physiologiques cl aneslhésiqucs du protoxyde d'azote, mémoire de 30 pages in-8° présenté à l'Académie de médecine (Paris, \ 866), M. Préterre, en faisant l'histoire de ce gaz, en décrit la préparation, qui se fait très-facilement. Son transport a lieu dans des sacs

Axonge. . . .

Cire blanche. .

Chlorocarbonc

20 grammes.

6, 8, 12 grammes.

lité.

ANESTHÉSIE

en caoutchouc, qu'il tient à la disposition de tous les praticiens qui veulent l'expérimenter. Après l'avoir employé souvent pour l'avulsion des dents, il en décrit ainsi le mode d'action:

Après une à deux minutes d'aspiration environ, l'anesthésie est produite. Elle dure en général de 30 à 50 secondes, temps parfaitement suffisant pour pratiquer une petite opération (ongle incarné, dents, abcès, etc.). En prolongeant les inspirations du gaz, nous avons obtenu une fois trois minutes d'anesthésie, mais sans essayer d'aller plus loin. Ce qui caractérise l'anesthésie déterminée par le protoxyde d'azote, c'est la rapidité avec laquelle elle se produit et le peu de temps qu'elle dure. Nous avons tout récemment endormi un jeune homme, nous lui avons extrait trois molaires, et il s'est réveillé ; le tout a duré cent trente secondes.

La dose de gaz habituellement nécessaire pour produire l'anesthésie, s'élève de 25 à 30 litres.

Anesthésie préparatoire. C'est à soumettre une première fois le malade aux inhalations de chloroforme la veille ou l'avantveille de l'opération que M. Carret (deChambéry) donne ce nom. Il croit avoir prévenu bien des accidents par cette méthode, et prévoit que l'on verrait bientôt diminuer et peut-être disparaître les cas de mort, si tous les chirurgiens l'adoptaient. (Acad. de Savoie, avril.)

Anesthcsic graduelle. Ayant remarqué que dans les cas de chloroformisation fatale, la mort est presque toujours survenue durant la première période de l'anesthésie, M. Kllis propose de graduer la force, la puissance de l'agent anesthésique. Il a imaginé, à cet effet, un appareil duquel on peut à volonté faire exhaler, soit isolément, soit mêlées dans des proportions définies, des vapeurs d'alcool, d'étherou de chloroforme.

Il débute par l'inhalation de vapeurs mélangées à parties égales d'alcool et d'éther. fit ce n'est que quand l'effet aneslhésique se manifeste qu'il le complète, suivant le cas, en faisant aspirer la vapeur de chloroforme. (Lancel, février.)

Que d'objections, au point de vue pratique, semble comporter cette méthode purement théorique! Si l'éther rectifié pur peut seul être employé sans danger, pourquoi v mêler l'ail

GAKNIER.

ANESTHÉSIL.

Anesthésie locale. Pendant que l'on s'évertuait en France à discuter sur la prédominance à accorder à l'éther ou au chloroforme, l'esprit positif des Anglo-Américains s'appliquait à en varier, en perfectionner l'application. Nouveaux agents, nouveaux instruments se succèdent sans interruption parmi eux, en raison, sans doute, des malheurs journaliers, des catastrophesdéplorables qui se répètent en si grand nombre de l'autre côté de la Manche par l'emploi de ces moyens.

Le docteur Richardson a préconisé ainsi un moyen puissant d'anesthésie locale, rapide et profonde. Après les insuccès du narcotisme voltaïque, les difficultés de l'obtenir et les dangers qu'il comporte en imprimant de profondes modifications moléculaires aux tissus soumis à son influence, il conclut que tout progrès réel pour l'anesthésie locale devait consister dans la production d'un froid intense. Outre les bons effets du mélange réfrigérant de sel et de glace démontrant celte proposition, les expériences de MM. Lecomte et Follin, faites dès 1854 avec l'éther sulfurique, à propos de l'anesthésie locale, obtenue dans les hôpitaux de Paris, à l'aide de ce moyen avec le néphogène de M. Guérard, ne laissaient pas le moindre doute à cet égard.

Restait à trouver une méthode sûre, facile et prompte de produire cette réfrigération. Après de nombreuses expériences qu'avec un peu plus d'érudition, M. Richardson eût pu se dispenser de répéter, il s'arrêta à l'emploi de l'éther sulfurique vaporisé. L'usage de cet agent, projeté sur la peau pour l'anesthésie, n'est en effet pas nouveau.

En 1854, M. Guérard a publié dans Y Union médicale les résultats obtenus à l'aide d'un appareil construit sur ses indications par M. Mathieu. C'était une seringue remplie d'élher et s'en échappant goutte à goutte ; la douille d'un soufflet ordinaire, pour sa vaporisation, y était adaptée. M. Richet obtint des résultats satisfaisants à l'aide de cet appareil. Sans doute, l'instrument de M. Richardson réalise un grand progrès, puisque au lieu de projeter simplement l'éther, il le pulvérise, ce qui augmente singulièrement la rapidité de l'évaporation, et par conséquent du refroidissement; mais il est à remarquer que l'idée première est toute française. Le premier appareil a été construit en France, et depuis cette époque les chirurgiens français n'ont cessé de pratiquer des opérations, spécialement celle de l'ongle incarné, en frappant les parties d'anesthésie avec l'éther.

