‹ Dictionnaire biographique et bibliographique des prédicateurs et sermonnaires françaisChapitre 9 sur 78 · B ÀL · texte numérisé non relu

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à uutdc la paix dans les familles , en accommodant le» dif!cTciKl.s, à venir au secours de l'hi\manilé par la fondation de plusieurs hùpilaux , jusiifiant ainsi , par sa conduite et ses actions , la doctrine qu'il avait enseignée avec tant de succès. Il mourait le 18 août 1707. On trouve plusieurs Dissertations de sa composition dans les Mémoires de l'académie des inscriptions.

AUGUSTIN DE NARBONNE ( le P. ) , capucin , fut un des grands prédicateurs de son ordre , dans le dixseptième siècle. On lui doit les Panégyriques des Saints de l'ordre de saint François , qu'il avait prêches dans plusieurs églises du royaume ; 1698, in- 12 ; ainsi que des Sermons pour l'octave du saint-Sacrement , le carême et les dominicales. Tous ces Panégyriques et ces Sermons ne sont plus guère consultés aujourd'hui.

AUTUN (Jacques d'). Foy. Chevanes (Jacques de).

BALLET (N.), ancien citré de Gif, prédicateur de lareine, s'acquit quelque réputation dansledix-huitième siècle, parseà Panégyriques, ses Sermons et ses Prônes, prêches dans différentes églises de Paris et à Versailles, ils furent imprimés à Paris en 1 746 et années suivantes , en 4 vol. in-i2. On trouve encore, du mêmeautenr, le Panégyrique de saint Remy , prononcé en «755 , à Paris. Dans tous ces discours, l'auteur se montre quelquefois éloquent; mais en général son style n'est pas assez varié , il est même un peu négligé et entaché de fréquentes répétitions. Ballet a encore publié 5 vol.

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in- la , bur I;3s coinmandemens de Dieu , où il y a ciuquante-deux prônes , pour les dimanches de l'année , Paris, 1746 , qui sont encore recherchés par les ecclésiasliques qui se destinent au ministère de la prédicatiof .

BALUSE (Hyacinthe), de l'ordre de saint Dominique, qui vivait dans le dix-septième siècle, a publié des Sermons en forme d'homélies , qu'il avait proches dans différentes cathédrales; Bordeaux, 1703 , a vol. in-8. Ces Sermons sont farcis de passages de l'Ecriture sainte et des saints Pères, avec une telle profusion, que l'auteur s'y laisse à peine apercevoir. C'est le cas de dire que les accessoires absorbent le fond du sujet.

BEAUJEt) (Honoré Quiqucran de ). Foi/. Quiqi'eran (Honoré).

BEAU REGARD (N.), Jésuite et fameux prédicateur, né à Pont-à-Mousson en ijSi , s'acquit une grande réputation dans les provinces et la capitale , par son éloquence impétueuse et improvisée , mais peu soignée et fort inégale; par son ton apostolique, mais quelquefois déclamatoire ; par des traits de génie, mais que déparent souvent des trivialités choquantes. Il tenait le milieu entre le missionnaire et l'orateur. Tout en lui excitait l'attention, en même temps que l'idée qu'on avaitde sa vertu commandait le respect. 11 ne prêchait jamais son sermon sur ies mauvais livres , qu'il ne vît ensuite plusieurs dû ses auditeurs venir à .ses pieds en déposer (juelques-uns. II prêcha, en 1789 , le carême à la cour Ce prédicateur y fil la plus grande sensation par celte liberté v. aiment courageuse , avec laquelle il aunoriça ,.

