‹ Dictionnaire biographique et bibliographique des prédicateurs et sermonnaires françaisChapitre 18 sur 78 · B O II /, I · texte numérisé non relu

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Coiidrcn , il lui succéda en iGli. Un a de lui :I. Homélies chrétiennes sur tes évanyiles des dimanches et des fêles principales, Paris. 1642, in-o ; ouvrage qui peut fournir aux curés de campagne des modèles d'instruction pour le peuple , en conservant à la parole de Dieu la dignité qui lui est propre. II. Homélies des Saints sur le martyrolofje romain , iô5i , 3 vol. in-8. L'auteur , dans cette production , s'attache trop aux légendes apocryphes. Cependant le discours préliminaire sur le culte des [saints mérite d'être lu. III. Directoire des Missions, Paris , 1646 , rempli d'excellentes vues pour diriger ceux de ses confrères qui se livraient à cette partie importante du saint ministère. IV. Feritates et swblimes exceilentiœver'bi incarnati, Anvers, i63o, 5 vol. in-8, puis considérablement augmentées et traduites en français par lui-même , sous celui de Vérités et Excellences de Jésus-Christ , disposées par méditations , etc. 5 Paris, i656 , 6 vol. in-i2. « Ces médi- » talions , toutes pleines de lumière et de grâce , disait » Bossuet , sont entre les mains de tout le monde , des » religieux, des séculiers, des prédicateurs, des con- » templatifs , des simples et des savans. b Massillon en avait beaucoup profité : elles eurent près de trente éditions durant la vie de l'auteur. Elles seraient encore aujourd'hui d'une utilité générale, si un homme dégoût prenait la peine d'en retoucher le style suranné et d'en rectifier certaines idées trop alambiquées. LepèreBourgoing a composé encore plusieurs autres ouvrages qui méritent peu d'être recherchés. Ce général de l'Oratoire écrivait aussi bien en latin qu'il écrivait mal en français. Son style , dans la première de ces langues, est pur,

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élégant , sou élocutiou nette et facile; ce qui contraste singulièrement avec la barbarie , et quelquefois le ton guindé de sou jargon duns la dernière. Le père Bourgcring mourut à Paris , le 28 octobre 1662 , après de fréquentes attaques d'apoplexie. L'abbé Bossuet prononça son oraison funèbre. C'est le premier discours de ce genre qu'ait fait cet illustre orateur, et l'on y trouve déjà des traits dignes de son grand talent. Il a été publié dans le tome 16° des Sermons de l'évêque de Meaux.

BOURRÉE (Edme-Bernard), prêtre de la congrégation de l'Oratoire, né le i5 février 1662 , à Dijon. Les confessions, les prédications, les conférences, la théologie, qu'il professa longtemps à Langres et à Châlons-sur- Saône, ne l'empêchèrent point de donner au public, sur différens sujets , plus de quarante volumes, dont on trouve la liste dans la bibliothèque de Bourgogne. Voici celle de tous ses ouvrages qui regardent la chaire : I. Conférences ecclésiastiques du diocèse de Langres , 1684 5 2 vol. in- 12 ; 1693, 3 vol. in- 12. IL Explication des épitres et évangiles de tous (es dimanches de l'année et de tous les mystères , à l'usage du diocèse de Châlons, Lyon, 1697, 5 vol. in-8.ill. Des Sermons , dont la collection forme 1 7 vol. in- \ 3 , solidement écrits, mais peu éloquens. IV. Homélies, i7o5, 4 vol. in-12. V. Panégyriques des principaux Saints , 1702 , 5 vol. in-12 , réimprimés en 1705. VI. Nouveaux Panégyriques , avec quelques conférences ecclésiastiques . 1707, in-12. Cet oratorien mourut dans sa patrie en 1^22. Ses ouvrages n'ont jamais élé bien recherchés-

BOURRU ( Louis-Bénigne ) , mort à Paris en 1783 , entra dans Ja congrégation de l'oratoire, et devint curé de Gray en Bourgogne. Il avait exercé plus de vingt ans le ministère de la prédication dans plusieurs cathédrales du royaume. On a de lui des Panégyriques , et quelques Discours de jjiété , recueillis en 17O6, in-12. L'auteur fait observer dans sa préface que son slyle est simple , et qu'on ne doit pas s'attendre à trouver dans ses Panégyriques ces vains détours par lesquels l'éloquence humaine voit tous les jovirs ses plus grands efforts inutiles ; cette éloquence qui fait des curieux et non pas des chrétiens , qui flatte l'esprit et ne le corrige point. « La parole de Dieu , ajoute-t-il , n'est point un B festin qu'on propose à la délicatesse des pécheurs , • mais un remède à leurs infirmités, o On remarque dans ses Discours que les divisions en sont assez simples ; mais il n'y a pas dans les preuves de la justesse et de la solidité.