ANESTHËSIE.

M. Demarquay aussi le faisait tomber goutte à goutte sur la partie à rendre insensible, en en activant la vaporisation à l'aide d'un soufflet, A l'aide du vaporisateur hygiénique, mis en œuvre par la force des poumons, M. Desormeaux a également mis I'éther à contribution pour débrider le phimosis et pratiquer d'autres petiles opérations (Soc. de chirurgie, mars). Mais les résultats étaient bien peu satisfaisants, paraît-il, puisque la mélliode était complètement abandonnée lorsque le docteur Richardson l'a ressuscilée si heureusement, avec à propos et succès.

Son appareil se compose d'un flacon plein d'éther et muni de deux tubes. Le premier, en caoutchouc, se rend dans un système de boules de même substance; l'une, placée à son extrémité, sert à chasser l'air par des pressions alternatives; l'autre, intermédiaire, est un réservoir destiné à régler sa tension. Le second tube est en métal; d'un côté, il plonge dans le liquide ; de l'autre, il communique à l'extérieur par une pointe trèseffilée où se fait la pulvérisation. Le mécanisme est extrêmement simple : à chaque pression de la main sur la boule, l'air passe à la partie supérieure du liquide, le comprime et le force à s'engager dans le pulvérisateur.

Sales-Girons substitue à la boule une pompe foulante, qui permet de projeter un volume d'air considérable et de maintenir ainsi dans le réservoir une tension plus uniforme. M. Galante, sur les indications de M. Demarquay, a construit un nouveau modèle beaucoup plus puissant et d'un effet plus rapide : il vaporise environ 30 grammes d'éther à la minute. Le temps nécessaire à l'anesthésie varie de deux à quatre minutes. La distance du pulvérisateur à la peau doit être au moins de 1 0 centimètres.

Sollicité par l'apparition du Spray s producer de Richardson à perfectionner son néphogène, M. Guérard a simplement réuni à un tube partant d'un flacon plein d'éther, un autre tube élastique, ayant deux boules comme celui de l'inventeur anglais, pour la production du courant d'air. Il s'agit simplement de renverser le flacon, d'ouvrir le robinet et de presser alternativement ces boules pour que l'air venant se mêler au jet d'éther à sa sortie, il le vaporise et le refroidisse instantanément en produisant l'anesthésie. Cet appareil est donc de la plus grande simplicité. (Acad. de méd., mai.)

Dirigé sur la peau, le jet d'éther ainsi produit en amène Tin-

ANESTHÉS1E.

sensibilité dans une minute. Mais l'effet ne s'arrête pas là. Aussitôt que la peau est divisée, l'élher continue à produire son action anesthésique sur les filaments nerveux, de manière qu'elle peut s'exercer ainsi profondément sans que l'effet topique soit nullement dangereux quand l'éther est pur et bien rectifié.

Ce procédé a servi ainsi, en Angleterre, non-seulement à l'extraction des dents, mais à l'ouverture d'abcès profonds, par M. Adams, au Great Northern hospilal ; à l'application de six sutures sur une dilacération accidentelle des téguments. M. Gowlland a opéré une fistule anale sur l'un de ses confrères, sans aucune douleur. L'anesthésie fut complète en quinze secondes dans un cas de phimosis opéré par M. Erichsen ; en une minute, sur une tumeur du pied grosse comme une noisette, enlevée par M. Adams; en quelques secondes, dans un abcès du sein, par M. H. Thompson. Le succès n'a été que partiel dans l'amputation d'un sein cancéreux par M. J. Lane. Sur quarante opérations de petite chirurgie, telles que ligatures, ouvertures d'abcès et furoncles, extraction de dents, etc., il a réussi trente-cinq fois, l'impureté de l'éther ayant déterminé l'insuccès dans les cinq autres. M. Spencer Wells l'a appliqué jusqu'à l'ovariotomie. Le kyste était si volumineux, dans ce cas, que le cœur et le foie en étaient refoulés en haut, de même que l'utérus, la vessie et le rectum tombaient entre les cuisses. Pensant que, dans ces conditions, l'administration du chloroforme pourrait être dangereuse, le célèbre ovariotomisle provoqua l'insensibilité des téguments au moyen d'un jet d'élher, et l'incision ne fut nullement perçue. Le kyste fut de même ponctionné et vidé de soixante-quatre livres de liquide qu'il contenait, sans douleur, et si ce n'eussent été quelques adhérences étendues à détruire, l'opération eût pu se terminer ainsi. Le chloroforme ne fut employé qu'à cause de cette circonstance, et cette expérimentation devient ainsi un nouveau témoignage éclatant des services que peut rendre ce nouveau procédé d'anesthésie locale.

A une première ovariotomie en a succédé une seconde, exécutée à Manchester, par M. Braddon, avec le même succès; puis trois opérations césariennes, la kélotomie, etc. Chaque jour étend ainsi le domaine chirurgical de cette nouvelle méthode. On l'a appliquée au traitement des névralgies, dont la douleur a cessé inslantly. Il n'est pas jusqu'à la chirurgie vétérinaire qui ne s'en soit emparée.

