D'après la critique interne
Le seul témoignage de la tradition à la lin du 11' siècle suffit donc à nous assurer que le troisième Evan-
gile est l'œuvre du médecin Luc, disciple et compagnon de saint Paul. Ce témoignage est d'ailleurs confirmé de tous points par l'analyse interne du liAre.
100. 1° L'auteur du III' Evangile est un disciple de saint Paul. — 1° Comme saint Paul, l'auteur du troisième £vangile a une préférence marquée à l'égard des Gentils. — Il dédie son œuvre à un personnage nommé Théophile, i, 3; mais dans ce personnage, et au delà, il doit viser des lecteurs placés dans des conditions semblables et ayant les mêmes besoins. Or, ces lecteurs ne peuvent être que des chrétiens étrangers à la Palestine et au judaïsme. L'évangéliste, en effet, s'abstient de leur citer ces termes araméens, dont la catéchèse grecque avait gardé le souA'enir et que l'on retrouve dans les autres Evangiles : Luc, VIII, 54, comparé à Marc, v, 4i ; Luc, xviii, 4i, comparé à Marc, x, 5i ; Luc, xxii, 42, comparé à Marc, XIV, 36; Zîfc,xxii, 33, comparé à Marc, xa', 22. , Au lieu de rabbi, il met oiod'7y.y.'/-,o\x k-t^ry.z'y., ou encore ■/.'jpis: Luc, IX, 33, comparé à Marc, ix, 5 ; Luc, xviii, 4i, comparé à Marc, x, 5i. Au lieu de Hosannah, il dit : « Gloire dans les hauteurs » : Luc, xix, 38, comparé à Marc, xi, 9-10. Enfin licite peu les prophéties anciennes et s'abstient en général d'allusions détaillées à l'Ancienne Loi : Luc, vi, comparé à Matthieu, . v-vi. ,
Ce n'est pas tout. Notre éAangéliste, sans supprimer le côté de l'Evangile qui regarde les Juifs, aime à montrer celui qui est favorable aux Gentils. Il rattache la généalogie du Christ à Adam, et non plus seulement à Abraham. Parmi les faits qui ont rempli la vie de Jésus, et parmi les discours que le Sauveur a prononcés, il choisit et met en valeur ceux qui sont le plus expressifs de la bienveillance du divin Maître à l'égard des pécheurs, spécialement des païens, et du caractère universaliste de son Evangile. Luc, II, 3o-32; III, 6; iv, 26-2^; vu, g, 5o; x, i sq. ;>