BOURZÉIS ( Amable de ) , abbé de Saint-Martin de Cores , et l'un des quarante de l'académie française, né à Volvic , près de Riom en Auvergne, en i6'o6, se fit un nom , sous le cardinal de Richelieu , par son savoir et ses ouvrages de controverse sur les matières de la grâce. On a , en outre , de lui , des Sermons sur divers sujets, Paris, 1672, 2 vol. in-8. Ces Sermons , au nombre de vingt-un , sont fort médiocres du côté de l'éloquence. Le dernier est i' Oraison funèhre do Louis XIII. L'auteur y a mis une préface savante sur l'estime qu'on faisait autrefois de la fonction de prédicateur.

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BOUX (GniIJaume Le), né à Souzé , près de Sauuiur on 1621 , d'un batelier, fut successivennent balayeur de collège , capucin , oratorien , curé , professeur de rhétorique à Riom , et prédicateur célèbre. Il fit , à Tàge de vingt-deux ans , i' O raison fimèùre de Louis XIII. Pans le^ lemps de la fronde , il prêcha avec beaucoup de zèle à Paris , sur rautorité due au Roi , et devant ce monarque qui le nomma à l'évêché d'Acqs en i658 , et à celui de Périgueux en 1667. C'est en demandant pour lui cette dernière dignité, que ses amis se servirent de ce jeu de mots: que Boux était né gueux, qu'il avait vécu gueux, et qu'il voulait Périgueux {\iév\v gueux). C'est dans cette dernière ville qu'il mourut en 1693 , après avoir instruit 'ses curés et édifié ses diocésains ; il occupa ce siège pendant trente-sept ans , et employa tout son revenu à des fondations de charité. On a de lui des Sermons , Rouen , 1 766, 2 vol. in-» 2. Il y faut plus rechercher la solidité et l'instruction , que les grands mouvemens de l'éloquence ; des Conférences, dont on a recueilli le résultat en 3 vol. in - 12 ; elles sont encore estimées.

BRAINVILLE (N. de), prêtre-missionnaire , a publié des Homélies et Instructions familières sur les évangiles des dimanches, et sur les grandes fêtes de Vannée, pour le soulagement de MM. les curés, prédicateurs, missionnaires- , catéchistes et autres qui ont charge d'âmes; elles furent imprimées à Rouen en 1714 et en 1717 , in- 12. Il ne faut point chercher dans ces discours de traits d'éloquence; l'auteur voulait convaincre, et non persuader et toucher, ce qui n'est pas toujours

le meilleur moyen et le plus sûr pour arriver au but que ron se propose.

BRETONNEAU ( François ) , jésuite , né à Tours en 1660 , exerça le ministère de la chaire pendant plus de trente-quatre ans. Il fut réviseur et éditeur des sermons de ses confrères les PP. Girout , Cheminais et Bourdaloue. De Bourdaloue ; Paris, 171G, i8vol. in-8 et in-12 ; tes Pensces , qui ont été réimprimées en 1705, forment 3 vol. in-12. De Cheminais, Paris, 1736,5 vol. in-12. De Giroust, Paris, 1704, 5 vol. in-12. Le P. Delarue lui appliquait à ce sujet l'éloge qu'on a fait de Saint-Martin : Triuin nioHuorum suscitator inagnificus. Il fut même aussi l'éditeur de quelques-uns des sermons de ce jésuite : Le P. Bretonneau fut inférieur, principalement sous un rapport, à ces célèbres prédicateurs dont il recueillit les ouvrages, parce qu'il n'avait pas , comme eux , les talens et les grâces de l'action ; il ne laissa pas néanmoms, de s'en rapprocher beaucoup , quant au mérite de la composition. Ses sermons, publiés par le fameux P. Berruyer. respirent une éloquence chrétienne ; si les grâces de l'action lui manquaient, il avait d'ailleurs toutes les autres parties de l'orateur sacré. Au mérite de bien prendre son sujet , il joignait celui de le traiter avec méthode et exactitude; point d'inutiles préludes , de réflexions hors - d'oeuvre, et d'ennuyeuses digressions; toujours droit au but. Son style se trouve exempt de presque tous les défauts. Il est simple sans être négligé , il est clair, il est pur. Indépendamment de ses quarante-quatre Sermons, ses Panégyriques , au nombre de treize , et ses Discours

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