ANESTHÉS1E.

Dans les hôpitaux de Paris, le résultat a différé selon l'instrument et l'éther employés. Tandis qu'avec l'irrigateur de Liier, M. Le Fort obtint une aneslhésie parfaite, elle fut incomplète dans deux cas entre les mains de M. Marjolin, quoique la manœuvre de l'instrument fût confiée au fabricant même et que le dégagement des vapeurs d'éther fût Irès-abondant [Soc. de chirurg., mars). M. Demarquay, à la Maison municipale de santé, a répété avec succès, à l'aide de son instrument, la plupart des petites opérations faites en Angleterre : fissures et fistules à l'anus, abcès, phlegmons et anthrax, et môme l'amputation delà mamelle; mais sans aller plus loin, reconnaissant, avec plusieurs autres chirurgiens, son impuissance à faire taire la douleur dans les grands délabrements. (Union méd., nos 71 et 73.)

Appliquée à l'avulsion des dents par M. le docteur Magitot, elle n'a produit qu'une insensibilité inconstante, imparfaito, en raison du siège et de l'état de la dent. V. Dents.

La sensation éprouvée par les divers opérés est ressentie différemment : pour les uns, elle est plutôt agréable qu'autrement ; pour les autres, elle est légèrement désagréable; d'autres la décrivent comme brûlante et aiguë. Suivant M. Richardson, ces différences dépendent de la partie sur laquelle on opère et de la rapidité de l'anesthésie. Les membranes muqueuses, les mains et la face sont plus sensibles que d'autres parties. Il est moins douloureux (aussi de produire l'anesthésie rapidement. On peut, à cet effet, comprimer avec avantage les artères de la partie à opérer, et nul doute que, par une observation ultérieure, on ne parvienne à rendre ce procédé d'aneslhésie locale tout à fait exempt de douleur.

La plupart de ces remarques cliniques ont été confirmées dans les trente-deux opérations relatées par M. Demarquay. La peau du scrotum s'est montrée fort sensible, comme celle de la face et les muqueuses. Sur les parties enflammées, l'action en est plutôt agréable. La cautérisation au fer rouge en contreindique l'emploi.

Suivant le professeur Hebra, la douleur de la cautérisation du lupus avec le nitrate d'argent est notablement diminuée par l'anesthésie localisée; tandis que celle de la galvano-caustique en est exagérée. La région sus-hyoïdienne est la plus sensible à celle cautérisation, ce qui s'accorde avec ce fait inexpliqué jusqu'ici, que la branche correspondante de la cinquième paire est

ANESTHÉSIE

la plus réfractaire à l'anesthésie localisée. (Acad. de mêd.' de Vienne.)

La réaction consécutive n'est nullement douloureuse, et l'hémorrhagie est toujours arrêtée tant que l'anesthésie existe, mais elle peut survenir consécutivement. M. Marjolin l'a observée dans un cas et M. Demarquay dans quatre. La cicatrisation a été aussi parfois lente dans les opérations de fistules anales opérées par cet habile chirurgien.

Le choix de l'élher à employer est surtout important à cause de sa pureté. Vendu sous trois formes différentes, l'éther ordinaire, marquant 56° B«, contient 29 pour 100 d'alcool à 90°; l'élher rectifié à 63° Bé, ou éther pur du commerce, en renferme 2 à 3 pour \ 00 ; enfin, l'éther chimiquement pur de MM. Regnauld et Adrian, marquant 66° B^, n'en contient pas du tout. Il se volatilise à 35°, 5, tandis que les précédents exigent une température beaucoup plus élevée. Il faudrait donc avoir de l'éther pur dont la densité spécifique n'excède pas 0,723. Dans leur mémoire sur la purification de l'élher, MM. llegnauld et Adrian ont même abaissé ce degré à 0,720 -f- 15°, lequel, dans cet état de pureté, bout à 36°, 5. Il doit bouillir dans la paume de la main ; mis sur la langue, il doit s'évaporer rapidement sans laisser d'autre sensation qu'un léger refroidissement. Sur le papier à filtre, il doit s'évaporer sans laisser d'humidilé ni d'odeur. Dirigé en jet sur la boule du thermomètre, il fait descendre le mercure à 6 degrés au-dessous de zéro Fahr. , et y produit une couche de neige par la condensation de l'air atmosphérique. Sur le dos de la main, il doit aussi produire un léger dépôt de gelée blanche suivi d'une pâleur diffuse de la peau et d'une insensibilité complète. Sa réaction doit être parfaitement neutre. (Med. Times, février.)

Telles sont les épreuves à faire subir à l'éther anesthésique avant de l'employer. S il n'y répond pas, c'est qu'il est impur et contienl de l'alcool ou d'autres corps étrangers. L'alcool est surtout nuisible. Il empêche l'aneslhésie et produit de l'irritation, surtout dans les opérations de la bouche. Il est donc important de se le procurer chimiquement pur, comme le prépare M. Adrian. Dans cet état, versé sur la peau, l'éther y produit d'abord une sensation de fraîchear, puis de froid intense, qui peut aller jusqu'à simuler la brûlure. Si son action se prolonge, l'anesthésie survient. En môme temps, la peau pâlit, se durcit, et le tissu cellulaire participe à ce phéno nène, sans prendre

ANESTHÉSIE

cependant cette fermeté que lui donne la glace. Une réaction légère arrive ordinairement.

