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a de lui des Homélies et des Sermons sur les évangiles du carême , qui furent donnés au public après sa mort, par Richard , en 2 vol. in-12 , à Paris , chez Louis Guérin , en 1712; et des Panégyriques in-8 , et in-12, Paris, 1718, qu'on entendit avec plaisir dans le temps, mais qu'on ne lit plus guère aujourd'hui. Il a fait , comme Fléchier, un usage quelquefois heureux , mais souvent trop fréquent, de l'anlilhèse ; il était loin d'avoir la pureté , l'élégance et l'harmonie du style de ce dernier. On a encore de Charles Boileau des Pensées^ 1733, in-12 , extraites de ses sermons , dont quelquesunes méritent d'être retenues. D'Alembert, qui, dans son Histoire des memhres de l'Académie française, a fait l'éloge de cet abbé , dit qu'on trouve dans ses sermons , sinon de l'éloquence , au moins de l'esprit ; aussi Bourdaloue disait de lui : « Qu'il en avait deux » fois plus qu'il ne fallait pour bien prêcher. » Cependant la Champmêlé demandant à Racine pourquoi la Jm//7/i, de Boyer, qui avait été bien accueillie du public pendant le carême de 1695, n'avait pu se soutenir à la rentrée d'après Pâquf's ; « C'est , répondit Racine , » que j pendant le carême , les sifflets étaient à Ver- » sailles aux sermons de l'abbé Boileau. » Dans ses homélies sur quelques évangiles , comme sur ceux de la Cananéenne , de l'Enfant prodigue , de la Samaritaine et de la Femme pécheresse, il a suivi très-exactement ses matières. Cet orateur chrétien mourut le 19 mai 1704? dans un âge assez avancé. '
BOILLOT (Henri), Jésuite, né en Franche-Comté, le 29 septembre 1668, professa la rhétorique, la phi-
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losophie et la théologie , clans différenles maisons de son ordre , fut nommé ensuite recteur du collège de Grenoble , puis de celui de Dôle , où il mourut le 3 juillet 1^53. On a de lui : I. Serinons nouveaux sur divers sujets , Lyon , 1714 j 2 vol. in- 12 ; l'auteur s'est plus attaché aux vérités qu'il faut prêcher, qu'aux agrémens delà diclion. IL Maximes chrétiennes et spirituelles , extraites des œuvres du père Nuremi>er(/ , Lyon . 1714, 2 vol. in- 12. IIL Plusieurs Dissertations ci divers ouvrages de littérature.
BOISGELIN ( Jean-de-Dieu-Raymond de CccÉ ), né à Rermes, d'une famille très-ancienne de Bretagne , le 37 février j 732 ; après avoir fait ses études avec distinction , embrassa il l'état ecclésiastique. Nommé d'abord grand-vicaire de Pontoise , il passa, en 1765, à l'évêché de Lavaur , et en 1770 à l'archevêché d'Aix. La ci-devant Provence lui doit la construction d'un canal qui porte son nom , une maison d'éducation pour les demoiselles pauvres , qui subsiste encore à Lambesc , et plusieurs autres établissemens utiles , sans parler d'un pont qu'il avait fait construire à Lavaur. « Ce fut par la sagesse , » unie à la générosilé , dit M. de Bausset, que M. de » Boisgelin sauva , au commencement delà révolution , » la ville d'Aix des plus grands malheurs. Dans un mo- » ment de disette , les greniers publics avaient été )» pillés , les excès auxquels le peuple s'était livré « allaient arrêter les approvisionnemens , lorsque l'ar- » chevôque se présenta pour calmer le désordre, et » mit 100,000 francs à la disposition des autorités locales » pour l'achat des grains. « Jl put)îia en même temps
une instrucliou pastorale, adressée aux ciirës de son diocèse , et leur recommanda d'inviter le peuple à rapporter aux greniers publics ce qu'il avait pillé. Le peuple obéità l'invitation de ses pasteurs, et s'assembla en foule dans la métropole , où , du haut de sa chaire pastorale , il déplora les crimes et peignit le lepentir du peu[)le qui l'écoutait ; la sainteté du lieu ne put retenir îes transports de douleur, de respect et d'admiration, qui se firent entendre de tontes les parties du temple et du sanctuaire. En 1787, M. de Boisgelin l'ut membre de l'assemblée des notables , puis député du clergé aux Etats-généraux , oij il vota la séparation des ordre^ et justifia le clergé dissident. Il fut dépossédé de son archevêché en 1790, par la nomination d'un évêque conslilutionncî. Après la session de l'assemblée constituante il se retira en Angleterre, où il publia le Psal- ■niisle , ou Iinitation en vers français des Psaumes de David , précédée d'un discours sur (a Poésie sacrée, Londres , 179g. Cet ouvrage fut une bonne action, l'auteur le composa et le publia pour venir au secours de quelques familles d'émigrés. Il ne revint dans sa patrie qu'à l'époque où le Saint-Siège se réconcilia avec la France : il fut nommé à l'archevêché de Tours en 1802 , et peu de temps après, il obtint le chapeau de cardinal. 