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ment de voir achever l'impression de ses sermons : comme il n'avait consenti qu'avec peine à les rendre publics, la pensée qu'ils ne le seraient peut-être pas de ^•on vivant, ne lui coûta aucun regret : la religion l'avait détaché de tout ce qui intéresse l'amour-propre ; pénétré des grands sentimens qu'elle inspire, il en donna les preuves les plus éclatantes aux approches de la mort. Après avoir fourni une longue et laborieuse carrière , il la termina avec joie à Bruxelles , en 17(57. Si l'on rencontre dans ses sermons quelques négligences et quelques incorrections de style , ces taches légèresi sont rachetées par des raisonnemens pleins de force et de solidité , un pathétique rempli d'onction et des images non moins vives que touchantes.
PERUSSEAU ( Silvain). jésuite , mort en i753, s'acquit une grande réputation par ses discours; il avait lin talent propreà manier heureusement l.s plusgrands ;>ujets. ïl prêcha le Carême devant le Rqi en 1731 , dont il devint le confesseur, ainsi que du Dauphin. On a (le lui : I. VOralson ftmtbre du duc de Lorraine. 11. Pani'gyriqiie de, Saint-Louis Pour juger de l'éloqr.rncii de cet orateur, nous citerons le passage suivant de ce Panégyrique , oij , après avoir exposé les regrets de ce saint , de ce qu'il ne meurt pas martyr de Jésus- Christ , il s'exprime ainsi : « Ah ! consolez-vous , grand » priiice , la charité a ses martyrs aussi bien que la u fui. L'apôîre Saint-Paul l'a dit avant nous. Si la vic- ? tiiue n'est pas immolée par le glaive , elle sera con- % s.uîuée par le feu ; rien ne iiianquera à l'holocauste ,, * et l'umour achèvera ce que l'amour a commencé.
» Venea donc, chrétiens ses sujets, apprendre à hieii ■ vivre , pour apprendre à bien mourir. Contemplci » avec respect cetle grande viclime consumée par Tar- B dcur de la charité , languissante sous le poids de la » douleur, mais plus forte que jamais; abbatue, mais » toujours invincible. Voyez quelle douceur sur ce » visage mourant ! Quel noble feu dans ses yeux ! » Quelle onction dans ses paroles ! Quelle sérénité sur » son front! Quels traits de grandeur et de majesté! • Quelle source de larmes ! Quels élancemens de cœur » vers la sainte Jérusalem! Quels tendres regards sur » Jésus crucifié ! Si grand pendant la vie, ne vous » paraît-il pas encore plus grand à la mort ? Ses der- » niers soupirs ne sont-ils pas les soupirs d'un héros? » Et à cette vue ne direz-vous pas avec moi: Ailleurs, » la mort est la dégradation des grands ; ici, la mort j» est !e triomphe des saints. » III. Sermons choisis , •2 vol. in- 12 , 1758. Cet orateur n'a ni la force de raisonnement de Bourdaloue , ni les grâces et le ton intéressant de Massillon ; mais il montre un esprit net, facile , solide , pénétrant , un cœur sensible , une imagination vive , de l'ordre et de la justesse dans les idées, une élocution aisée, noble, variée, qui n'est pas cependant toujours correcte.
PJiSSE ( Nicolas la ), jésuite de la province de Lyon, lut un des prédicateurs distingués des dix-septième et dix-!iuilième siècles. Les .Seï'mons qu'il a prononcés ont été imprimés en 6 vol. in-ia, Lyon, 1708. Ils sont au nombre de soixante-douze, dont plusieurs sur des sujets que les prédicateurs traitent rarement , tels que
là Modestie extérieure; le Véritable honnête homme ; VEspérance d'une tardive sagesse ; la Fausse innoctnce , etc. Les autres traitent des vérités de la religion , des vices et des vertus chrétiennes. Le P. la Pesse avoue , dans sa Préface , que toutes ces matières ont déjà été traitées par tant de prédicateurs , qu'on n'y peut presque plus attendre de différence que dans le style qui sert à les développer, et dans le tour qu'on leur donne. « Les prédicateurs , ajoute-t-il , n'ont pas » d'ordinaire les ménaes pensées , et par la diversité de • leurs sentimens la vérité peut faire diverses impres- » sions ; elle réveille , elle plaît , elle pénètre selon le » jour où on la met. » Ce qui fait le mérite des sermons de ce prédicateur , ce n'est point tant la nouveauté des matières que celle de la manière dont il les a employées. On y trouve de belles pensées et delà justesse d'esprit. Peut-on avoir, par exemple , une division plus juste, et en même- temps pins ingénieuse, que celle de son sermon sur le luxe, où il établit que la vanité , l'injustice et la volupté ont une liaison naturelle avec ce vice; que la vanité le produit toujours, que l'injustice le nourrit souvent , et que la volupté le suit quelquefois.