Bien des malheurs pourront être prévenus à l'avenir par ce procédé d'anesthésie locale. En permettant d'exécuter sans douleur toutes les petites opérations légères, superficielles, rapides, pour lesquelles les malades pusillanimes réclamaient l'anesthésie générale, et pour lesquels on l'employait fréquemment, surtout en Angleterre, il évite les chances de mort d'un nombre considérable d'opérés.

Rien d'aussi facile et de plus prompt à obtenir que l'insensibilité voulue de la partie intéressée, dit la Revue médicale, février. Un aide prend un des pulvérisateurs récemment construits à cet effet, et le charge d'éther rectifié qu'il souffle sur le point à inciser, dont on rapproche immédiatement un thermomètre. Quand celui-ci marque 15 degrés au-dessous de zéro, ce qui arrive au bout d'une minute, on peut inciser à la profondeur d'un centimètre sans douleur.

M. Demarquay prend la précaution de voiler les yeux au patient, et quand il ne s'agit que de trois ou quatre coups de bistouri pour l'opération, il les pratique sans en avertir le malade. Ce sont là des modifications pratiques qui, en éprouvant mieux la valeur réelle de cette méthode, doivent en assurer le succès et tourner à l'avantage de beaucoup d'opérés.

Il a pratiqué ainsi une large ouverture sur le dos de la main d'un vieil officier, auquel il a demandé, l'opération faite, s'il consentait vraiment à la subir; sur la réponse affirmative du patient résolu, l'habile chirurgien lui a enlevé le voile et montré que tout était fini.

Plusieurs autres opérations ont été pratiquées avec le même résultat. D'ailleurs, quand l'insensibilité n'est pas complète, il n'y a qu'à continuer sur le point l'injection de l'éther pulvérisé. On peut ainsi produire ou continuer l'anesthésie en longueur de surface ou en profondeur dans les tissus déjà incisés, ce qui fait comprendre que M. Demarquay ait fait, quelques jours auparavant, l'ablation presque totale d'un sein.

Ce chirurgien est disposé à accepter tout ce qui peut le dispenser de ce sommeil au chloroforme, dans lequel il n'était jamais sûr d'opérer sur un vivant plutôt que sur un cadavre.

Éther hémostatique. Éclairé par ses expérimentations répétées, le docteur Richardson a été conduit à composer un liquide

44 ANESTHÉSIE

hémostatique pour prévenir les hémorrhagies consécutives. Si le froid intense produit par le jet d'étlier prévient toute hémorrliagie capillaire veineuse et même artérielle immédiate, il a observé qu'après un certain temps, la réaction s'opérant, les parois des vaisseaux divisés se relâchent sous l'influence de la chaleur et donnent du sang. Les persels de fer/notamment le perchlorure dissous dans l'éther, amenaient bien la coagulation immédiate du sang, mais l'appareil en était aussitôt altéré. Il l'a remplacé par le tannin, dont il a saturé l'éther, et en y ajoutant la xyloïdine, il a obtenu un liquide qui, projeté sur le sang de bœuf privé de fibrine et exposé depuis deux jours à l'air, l'a coagulé immédiatement. En le projetant sur une plaie saignante, le sang s'est arrêté de même sans couler ultérieurement. Sans tenir lieu de la ligature pour les gros troncs , ce perfectionnement permet au moins d'agir avec plus de promptitude et de sécurité dans certains cas.

Rhigolène. Dès que l'on apprit en Amérique les succès du docteur Richardson, obtenant par la vaporisation de l'éther réduit à une température de 6 degrés F. au-dessous de zéro, une anesthésie locale assez intense pour permettre de pratiquer sans douleur les plus graves opérations chirurgicales , le professeur Bigelow, de Boston, s'occupa activement de chercher un agent supérieur à cet effet. Il croit l'avoir trouvé dans un des nombreux produits multiples de la distillation du pétrole, déjà employés dans ce but. Telles sont la bensolène, la kérosène, la kérosolène, la gazolène, dont le degré de volatilité fait toute la différence. Par une communication du 9 avril à la Médical Society , il en a fait connaître un nouveau : la rhigo lène, ainsi nommée de l'élymologie <3iyoç , extrême froid avec la terminaison euphonique de ses congénères. Celui-ci bout à 70 degrés F. , c'est-à-dire qu'il est le plus volatil de ces produits hydrocarbonés obtenus jusqu'ici. Le mercure en est abaissé, déprimé, à 19° F. au-dessous de zéro, complètement privé d'oxygène , il est aussi le plus léger des liquides connus. Sa gravité spécifique n'est que de 0,625, tandis que celle de la kérosolène, employée récemment à cet effet par le professeur Simpson , est de 0,633 et ne bout qu'à 90° F. Son extrême volatilité donne lieu à un refroidissement subit et des plus intenses, capable de congeler la peau en cinq à dix secondes. Si ce n'était la glace qui entoure aussitôt la boule du thermo-

ANESTHÉSIE

mèlre , une plus basse température pourrait sans doute être produite avec le pulvérisateur ordinaire, sans que les tubes concentriques de l'appareil du docteur Richardson soient nécessaires à cet effet.

