‹ Dictionnaire biographique et bibliographique des prédicateurs et sermonnaires françaisChapitre 34 sur 78 · F EN · texte numérisé non relu

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zèle méiilait une récompense. Au mois de mai 1791 , le déparlement du Calvados l'élut évêque constitutionnel de Bayeux. Appelé bientôt à la Convention , il s'y montra calme, modéré, préchant la paix et désirant de la faire renaître. Lié au parti de la Gironde, on le raya de la liste des jacobins. On l'accusa de complicité avec Charlotte Corday , et il fut condamné à mort le 3i octobre 1795. Outre les discours dont nous avons parlé dans le cours de cet article , on a encore de l'abbé Fauchet : I. Panégyrique de Saint-Louis , prononcé en 1774 devant l'Académie française. II. Discours sur les mœurs rurales ^ 1788. III. Et quelques Opuscules. Tous ces écrits , en général , ne sont pas dépourvus de talent , mais on y remarque souvent le défaut de goût , la prétention , le néologisme et l'exagération.

FÉNÉLON (François de Salignacde la Mothe de ) naquit au château de Fénélon en Périgord, le 6 août i65i, d'une famille ancienne et distinguée. Des inclinations heureuses, un naturel doux, joint à une grande vivacité d'esprit , furent le présage de ses vertus et de ses talens. Le marquis de Fénélon, son oncle, le traita comme son propre fils , et le fit élever sous ses yeux à Cahors. Le jeune Fénélon fit des progrès rapides. Envoyé à Paris pour achever ses études philosophiques et commencer son cours de théologie , il fut mis sous la conduite de l'abbé Tronson , supérieur de Saint- Sulpice. Dès l'âge de dix-neuf ans, il prêcha avec le plus grand succès au séminaire. A vingt-quatre ans , il entra dans les ordres sacrés , et exerça les fonctions les plus

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pénibles du ministère dans la paroisse de Sainl-Sulpice. Sa ferveur religieuse lui inspira le projet de se consacrer aux missions étrangères ; mais sa famille s'étant opposée à ce dessein , Harlay, archevêque de Paris , lui confia la direction des Nouvelles catholiques. Ce fut dans cette place qu'il fit les premiers essais du talent de plaire, d'instruire et de persuader. Les devoirs et les soins de cet emploi , dans lequel il ensevelit son génie pendant dix ans , le préparèrent à la composition du Traité de VEducation des filles , chef-d'œuvre de délicatesse et de raison. Le Roi ayant été informé de ses succès , le nomma chef d'une mission sur les côtes de la Saintonge. Simple à-la-fois et profond , joignant à des mar.'ères douces une éloquence forte, il eut le bonheur de ramener à la vérité un grand nombre de personnes. Fénélon recueillit le fruit de ses travaux. En 1689 5 Louis XIV lui confia l'éducation de ses pelits-fiis , les ducs de Bourgogne , d'Anjou et de Berri , et en iGgj il fut nommé à l'archevêché de Cambrai. Il ne l'accepta qu'à condition qu'il donnerait seulement trois mois aux princes , et le reste de l'année à ses diocésains. Il remit en même temps son abbaye de Saint-Valery , et son petit prieuré , persuadé qu'il ne pouvait posséder aucun bénéfice avec son archevêché. La sainteté des anciens évoques, la sévérité de la primitive Eglise, la douceur de la plus indulgente vertu, l'empressement à remplir les devoirs les plus humbles du simple ministre, une infatigable bonté, une inépuisable charité, voilà sous quel traits Fénélon est dépeint par un éloquent et vertueux prélat. La Bruyèrel'a peint encoresous des traits recounaissables {)our tous les contemporains. « On sent, dit-il. la force et

» l'ascendant de ce rare esprit, soit qu'il prêche de génie !) et sans préparation , soit qu'il prononce un discours 3) étudié et oratoire, soit qu'il explique ses pensées dans » la converi<ation; toujours maître du cœur et de l'oreille » de ceux qui l'écoutent , il ne leur permet pas d'envier » ni tant d'élévation, ni tant de faculté, de délicatesse, o de politesse. » Il était le modèle de son clergé : son premier soin était d'instruire les clercs d'un séminaire qu'il avait fondé ; il ne dédaignait pas même de faire le catéchisme aux enfans de son diocèse. Comme les évèques des anciens jours, il montait souvent dans la chaire de son église , et, parlant sans préparation, il répandait tous les trésors de son facile génie. La conduite qu'il tint relativement à son livre des Maximes des Saints , que le Pape condamna, en «699. après neuf mois d'examen , offrit un modèle de foi et d'obéissance à l'autorilé ecclésiastique. Il fit un mandement contre son livre , et annonça lui-même en chaire sa condamnation. Aussi Innocent VIII écrivit-il à quelques prélats, relativement à l'acharnement de Bossuet et de ses partisans contre Fénélon : Peccavit excessuaniorisdivini^ sedvos feccavistis defectu^ainoris proximi. Ce fut quelque temps auparavant qu'il reçut l'ordre de quitter la cour et de se retirer dans son diocèse. La douceur de ses mœurs , répandue dans sa conversation comme dans ses écrits , le fit aimer et respecter ^ même des ennemis delà France. Le duc de Marlborough , dans la dernière guerre de Louis. XIV , prit soin qu'on épargnât ses terres. Fénélon fut toujours cher au duc de Bourgogne ; et lorsque ce prince vint en Flandre , dans le cours de la même guerre , il lui dit en le quittant :

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