11 mourut le 22 août 180.4. Ce fut en 1765 qu'il prononça l'Oraison funèùre du Dauphin , fils de Louis XV , non imprimée ; en 1766, celle de Stanislas , roi de Pologne , in-8 ; en 1 769 , celle de Madame ia Dauphin e , iu-4. Lorsque Louis XVI fut sacré à Reims, ce fut ce prélat <pii prononça le Discours du sacre ; ceux qui l'ont entendu n'ont point oublié l'efFet qu'il
produisit ; sans égard pour le lieu et la circonstance , l'orateur fut interrompu deux fois par de nombreux applaudissemens. On y trouve, comme dans ses oraisons funèbres , une éloquence simple , gracieuse et touchante. En 1776, il fut nommé membre de l'Académie française. Ce prélat aima les lettres et les cultiva avec succès ; il était doué d'un goût fin et délicat. Ou a encore de lui : I. Discours prononcé à ia cérémonie de la 'prestation du serment des archevêques et évêques , 1802 , in-4- II. Exposition des principes sur ia constitution du clergé , par tes évêques députés à i'assemMée nationale, sans date ni nom de lieu, Paris, 17919 in-8.
BOISMONT ( Nicolas Thyrel de ) , docteur en théologie , prédicateur ordinaire du roi , né dans un village près de Rouen , vers 171 5, annonça, dans sa jeunesse , les dispositions les plus heureuses pour la chaire. S'étant rendu dans la capitale en 1749 > il y resta inconnu pendant quelques années , prêchant dans les églises les moins fréquentées. Sa réputation commença cependant à s'établir. Une imagination brillante j une connaissance fine des caractères, des passions et des mœurs , l'éclat des pensées, l'élégance et quelquefois le jeu des expressions, telles furent les qualilés qui caractérisent le genre de son talent. En 1765 , il remplaça à l'Académie Boyer, évêque de Mirepoix, et il prit pour sujet de son discours de réception : De ia nécessité d'orner (es vérités évangéiiques. Il avait éprouvé lui-même cette nécessité de se plier au goût du siècle et de cacher l'instruction , pour la faire recevoir sous les agrémeos du style. Dans le temps qu'il sollicitait une place à Ta-
cadémie , des persounes du plus haut raug assistèrent à un de ses sermons, moins pour entendre le prédicateur que pour le juger. Averti de celte circonstance , au moment de monter en chaire , l'abbé de Boismont , au lieu du sermon qu'il avait préparé , en choisit un autre qu'il crut propre à flatter son auditoire , ia Conversion de ta Madeleine ; .mais après avoir représenté la Sainte au milieu de ses égaremens , et avoir épuisé dans cette partie de son discours tout ce que lui fournissaient son éloquence et son talent, la mémoire lui manqua, lorsqu'il s'agit de peindre à son auditoire Madeleine pénitente. On ne lui sut point mauvais gré de cette espèce de disgrâce ; et sa réputation , loin d'en souffrir , s'en accrut encore. L'abbé de Boismont préférait le repos à la gloire , aussi il travaillait peu. On n'a de lui qu'un Panégyrique de saint Louis , l'Oraison funèbre du Dauphin , fits de Louis XV, celle de Marie Leczinsfca , femme de Louis XV, celle de ce dernier prince, et enfin celle de l'impératrice Marie-Thérèse. Malgré la fécondité des idées , les mouvemens et la rapidité du style ,1a noblesse et la vivacité des images, la philosophie et le sentiment qui les distinguent , ces quatre derniers discours ne doivent pas être regardés comme des modèles. Il fit imprimer, en 1782 , son discours prêché dans l'église de la Charité , pour engager les riches de la capitale à consacrer une légère portion de leur superflu à la fondation, à Paris, d'un hospice pour les militaires en grade et les ecclésiastiques délaissés dans leurs maladies, établissement dont M. de lu Rochefoucault avait conçu l'idée. Le succès fut complet. L'orateur développa une éloq.uence ,plus simple et plus