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Panégyrique de Saint-Louis , cii présence de ectie compagnie. Paris, in-4- Ce discours est dans le goût do l'éloquence chrétienne, c'est-à-dire, rempli de passages des livres saints. On y remarque en plusieurs endroits du nerf , de la chaleur , comme dans le morceau suivant, où l'auteur, faisant le récit du départ de Saint-Louis pour la croisade, s'explique ainsi : « Déjà » la croix arborée sur les ondes a rassemblé autour de » Saint-Louis ses nombreux vaisseaux. Mer orgueii- » leuse , abaisse tes Ilots sous l'étendard du Pioi des » Rois ! N'attends pas que sa voix impose silence aux » esprits des tempêtes ! Ferme ces noirs abîmes qui re- » cèlent plus de richesses que le monde entier n'en » saurait contenir ! Ceux que tu portes sur ton sein , » humbles héritiers delà croix, n'ont ni or, ni pierres » précieuses à te sacrifier , ils ne veulent que revoir la » demeure , que baiser les traces de leur maître ; toute » leur ambition se borne à conquérir un sépulcre. » Cet orateur chrétien mourut à Paris vers 1783.
ELISÉE ( Jean-François Copel) , connu sous le nom de Père ), né à Besançon le 21 septembre 1726, d'un avocat, fit ses premières études au collège de cette ville, dirigé par les jésuites, et s'y distingua par les progrès les plus rapides. Ces derniers cherchèrent à lui inspirer le désir d'entrer dans leur ordre ; mais il préféra celui des Carmes, où il prit l'habit le 20 mars i745- Lç P. Elisée, chargé d'abord d'instruire les novices, s'ac-. quitta de cette fonction pendant six ans avec beaucoup de zèle et de succès ; il employait ses loisirs à lu lecture des orateurs anciens et, moderne? , cl se prépa-
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rail , par la méditation et l'examen de leurs ouvrages , à marcher un jour sur leurs traces. La timidité naturelle du P. Elisée, la faiblesse de son organe, la négligence de son débit , ne permirent pas d'apprécier toute l'étendue de son talent pour la chaire. Cependant il fut envoyé dans la maison de son ordre à Paris, et ce fut par une espèce de faveur qu'il obtint de prêcher dans quelques paroisses. Un hasard singulier commença sa réputation. Un jour qu'il prêchait dans une église assez peu fréquentée , Diderot , curieux d'enlcndre un sermon, qu'il supposait d'avance médiocre, y entra accompagné d'un de ses amis : le philosophe , placé en face du prédicateur, l'écouta avec attention , et fut frappé de l'ordre, de la clarté, de la méthode , de la logique vive et pressante qui régnaient dans son discours. Le sermon fini , il suivit le P. Elisée à la sacristie cl lui demanda si c'était lui qui avait composé le sermon qu'il venait de prononcer. Le P. Elisée lui en donna l'assurance. Diderot , enchanté de ce qu'il nomuiait sa découverte, parla du nouveau prédicateur avec enthousiasme , et inspira à chacun le désir de l'entendre. IjC p. Elisée parut dans les chaires les plus briîlanlcs de ia capitale, et prêcha ensuite devant le Ro! daï)s deux circonstances bien remarquables ; la i>reuiièrc fois , après la signature de la paix avec l'Angleterre , en 1765 ; et la seconde fois, après la mort du Daupfiin , père de Louis XVL Ce prédicateur, bon et indulg;ent envers les autres , était très-sévère pour lui-même ; la pâleur de son visage annonçait ses austévifés ; Texcès du travail alFuibiit sa santé. L'évêque de t):jon l'ayant retenu pour prêcher le Carême dan.s sa;
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cathédrale , les eflbris qu'il fut obligé de faire , achevèrent de l'épuiser. Il mourut , le ii juin ijSS , en allant en Suisse prendre les eaux de la Brevine. Les Sermons du P. Elisée ont élé recueillis par le P. Césaire , son cousin, et publiés à Paris , 1784 — 1786, 4 vol. in-i2 , avec la Vie de l'auteur. Ils ont élé traduits en allemand. Bamberg, i78(), 4 vol. in-8 ; et en espagnol, Madrid, '787^ 4 vol. in-4. Le quatrième volume contient les Panégyriques , parmi lesquels on distingue celui de Saint-Louis, et les Oraisons funèbres du grand Condé, de Stanislas 1'% roi de Pologne, et du Dauphin , père de Louis XVI. Le P. Elisée semait ses discours de portraits d'une vérité frappante, et de détails de mœurs qui plaisaient à l'auditeur malin , parce qu'ils fournissaient des applications à faire. Sa physionomie maigre, pâle