‹ Dictionnaire biographique et bibliographique des prédicateurs et sermonnaires françaisChapitre 46 sur 78 · LEG · texte numérisé non relu

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éloge que celui qu'en a fait le Censeur, en disant avec «aivelé qu'il n'y a rien trouvé de contraire à la foi catholique , ni aux bonnes mœurs.

LEFEBVRE (N.), prévôt et théologal d'Arras, aumônier et prédicateur de la Reine, mort sur la fin du 17*. siècle, avait prêché avec succès dans les plus célèbres églises de Paris et de quelques provinces. Il prononça, en \Qv)i,i'éloge de Louis XIV . dans la paroisse royale de St.-Germain-en-Laye , en présence de leurs majestés britanniques. On a encore de lui des Panégyriques ou Sermons pour toutes les fêtes de la Sainte-Vierge; Paris, 1668 , in-8 ; un Octave du St. -Sacrement , avec divers sermons pour les principales fêtes de l'année , Paris , ï66g, in-8 ; et des Panégyriques et Serinons sur différons sujets, Paris, 1687, in-8. On peut mettre tous ces discours au nombre des sermonnairesqu'on ne Ht plus.

LEGRIS-DUVAL ( l'abbé N. ) , né à Landernau vers i^ffS , fut l'un des prédicateurs les plus distingués de la fin du dix-huitième siècle et du commencement du dix-neuvième. En 1793, lorsque le Roi fut condamné , l'abbé Duval courut à la Maison commune , supplia les officiers municipaux de lui permettre qu'il lui donnât les secours de la religion , et il offrit de se constituer prisonnier, aussitôt après , pour le reste de ses jours. Celte proposition excita des cris de rage dans l'assemblée , et Legris-Duval en eût , sans doute , été victime , si Camille Desmoulins ne l'eût alors reconnu pour avoir été son camarade de collège, et si , pour le sauver, il n'eût dit que depuis long - temps il avait la tête dé-

rangée par son excessive superstition. Lorsque cet abbé briguait ainsi le dangereux ministère de confesseur du Roi , il ignorait que Louis XYI avait fait choix de Tabbé de Firmont. Duval se chargea depuis de l'éducation de M. de Soslhènes de la Rochefoucauld , fils de M. le duc de Doudeauville. Depuis il a rempli , jusqu'à sa mort , les fonctions du ministère ecclésiastique , .'i Paris , sans être attaché à aucune paroisse ; il prêchait dans des assemblées de charité , et il était à la tête de beaucoup de bonnes œuvres. En mai 18145 il prononça rOraison funèbre de Louis XVI , et dans la même année il fut chargé de prononcer un discours aux Carmes, le 2 septembre, lors du service qui y fut célébré pour les victimes assassinées dans ce lieu même vingt-deux ans auparavant , ainsi qu'à Saint-Thomasd'Aquin, en faveur des départemens ravagés par la guerre, le 22 février i8i5, dans une assemblée de charité. Ce dernier discours a été imprimé en 59 pages in-8. L'auteur prêcha devant le Roi la station de l'Avent de 1816. Le genre d'éloquence de l'abbé Legris-Duval est une onction douce , qui prend sa source dans un grand esprit de piété , et dans l'élude et la méditation de l'Écriture-Sainte. Il lui arrivait quelquefois de ne point écrire ses discours et de parler sur un simple canevas et après une courte préparation , et même alors sou style offrait la même facilité et d'heureux mouvemens. Ses talens et ses vertus lui avaient concilié depuis long-temps l'estime générale. Le Roi l'avait lui-même désigné pour l'épiscopat en 1817; mais l'abbé Duval refusa cette dignité : il devait être nommé aumônier de S. A- R. Monsieur, et grand -vicaire de

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Paris, lorsqu'il mourut le 10 février 1819. Il fut enterré dans l'église des Carmes de la rue de Vaugirard, sous la chaire , où l'on voit son épilaphe. Le 12 , on célébra dans l'Eglise des Missions étrangères, rue du Bac , un service solennel pour le repos de son dme. L'abbé Gourdon , vicaire delà paroisse, prononça un discours où il fit connaître les vertus que l'abbé Duval cachait avec tant de soins aux yeux des hommes, et retraça les effets du zèle de cet homme apostolique pour toutes sortes de bonnes œuvres , et en particulier pour celle des Savoyards , dont il a procuré le rétablissement après vingt-cinq ans d'interruption. On attribue à l'abbé Legris un petit ouvrage , assez bien écrit, intitulé : Le Mentor chrétien , ou Catéchisme de Fénélon. Paris , "797 j reproduit sous le litre de Fondemens de la Morale 3 ou Fénélon et Théodore. L'auteur faisait espérer une suite, qui n'a pas paru.

