‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 2)Chapitre 201 sur 274 · tome xi v · texte numérisé non relu

tome xi v

Ri. S 5-J9 détermine dans la composition tic l'air atmosphérique. Le comte de Milieu est le premier qui ait fixé l'attention sur ce sujet. Etant plongé dans un bain chaud , il observa qu'un grand nombre de bulles d'air s'élevaient continuellement de la surface de son corps; il parvint à recueillir une demi-pinte de ce gaz qui, d'après l'analyse, paraissait contenir une grande quantité d'acide carbonique. Ces essais imparfaits, répétés par Ingenhouz, Priestley, J'urine , etc., n'ont pas toujours donné les mêmes résultats; mais plusieurs physiologistes oni constaté que l'air atmosphérique e^t plus ou moins vicié par le contact prolongé de la peau. Dans les expériences de J urine, la quantité d'acide carbonique ainsi dég igée était souvent très considérable. Abernetthy, qui a également fait des rcchei ches sur ce sujet, a obtenu un résultat analogue. Il paraît donc évident que la peau de l'Homme, quoique ne remplissant que des fonctions peu importantes dans le travail respiratoire, exhale, dans la plupart des circonstances, une certaine quantité d'acide carbonique.

Lorsque la fonction de la Respiration se concentie plus ou moins complètement dans un appareil spécial , l'existence des communications décrites entre ces organes et tontes les autres parties du corps devient nécessaire, afin que l'oxigène absorbé puisse réagir immédiatement sur chacune d'elles. Pour parvenir à ce but , la nature emploie deux méthodes différentes ; tantôt l'appareil respiratoire se répand lui-même dans l'épaisseur de tous se? organes et l'air circule dans toutes les parties du corps; tantôt ce sont les liquides nourriciers qui traversent cet appareil , y absorbent l'oxigène nécessaire à l'entretien de la vie, se distribuent ensuite dans toutes les parties du corps, y portent le stimulant qu'ils ont reçu de l'air atmosphérique et se chargent de l'acide carbonique produit par le travail de la nutrition pour le lejeter au dehors lorsqu'elles Y* 34

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reviennent de nouveau vers la surface respiratoire. Dans le premier cas, 1 appareil respiratoire est formé pur un système île vaisseaux aérifèies qu'on nomme trachées , et dans le second par des branchies ou des poùmons.

Les Insectes occupent un rang assez élevé dans l'échelle des êtres, et ont besoin d'une Respiration IrèsactiVe ; ils sont cependant dépourvus de système vasculaire , et les liquides nourriciers ne sauraient, éprouver une action assez intime de Pair atmosphérique , si la surface du corps était la seule partie en contact avec ce fluide; aussi ces Animaux sont-ils pourvus d'une infinité de canaux qui portenl l'air dans l'intérieur (je leur corps, et lui permettent ainsi d'agir BUT les parties les plus profondément .situées. Ces canaux, qu'on nomme Trachées , communiquent directement au dehors, et présentent dans leur struclure diverses particularités curieuses qu'on trouve indiquées à l'article Insecte.

Chez la plupart des Animaux pourvus d'un appareil circulatoire, c'est dans une partie déterminée de leur corps que s'exécute principalement le travail respiratoire. C'est dans un organe spécial que le sang vient recevoir l'influence vivifiante qu'il porte au loin dans les parties les plus éloignées. L'appareil spécial de la Respiration,quelles quesoient les modifications qu'il présente chez ces Animaux, est toujours disposé de manière à offrir, sous un volume comparativemont petit, une surface très-étendue sur laquelle viennent se ramifier les vaisseaux portant le sang qui doit être soumis à l'action de l'air. Suivant qu'il est destiné à agir sur l'air à l'état de gaz , ou lorsque cet élément est dissous dans l'eau , il présente des différences importantes ; dans le premier cas , il est presque toujours formé de cavités dans lesquelles s'introduit l'air ambiant; dans le second, c'est ordinairement la surface extérieure d'une partie, en général saillante, qui agit sur le liquide quil'en-

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vironnc, et en sépare les principes nécessaires à l'entretien de la vie.

