‹ Dictionnaire classique d'histoireChapitre 231 sur 657 · DE). V. AUMALE · texte numérisé non relu

DE). V. AUMALE

Guise (Jean de Lorraine, dit de), frère du précédent, 1498-1550, ne porta que le nom de cardinal de Lorraine. Il servit le roi François I", qui fut même effrayé de son crédit ; il avait une multitude de bénéfices, archevêchés, évêchés, abbayes. Il était charitable et magnifique.

Guise (FRANÇOIS de Lorraine, duc DE), fils aîné de Claude de Lorraine et d'Antoinette de Bourbon, né au château de Bar, 1519-1563, fut prince de Joinville, duc d'Aumale, marquis de Mayenne, grand-maître, grand-chambellan et grahd-veneur de France. Il montra ses talents militaires surtout sous Henri II. La défense de Metz contre l'Empereur, 1552-1553, fonda sa popularité; il gagna la victoire de Benty, en 1554 ; échoua en Italie, 1556-1557 ; mais nommé lieutenant général du royaume , il repoussa les Espagnols , et enleva Calais aux Anglais (janv. 1558). La mort de Henri II donna le pouvoir au duc de Guise et à son frère, 1559. Ils gouvernèrent, au nom de François II, avec l'appui de leur nièce, Marie Stuart, et du parti catholique ; la conjuration d'Amboise , dirigée contre eux, échoua ; leur pouvoir fut encore agrandi. Sous Charles IX, le duc de Guise forma un triumvirat avec le connétable de Montmorency et le maréchal de Saint-André, pour défendre la cause catholique. Le massacre des protestants à Vassy, par ses gens et sous ses yeux, fut le signal des guerres de religion, 1562. 11 fut vainqueur à Dreux; il allait s'emparer d'Orléans, quand il fut tué d'un coup de pistolet par un gentilhomme protestant , Poltrot de Méré. Il a laissé des Mémoires, de 1547 à 1563.

Guise (Charles de Lorraine, cardinal de), frère du précédent, né à Joinville, 1524-1574, cardinal de Lorraine, à la mort de son oncle Jean, était archevêque de Beims dès 1538, et fut cardinal le lendemain du sacre de Henri II. Bon diplomate, il jeta, en 1558, les bases de l'alliance des Guises avec l'Espagne; eut l'administration des finances sous François II ; se distingua au colloque de Poissy et au concile de Trente, 1562; mais ne joua qu'un rôle secondaire après la mort de son frère.

Guise (Anne D'Esté, duchesse de), fille d'Hercule II. duc de Ferrare et de Benée de France, fille de Louis XII, 1531-1607, épousa le duc de Guise en 1548; réclama justice contre Coligny qu'elle accusait de la mort de son mari. Elle eut deux fils de son second mariage avec Jacques de Savoie : Emmanuel, duc de Nemours, et Henri, duc de Nemours.

Guise (HENRI P"" de Lorraine, duc DE), prince de Joinville, grand-maître de France, gouverneur de Champagne et de Brie, fils de François de Guise, 1550-1588, ne voulut pas se réconcilier avec Coligny. Il se distingua à Jarnac, à Moncontour, a la défense de Poitiers, 1569; épousa Catherine de Clèves ; dirigea le massacre de la Saint-Barthélémy, et fit tuer l'amiral, après avoir essayé de le faire assassiner par Maurevel, 1572. Sous Henri III, au combat de Dormans, il reçut la blessure qui lui mérita le surnom de Balafré, 1575. La Ligue ou Sainte-Union s'organisa surtout par son influence et à son profit, 1576; il espéra, avec le