et austère, parlait pour lui et commandait l'attention. Sa voix presqu'éteinte ajoutait à l'impression et annonçait l'apôtre de la pénitence. Ses sermons se distinguent de la plupart des productions de ce genre, par la sagesse de la composition, l'enchaînement des pensées, la pureté et l'élégance du style; la lecture en est aussi agréable qu'utile aux personnes qui aiment à réfléchir sur elles-mêmes : on y trouve quelques morceaux dignes de Bourdalouc et «le Massillon ; mais , en général , on désirerait chez lui unei connaissance plus grande des livres saints , plus de force et de justesse dans les raisonnemens, plus d'abondance dans ses preuves, une onction plus pénétrante, une éloquence plus douce, plus de majesté , plus d'élévation , des idées moins vagues , des traits plus marqués. Ce prédicateur était quelquefois caustique ; dans
son Sermon sur te mauvais riche , il s'exprime ainsi i « Le riche mourut , et ce fut le premier service qu'il rendit à la société. « La simplicité de son débit était assortie à l'espèce d'éloquence qu'il avait adoptée. Peu d'art , de la précision dans l'exposition de son sujet , de la simplicité dans ses plans , un style pur, clair, élégant , presque point de figures et de mouvemens. Il n'a ni la logique pressante et la raison profonde de Bourdaloue , ni le pinceau magique et le brillant coloris de i\lassillon. Quoiqu'il ne manque pas de s'élever contré les systèmes de la philosophie moderne , il porte dans ces morceaux , qui semblent exiger une certaine véhémence, plutôt le sentiment de la douleur qui s'en afflige, que celui de l'indignation qui les combat et les anéantit. Dans l'endroit de son Sermon sur l'incrédulité , où il trace le tableau de l'orgueil de l'esprit et de celte inquiétude qui le porte à secouer le joug de la religion , on trouve une imitation trop marquée de Bossuet , dans l'endroit de l'oraison funèbre de la reine d'Angleterre , où ce grand orateur dit des protestans ce que le Père Elisée applique aux incrédules. Le portrait qu'il fait dfe Bayle dans le Sermon qui a pour titre : Fausseté de la 'probité sans la religion , rappelle aussi un peu trop celui que Bossuet a tracé de Cromwell. Les principes de la morale sont présentés , dans ses sermons , d'une manière trop bénévole , sans qu'il entre dans aucun détail particulier ; ce qui ne jette pas , à beaucoup près, autant d'intérêt dans ses discussions que s'il luttait, pour ainsi dire, corps à corps avec les obstacles qu'il combat. Il est rare , par conséquent , de trouver chez lui dcp morceaux pleins de force et de vigueur, qui
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subjuguent l'esprit et dominent la volonté ; de ces tirades où régnent Taffection et le sentiment , qui pénètrent le cœur et l'embrasent, qui le touchent et l'attendrissent. C'est moins à présenter à chaque individu le miroir de ses passions , que l'orateur semble s'être appliqué , qu'à peindre les funestes efFets qu'elles proxluisent dans la société. Or , celle seconde étude est beaucoup plus facile que la première, et il est plus aisé de saisir ces résultats généraux que de descendre dans le cœur de l'homme, d'en sonder les plus sombres replia, et de les exposer au grand jour. On trouve cependant quelquefois dans ses discours de la force, de l'élévation et delà profondeur, comme dans le Sermon sur ia fauS" seté de ia probité sans ia religion ; une connaissance plus développée des passions , comme dans celui sur (a Vie religieuse , où, en opposant partout le calme delà solitude au tumulte du monde , il peint supérieurement le vide et le néant des plaisirs et des honneurs. Son Sermon sur (a Mort , et celui sur tes À fjfliclions , sont ceux où l'ordonnance est la plus belle et les déveiopjiemens plus lumineux. Un écrivain favorable à ce prédicateur s'explique ainsi : « Ce serait à ceux qui l'ont » particulièrement connu , à nous apprendre si c'était » par principe, ou par ménagement pour ses forces, » que le P. Elisée avait retranché de son éloquence » tous les mouvemens de la déclamation ; mais nous » croyons qu'il est le seul peut-être qui ait réussi , sans ') ce secours , à se faire suivre d'une foule d'auditeurs , fi à les toucher , à les convaincre. »
ESCALOPIER ( Nicolas 1') , conseiller , aumônier et prédicateur ordinaire du Roi Louis XIÎI , fit imprimer