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de défauts ; mais ces défauts df^paraissaient dans la chaire , parce que l'abbé Poulie avait toutes les grâces extérieures. Aussi des critiques d'un goût sévère disaient qu'il était le seul véritable orateur qu'on eût vu depuis Massillon. Toutefois , naturellement peu laborieux , il ne fit pas tout ce qu'il pouvait faire. Toutes ses lectures se réduisaient aux livres saints et à un petit nombre de poètes et d'orateurs. Il n'en a pas été moins éloquent, parce qu'on l'est par son âme et son imagi-* nation, et non par ses connaissances ; mais lorsqu'il cesse d'être éloquent , il ne se soutient pas par d'autres mérites. En général , il cherchait plutôt dans ses plans un cadre à tous les beaux morceaux vers lesquels son enthousiasme l'entraînait j qu'un développement complet et précis de ses sujets. Aussi , de douze discours qu'il a laissés , il y en a un tiers qui ne peuvent rien fuire pour sa réputation. Ce qu'il y a de singulier, c'est qu'avant la première édition de ses sermons , en 1778 j il ne les avait jamais écrits, et qu'il les avait gardés fidèlement pendant quarante ans dans sa mémoire. Pendant sa vieillesse, les instances de ses amis le déterminèrent à les dicter à son neveu , qui les publia ensuite. On doit distinguer sur-tout , parmi ces discours , celui sur le Ciel , V Exhortation sur l'aumône , et celui qxi'il fit en faveur des Enfans-Trouvés. Il composa aussi un discours pour la vêture de madame de Rupelmonde, mais qu'il n'a point prononcé , se trouvant incommodé le jour de la cérémonie. L'orateur s'y montre tout - à - fait dégagé de respect humain ; il y parle des vices et des défauts des grands du monde avec cette sainte liberté que donne le minis>
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1ère évangélique. Voici le portrait qu'il y f^iit de la cour : « Au seul mot de la cour, chrétiens auditeurs ,
* se réveillent dans votre esprit les idées les plus ilat» » leuses. Vous vous la représentez sous l'image du temple ■ de la Volnplé , de l'Orgueil et de la Mollesse. Ces traits
• généraux peignent mieux le monde que la cour. Ou «n'y va pas chercher les plaisirs, hélas! on aurait » plutôt à se défendre de l'ennui. On n'y va pas cher- » cher les distinctions; la splendeur primilive du Irône » y éteiiit tout éclat qui n'est qu'emprunté : la majesté » du maître y attire seule les regards et les hommages; » les dieux du siècle y sont confondus avec la foule » servile qui partout ailleurs les encense; ils déposent » en y entrant leur grandeur et leur fierté , et ils ne les » reprennent que lorsqu'ils en sortent. Se flalterait-on » d'y trouver les douceurs et les aises de la vie ? Les ha- » bilans de ce séjour s'estiment trop heureux d'y camper » sous des tentes: ils ne connaissent ni le sommeil, ni I» la tranquillité; toujours contraints) toujours distraits, » toujours hors d'eux-mêmes, entraînés par un tour- » billon rapide, ils s'agiîent sans dessein, sans plaisir, et » les amusemens du prince sont les fatigues des cour- » tisans. Sans l'ambition et sans l'intérêt , les cours des a rois ne seraient pas si fréquentées ; comme ces pas- » sions y sont excitées par la grandeur des récompenses, » et gênées en même temps par la présence du souve- » raiii et parla pénétration des concurrens, elles n'en » sont que plus vives et rtiieux déguisées : ainsi ce qui » caractérise les vrais courtisans ; ce qui , dans la même y> nation , en fait une natioi» séparée du reste des su- » jels , et différente de moeurs et de lang^igc , 'c'est la