M. Bigelow emploie simplement un flacon à travers le bouchon duquel passe un tube en métal auquel est adapté, à angle droit et à quelque distance du col, le tube à air, sans que l'air soit admis dans la bouteille comme dans le Spray's producer de M. Richardson. La rhigolène s'évapore par la seule chaleur de la main tenant le flacon : elle suffit à le vider promptement, et Ton obtient facilement ainsi jusqu'à 15° F. au-dessous de zéro. Telle est sa volatilité, que les flacons doivent être soigneusement bouchés pour en prévenir l'évaporation et lui conserver toutes ses propriétés. 11 en conclut que l'usage en est au«si bien supérieur à J'éther, qui ne bout qu'à 96° F., par sa plus grande rapidité d'action, son bas prix et son défaut d'odeur (Bouton med. and surg. Joum., avril). Mais jusqu'ici aucune expérience n'est relatée à l'appui, et l'extrême inflammabilité de ce liquide sera toujours un obstacle à son emploi, à sa vulgarisation. En tout cas, des essais comparatifs sont indispensables pour en montrer la supériorité Nous les attendrons pour le juger définitivement.

Sulfure de carbone. Étudié expérimentalement par Simpson, comme agent d'anesthésie générale, il fut promptement abandonné à cause de son énergie et la persistance de certains de ses effets. C'est ce même corps, préalablement rectifié pour en atténuer la mauvaise odeur, que M. Delcominète, professeur suppléant à l'École de médecine de Nancy, a eu la pensée d'utiliser pour provoquer l'anesthésie locale, et sept tentatives ont été suivies d'un succès complet.

Il le laisse tomber goutte à goutte sur la partie que Ton veut rendre insensible en activant l'opération à l'aide d'un soufflet ordinaire. L'insensibilité est très-prompte, complète et suffisamment durable. (Soc. dechiv., avril.)

A l'anesthésie de la cornée constatée à l'hôpital Lariboisière dans l'intoxication par cet agent dangereux (voy. année 4 864), M. Simonin, de Nancy, dont les études sur l'anesthésie sont bien connues, l'a employé au lieu de la glace pour l'arrachement de l'ongle incarné. Conduit sans doute par l'emploi de cet agent comme calmant contre les névralgies , il en a fait

ANF-STHÉSIE.

usage pour la première fois, le 1 5 décembre 1 865, chez une fille de seize ans. Après a voir recouvert decérat les bourgeons charnus pourles soustraire à l'action de ce liquide, il en versa 6 à 7 grammes goutte à goutte sur l'orteil, au niveau de h matrice de l'ongle, en en activant la vaporisation avec le soufflet.

Une sensation de froid intense fut ressentie par la patiente. Après une demi-minute, la piqûre d'une épingle était perçue sans douleur au lieu seul où le liquide louchait, tandis que les parties voisines étaient sensibles. Après une minute vingt-cinq secondes, l'anesthésie était complète et la malade n'éprouva aucune douieur par l'arrachement suivant le procédé Néret. {Gaz. méd., n° 1 I .)

Projeté sur la peau avec un petit siphon, the atmospheric odorator des Anglais, plongé dans lë flacon contenant le sulfu re de carbone, le froid produit en soufflant par l'autre extrémité de ce pulvérisateur est tellement intense que les poils se chargent de givre.

L'ongle incarné, les incisions du panaris, de l'anthrax , des abcès, dit M. Schacken , pratiquées à la clinique de l'hôpital Saint-Charles et en ville, ont été faites sans aucune douleur. (Abeille méd. , n° 14.)

M. Perrin y a eu recours dans des conditions favorables pour juger de son efficacité. Il s'agissait de pratiquer une petite autoplastie de l'oreille chez un enfant de sept ans. En moins d'une minute l'insensibilité fut obtenue, et ï'avivement des deux lèvres de la solution de continuité, temps de l'opération qui dura bien une minute, fut pratiqué sans provoquer la moindre douleur. Ce qu'il y a de remarquable dans ce fait, c'est que, contrairement à ce que l'on obtient avec les mélanges réfrigérants, les tissus privés de sensibilité étaient plutôt congestionnés qu'anémiés. Aussi, l'écoulement du sang ful-il au moins aussi abondant qu'à l'état normal. On conçoit que la pulvérisation soit applicable au sulfure de carbone comme à l'éther, c'est donc là un autre anesthésique réfrigérant à ajouter aux précédents ; son odeur seule empêchera d'en généraliser l'emploi.

