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MARINE

secrets, et l'avoir étudié d'une manière toute spéciale ; on ne saurait le remplir convenablement sans cela.

Marine anglaise. A ncio régulation, vivement réclamée et impatiemment attendue par l'opinion, a modifié, en l'améliorant, le rang, la paye et la position des naval médical officers du Royaume-Uni. En présence de la position infime qu'ils subissaient, et des réclamations incessantes, journalières qui, venant de toutes parts, en étaient la conséquence, le gouvernement anglais ne pouvait se dispenser d'agir. Les vides croissants qui se produisaient dans les cadres de ce grand service, lui en faisaient une loi, et là est surLout le motif, on ne peut se le dissimuler, de sa détermination. Loin de montrer de la bonne volonté, il n'a obéi qu'a la force. Un règlement de l'amirauté du 12 juillet, exécutoire à dater du 1er janvier 18G7, introduit les modifications suivantes, qui, comparées à celles édictées récemment, de ce côté de la .Manche, pourront offrir un certain intérêt.

L'avancement au grade de chirurgien-major, fixé par les articles I et 2, pourra désormais se faire au choix parmi lis jeunes chirurgiens de mérite, s'étant distingués par des travaux ou des actions d'éclat; condition excellente pour stimuler l'émulation des plus capables.

Au lieu des provisions en nature, humiliantes pour sa dignité, que recevait le chirurgien de marine, sa paye est désormais fixée, comme celle des médecins militaires, aux sommes suivantes :

A l'intérieur. En campagne.

Médecin? inspecteurs 1350 fr. 3250 fr.

Sous-inspecteurs.

Chirurgiens majors > 875 2800

Chirurgiens )

Aide chirurgien. . • 150 fr. 2 700 fr.

L'augmentation aura lieu de quatre en quatre ans, au lieu do cinq, d'après un tarif établi.

Le logement, le rang et les prérogatives du chirurgien-major à bord, sont assimilés à ceux du commandant ; la paye seule diffère.

L'âge de la retraite est fixé à vingt-cinq ans de service pour les grades inférieurs, à soixante ans pour les chirurgiens majors, et soixanle-cinq pour les autres. Jl sera loisible à cha-

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cun do se retirer après vingt ans de service avec la moitié de la retraite de leur grade.

Marine américaine. Malgré ces derniers avantages faits aux médecins de la marine anglaise, leur position est encore loin d'équivaloir à celle de leurs collègues des États-Unis, comme le montre le tableau suivant :

Chirurgiens d'escadre 17190 fr,

— nprès 20 ans de grade 15625

— après 15 — 14580

— après 10 — 13540

— après 5 — 12500

— au début H 460

Aides chirurgiens reçus. 7810

Chirurgiens élèves. . , 6510

La différence est en effet saisissante avec les derniers tarifs anglais. Il est donc probable que l'amour-propre national aidant, les cadres ne s'empliront pas tant que les prix ne seront pas augmentés de nouveau.

MATERNITÉS. L'extrême mortalité des accouchées dans ces établissements, comparativement à celle de la ville, n'a cessé de fixer l'attention depuis que la thèse de M. Tarnier, en 1 856, est venue l'éveiller à cet égard. Contrôlée et confirmée en 1858 par Trébuchet, elle a suscité de nouvelles recherches d'année en année. Sa liaison intime avec l'hygiène hospitalière et les conditions sociales des populations laborieuses, partout à l'ordre du jour, devaient amener ce résultat. En 1862, M. Husson montre dans ses Etudes sur les hôpitaux, que pendant les soixante années précédentes, celte mortalité a été de 1/17 à Paris. L'année suivante, M. Le Fort l'étudié dans les principales capitales, et obtient les résultats suivants :

Accouchées. Décès.