secours des catholiques, du pape et de Philippe II, remplacer Henri III sur le trône. Dana la huitième guerre civile ou guerre des trois Henri, il força Henri 111 à s'unir aux Ligueurs par le traité de Nemours, défit la grande armée des Allemands, surtout aux combats de Vimory et d'Auneau, 1587; rentra en triomphe à Paris, malgré Henri III. A la journée des Barricades, 12 mai 1588, il resta maître de la capitale, mais n'osa pas prendre le titre de roi. Henri III fut contraint de signer, à Bouen, Yédit d'Union; les États généraux furent réunis à Blois; le duc de Guise espérait que le roi allait y être déposé ; Henri III le fit assassiner par ses gardes, avec son frère, le cardinal de Guise. 11 avait eu 14 enfants, dont 7 fils, parmi lesquels : Charles, duc de Guise ; Louis, cardinal de Guise , Claude, de Chevreusc; et une fille, qui devint princesse de Conti, en 1605.

Guise (LOUIS II de Lorraine, cardinal DE),

frère du précédent, né à Dampierre, 1555-1588, devint cardinal en 1578, seconda les projets de son frère, présida l'ordre du clergé aux Etats de Blois, et fut tué le lendemain de l'assassinat de son frère.

Guise (Catherine de Clèves, duchesse de), fille de François de Clèves, duc de Nevers, 1548- 1633, épousa en 1560 le prince de Porcien, puis le duc de Guise en 1570. Elle fut célèbre par ses galanteries, et se montra prodigue de ses biuns aux églises, pour racheter les fautes de sa jeunesse.

Guise (CHARLES de Lorraine, duc DE), fils de

Henri, duc de Guise, et de Catherine de Clèves, 1571-1640, enfermé à Tours, s'échappa en 1591, et fut sur le point de devenir roi, en épousant la tille de Philippe II. Il traita avec Henri IV en 1594, et reçut le gouvernement de la Provence; sous Lou^s XIII, il combattit les seigneurs et les Bochellois, de 1615 à 1622: mais, suspect à Bichelieu, il fut forcé de se retirer en Italie, où il mourut.

Guise (LOUIS III de Lorraine, cardinal DE),

frère du précédent, 1575-1621, fut nommé cardinal en 1615. Ii épousa, dit-on, secrètement, Charlotte des Essarts, comtesse de Bomorantin,

Guise (FRANÇOIS-ALEXANDRE-PARIS de Lorraine, chevalier de), frère des précédents, né posthume en 1589, se rendit célèbre en tuant dans son carrosse le baron de Luz, et, quelques jours après, en duel, le fils de sa victime, 1613. Il périt, en 1614, de l'éclat d'un canon.

Guise (HENRI II de Lorraine, duc DE), lié à

Blois, 1614-1664, fils de Charles, duc de Guise, et d'Henriette de Joyeuse , fut archevêque de Beims, à quinze ans. A la mort de son frère aîné, le prince de Joinville, il devint duo de Guise, 1640. Il est connu par ses duels, par sers galanteries et par ses aventures. Il voulut faire rompre son mariage avec la comtesse de Bossu t pour épouser Mlle de Pons ; il alla à Borne ; apprenant la révolte de Naplés, sous Masaniello, il se jeta hardiment dans la ville, 1647. Mais il perdit bientôt la faveur du peuple, et fut pris dans une sortie (1648). Il essaya de nouveau, en 1654, de reprendre Naples; il échoua. Grand chambellan en 1655, il dirigea les fêtes brillantes de la cour, et surtout le carrousel de 1662. 11 a laissé des Mémoires sur sa première expédition en Italie ; on a aussi une relation de la deuxième expédition, sous ce titre : Suite des Mémoires de Henri de Lorraine, 1687, in-12.

Guise (LOUIS-JOSEPH de Lorraine, duc DE),

neveu du précédent, fils de Louis de Lorraine, duc de Joveuse, 1650-1671, hérita de ses biens et de ses litres, épousa Elisabeth d'Orléans, fille puînée de Gaston de France, 1667, et mourut sans avoir rien fait. — Sa veuve, duchesse d'Alençon et de Guise, 4652-1696, perdit son fils,

GUI

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François-Joseph de Lorraine, septième et dernier due de Guise, en 1675.

