V. Li'épcque et les Pharaons
I. Remarques générales. — Le séjoiu- des Hébreux en Egypte, leur oppression et leur servitude, les plaies, la sortie miraculeuse, restent des faits certain^, quelle que soit notre incertitude au sujet de l'époque à laquelle il faut les placer, au sujet des Pharaons qui furent mêlés à ces événements, ils restent certains alors même ([ue de nouvelles découvertes viendraient renverser les calculs faits jusrju'ici cl détruire la probabilité (juc nc^us croyons devoir attacher à nos hypothèses. Disons-le franchement, sur la qiu^stion des dates, nous n'avons encore aucune certitude, nous sommes réduits à des indices et à des probabilités; orne se trompe i)as(|ui n'affiruu- pas plus que ses raisons ne lui permettent d'affirmer.
Nous atleiiulrons i)leinement notre but, qui est uniqucmeiil apologéliipie, si nous montrons que les événements bibli(|ucs trouvent un cadre convenable
dans l'histoire égyptienne et que, de ce côté, nous n'avons à craindre aucune objection sérieuse. Deux difficultés peuvent d'al^ord se présenter à l'esprit, il nous faut les résoudre pour être plus à l'aise dans la question historique.
a) Moïse ne nomme aucun Pharaon par son nom propre, ni celui de l'oppression, ni celui de l'exode. Pourquoi? N'est-ce pas étonnant de la part d'un auteur contemporain des événements? La difficulté n'est qu'appai-ente. En se servant du titre générique de Pharaon, Moïse est en parfait accord avec les usages égyptiens de son teiiqjs, les papyrus ne parlent pas autrement. On employait alors le mot Pharaon comme nous employons aujourd'hui ceux de Khédive, Sultan, Czar, Mikado. « Ce fut surtout au temps des Ranisès, quand le peuple d'Israël était prisonnier en Egyi)te, que ces mots per à a (Pharaon) servirent à dénommer le roi du Delta et de la Thébaïde... Lorsque nous donnons aujounrhui à Ramsês le nom de Pharaon, nous employons l'expression même dont se ser\'aient ses conteuiporains pour le désigner. » (LoKET, L'Egypte au temps des Pharaons, 1889, p. 18.) Pouvait-on demandera Moïse défaire autrement?
b) Faut-il admettre que Pharaon fut en personne enseveli sous les eaux de la mer Rouge ?
Rien ne nous y oblige, le texte sacré ne le dit pas. On lit dans le cantique de Moïse, Ex., xv, 19 : « Ingressus est enim eques Pharao cum curribus et equitibus ejusin maie, et reduxit super eos Dominus aquas maris », et au psaume cxxxv, i5 : a Et excussil Pharaoneni et virtutem ejus in mari liubro », mais c'est une figure du style po;'tique pour indiquer l'armée de Pharaon. Ne disons-nous pas de même : Napoléon fut écrasé à Waterloo? Si donc il était établi que Ménephtah est le Pharaon de l'Exode, nous n'aurions pas à nous troubler de savoir que la momie de ce roi a été retrouvée et que chacun peut aujourd'hui la contempler de ses propres yeux exposée au musée égyptien du Caire. A supposer même que Pharaon en personne fut englouti avec son armée, nous savons .que la mer rejeta les cadavres et que les Hébreux les virent le lendemain sur le rivage. Or pour faire une momie il suffît d'un cadavre, et Ménephtah mort noyé aurait pu être momifié aussi bien que Ménephtah mort de maladie.
Les hypothèses
Deux hypothèses principales sont en présence, la première place les événements bibliques, oppression et exode, sous la xv!!!' dynastie et indique Thouthniès III comme principal oppresseur, la seconde les place sous la xix' dynastie et plus spécialeuient sous Ramsês II et Ménephtah. Nous exposerons simplement les raisons »|ui militent pour l'une et pour l'autre de ces deux hypothèses.