( Villo. . . . 562623 222 1:253

Londres, de 1860 à 1864 ! Maternités. 4000 142 1:28

Munich, de 1843 à 1859 Polycliuique. 1911 10 1:119

„ . , (Ville. . . . 209612 1403 1:149

Sainl-Pelersbourg, de 1843 à 1859. j Maternités, 46 m 825 1: 19,40

L'énorme disproportion dévoilée ainsi par M. Tarnier, à Paris, confirmée à l'étranger, ressort encore mieux du rapport de Malgaigne, paru en 1864, par les tableaux suivants :

MATERNITÉS

Paris, 1861 \ Bureaux de bienfaisance

Accouchées. Décès.

ooa

Si

L'Administration ayant cherché à expliquer ces chiffres par une mortalité hospitalière exceptionnelle, M. L. Le Fort montra qu'elle était à peu près la môme pour 1863 et 1864. En effet, tandis qu'à Lyon, M. Berne, quittant son service du majorât de la Charité, rend compte des effrayants ravages de la fièvre puerpérale pendant les six années passées à la Maternité, et que M. Delore, en lui succédant, précise les chiffres, il en ressort les différences suivantes :

Accouchées. Décès.

/ Ville

Lyon, 1864 ] Charité

( Hôtel-Dieu

/-Ville

Lyon, 1865 j Charité

{. Hôtel-Dieu

En même temps, M. Le Fort publiait son enquête générale sur les Maternités, où, réunissant aux chiffres statistiques de ses prédécesseurs ceux qu'il avait recueillis, tant en France qu'à l'étranger qu'il avait visité à cet effet, il forme un total de 1 ,823,093 accouchements répartis comme suit :

Hôpitaux.... 888312 accouchements, 30 393 décès, 1:29 Ville 934781 accouchements, 4405 décès, 1:212

Tel est l'écart effrayant et confirmatif de cette statistique générale, universelle. En décelant partout l'insalubrité et le danger du séjour des Maternités, cet ouvrage a donné lieu à une discussion publique à la Société de chirurgie, pour en éclaircir les causes et y porter remède.

L'encombrement, la contagion, l'infection étant regardées comme les causes principales (voy. Fièvre puerpérale), c'est à supprimer ces établissements que l'on arrive généralement, en les remplaçant par l'accouchement à domicile. Pour les femmes qui n'en ont pas, il y aurait les sages-femmes des bureaux de bienfaisance, ou bien de petits hôpitaux de vingt à cinquante

MATERNITÉS

lits, pour les besoins de l'enseignement. En constatant que les Maternités modèles à l'étranger donnent encore une mortalité considérable comparée à celle des accouchées en ville, M. Tarnier conclut aussi à leur suppression, à moins de donner à chaque accouchée une chambre ou cellule particulière isolée, sans communication avec les cellules voisines.

Du reste, la statistique suivante, pour le mois de févrierl86G, montre bien l'icfluenee mortelle de la Maternité de Paris.

Accouchements.

Décès.

Hôtel -Dieu

Toute femme, atteinte de fièvre puerpérale, serait immédiatement transportée à l'infirmerie, et la cellule resterait inoccupée pendant un certain temps pour sa purification. (Soc. de chir., mars.)

Malgré le perfectionnement que ce système semble réaliser, comment l'adopter pour empêcher ce contagium si subtil que les accoucheurs et les sages-femmes en ville en ont paru être le moyen de transport dans plusieurs cas? Mieux vaudrait assurément ces petites Maternités de quatre à cinq lits séparés comme elles existent chez les sages-femmes.

Aussi bien, devant l'impossibilité de réaliser un idéal de Maternité introuvable, la Société de chirurgie, après les longs débals auxquels elle s'est livrée, suffisamment éclairée, a-t-elle noté, à la suite des conclusions suivantes qui en offrent le résumé, la suppression graduelle des Maternités, sur la proposition très-nettement formulée par M. Blot.

1. La statistique démontre aujourd'hui celte vérité incontestable : que les maladies puerpérales sont beaucoup plus fréquentes et la mortalité beaucoup plus élevée dans les Maternités et les services spéciaux d'accouchement que partout ailleurs.

La constance et la reproduction des mêmes faits, dans tous

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les établissements et dans tous les pays, prouve l'intervention d'une influence identique : l'hôpital.

2. Le surcroît de mortalité, qui présente quelquefois une intensité exceptionnelle, désignée habituellement sous le nom d'épidémie, est dû à l'influence presque exclusive de deux éléments : l'imprégnation ou infection hospitalière par les miasmes morbifiques et la contagiosité des affections puerpérales.