Telles sont les différences essentielles entre les Poumons et les Branchies, noms qu'on a donnés à ces deux modifications de l'organe respiratoire.

Les poumons n'existent que dans les trois premières classes des Animaux vertébrés et chez quelques Mollusques; les Poissons, la plupart des Moll risques , les Crustacés , etc. , sont au contraire pourvus de branchies.

Ces derniersorganes, ainsi que nous l'ayons déjà dit, sont des corps saillans qui , en général , onlla forme delames ou de ramifications, et sont tantôt exposés au dehors , tantôt logés dans une cavité spéciale. Il serait inutile d enumérer ici les diverses variétés qu'ils présentent , car quelle que soit leur forme et leur position, leurs usages sont toujours les mêmes, et consistent à séparer de l'eau ; avec laquelle ils sont en contact , les parties de l'air nécessaires à la respiration, et qui se trouvent dissoutes dans ce liquide. ( P' . Crustacés, Mollusques , Poissons. )

Les poumons , que nous avons dit être , chez tous les Animaux à respiration aérienne, les organes spéciaux de cette fonction , sont essentiellement composés de vésicules ou cellules membraneuses sur les parois desquelles viennent se ramifier Jes vaisvaux sanguins , et dont la cavité est en communication avec l'air atmosphérique, au moyen de canaux formés de cartilages et de menibi anes.

Chez les Reptiles, la structure de ces viscères est très-simple ; un canal , nommé Trachée- Artère , a près un court trajet , s'ouvre dans la cavité d'un ou de deux sacs dont les parois intérieures sont divisées parles feuillets membraneux en cellules polygones , qui elles-mêmes sont subdivisées , d'une manière analogue, en cellules plus petites. Des vaisseaux , dont nous parlerons dans une autre occasion, font circuler le sang dans ces organes , et rapportent ce liquide au cœur après qu'il a subi l'action d< l'air. La forme et la grandeur rela-

ses

• tive des poumons varient beaucoup; i ils sont logés de chaque côlé de la colonne vertébrale, el se prolongent ipliis ou moins loin dans la cavité i thoracique ; enfin ils communiquent . avec l'air ambiant au moyen de la trachée-artère dont l'ouverture supérieure est placée au fond de l'ari rière-bouche.

Les poumons des Oiseaux el des Reptiles présentent des différences nombreuses el qui sont en rapport ; avec l'importance relative de leurs fonctions dans ces deux classes d'Animaux ; chez les Oiseaux , la Respiration est très-étendue, aussi préi sentent-ils les conditions les plus : favorables pour l'action de l'air sur la surface respiratoire , de même que idans les Reptiles- c'est au 11103 en 1 d'une trachée-artère que la commumicatibn est établie entre les cavités 1 de ces viscères et l'air extérieur. Ce

■ canal est cylindrique, d'une longueur iproportionnée à celle du cou de l'Amimal ; son extrémité supérieure : s ouvre au fond de l 'arrière-bouche ;

■ enfin, parvenu à bipartie inférieure du cou , il se biihi que pour se rendre aux deux poumons , cl prend alors le

:nom de bronches. Une série de cer- 1 ccaux cartilagineux , articulés entre leux, donnent à ce conduit toute la ■solidité nécessaire, et permettent des îmnuvemcns variés de torsion et de tilexion, sans que son diamètre en •soit changé En général, du moment coii les bioncbes pénètrent dans les | poumons , ils ne présentent plus 1 d'anneaux cartilagineux. Ces viscères > eux-mêmes forment de chaque côlé ide la colonne vertébrale une niasse tconique composée de rameaux aériifèies, de cellules et tic vaisseaux san- | guins. Les bronches ne s'y terminent ! pas toutes ; plusieurs de leurs 1 ameaux aboutissent à la surface du poumon , ' el l'air inspiré ne pénètre pas seule- 1 ment dans ces organes, mais passe . ainsi dans de grandes cellules qui 'Communiquent les unes avec les au- 'tres, le conduisent dans toutes les | parties du corps , el forment une es- ] pèce de poumon necessohe. Les pou-

moib proprement dits occupent la partie supérieure du thorax; les cellules membraneuses dont nous venons de parler existent non-seulement dans lou( le tronc , mais accompagnent les principaux vaisseaux, s'étendent aux membres, et s'cnfonceir dans les muscles, les os, etc. L'air pénètre ainsi dans toutes les parties du. corps j et se trouve une seconde fois en contact avec le sang.