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comme un nouveau Jérémie, les malheurs qui menaçaient alors la France, Treize ans avant la révolution , on recueillit avec un intérêt mêlé d'effroi , ces paroles prophétiques , dont il fit retentir les voûtes de Notre- Dame de Paris, dans un moment d'inspiration : « Oui , » vos temples , Seigneur , seront dépouillés et détruits , » vos fêtes abolies , votre nom blasphémé , votre culte » proscrit. Mais , qu'entends-je ? grand Dieu ! Que » vois-je?.... Aux saints cantiques qui faisaient retentir » les voûtes sacrées en votre honneur , succèdent des » chants lubriques et profanes ! Et tci , divinité infâme » du paganisme , iaipvidique Vénus ! tu viens ici même » prendre audacieusement la place du Dieu vivant , » t'asseoir sur le trône du Saint des Saints, et recevoir » l'encens coupable de tes nouveaux adorateurs ! » Des hommes alors puissans , qui se crurent désignés par l'orateur , jetèrent les hauts cris, le dénoncèrent comme un séditieux et un calomniateur de la raison et des îuniières. Le père Beauregard, personnellement signalé au commencement de la révolution , se réfugia à Londres . Il n'y eut pas le même succès qu'à Paris. Les déclamations trop vives et trop directes qu'il se permit dans ses sermons contre les tristes victimes de la révolution , parurent indiscrètes et hors de saison. Obligé de renoncer à la prédication , il se retira à Maëstricht , puis à Cologne , et termina sa carrière en i8o4 > ^" château de Gronnincq en Souabe , chez la princesse Sophie de ïîohenlohe , au moment où il se disposait à rentrer en France. On prétend que , dans sa dernière retraite , il avait fait une révision exacte de ses Sermons . et qu'il les avait U'gucs aux Jé£iuiit;s de Russie , ses confrères.

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BUAUVAIS (Jean-Bapliste-Charlcs-Maric de) , i-v(iqiie de Seuèz, naquit à Cherbourg , le i 7 octobre 1751. Son pèrcj avocat au parlement de Paris, lui lit faire ses études au collège d'Harcourl , où il apprit les règles de l'éloquence du célèbre Le Beau , successeur de Rollin. Devenu prêtre , son gov'it naturel et ses talens pour la prédication renlraînèrenl de bonne heure vers le ministère de la chaire. L'abbé de Beau vais fut , parmi les ministres de l'Evangile , un de ces hommes rares dont on peut dire comme de Fénélon , que la mémoire ne rappelle que des vertus et des bienfaits. Une figure douce et noble , une manière de s'exprimer aisée , une confiance modeste, l'excellente réputation dont il jouissait, sa conduite véritablement ecclésiastique , donnaient du relief à la pureté de sa morale , et prévinrent favorablement le public en sa faveur. Choisi, en 1768, pour prêcher le Panégyrique de Saint- Augustin devant l'assemblée générale du clergé , elle en fut tellement satisfaite, qu'elle chargea son président de recommander le jeune orateur au ministre de la feuille des bénéfices. Dès 1761 , il avait préludé à la cour par le sermon de la Pentecôte. L'avenu de 1768 et le cartfme de 1773 mirent le sceau àsa réputation elle dernier termeàsa fortune, par sa nomination à l'évêché de Senèz. Les obstacles qu'éprouva cet acte de justice nous peignent fidèlement l'esprit du temps. On lui reprochait d'être roturier. I\l. de Bezons , évoque de Carcassonne , ne craignit point de dire à Mesdames , filles de Louis XV et protectrices de l'abbé de licauvais , qui insistaient sur son défaut de naissance, (|u'un homme qui appartenait aux Bossucl , aux Bourdaluuc, aux l'iéihiçr , aux \lasi-ilion ,

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pouvait le disputer aux plus nobles familles du royaume, et quand le cardinal de la Roche-Aymon , ministre de* grâces ecclésiastiques , lui opposa le même défaut , « Si je croyais , lui répondit-il, que la noblesse fût la » principale condition requise pour l'épiscopat , je fou- » lerais ma croix aux pieds et je renoncerais à la haute ■ dignité dont je suis revêtu. >• Ces deux réponses circulèrent à la cour, elles firent fortune, et Tabbé de Beauvais fut nommé évêque. Il est vrai que , dans le temps, le public crut qu'on avait cherché , en lui accordant un honneur qu'il ne demandait pas , à l'éloigner d'un pays où la franchise et l'austérité étaient hors de saison. Chargé de prêcher à Versailles le sermon de ta Cène i le Jeudi-saint, 1774? l'abbé de Beauvais sut profiter de l'autorité que lui donnait sa dignité nouvelle, pour faire contraster les scandales de la cour avec la misère des peuples. On se rappelle encore aujourd'hui l'impression que l'orateur fit en celte occasion , où , pour émouvoir le monarque par le spectacle de sa fin dernière , et paraphrasant ce passage de l'Ecriture : « Encore quarante jours et Ninive sera détruite , » il parut lui prédire une mort qui semblait alors éloignée^ et qui , néanmoins , suivit de si près la menace. Ce fut aussi celte circonstance frappante qu'il rappela dans l'oraison funèbre du même monarque , et qui en rend le début si imposant et presque digne de Bossuet. Dans ce discours , il sut concilier le langage du panégyriste avec le devoir de l'homme de bien et celui du ministre delà vérité. Comme particulier^ Louis XV avait des vertus ; comme roi , il s'exposa au blâme public ; et révoque de Senèz sut déplorer ce malheur sans uu~

