‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 2)Chapitre 115 sur 274 · PS Y · texte numérisé non relu

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montée du sens du tact qui s'y trouve

également répandu.

Eu ajoutant conséquemment une l\extetision nécessaire à la première

.délitution que nous avons ci-dessus

donnée du Règne Psychodiaire , (.nous caractériserons désormais ainsi h qu'il suit la grande catégorie qui [.doit porter ce nom de Psychodiaire :

llRègne composé d'individus végél.rtans , mais ayant au-dessus du Vé- Lgétal un sens, suffisant pour y innilroduire aussitôt un premier degré Lid'animalité , mais non de cette ani- |iimalitc complète qui résulte de l'iniitelloct ajouté au simple instinct.

[Tour faire entièrement comprendre cceci , il était nécessaire de préciser d'acception que nous dounons aux nmots Instinct et Intelligence qui ont tété traités dans le présent Dictionunaire , et auxquels conséquemment iKl suffit de renvoyer le lecteur. Nous unous bornerons donc à rappeler ici Hque l'instinct, auquel la présence Jd'un sens unique suffit pour qu'on laie voie s'étendre à toute sa portée , Jdénué des secours que lui pourrait lfournir la cumulation d'autres or- Iganes pour en faire l'un des élémens ilde l'intelligence, n'entraîue point la (•conscience du soi. Cette conscience l'plus ou moins intime, ne peut résulter que de la complication de l'insi tinct par l'addition d'autres sens ajouttés à celui dont cet. instinct était ré- • suite comme une nécessité physique.

I Lamarck l'avait fort bien senti lors— i qu'il réunit la plupart des êtres que i nous comprenons dans notre règue ! Psychodiaire ,sous\e nom d'sJ/iimaux i apathiques. II reconnut que ces créa- I turcs , qui manquent évidemment i d'organes respiratoires, locomoteurs,

f générateurs , circulatoires, et dans esquels on ne distingue point d'ap- | pareil nerveux , étaient aussi distincts i de l'Auirnal que le sont les Plantes , où quelques personnes ont pourtant I prétendu avoir découvert des nerfs, i Le Linné français avait donc bien avant nous comme essayé l'établissement d'un règue nouveau que nous ne proposons conséquemment que

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sur les traces de notre plus illustre naturaliste. Cependant celui-ci n'y avait pas rapporté beaucoup d'êtres qu'on laissait par habitude dans le domaine de Flore , tandis qu'il y comprit de véritables Animaux. La désignation à! Apathiques pouvait-elle d'ailleurs être admise, puisque ce mot signifie : qui n'est sensible à rien? Or, est-il possible de supposer que des créatures qui jouissent de la faculté de chercher un site d'élection pour y vivre à l'abri de ce qui leur pourrait nuire, qui se contractent au moindre danger, et même par l'effet d'un grand bruit, qui paraissent éprouver des jouissances dans tel ou tel retlet du jour ou de l'ombre, et dont la plupart préfèrent telle nourriture à telle autre , puissent être réputés ne pas sentir. Ces philosophes d'un siècle d'ergotage , qui poussèrent leur genre de science jusqu'à soutenir que les Animaux, si ce n'est l'Homme , étaient de simples machines r nonseul ement dépourvues d'intelligence , mais encore de sensibilité , eussent seuls pu soutenir un tel paradoxe. Les Animalcules dont s'anime une Sertulaire , ne sont probablement pas sensibles à la manière dont certains écrivains entendent le mot sensibilité qu'ils emploient sentimentalement à tout propos; ils ne le sont pas même à la manière des plus obtus des Mollusques , mais ils peuvent l'être à leur façon , et il y aurait presque imprudence à prétendre qu'il n'existe qu'une manière de sentir; les douleurs et les jouissances d'un Limaçon doivent être des sensations fort différentes des nôtres, mais n'en sont pas moins tout aussi réelles. Il peut exister des degrés analogues de différence et la même réalité entre les sensations d'un Limaçon et celle d'un Polype; et l'on ne doit jamais, en pareille matière , calculer d'après des bases qui ne sauraient être en rapport , c'est-à-dire imaginer par exemple , parce que le genre humain, les Crapauds et les Poux sont pourvus de sexes, que tous les êtres doivent être également mâles ou

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femelles. Long-temps on ne connut d'autre mode de propagation; il a fallu pourtant se rendre à l'évidence et reconnaître même parmi les Animaux très-bien caractérisés, des espèces agames privées de sexe. On voulaitaussi des œufs eu du moins des germes partout, jusque-là qu'on ose admirer un métaphysicien qui vient nous dire sérieusement que Dieu n'est qu'un germe !... il est bien démontré maintenant qu'il existe des créatures végétantes et même très-vivantes qui peuvent naître spontanément sans oeufs ni germes , sauf à disparaître sans se reproduire ou bien à ne se reproduire que par divisions. Aujourd'hui encore, quoique Lamarck ait reconnu que ses Apathiques manquaient de système nerveux , il se trouve des physiologistes qui ne veulent point admettre l'existence de perceptions sans nerfs. Nous pouvons pourtant affirmer n'avoir rien vu d'analogue à des nerfs dans un grand nombre d'êtres jouissant du mouvement spontané et de la faculté de la locomotion au plus haut degré. Il n'en existe dans aucune des créatures que nous nous proposons de renfermer dans notre nouveau règne , et dont les attributs généraux sont :

l'absence d'un système nerveux et de ganglions quelconques ; la privation totale d'yeux , d'appareil respiratoire, de cœur, et même de bouche organisée (des orifices destinés à engloutir quelque proie dans un sac alimentaire informe , ainsi qu'à rejeter des excrémens, ne pouvant être réputés bouches); sans sexes, conséquemment sans œufs et même sans ovaires ; ne présentant dans leur ensemble rien qui puisse être considéré comme des membres ; absorbant et se nourrissant par toute leur surface; exclusivement aquatiques; tomipares; se reproduisant par boutures et par bulbines ou propagules inertes comme chez les Plantes , quand ces propagules ne vivent pas à la manière des Microscopiques ; irritables et doués éminemment du sens du tact; comme diffluans, la par-

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