LEJEUNE(Jean),ditleP. Aveugle, l'un de ces hommes apostoliques et extraordinaires que la providence suscite pour le salut des fidèles, naquit à Poligny eu Franche Comté , en iSga , d'un père, conseiller au parlement de Dôle. Il renonça à un canonicat d'Arbois , pour entrer dans la congrégation naissante de l'Oratoire , où il fut protégé d'une manière toute particulière par le cardinal de Bérulle. Le P. Lejeune , se consacra aux missions , et s'acquitta , pendant 60 ans , des devoirs qu'il s'était imposés, avec un zèle et une ardeur infatigables. Ses travaux apostoliques furent couronnés plus d'une fois par (les succès éclatans et des conversionssaDsnombre.il l'Crdil la vue en prêchant le carême à Rouen , à Tàge

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de 35 ans. Celle privation, siafTïigeanle, iraballil point son courage et la vivacité de son zèle ; il la supporta avec une résignation admirable. Il donna encore des preuves de son inébranlable fermeté, par le calme avec lequel il endura deux fois l'opération de la taille. François de la Fayette , évêque de Limoges, l'engagea en i65i, à se fixer dans son diocèse. Le P. Lejeune crut devoir se rendre àses pressantes sollicitations. Attentif atout ce qui pouvait contribuer à l'instruction de ses semblables, il établit dans plusieurs villes de ce diocèse des dames de la charité. On lui avait permis de dire la messe, quoiqu'il fût aveugle ; mais il ne voulut jamais user de cette permission , dans la crainte de commettre quelque irrévérence en célébrant les saints mystères. Il mourut à Limoges le 19 août 1672. On a de lui des sermons , en )o gros vol. in-8 , Toulouse , 1688 ; il en existe une autre édition, de i665. Ces Sermons furent traduits en latin et imprimés à Mayence sous ce titre : Johannis Junii Delicîœ pastorum , sive Conciones , in-4. Le P. Lami , de la même congrégation , en faisant l'éloge de son confrère , dit : « Le P. Lejeune était un autre Fran » cois de Sales ; il prêchait autant par ses vertus que » par ses paroles; cependant il ne faut point chercher » dans ses sermons , ni les richesses du langage , ni la » pureté dans le choix des expressions , ni le sublime j) des pensées, ni la noblesse des comparaisons; mais » on y trouve un riche fonds de sentimens etd'instruc- » lions. » Les Sermons des missions , en plusieurs volumes in- 12 , ont été travaillés sur ceux du P. Lejeune; aussi les appelle-t-on communément les sermons corrigés du P. Lejeune. On doit encore à cet oratorien une

traduction du traité de ia vérité de ia religion , 1 vol. iu-12, imprimé en Hollande

lENFANT (Alexandre-Charles-Anne), né à Lyon le 6 septembre 1726, d'une famille noble, originaire du Maine , entra chez les jésuites de celte ville , où il fit ses premières études ; il y développa d'heureuses dispositions pour les sciences et la piété. En 1741 > îl fut ac^is au noviciat d'Avignon , et peu après envoyé à Marseille pour y professer la rhétorique. Il ne tarda pas à débuter dans la carrière de la prédication , où il obtint tant de succès, que ses supérieurs résolurent de l'y fixer exclusivement. Les principales villes de France l'entendirent avec la plus grande satisfaction. La suppression de sa société, consommée en 1773, lança dans une nouvelle sphère le P. Lenfant : il continua dans le monde le cours de ses bonnes œuvres et les fonctions de son apostolat. Il prêcha plusieurs stations à Lunéville, à Vienne et à Versailles ; il fut prédicateur de Stanislas, roi de Pologne, et ensuite de l'empereur Joseph II, qui conserva pour lui la plus grande estime. Ceux qui ont entendu ce prédicateur conviennent qu'il électrisait son auditoire , non parla pompe du débit, mais par l'harmonie de sa voix , par son air de conviction et par la force de sa composition. On prétend que Diderot et d'Alembert le suivirent pendant un Carême entier à Saint- Sulpice , et qu'après un Sermon sur ia Foi , le premier dit à l'autre : « Quand on a entendu un discours » semblable, il devient difficile de rester incrédule. » En 179Ï , le P. Lenfant prêchait le Carême à la cour ; mais il fut obligé d'interrompre la station par suite de

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son refus du serment à la constiliitiou civile du clergé. Le 3o août 179a, il fut conduit à la prison de l'Abbaye, où il fui massacré le 3 septembre , à l'âge de soixantedix ans. M. de Saint-Méard a décrit cette scène affreuse dans l'opuscule qu'il a intitulé : Mon Agonie de trentehuit heures- On a du P. Lenfant: l. Oraison funèhre du Dauphin, père du Roi Louis XVIII, prononcée à Nanci, en 1 766. II Serinons pour VA vent et pour le Carême,Varis , i8i8j 8 vol. in-12. m. Oraison funèbre de M. deBeizunce, évêque de Marseille, prononcée en latin let imprimée avec une traduction française, 1756, in-8. Les sermons de ce jésuite paraissent n'avoir pas obtenu , après l'impression , le succès que semblait annoncer la réputation de l'auteur.

LEON ( le père François ) , provincial des religieux Carmes réformés de la province de Touraine , exerça avec quelque succès, dans le dix-septième siècle, le ministère de la chaire pendant 55 ans. Il avait prêché TAvent devant Louis XIV , en i652 , et le Carême en i653. Nous avons de lui : I. La Couronne des Saints , composée des divers Sermons , Panégyriques , prêches dans les églises de Paris ; Paris , 1640 , in-8. II. L'A vent catholique t ou Sermons prêches pendant l'avent , i vol. in-12. III. L'Année royale , on Sermons prêches devant leurs majestés très-chrétiennes , avec un Traité de l'éloquence de la chaire , servant de préface ; Paris, i655 , 1 vol. in-8. Le père Léon a encore publié la Somme des sermons parénctiques et panégyriques ; Paris , 1671 , in-fol. Tous ces discours se ressentent de la méthode ancienne de prê-

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