PETIT ( Antoine) , sieur de la Garenne, né à Caen, le 4 ni^i 1G16 , fat pourvu , à l'âge de. seize ans , d'une prébende dans l'église collégiale du Saint-Sépulcre de la même ville. Mais bientôt il résigna celle prébende à un autre ecclésiastique , son ami , pour se livrer tout entier au ministère de la prédication. Ses liaisons avec quelques personnes dont les opinions étaient un peu hardies, ayaiit indisposé son évêque , ce dernier lui
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Md toute tliieclion el l'exercice de la prédication. Il ee retira chez les PèrcB de l'Oratoire , de Paris , où il mourut le lo novembre 1676. Il paraît qu'il n'a publié ni fait imprimer aucun de ses sermons. On a de lui le Catéchisme de ia dcvotio7i, imprimé à Lyon, après .sa mort , en 16S0, sous le nom d'un autre. Il a aussi composé un Traité sur tes Juhités eties Indulgences., imprimé à Caen en 1662, et laissé plusieurs ouvrages manuscrits, parmi lesquels on présume qu'il peut y avoir quelques sermons.
PEZENNE ( rabl)é ) , mort en 1692 , à l'âge de vingtneuf ans , n'étant encore que diacre, ne put exercer longtemps le ministère de la prédication. Il avait paru dans différentes chaires de Paiis avec le plus grand succès, et avait prononcé en itigo le Panégyrique de Saint-Louis devant MM. de l'Acadéniie française. Un de SCS amis a recueilli ses Sermons , qu'il a donnés au public, nonobstant la défense de l'auteur, qui voulait (|u'on les brûlât dès qu'il serait mort; Paris, iGgS , 1 vol. in-12. On y trouve cinq Panégyriques , avec cinq Discours sur différens sujets. Ce prédicateur, dans le Panégyrique de Saint-Charles, fait remarquer dans ce saint un esprit d'oraison qui l'a uni à Dieu , un esprit de sacrifice qui l'a consacré au service de son prochain. Dans le Sermon sur la foi , il distingue deux qualités nécessaires à celle vertu , la solidité et l'action. » La » foi, dit-il, doit nous ôter toutes sortes de doutes, et » nous faire agir en toutes sortes d'occasions ; elle doit » être incbranLbIe dans l'esprit, voilà sa solidilé; elle ? duU être agis.ir.anle dans le cœur, voilà son action. »
PLANCHETTE (Bernard), bénédictin de Saint- Maur, après avoir exercé quelques années le minislère de la chaire, mourut en 1680. On a de lui des Pani'gyriques des Saints; Paris , 1676 , in-8, qui ne méritent en aucune manière d'être recherchés.
PLANCHOT (Guillaume), prédicateur, né à Tarascon, en Provence, le 9 avril 1737 , fut à peine ordonné prêtre , qu'il publia quelques sermons dans sa patrie, qui enlevèrent tous les suffrages ; ce qui Le détermina, d'après les instances de ses amis, à se rendre dans la capitale, où il pourrait tenir un rang distingué. En effet , quelque temps après son arrivée , il fut nommé vicaire de la paroisse de Saint- Roch, et prononça, en présence des Académies des Sciences et des Belles-lettres , réunies , le Panégyrique de Saint- Louis. Ce discours, qui fut imprimé, fit une telle sensation parmi les grands et les savans , que l'abbé Planchot fut chargé de prononcer celui de la Cène devant le Roi , et celui du Saint-Esprit devant les chevaliers de cet ordre. Rlalheureusement il n'eut pas le temps de satisfaire à ses promesses ; une mort prématurée vint cniover, à la fleur de son âge et au commencement de sa brillante carrière , celui qui aurait, à-coupsûi-, illustré son pays et rappelé les beaux jours de Bourdaloue et de Massilîon.
POISSON ( Pierre ) , coidelier ,. ensuite défuiiteur général de tout l'ordre de Saint-François, puis provincial , et premier Père de la grande province de France , né à Saint-Lô , en Normandie , se distingua