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cher, dont nous avons dénionlré les\ices dans le discours préliminaire de cet ouvrage.
LÉONS ( le Père ) , religieux de l'ordre de Saint-Dominique, qui vivait à la fin du dix-septième siècle et au commencement du dix-huitième, après avoir exercé pendant quelques années le ministère de la prédication, publia des Discours évangéliques sur différentes vérités de (a religion, Paris, a vol. in-12. Le premier volume contient sept Sermons, et le second six Discours sur diverses matières , qu'il serait superflu de détailler ici, attendu qu'ils ne peuvent être aujourd'hui d'aucune utilité pour les ecclésiastiques qui cherchent des modèles propres à les former à l'éloquence de la chaire.
LINGENDES ( Claude de) , né à Moulins en iSgi , entra dans la Société de Jésus en 1607 > f"* recteur du collège de cette ville , devint provincial et ensuite supérieur de la Rlaison professe de Paris. Ce jésuite se distingua par son talent pour la chaire , d'oui il contribua beaucoup à bannir le mauvais goût , les pointes et les trivialités. Ses Sermons ont été publiés en 1666, 5 vol. in-i^ et in-8. Il les composait, dit-on, en latin , quoiqu'il les prononçât en français ; et l'on croit que ceux qui ont paru en français, sous son nom , en 2 vol. in-8 , n'en sont qu'une imitation imparfaite. L'applaudissement avec lequel il avait rempli le ministère de la chaire, fit accueillir avec empressemen ce recueil de Sermons. Les vérités évangéliques y son exposées avec beaucoup d'éloquence. Le raisonnemeo et le pathétique s'y succèdent tour-à-tour. L'extérieur
du père Lingendes répondait à ses autres talens : un visage agréable , un air de modestie et de gravité , inspiraient le respect à ses auditeurs; sa voix , sans être éclatante, avait du corps, de l'étendue, de la fermeté , et son ton avait je ne sais quoi d'insinuant , qui allait à l'âme. C'est le témoignage que lui rend le père Rapin. Le Père Lingendes pensait comme un ancien , qui croyait qu'un discours était fait , lorsqu'il n'y avait plus que les paroles à trouver ; mais, pour rencontrer ces termes , il faut une imagination vive et prompte ; et quels orateurs modernes pourraient se flatter d'avoir cette heureuse disposition d'esprit ? On a traduit quelques-uns de ses Sermons en français , sur l'original latin , en profitant néanmoins des manuscrits de plusieurs copistes, qui avaient écrit ses discours tandis qu'il les prêchait , et on en trouve plusieurs dans la collection intitulée: Les Orateurs chrétiens. Ses autres ouvrages sont: I. Conseils pour ia conduite de la vie. II, Votivum tnonumentum ah urhe Molinensi Dctphino oblatum , in - 4- Le Père Lingendes mourut dans la Maison professe des Jésuites , à Paris, le 16 avril 1660.
LIN(j1îNDES ( Jean de ), cousin du précédent, né en i505, à Moulins, fut choisi, en i6ig, pour précepteur du comte de Moret, fils naturel de Henri IV. Il perdit cette place par quelques intrigues ; mais il y fut rétabli. Il s'acquit beaucoup de réputation par son talent pour la chaire, et devint aumônier de Louis XIII, qui le nomma, en 1642, àl'évêché de Sarlat : il fut transféré, en i65o, à Maçon, et s'appliqua au gouvenjerncnl de son diocèse , avec
beaucoup de zèle , publia des Statuts Synodauji , <;t fit différentes tundations pieuses. Il fut député, en i6j5 , à l'assenriblée générale du clergé , et mourut à Maçon, Je 2 mai itj65. Ce prélat avait prononcé, en i645, V Oraison funèbre de Louis XIII , à Paris ,' et eu 1627 , celle de Victor Amédée , duc de Savoie. Ces deux discours ont été imprimés.
LION ( Claude ) , prêtre de l'Oratoire, prédicateur du dix-septième siècle , a publié des Panégyriques des Saints, en 2 vol. in-8 , Lyon , 1704. On a encore de lui : Nouveaux panégyriques des Saints , avec des Sermons pour des vêtures et professions religieuses .; Lyon , 1706, I vol. in-8. Le style de tous ces discours est négligé et manque de cette justesse de langage que l'on remarque dans les panégyriques de notre siècle.
LORIOT (Julien), prêtre de l'Oratoire, né à Laval en iG53, entra dans cette congrégation en 1654. Après s'être consacré pendant quarante ans à faire des missions dans les campagnes, il vint se fi.\er à Paris dans la maison de saint Honoré, où il s'occupa a publier les sermons qu'il avait prêches dans ses courses évangéliques. 11 mourut dans cette maison le 19 février 1715. On a de lui: I. Sermons pour l'octave du Saint^Sacre^ ment, Paris , 1700, in-12. U. fermons sur les mystères rfeiV.-iS"., Paris 1700, 2 vol. in-12. III. Sermons sur les iny stères de iaFierge, 1700 ; IV. Sermons des fêtes des saints, Paris, 1700, 3 vol. in-12 ; V. Sermons pour tous ies dimanches de Vannée. Paris, 1701, 2 tome en 3 vol. in-i 2 ; VI. Sermons sur ies épHres des dimanches, 1715,
a vol. in-i2. Tous ces sermons se distinguent pai'l'exactilude de la morale , la solidité des preuves et la simplicité du style. Vil. Sermons sur (es plus importantes matières de la morale chrétienne, à l'usage des Missions; 1695, 7 vol. in- 12. Ce sont les sermons du père Jjejeune qu'il avait prit; pour son modèle dans les missions, mis en meilleur français. Il s'en est fait un grand nombre d'éditions. On doit encore au P. Loriot, Traduction des psaumes selonia Vuigale, avec de pieuses réflexions ( publiée par le P. Quesnel ) , î'aris, Osmont , 1700, 5 vol. in-12, et quelques autres ouvrages, qu'on uc lit plus.
