‹ Dictionnaire biographique et bibliographique des prédicateurs et sermonnaires françaisChapitre 63 sur 78 · PON · texte numérisé non relu

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par ses talens pour la prédication ; il se faisait admirer sur-tout par sa profonde connaissance de l'Ecriture et l'éclat imposant de son éloquence. Il prêcha l'Avant à la cour, en 1710. On a de lui deux Oraisons funèbres ^ celle de Monseigneur Louis, Dauphin, prononcée dans î'église des Cordeliers de Paris, le 18 août 1711, Paris, in-4 ; et celle de M. le duc de Boufflers , maréchal de France, prononcée dans la même église en 1712, Paris, in-4; toutes deux sont remplies de traits frappans. Le P. Poisson a fait encore imprimer le Panégyrique de Saint-François d'Assise, qu'il avait prononcé , en 1762 , dans la même église des Cordeliers ; Paris, 1735, in-4. Ce discours est composé dans le goût des vieux sermonnaires. Les auteurs profanes, les Pères deTEgUse, les écrivains ecclésiastiques, les poètes, les orateurs, les philosophes y sont cités tour-à-tour. Ce cordelier, qui , aux talens de la chaire alliait une connaissance peu commune du droit canon , joua pendant quelque temps un rôle dans son ordre ; mais son despotisme et l'irrégularité de ses mœurs lui firent j)erdre son autorité , il fut obligé de quitter Paris, et mourut en exil à ïanley, en 1744-

I. PONCEÏ DE LA RIVIÈRE ( Wathias) , né à Paris en 1707, d'une famille distinguée, montra de bonne heure beaucoup d'esprit et de talent. Il se consacra à la chaire, et réussit sur-tout dans l'Oraison funèbre. Il prêcha le Carême devant le Roi en 1734, et fut sacré évêque de Troyes en 1 742 ; mais le zèle avec lequel il poursuivit les jansénistes, dans le temps des disputes SU sujet des billets de confession, zèle que sa vie

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mondaine rendait ridicule , le fit exiler dans une abl)aye d'Alsace, et l'obligea enfin , en ijSS, à se démettre de son évêché. On lui donna en dédommagement une abbaye considérable, et il mena alors une vie plus tranquille. Il mourut à l'abbaye de St. -Marcel le 5 août 1780. C'était un homme d'une imaginalion vive, d'un caractère aimable, et qui ne fut entraîné dans les querelles ecclésiastiques (jue par rambition oiv les liaisons qu'il avait avec le< adversaires du jansénisme. On a imprimé le recueil de ses Oraisons fu" nèbres , 1760, in-ia. Celle de Madame Henriette j prononcée en 1^52, dans l'église de l'abbaye de Saint- Denis , eut la gloire de faire couler des larmes augustes. On en vit répandre dans tout l'auditoire, lorsque l'orateur dit : <i La perte que nous pleurons n'ôte rien à Madame » de sa stabilité ; mais elle fait un vide dans ses agré- » mens. Rempli par les qualités augustes des princesses » qui nous restent , ce vide ne sera point sensible à nos » yeux ; mais il le sera toujours aux leurs , et leurs

> regrets ne justifient que trop les nôtres. Ab! qu'il » vous en coûte au moment que je parle, princesse

> afïligée ( Madame Adélaïde) , à qui la douleur du » Roi , celle de la Reine et la vôtre ne permettent pa* » d'honorer de votre présence cette triste et lugubre » cérémonie! qu'il vous en coûte pour adoucir l'amer- » tume d'un sacrifice, dont le scnliment est tout eniier u dans votre cœur ! Quel état, Messieurs, que d'avoir à » consoler, (piand ou est soi-même inconsolable ! Et » vous, prince vertueux ( Monseigneur le Dauphin) , » vos yeux baignés de larmes la recherchent encore ». » cette sœur si justement chérie. Vous étiez unis l'un à.

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• Tautre par des nœuds que la religion n^avait pas moins r> formés que la nature. Vous vous rappellerez toujours » ces entretiens délicieux , où l'esprit et le cœur trou- » vaient également ce qui instruit et ce qui plaît ; où » les heures s'écoulaient avec la rapidité des momens , » et les momens acquéraient la valeur des heures en- » tières; où rien ne se perdait, parce que tout étaitutile, » rien n'était matière de repentir, parce que tout avait » la vertu pour objet. » Cette pièce est remplie de traits fins et ingénieux, les règles de l'art y sont parfaitement observées, et il y a plusieurs beautés de détail où le sentiment s'accorde avec la noblesse du style, et le vrai des idées avec le touchant de l'expression. En général , les Oraisons funèbres de ce prélat sont estimées , et le seraient davantage , si l'auteur avait moins recherché les antithèses, les expressions brillantes, les métaphores et les trails d'esprit.

II. PONCETDELARIVIÈRE( Michel), évoque d'Angers, mort en lySo, fut du nombre des célèbres prédicateurs du commencement du dix-huitième siècle. Il avait prêché lAvent devant le Roi , en 1707, et le Carême en 1715. II y a quelques-uns de ses Sermons parmi ceux qui ont été imprimés à Trévoux en 1704 et années suivantes , sous le nom de Sermons du P. Massillon. Il les avait revendiqués comme lui appartenant ; et, en effet , on ne les a point trouvés dans les manuscrits de Massillon. On a encore de lui deux Oraisons funèbres , celle du cardinal de Bonzi , archevêque de Narbonnc, Montpellier, 1704 » in-4j et celle de Monseigneur Louis DaMpfein, prononcée en l'église de l'abbaye de Saint-

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Denis, en 1711 , Paris, in -4. On admire de beaux traits d'éloquence dans cette dernière pièce, et sur-tout le passage suivant, où l'orateur, pour désigner deux hommes célèbres sans les nommer (MM. de Montausier et Bossuet , l'un gouverneur et l'autre précepteur de Mgr. le Dauphin) , se sert de cette rélicence : « Son au- ■ guste père , dit-il , confia à deux rares génies le soin » de son éducation. Prononcer le nom de ces deux > grands hommes, ce serait faire injure à leur mé- » moire ; vous les reconnaîtrez aisément à la lueur de » leurs vertus. Une éloquence grave et solide, un savoir » profond et lumineux , un zèle ardeni et infatigable , » un esprit juste, poli, subliiae, étaient le partage de » l'un : une grandeur d'âme éprouvée , une droiture » inébranlable , un amour sincère pour la vérité , une » haine implacable pour la flatterie , faisaient le carac- » tère de l'autre. »

POULLE ( Nicolas - Louis ) , prédicateur du Roi et abbé commendataire de Nogent , était né avec une imagination heureuse. 11 cultiva de bonne heure la poésie et l'éloquence ; mais ce -dernier genre lui réussit beaucoup mieux que le premier. Il prêcha l'Avent devant le Roi en i^So, et Sa Majesté l'avait nommé pour le Carême de 1^55 ; mais la faiblesse de sa santé l'obligea d'abandonner le pénible exercice de la chaire. Peu de gène savent qu'il remporta le prix de poésie à Toulouse, en 1732 et 1733 ; et tout le monde a lu avec plaisir ses sermons. Une éloquence vive, noble et rapide, des images grandes et brillantes , voilà les beautés des sermons de l'abbé Poulie. Ils n'étaient pas exempt»

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