Guise (MàRIE de Lorraine, duchesse DE),

dite mademoiselle de Guise, tille de Charles duc de Guise, née en -1615, hérita, à la mort de son petit-neveu, 1675, de la fortune des Guises, qui était immense. Avec elle s'éteignit la maison de Guise, 1688.

Guisseny, commune du canton de Lannilis, arr. de Brest (Finistère) ; 2,812 hab.

Guiton (Jean), né à La Rochelle, 1585-1654, était l'un des principaux armateurs ; amiral de la flotte rochelloise, il soutint plusieurs combats glorieux contre la flotte du duc de Guise, et fut négociateur de la paix en 1623. En 1625, il eut encore la charge d'amiral ; en 1628, il fut élu maire ; il accepta, mais en jurant de poignarder quiconque parlerait de se rendre, il fut l'àme de la défense. Mais la famine était horrible; on fut forcé de traiter, 30 oct. 1628. Guiton put revenir en 1636, et prit du service dans la marine, sous l'archevêque Sourdis et le comte d'Harcourt, contre les Espagnols.

Guîtres, ch.-l. de canton, arrond. et à 15 kil. N -E. de Libourne (Gironde), sur l'Isle. Ancienne abbave de bénédictins de la fin du xie s.; 1,464 "hab.

Guixols (San-Feiice de), V. de la prov. et

à 26 kil. de Gerone (Espagne). Fabriques de liège ; 6,000 hab.

Guizot (François-Pierre-Guillaume) , né à Nîmes, 1787-1874, était d'une honorable famille protestante; son père périt sur l'échafaud en 1794. Sa mère se retira à Genève, où le jeune Guizot fit de fortes études. Il vint à Pans en 1805, fut introduit dans le salon de Suard, et y connut mademoiselle Pauline de Meulan, qu'il devait épouser en 1812, et qui le mit en relations avec plusieurs des chefs du parti royaliste. Il écrivait alors dans le Publiciste, publiait en 1809 un bon Dictionnaire des Synonymes, puis De l'Etat des Beaux-Arts en France, à l'occasion du salon de 1810 ; une introduction à la Vie des poètes français du xvne siècle; et éditait, en l'annotant, une traduction de l'Histoire de la Décadence et de la Chute de V Empire romain par Gibbon, 1812 et années suivantes. C'est alors que Fontanes le nomma professeur suppléant d'histoire a la Faculté des Lettres, et bientôt après professeur titulaire. A la chute de l'Empire, l'abbé de Montesquiou,. ministre de l'intérieur, le nomma secrétaire-général. Au retour de l'île d'Elbe , M. Guizot reprit son cours, et, dans les derniers jours de mai 1815, se rendit à Gand, « pour porter au roi quelques vérités utiles. » De retour en France, il fut pendant quelques mois secrétaire-général du ministère de la justice auprès de M. Barbé- Marbois, puis maître des requêtes, conseiller d'Etat, directeur général de l'administration communale et départementale, sous le ministère Decazes, il prit un rang distingué parmi les royalistes constitutionnels qui, groupés autour de Royer-Collard, formèrent le parti des doctrinaires. C'est alors qu'il publia : Du Gouvernement représentatif et de l'état actuel de la France; Essai sur l'histoire de l'état actuel de l'instruction publique en France, En 1820, il redevint professeur et écrivain, c'est l'une des époques les plus laborieuses de sa vie toujours si active. Il écrivit alors : Du Gouvernement de la France depuis la Restauration et du ministère actuel , Des Moyens de gouvernement et d'opposition dans l'Etat actuel de la France : Des Conspirations et de la justice politique; De la Peine de mort en matière politique. A partir de 1822 il se consacra a des travaux historiques et littéraires : révision d'une traduction des Œuvres complètes de Shakespeare, avec une introduction; Collection des Mémoires relatifs à la Révolution d'Analeterre, 1823, 26 vol. , Collection des Mémoi- |

res relatifs à l'Histoire de France depuis la fondation de la monarchie française jusqu'au xrne siècle, avec des introductions et des notes, 31 vol.; une nouvelle édition des Observations sur l'Histoire de France de Mably, avec les Essais sur l'Histoire de France du v<= au x« siècle, enfin les deux premiers volumes de l'Histoire de la Révolution d'Angleterre, 1827. Il donnait des articles à différents recueils, l' Encyclopédie progressive, le Globe, et fondait la Revue française en