MABOUL (Jacques ), né à Paris d'une famille distinguée dans la robe, embrassa l'état ecclésiastique et honora sa vocation par sa conduite et son talent pour la prédication, qu'il déploya avec le plus grand af)pJaudissement dans la capitale et en province. Il brillait surtout dans l'oraison funèbre. S'il est demeuré au-dessous de Bossuet , qu'il n'est guère possible d'égaler dans le sublime, son style ne manque pas de douceur; il est assez égal et châtié. Son éloquence est touchante et persuasive. On admire dans ses discours la noblesse des sentimens, la profondeur des censées, la précision et la justesse de l'expression, la majesté des figures. II fut long-temps grand-vicaire de Poitiers, devint évêque d'Aleth en 1708, et mourut dans cette ville, le 21 mai 1723. On a de lui plusieurs Oraisons funèbres ; celles, du chancelier Michel Lctcili^r , prononcée en i(>8o;
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de Marie Françoise de Lezay de Lusùinan, première prieure perpétuelle des religieuses de Notre-Dame de Saint-Sauveur de Puyéerland en Poitou, prononcée dans l'Eglise de Puyberland, en 1708; de lu princesse Louise Hollandine , Palatine de Bavière , athesse de Mauhuisson, prononcée en 1 709 ; du duc et de la duchesse de Bourgogne; du grand Dauphin, fils de Louis XIV , prononcée à Saint-Denis en France, le 28 novembre i7i3; de Charles Legoux de la Berclière, archevêque de Narùonne, prononcée à Montpellier le 23 janvier 1720. Toutes ces oraisons funèbres, d'abord imprimées à part in-4, ont été recueillies en 1 vol. in-12, sous le titre de Recueil des oraisons funèbres prononcées par M. Maéoul, ancien évêqued'Jieth; Varis f 1748. Pour donner une idée de l'éloquence de cet orateur chrétien, nous rapporterons ici un passage tiré de l'oraison funèbre de M. le Dauphin, dans lequel il relève la piété du prince, en démontrant qu'elle est bien plus méritoire que celle des particuliers, par les pièges dont les princes sont environnés au milieu d'une cour brillante et magnifique, 'i La piété de M. le Dauphin » dit l'orateur, fut d'autant plus admirable, qu'elle ne » fut jamais obscurcie par les nuages passagers que ré- » pand sur les plus belles vies la faiblesse des passions. » Lorsque je me représente cette terre de corruption » où la Providence fait naître les princes, et que le de- » voir de leur condition y relient ; lorsque j'y aperçois » des plaisirs s'offrir en foule à leurs désirs, et souvent » même les prévenir ; des courtisans flatteurs toujoiu-s » prêts à encenser leurs vices et à servir leurs pas- V sions; d'artificieuses Dalilasc disputera l'envi la fausse
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» gloire de leur plaire, leur préparer sous l'appât troiii- » peur des charmes les plus séduisans, un piège à leur » vertu ; je ne suis pas surpris de voir Samson, sans che- » veux et sans force, devenir le jouet des mêmes Phi- » lislins dont il avait été la terreur; David, le plus saint » des rois, se préparer, par une honteuse chute, le sujet » d'un long repentir; et la. sagesse même en la per- » sonne de Salomon, se prostituer aux idoles. Vous » aviez réservé , Seigneur , à la gloire de notre siècle » d'y faire naître un prince qui, plus fort qne Samson , » plus fidèle qne David, plus sage que Salomon , fît » connaître à l'univers qu'une solide piété se fortifie » dans les périls, et que la grandeur des obstacles ne sert » qu'à lui donner plus d'éclat et à lui acquérir plus de » mérite. » Ce prélat excellait dans les portraits ; on cite commeun modèle celui de madame la Dauphine , dans l'oraison funèbre commune à cette princesse et au Dauphin son époux. On doit encore à l'évéque d'Aleth deux Mémoires relatifs aux querelles du jansénisme , qui troublaient l'Eglise, l'un adressé au duc d'Orléans, régent, et l'autre aux évêques de France.
MAIMBOURG ( Louis ) , né à Hanci eu- 1620 , d'une famille noble , fut admis dans la société des jésuites à l'âge de seize ans , et envoyé à Rome pour y faire son cours de théologie. De retour en France , il enseigna quelque temps les humanités au collège de Rouen , et se distingua ensuite par ses prédications, qui furent long-temps célèbres par les saillies burlesques dont il Us assaisoiuiail. Lorsqii'on reprocha à Molière d'avoir o>é composer une pièce aussi nioraîo que le Tartufe :