Les manifestations de ces influences hospitalières expliquent pourquoi les Maternités bien situées, bien disposées, peuvent néanmoins être le théâtre de mortalités élevées et parfois extrêmes.

3. Outre les conditions générales d'hygiène applicables à tous les hôpitaux et résumées dans les conclusions adoptées par la Société impériale de chirurgie (séance du i 4 décembre '1864), la prophylaxie des maladies puerpérales et de la mortalité qui en résulte dans les Maternités, doit reposer sur les mesures à prendre contre l'infection et la contagion.

4. Pour combattre l'infection, une constante et sévère propreté est indispensable. Après que chaque lit d'une salle aura été occupé par une accouchée, cette salle sera soumise au repos, à une large aération et à une purification complète de tout le matériel, meubles et immeubles, purification dont le lavage fera la base.

5. Pour lutter contre la contagion, toujours possible et toujours imminente dans les hôpitaux, il faut, sinon des chambres séparées pour chaque accouchée saine, au moins des salles bien disposées pour l'aération, sans communication directe les unes avec les autres, et contenant quatre lits au plus.

6. Toute accouchée malade devra être immédiatement sé parée des accouchées saines et transportée dans une infirmerie qui occupera un bâtiment isolé. Cette infirmerie, composée de chambres séparées, destinées à une seule malade, sera desservie par un personnel distinct de celui de la Maternité.

7. Si, malgré les précautions prises, l'infection hospitalière et la contagion menacent d'étendre leurs ravages sur une Maternité, il faut l'évacuer au plus vite et soumettre tout l'établissement à un assainissement général. Les menaces d'invasion ne pouvant être appréciées que par les médecins, et l'évacuation devant être opérée à court délai pour êtro efficace, c'est-à-dire pour limiter le nombre des décès, il serait à désirer que l'application de cette mesure rentrât dans les attributions médicales.

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8. Pour réaliser toutes les conditions d'aménagement et d'organisation indiquées, les Maternités doivent être de petits établissements ; exposées d'ailleurs à des, évacuations plus ou moins fréquentes, elles doivent être suffisamment nombreuses pour assurer le service des secours. Sans qu'on puisse fixer d'une manière absolue le chiffre de leur population, il paraît désirable de ne pas dépasser le nombre de six à huit cents accouchements annuels. »

Il est partout désirable de développer et d'étendre autant que possible le service gratuit des accouchements à domicile pour restreindre d'abord et supprimer par la suite les Maternités.

A celte proposition radicale de M. Blot, de la suppression des Maternités, M. Devergie a répondu par les conclusions prudentes et réservées qui suivent, présentées par lui au Comité d'hygiène des hôpitaux de Paris, sur les mesures à prendre contre la mortalité énorme des femmes en couches dans les Maternités et les hôpitaux :

1° Placer, à titre d'essai, mais sur une échelle suffisante, un certain nombre des femmes mariées nécessiteuses ou des fillesmères qui réclament leur entrée dans les Maternités ou hôpitaux, chez des sages-femmes de la ville, choisies et surveillées par les soins des autorités compétentes, telles que les administrations d'assistance publique, les bureaux de bienfaisance, etc. , avec le concours des sociétés de charité maternelle et autres, distribuant des secours à domicile aux femmes en couches.

Les femmes accouchées devraient, en moyenne, séjourner neuf jours chez les sages-femmes ainsi désignées, et recevoir, au besoin, des secours à domicile, lorsqu'un repos plus long serait nécessaire à leur rétablissement.

2° Supprimer les services d'accouchement dans les hôpitaux où il n'existe pas d'enseignement ; instituer dans ces hôpitaux une salle de travail ; répartir, peu après l'accouchement, les femmes accouchées dans les services généraux de médecine.

3° No pas admettre dans les Maternités ou les services d'accouchement des hôpitaux, les femmes enceintes qui ne sont ni malades, ni en travail, toutes les fois que la situation autorisera cette interdiction. Leur accorder à domicile, aux approches du terme, les secours nécessaires pour éviter, de leur part, un séjour trop prolongé dans ces établissements, ce qui est toujours préjudiciable à l'accouchée.

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