Mieux qu'à un homme, c'est à la grande découverte sanitaire de l'abolition de la douleur en chirurgie que la ville de Boston rend hommage en élevant un monument commémoratifà l'anesthé.sie, ce qui témoigne le mieux de la gloire et du patriotisme

ANESTHÉSIE

du peuple américain. Par une libéralité qui ne se rencontre guère dans les États trop gouvernés où l'initiative individuelle est annihilée par les actes des gouvernements, un riche citoyen de Boston a mis à la disposition de MM. Yare et Van Biunt, architectes, une forte somme à cet effet. Expression de reconnaissance pour le soulagement accordé aux souffrances de 1 humanité par cette grande découverte, ce monument doit exprimer ce sentiment sous une forme poétique. C'est la seule condition mise à ce don. Le plan représente un socle carré placé au milieu d'un vaste bassin de 23 pieds. Sur les quatre faces sont des niches avec des têtes et des feuillages sculptés d'où jaillit l'eau qui alimente le bassin. Celle base diminue graduellement et se termine en dé, qui en forme le point central et le plus remarquable. Des inscriptions surmontées de hauts-reliefs en marbre se trouvent sur chaque face, protégées par des arches pointues et suspendues, supportées par des colonnes rabougries de granit rouge de Glocester. Au-dessus de ces arches, le monument va en diminuant par une série de moulures et de surfaces prismatiques jusqu'à un sommet commun d'où s'élève une colonne de granit rouge poli de 6 pieds de haut, supportant un groupe de deux figures, emblème delà souffrance. Pour la rendre plus sensible, l'histoire du bon Samaritain a été choisie comme la plus connue et la plus expressive. La hauteur de ce monument sera d'environ 31 pieds anglais. Sauf les exceptions citées plus haut, il sera en granit blanc de Concorda exécuté avec le plus grand soin par M.Ward, sculpteur rie New-York, et placé dans le Jardin public de Boston, en face de la rue Marlborough.

Rien de plus juste que ce monument consacrant l'origine de 1 anesthésie, la première application qui en a été faite et le principe de toutes les modifications successives survenues depuis. Par un privilège spécial, la plupart de ces innovations reviennent de droit, pour l'initiative de l'application du moins, à la race anglo-saxonne. Ethérisation, Boston; chloroformisation, Edimbourg, et voici que, par le perfectionnement du docteur Richardson apporté à l'application de l'anesthésie locale, Londres va aussi avoir sa part du gâteau.

On Ihe safe abolition of pains in labour and surgical opérations by aneslhesia ivitk mixed vapours (De l'abolition certaine de la douleur dans les accouchements et les opérations chirurgicales par les vapeurs mélangées), par Rob. Ellis, 80 p. in-8°, Londres.

48 ANÉVUYSMK.

ANÉVRYSME. Étiologie. L'cmbolisme ou la thrombose d'une artère n'en peuvent-ils être la cause? Celle idée est suggérée au docteur Ogle par l'expérience suivante, remontant à 1855 : Il injecta un volumineux caillot fibrineux extrait de l'intérieur d'un anévrysme dans l'aorte ascendante d'un âne qui fut sacrifié vingt et un jours après. L'ouverture artérielle était cicatrisée et tous les organes étaient parfaitement sains, si ce n'est une branche de l'artère mésenlérique qui était le siège d'un anévrysme dans lequel se trouvaient un ou deux strongles.

La constatation anatomique de la dilatation artérielle conjointement avec l'anévrysme, fortifie surlout cette opinion. Ainsi M. Shaw signale dans les Transactions de la Société pathologique de Londres, VIe vol., p. 34, un cas où l'artère cérébrale moyenne droite était obstruée par une substance ferme, blanche, augmentant le calibre du vaisseau d'environ un tiers de l'état normal A la page 93 du vol. IX, M. Callender décrit et figure également des caillots trouvés dans Tarière pulmonaire avec la dilatation du vaisseau au-dessous des deux points où se trouvaient les caillots.

Si ce n'est là qu'une conjecture, elle réunit assez de probabilités pour attirer l'attention des palhologisles et provoquer des observations pour la confirmer ou la contredire.

Des tumeurs anéorysmales des artères du cerveau, par le docteur Gouguenheim, ancien interne des hôpitaux de Paris. In-8° de 1 25 pages.

Symptomatologie. Une disposition rare et très-exceptionnelle a été rencontrée à l'examen, par M. Velpeau.dans un cas d'anévrysme faux consécutif très-volumineux du pli du coude, manquant des deux principaux signes, les battements et le bruit de souffle. Ni l'œil ni la main n'y pouvaient apercevoir ni sentir de battements appréciables, et l'oreille n'y percevait de bruit faible que sur un point très-restreint, sur le côté radia! du pli du bras. Celle absence de signes dénotant un travail spontané de coagulalion , on pouvait espérer la solidification et l'oblitération définitive de la poche anévrysmale sans opération. Des vessies de glace, appliquées topiquement pendant douze jours, n'amenèrent aucune amélioration. Des injections coagulantes furent dès lors pratiquées lorsque le sac s'enflamma et menaçait de se rompre. M. Velpeau recourut dès lors à la liga-

ANÉVRYSME

lure des deux bouts de l'artère radiale lésée, et c'est alors qu'après avoir ouvert et vidé l'intérieur du sac, il remarqua que la blessure artérielle était distante de la poche anévrysmale, dont elle était séparée par toute la largeur de la masse musculaire de la partie supérieure et externe de l'avant-bras. En s'écbappant de la blessure, le sang avait donc fusé sous les masses musculaires et était venu former à une certaine disLance une poche anévrysmale comprimant l'artère radiale. On se rend ainsi compte du double phénomène observé de l'absence des battements et de la faiblesse du bruit de cette tumeur anévrysmale. Fait presque unique au point de vue anatomique, si ce n'est celui de Monro signalé par M. Broca. (Société de chirurgie, novembre I 865.)