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Irager sa mémoire et sans trahir son austèie franchise. Le seul reproche fondé qu'on pût faire à cette pièce éloquente , ce fut d'y voir l'orateur , cédant trop à des ressentimens inspirés par l'esprit de corps, rappeler avec affccialion des querelles qui , pour l'intérêt de l'Eglise et de rélat , n'auraient jamais dû exister. Retiré dans son diocèse, l'abbé de Beauvais honora l'épiscopat par ses vertus , par sa régularité , par ses égards pour ses coopérateurs, et par sa charité envers les pauvres Mais le projet de réunion des évêchés de Digne et de Senèz lui ayant causé des désagrémens, qui se réunirent à la difliculté déparier et d'entendre l'idiome des peuples qu'il était chargé d'instruire , et au regret d'être éloigné de la capitale, où il avait passé toute sa vie , il se démit de son siège en 1783. Député aux Etats-Généraux par le bailliage de Paris , extra muros , son âme ne put résister aux orages qui en signalèrent le début. De funestes pressentimens afiligèrent profondément son cœur ; sa santé s'en altéra, et une espèce de langueur le conduisit au tombeau , le 4 avril 1790. Ses Sermons ont été iiuprimés en 1806, en 4 vol. in- 12, par les soins de M. l'abbé Galard, précédés d'une notice intéressante sur sa personne et ses discours, par M. l'abbé de Boulogne. On regrette qu'une fausse délicatesse ait empêché l'éditeur d'y insérer le Panégyrique de Saint-Augustin ^ et le Sermon sur la Cène , qui avaient produit un si grand effet lorsqu'ils furent prononcées. Dans son sermon sur ta vie future , on remarque des mouvemens d'éloquence dignes peut - être de Bossuet , et semblables à ceux de Massillon : «Le jour du jugement est (ini , a on ne compte plus ni les siècles , ni les heures , lu

» temps a fui (levant réternité. Une voix s'est fait eu- » tendre , la même voix qui dit sur le calvaire : Con- » summatiim est. O révolution terrible qui doit faire » frémir la nature ! Chrétiens , si Dieu m'ordonnait en » ce jour de vous la prédire pour la fin de la génération I) présente , de vous annoncer la fin de l'univers et le » dernier jugement , s'il autorisait ma prédiction par » des prodiges , quel effroi je répandrais tout-à-eoup au

» milieu de vous ! Vous ne verrez point les astres se

» détacher des cieux et embraser la nature ; mais l'uni- » vers sera pour vous comme s'il n'existait plus. Eh ! » que vous importe après votre trépas que le soleil » éclaire votre tombe , ou qu'il soit lui-même éteint ? » vous lîc serez point jugés solennellement à la face des n nations , mais vous allez subir un jugement aussi » sévère et aussi irrévocable ! » En général , le caractère d'éloquence de l'abbé de Beauvais était doux , tendre et persuasif. Il semblait parler moins pour étonner et surprendre que pour toucher Comme Fénélon , il voulait attirer les cœurs cl n'en forcer aucun. Ses panégyriques sont au-dessous (le ses sermons et de ses oraisons funèbres. Il a quelquefois de la négligence et s'élève rarement jusqu'au sublime. L'abbé Galard a luononcé et publié l'éloge funèbre de l'abbé de Beauvais.

BÉGAULT (N. ) , chanoine et archidiacre de Nîmes , membre de l'Académie de cette ville , disciple de Fléchier, prêcha à Paris, à Nîincs , à Montpellier, depuis )G85 jusqu'à 17 ir^, cl s'acquit partout la réputation d un bon orafci.r. Selon la Bibliolhcquc française , <•> La solidité jointe à beaucoup de délicatesse , de pu-

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