11 n'en est pas de même chez les Mammifères. Les poumons de ces Animaux sont renfermés dans une membrane particulière , et l'air qu'ils contiennent ne peut s'en échapper qu'à travers l'ouverture par laquelle il esl entré. Ces organes ne sont pas logés dans une cavité qui leur est commune avec les viscères abdominaux. Une cloison musculaire nommée diaphragme partage le tronc en deux portions; la cavité inférieure ou abdomen renferme les organes de la digestion , la supérieure ou thorax esl spécialement destinée à contenir le cœur et les poumons. Nous reviendrons sur la disposition anatomique du thorax en traitant du mécanisme de la Respiration chez ces Animaux.

Les canaux aériens , ainsi que chez les Oiseaux , servent pour. deux usages; la voix se forme à l'origine ou à la fin de leur tronc commun, et ils livrent passage à l'air atmosphérique qui entre dans les poumons et en sort alternativement. Le larynx , organe spécial de la voix, l'orme l'ouverture supérieure du conduit aérifère; il esl placé entre l'arrière-bouche el le pharynx, et communique au-dehors par l'intermédiaire de la bouche et des fosses nasales. La irachee-arlère , qui en esl la continuation, descend le long du cou, audevant de l'œsophage, pénètre dans la poitrine, et bientôt s'y bifurque pour former les bronches qui se portent aux deux poumons, et se divisent en autant de branches primitives que ces organes ont de lobes. Parvenus dans chacune de ces divisions du poumon, les canaux aériens s'y ramifient presque à l'infini. Des an-

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neaux cartilagineux ceignent ces canaux , et constituent eu quelque sorte leur charpente; mais les dernières divisions des bronches en sont dépourvues et ne sont formées que par la membrane muqueuse qui tapisse l'intérieur de ces conduits , et qui se continue avec celle de l'arrière-bonche. Les ramuscules bronchiques ne se résolvent pas en lissu cellulaire , comme l'avaient pensé quelques analomistes, mais paraissent conserver leur structure propre jusque dans leurs dernières divisions qui sont arrondies et fermées à leur extrémité.

La forme des poumons, qui est celle d'un cône à base tronquée, est déterminée par la disposition de la cavité qui les renferme. Eu général, chacun de ces viscères est divisé en lobes distincts par des scissures profondes qui s'étendent jusqu'auxbronches , ou en lôJ ules , par des scissures légères. Chez l'Homme . le poumon droit présente trois lobes, et le gauche deux. Chez un grand nombre d'autres Mammifères , on en trouve quatre à droite eldeuxou trois à gauche. La substance de ces viscères est formée par les dernières divisions des bronches et des vaissaux sanguins; les. cellules qu'on y voit n'offrent aucune forme régulière. On n'est pas d'accord sur leur nature; quelques analomistes les regardeut comme étant formées par l'entrelacement et les anastomoses multipliées des dernières ramuscules des artères et des veines pulmonaires; d'autres pensent que ce sont des espèces de vésicules formées par la terminaison en cul-de sac de la membrane bronchique. Quoi qu'il en soit, il paraît que leur volume augmente considérablement par les progrès de l'âge.

Ces cellules qui, par leur réunion, forment un lobule, communiquent toutes entre elles ; maischacune de ces subdivisions du poumon est entourée d'une couche mince de tissu cellulaire , et ne communique pas avec les lobules voisins.

Chaque poumon est enveloppé par uucmembraneséreuseappelée/j/ètv-e,

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