Traitement. Un succès du traitement des anévrysmes thoraciques par le repos absolu clans la position horizontale, augmentée de l'abstinence, dont M. Tuffnell, de Dublin, s'est fait l'initiateur, comme diminuant d'un tiers environ le nombre des pulsations et facilitant la solidification de la tumeur anévrysmale — réminiscence, sous une autre forme, de la méthode de Valsalva — a été obtenu par M . le docteur Waters, de Liverpool, qui s'en est fait l'imitateur, chez un homme de quarante ans, entré à l'hôpital du Nord, portant une tumeur pulsative sous la clavicule droite, derrière le rebord inférieur de la seconde côte, qu'elle soulève avec un mouvement d'expansion marqué un peu en dehors de l'espace intercartilagineux. Réduction du volume à la pression, matité, murmure très-fort, synchrone à la systole cardiaque. L'iodure de potassium et l'acétate de plomb à Tinlérieur, la glace localement n'ayant amené aucune amélioration après un séjour de quatre mois à l'hôpital, le patient fut soumis continuellement, jour et nuit, à la position horizontale, sans bouger, du 18 avril à la fin de juin, avec le régime suivant : 7 onces de pain, 3 de viande et 8 de liquide par jour, avec quelques morceaux de glace pour étancher la soif et une pipe de tabac. Néanmoins, il n'est pas question de l'apparition d apluhes comme signes de l'autophagisme sous l'influence de cette abstinence prolongée, mais le pouls qui était, debout, de 80 à 90 au début du traitement, s'abaissa aussitôt à 60 ou 70, couché.

A la fin de mai, l'expansion et les battements de la tumeur étaient très-diminués, la solidification manifeste et môme corn-

ANÉVRYSME

plète au milieu de juin. Cet étal se maintint jusqu'au 12 août, que le malade resta à l'hôpital, en marchant et avec la nourriture ordinaire de l'établissement. A sa sortie, on constate la diminution en saillie et en volume de la tumeur, décelée par Une moindre étendue de la matilé ; les battements sont plus profonds et donnent la sensation d'un corps dur qui 'les intercepte, de même qu'au toucher, au lieu de la sensation molle, fluctuante, du début, la tumeur est dure comme une masse solide. Cet état satisfaisant a persisté et a été constaté ensuite, le malade ayant repris ses occupations actives sans aucune souffrance. (British med. Journ., décembre.)

Galvano-puncture. Restreinte dans ses applications par la compression digitale, elle n'est plus guère applicable qu'aux cas les plus graves, aux anévrysmes profonds. C'est ainsi que le professeur Duncan, dont la science déplore la perte récente, l'a appliquée contre un anévrysme thoracique chez un homme de quarante-cinq ans qui, souffrant depuis 1863 de douleurs de l'épaule et de la poitrine, avait tout à coup, en décembre, senti une grosseur pulsative au devant du thorax. C'était l'a né— vrysme qui avait perforé le sternum au milieu. Il était de la grosseur d'une noisette. Mais il prit un développement rapide, et les remèdes internes ayant été inefficaces, le galvanisme fut appliqué en présence du professeur Simpson par le docteur Wright, le 3 décembre 1 865. Le malade assis sur un sofa, les aiguilles furent introduites à la base et des deux côtés opposés de la tumeur. Le courant fut établi et continué trois quarts d'heure durant, avec quatre éléments isolés de Bunsen, sans produire de douleur; les battements étaient moins intenses. En alternant les courants, l'application fut encore prolongée une heure vingt-cinq minutes ; en tout deux heures dix minutes. Le pouls étant devenu faible et le malade fatigué, il fut porté au lit.

La nuit se passa sans accidents. Le lendemain, le pouls était à 80. Les aiguilles furent introduites de nouveau, avec huit éléments, et les pulsations faiblirent, la résonnance tympanique s'étendit. Aucune autre application ne fut faite, et le malade n'accusait aucun dérangement, lorsque le 1 1 décembre il mourut subitement.

L'aulôpsie révéla une déchirure des fibres supérieures du sac ayant déterminé un épanchement sanguin, bien que lei

ANÉVRYSME

centre fût rempli par un caillot fibrineux, dur et comme stratifié. Le? poumons et le cœur étaient sains, mais le corps de la troisième vertèbre dorsale était carié et le siège d'un pus fétide, et des séquestres siégeaient entre elles, l'œsophage et l'aorte. Celle-ci môme était dilatée à ce niveau et adhérait au sternum [E<linb. med. Journ., avril). On s'étonne que la vie soit compatible avec des lésions organiques aussi graves et étendues, et résiste à l'application d'un moyen aussi héroïque que le galvanisme.

Rien n'en prouve mieux d'ailleurs l'innocuité et l'indication que les chiffres suivants, extraits du Manuale du docteur Schivardi, sur les applications de ce moyen :

Sing'e de l'anévrysme.

Cas.

Guérisons.

Non guéris.

Morts

Cubitale au tiers inférieur. . .

Arcade palmaire supérieure. .

Aorte abdominale

Fémorale au tiers inférieur. .

