F AU
à Avignon , en 1646 , in-8 , les Sermons qu'il avait précliés la même année, pendant l'octave du Saint- Sacrement , dans l'église de Saint-Didier de cette ville. Ces sermons sont du nombre de ceux qu'on ne lit plus depuis long- temps.
EUSÈBE DIDIER (le Père ) , récollet, s'était acquis, vers le milieu du dix-huitième siècle , d-^ns les provinces méridionales de la France , la réputation d'un célèbre prédicateur. On ne connaît de lui que le Pané'gyrigue de Saint-Agricol , citoyen , évêque et patron d'Avignon , avec des notes sur les actes et le culte de ce saint. Avignon, 1755.
FAUCHET ( Claude) , né à Dorne, dans le Nivernais , le 22 septembre 1^44 5 embrassa l'état ecclésiastique , et fut d'abord précepteur des eufans du marquis de Choiseul , frère du ministre; il entra ensuite dans la communauté des prêtres de Saint -Roch. Une belle figure , un style pompeux et métaphysique , un organe agréable , la facilité des mouvemens et la force de la déclamation , lui acquirent bientôt de la célébrité dans la chaire, et donnaient à ses discours un éclat que la légèreté du fond ne leur eût pas fait obtenir. Ayant eu l'honneur de prêcher devant le Roi , il obtint l'abbaye de Montfort , et devint grand-vicaire de l'archevêque de Bourges. Il prononça l'oraison funèbre de ce prélat , mort à la fin de 1786 , et celle de M. le duc d'Orléans, Louis-Philippe, petit-fils du régent , en 1785. La révo-
^ulion vint lancer Fauchet sui- un plus grand théâtre ; il en adopta les principes avec enthousiasme: ardent , doué de plus d'imagination que de jugement et de prudence, il suivit le tourbillon. Quelques jours après la prise de la Bastille , il prononça dans Téglise de Notre- Dame un discours sur cette conquête. Son texte fut ces mots de Saint - Paul : In iibcrtatcm vocasti estiSf fratres. A cette même époque, et les deux années suivantes, il prononça des discours oi!i l'on trouve quelquefois d'assez beaux morceaux, et des vérités assez fortes à côté des plus graves erreurs. Son Discours sur ia religion nationale est de ce genre : il y professe sur l'autorité de TEglise, relativement au mariage, des principes assez sains. Trois Discours sur ia liberté, un autre suri' Accord de ia religion et de la liberté , une Oraison funèbre de l'ahbé de l'Epée, un Eloge civique de Franklin, montrent de plus en plus le progrès des idées nouvelles dans la tête de l'auteur. Dans l'éloge de l'abbé de l'Epée, prononcé à Saint-Etiennedu-Mont, le 25 février 1790, il détaille assez bien les procédés et les services de ce célèbre instituteur des Sourds-muets : mais on pourrait trouver qu'il n'a pas toujours séparé avec justesse ce qu'il y avait de louable dans cet homme bienfaisant , de ce que l'Eglise avait droit de reprendre en lui. L'abbé Fauchet ayant adressé ses discours à Vernes , ministre éclairé de Genève , celui-ci , après les avoir lus , mit au dos : a Fauchet ne » professe ni sa religion, ni la mienne. » Devenu un des plus ardens réformateurs , U figura dans les clubs , et rédigea un journal, intitulé la Bouche-de-Fer. Son