‹ Dictionnaire apologétique de la foi catholiqueChapitre 61 sur 214 · V. Frmts et effets du culte du sacré Cœur · texte numérisé non relu

V. Frmts et effets du culte du sacré Cœur

L'exercice de religion qui consiste à remarquer,

méditer, honorer, d'une façon habituelle ou au moins fréquente, l'amour de Notre-Seigneur, sa vie intime, svmbolisés dans son cœur, ne va pas sans effets produits dans l'àme du chrétien. Le principal résultat, et le plus immédiat, est de rappeler et de faire sentir plus vivement à quel point nous avons été aimés par Jésus-Christ et de nous porter ainsi à reconnaître cet amour par un retour, bien dû, d'affection, d'attachement, de dévouement, de conlîance, de générosité... L'acte propre de la dévotion au sacré Cœur est lacté d'amour sous ses formes variées de tendresse profonde, de gratitude, de louange, de désir de plaire, de service, de zèle actif, de compassion, de dédommagement par réparation et compensation, — acte d'un amour affectif sans doute, passionné peut-être, mais surtout effectif, s'afTirmant par les œuvres et l'observation de la loi, selon la grande leçon du Maître : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui-là qui m'aime» (Jean, xiv, 21); l'amour du prochain en découle: il faut aimer ceux qui sont si chers à Jésus-Ciirist ; la culture des vertus et des disjiositions chrétiennes en est une application : l'amour appelle, en effet, la conformité de vues et de conduite, et qui vénère la vie morale de l'Homme-Dieu prend pour soi, en la généralisant, la recommandation de saint Paul : « Ayez en vous les mêmes sentiments dont était animé le Christ-Jésus. » (Philip., u, 5.) En outre, le culte du sacré Cœur est de nature à mieux faire comprendre et réaliser les rapports personnels et intimes qui relient les fidèles au Sauveur, et à leur donner un rôle plus explicite, plus important, plus marqué dans la vie religieuse du chrétien. La pratique générale de ce culte se ramène donc à rendre à Notre-Seigneur aimant amour pour amour; les diverses pratiques particulières ou exercices spéciaux de cette dévotion, sont autant de moyens d'exprimer et de témoigner à Notre-Seigneur cette réciprocité d'amour, d'établir, fortiûer et aviver en nous notre amour envers lui, d'en pénétrer davantage notre vie.

Tels sont, et logiquement, les fruits portés par le culte du sacré Cœur : ils dénotent une dévotion solide et virile, non pas, comme on l'a trop de fois répété sans preu^'es, une piété mièvre, alanguie et superficielle. En demeurant dans la vérité, nous sommes loin du « charmant quiétisme >> dont a parlé Taink {Voyage en Italie, Paris, 1866, t. l, cli. vni, p. 496). plus loin encore de la sentimentalité malsaine et pernicieuse que i)rétend MïcnKhur (pass i m , et notamment dans son Histoire de France, éd. défin., t. XIII. ch. vin). Comme trop de détracteurs de cette dévotion, ces écrivains se sont payés de mots : sans enquête, sans contrôle, ils ont brodé de chic sur le premier tlième venu, que le seul terme de « cœur », prononcé en matière religieuse, eût évoqué dans leur imagination dépaysée. Cela surprend chez ïaine, d'ordinaire plus soucieux d'exactitude; de la part de Michclet.cela va de soi : sur ce point comme sur tant d'autres, esprit dérangé, àme de basse scnsualilé en éveil, il a divaguéà sa fantaisie et mesure à son aune.

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