Sans compter 4 tumeurs variqueuses pulsatives, ayant donné 3 succès et 1 insuccès, ni chercher à atténuer le nombre des morts par les complications qui en ont été le plus souvent la cause, la comparaison avec le tableau de Norris, sur les résultats de la ligature, montre que le galvanisme est moins

dangereux :

Siège. Cas. Morts. Proportion p. 100.

Sous-clavièrcs 09 33 47,8

Carotides 149 54 36,2

Fémorales 204 50 24,5

S iliaque externe 118 33 27,9

— in'.eme 7 3 42,8

— cojimune 32 25 78,1

Avec l'.'/ectricité 54 7 12,9

52 ANÉVRYSME

Comparée avec les résultats de la compression, d'après le tableau de Hutchinson, on trouve les différences suivantes :

SiéSe- Cas. Succès. Insuccès.

Fémorales 5 „ ^

Poplitée 4G 24 22

Tibiale antérieure \ \

— postérieure 1 „ ^

Radiale 1 „ j

Avec le galvanisme 54 24 30

Ligature avec les fils d'argent. L'avantage de ce procédé serait, selon M. Holmes, basé à cet égard sur des expérimentations physiologiques et un certain nombre d'essais thérapeutiques, de ne déterminer ni l'ulcération, ni la section des parois artérielles, lorsque la striction est faite convenablement et au degré voulu pour arrêter la circulation Le nœud métallique peut être abandonné sans inconvénient dans la profondeur des tissus et y rester indéfiniment sans diviser les tuniques artérielles qu'il étreint. Le danger des hémorrhagies secondaires, si fréquent avec les fils ordinaires, est ainsi évité. (Soc. de chir., mai.)

Compression personnelle. Un appareil très-simple, à cet effet, a été imaginé par un homme atteint d'un anévrysme poplité, à l'hôpital Saint-André de Bordeaux, service de M. Oré. A l'aide d'un petit tampon, d'un cachet très-étroit fixé par un jet de bande autour du bassin, il se comprimait lui-même la fémorale avec cet appareil de son invention.

M. Oré l'a modifié en remplaçant la bande de toile par une bande en caoutchouc, ayant à chaque extrémité une lanière en cuir percée de trous servant à la fixer aux crochets latéraux du compresseur. Appliqué contre une hémorrhagie consécutive de la cuisse, avec tumeur grosse comme un œuf de poule, molle, fluctuante, soulevée par des battements artériels énergiques avec bruit de souffle, l'hémorrhagie s'arrêta immédiatement, et le malade put ainsi continuer lui-même la compression sans gâne, ni douleur huit jours durant. A ce moment, tout battement, avait disparu, la tumeur s'affaissa graduellement et, le vingt-deuxième jour, le malade sortait de l'hôpital parfaitement guéri. [Soc.méd, chir. de Bord., avril.)

ANÉVRYSME

Sans être construit sur un principe nouveau, ce petit appareil offre l'avantage de permettre aux malades intelligents de se comprimer eux-mêmes clans certains cas et de remplacer ainsi la compression digitale, qu'il n'est facile ni possible même de pouvoir employer partout.

Compression indirecte. Contre un anévrysme traumatique tout récent, du volume d'une petite noix, existant au niveau du premier espace interosseux gauche, dont la croûte légère menaçait de se détacher sous l'impulsion violente des battements, M. Verneuil, pour modérer l'impulsion artérielle dans le sac, plutôt que dans 1 espoir d'obtenir la guérison, établit avec une compresse graduée, longue de 6 centimètres, étroite et épaisse, et maintenue solidement avec une longue bandelette dediachylon, une compression sur la partie inférieure et antérieure de l'artère radiale, au devant du poignet. L'avant-bras, reposant sur une sorte de hamac, fut placé presque verticalement avec repos rigoureux et immobilité complète. Des compresses d'eau vinaigrée très-froide furent appliquées sur la tumeur; digitale à l'intérieur.

Bientôt les mouvements d'expansion de la tumeur diminuèrent, et, en rapprochant la compression de celle-ci dans la tabatière anatomique, ils disparurent graduellement avec le durcissement de la tumeur. La guérison d'une blessure qui pouvait exiger une opération grave fut ainsi complète en huit jours. (Gaz. hebd.)

Anévrysme de l'arcade palmaire superficielle. Un

campagnard de quarante-trois ans se blesse à la paume de la main gauche avec un couteau. Du sang surgit en abondance. Un emplâtre de poix est appliqué pour l'arrêter ; mais bientôt de vives douleurs se déclarent et un abcès apparaît, suivi d'hémorrhagies répétées après son ouverture spontanée. M. le docleur Mazado constata tous les caractères d'un anévrysme. Il appliqua alors, à l'exemple de M. Nélalon, la pâte de chlorure de zinc sur la tumeur, et de plus, pour mieux en assurer le succès, il fit comprimer simultanément, pendant trois quarts d'heure environ, l'artère numérale, pour aider l'action du caustique. Une compression modérée fut ensuite exercée sur la radiale et la cubitale au-dessus du poignet.

L'appareil fut enlevé le troisième jour. Aucun mouvement pulsatile n'existait plus. Le dixième, la cicatrisation était corn-

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