Le cours de M. Guizot avait été suspendu en 1825, il fut rétabli parle ministère Martignac, et M. Guizot rentra au Conseil d'Etat. Collègue de Cousin et de Villemain, il partagea la popularité de leur enseignement, et publia ses leçons : Histoire générale de la Civilisation en Europe ; Histoire de la Civilisation en France- Membre actif de la société : Aide-toi, le Ciel l'aidera! il fut nommé député de Lisieux, au mois de janvier 1830, combattit vivement le ministère Polignac et vota l'adresse des 221.

Il prit une part active à la Révolution de 1830, rédigea la proclamation qui appelait le duc d'Orléans à la lieutenance générale du royaume, et dès le 30 juillet fut nommé minisrre de l'instruction publique , puis ministre de l'intérieur , 11 août. Son histoire dès lors se confond presque avec celle du règne de Louis-Philippe. Il se retira avec ses collègues du parti de la résistance pour céder la place au ministère Laffitte, Il soutint avec ardeur la politique de Casimir Périer , puis fut l'un des principaux membres du ministère du 11 octobre 1832, qui dura jusqu'en 1836. Il prit part à toutes les grandes mesures du gouvernement, mais attacha surtout son nom à la belle loi du 28 juin 1833, qui créa véritablement l'instruction primaire en France. Il reparut quelque temps au ministère de l'instruction publique, depuis le 6 octobre 1836; puis se sépara de M. Mole, et entra dans la fameuse coalition, qui réunit toutes les opoositions contre le gouvernement. Ambassadeur à Londres en 1840, il ne sut ou ne put prévenir les tristes complications de la question d'Orient ; et lorsque M. Thiers eut été forcé de se retirer, il accepta la succession, en bravant toutes les colères et prit le portefeuille des affaires étrangères dans le cabinet, présidé par le maréchal Soult, 29 octobre 1840. C'est lui qui dirigea véritablement le gouvernement, de concert avec le roi, jusqu'à la chute de L. -Philippe. On l'accusa avec passion, souvent avec injustice, d'avoir voulu la paix à tout prix, et d'avoir compromis l'honneur de la France dans les affaires de Taïti, Pritcliard, du droit de visite, des mariages espagnols, du Sonderbund en Suisse, d'Italie, etc. On l'accusa, peut-être avec plus de raison, de s'être opposé opiniâtrement à toute espèce de réformes (incompatibilités parlementaires, adjonction des capacités sur les listes électorales, etc.).

Après la Révolution de 1848, M. Guizot se retira en Angleterre et y écrivit De la Démocratie en France, 1849, il fut l'un des principaux chefs du parti hostile à la république, s'efforça d'opérer la fusion des deux branches de la maison de Bourbon, et écrivit de nombreuses brochures pour soutenir ses idées. Toujours laborieux , toujours actif, il a fait sentir son influence dominatrice jusqu'à ses derniers jours, soit dans les Académies, soit dans les réunions protestantes. Il est devenu comme le chef d-une sorte d'orthodoxie protestante et a eu des luttes assez vives à soutenir contre les diverses fractions du protestantisme libéral. Il était membre de l'Académie des Sciences morales et politiques, de l'Académie des Inscriptions et belles-lettres et de l'Académie française depuis 1836. Ses ennemis eux-mêmes ont rendu justice à sa science.

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