‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 2)Chapitre 202 sur 274 · FIES · texte numérisé non relu

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qui , ayant la forme d'un sac sans ouverture, tapisse également la surface externe de ces viscères et la face interne du thorax. D'après cette disposition , la surface interne des plèvres, qui est lisse et humectée par de la sérosité, est continuellement en rapport avec elle-même , et ses deux feuillets, glissant l'un sur l'autre, facilitent les inouvemens du poumon , et diminuent le frottement qui en résulte.

Lorsque les organes respiratoires sont extérieurs , comme cela se voit pour les branchies de certains Mollusques , de quelques Crustacés , etc., les inouvemens généraux de l'Animal, ou ceux des parties auxquelles ces organes sont fixés, suffisent pour le renouvellement de l'eau nécessaire à l'entretien delà vie; mais quaud les branchies sont logées dans une cavité intérieure, ou qu'il existe des poumons (organes qui offrent toujours cette disposition), le renouvellement plus ou moins rapide du liquide ambiant dans l'intérieur de cette cavité devient indispensable, et il est effectué à l'aide de divers moyens mécaniques.

Dans les Crustacés Décapodes, les parois de la cavité respiratoire étant immobiles, c'est à l'aide d'organes spiraux que le renouvellement de l'eau s'opère, ainsi que nous le félons voir dans l'ouvrage que nous comptons publier bientôt , conjointementavec Audouin, sur l'analomie, la physiologie et la zoologie de ces Animaux. Dans les Poissons, où les branchies sont logées dans la bouche, cette cavité pouvant au contraire se dilater et se resserrer, c'est par ce moyen que la partie mécanique de la Respiration est effectuée. Il en est de même chez la plupart des Animaux vertébrés à respiration aérienne; aussi , pour en donner une idée, nous bornerons-nous à le décrire chez les Mammifères.

La cavité qui loge les poumons occupe la partie supérieure du tronc et offre à peu près la forme d'un cône dont la base est tournée vers l'obdo-

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•nnen et le sommet veis le cou ; la co- 1-lonnc vertébrale en arrière, les côtes sur les parties latérales , et le sternum .antérieurement, en forment la charpente osseuse. Les côtes sont dedeux (espèces, i" les côtes vertébrales qui ss'articulent avec les vertèbres; a° les rcôtes sternales qui , soudées ou ai tiiculées avec les côtes vertébrales par tune extrémité, se fixent au sternum ipai l'aulie. Chez l'Homme ces derinières (au nombre de sept) sont cartilagineuses, et par celte circonstance loiU été appelées cartilages des côles.

I Les côtes vertébrales, au contraire, ■sont osseuses et plus nombreuses : on icn compte douze de chaque côté. Les

• arcs costaux jouissent d'une certaine i mobilité , et les espaces qu'ils laissent t entre eux sont remplis par des mus- (cles destinés à les rapprocher. Le ( diaphragme , cloison musculaire qui i s'attache à la partie inférieure du ! sternum , aux dernières côtes et à la

• colonne vertébrale , forme la base i du cône que représente cette cavité.

Lorsque ce muscle est dans L'état de 1 repos, sa face thoracique est convexe, ' en sorte que la cavité de la poitrine ■ est bien moins grande qu'elle ne semblerait devoir l'être d'après l'étendue i de sa charpente osseuse.

La cavité thoracique est exactement remplie par les viscères qu'il renferme , et ses parois , en s'écartant , tendent à produire le vide entre elles et la surface des poumons. Or, les cellules de ces organes communiquant librement avec l'air extérieur, ce iluide, à raison de sa pesanteur, s'y précipite et les dilate à mesure que la cavité qu'ils remplissent augmente de capacité. C'est donc des mouvemens du thorax que dépend l'inspiration ou l'entrée de l'air dans les poumons; nous devons , par conséquent , examiner maintenant quels sont les muscles qui déterminent l'agrandissement de la cavité thoracique.

L'agent qui contribue le plus à dilater la poitrine est sans contredit le diaphragme; dans son état de relâchement , ce muscle forme une voûte dont le sommet s'élève assez haut

dans .la cavité de la poitrine. En se contractant , il refoule les viscères abdominaux, et sa partie centrale tend à se mettre au niveau de ses points d'attache. Dans une inspiration ordinaire, le diaphragme agit presque seul , et n'est aidé que faiblement parles relcvures des côtes; ces muscles portent les arcs osseux en haut et en dehors, et augmentent ainsi l'étendue de la cavité thoracique. Ce sont surtout ceux qui se fixent d'une part à la partie supérieure du thorax, et de l'autre à la colonne vertébrale ou à la tête qui agissent de la sorte. Parmi eux on doit ranger en première ligne les scalènes , les surcostaux, etc. Enfin, dans une forte inspiration , les muscles de l'épaule et du cou concourent également à rendre les mouvemens des côtes plus étendus, et par conséquent à augmeuter la dilatation de la poitrine.

Les agens mécaniques qui sont mis en jeu pour produire l'expiration ne sont pas tous placés au dehors du poumon , comme cela a lieu pour les mouvemens inspiratoires , car ce viscère, d'après les dispositions de son organisation , y contribue également.

En effet , outre la contraction des tuyaux aériens , déterminés par les libres musculaires qui les entourent chez quelques Animaux , les poumons sont doués d'une force élastique par laquelle ils lendentà revenir sur euxmêmes. Pour se convainciede ce fait il suffit d 'ouvrir largement le thorax d'un Animal de cette classe ; on verra alors les poumons s'affaisser aussitôt.

Ce phénomène ne peut être attribué à la pression atmosphérique , puisque la cavité de ces organes, communiquant librement avec l'exléiicur , l'élasticité de l'air qu'ils renferment contre-balance cette action. C'est au contraire de la force élastique du tissu des poumons qu'il dépend , car, si avant d'ouvrir le thorax , on fixe dans la trachée un tube qui communique avec la partie supérieure d'un réservoir à moitié rempli d'eau et de la partie inférieure duquel part

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un tube recourbé qui devient verlical et s'élève au-dessus du niveau de l'eau contenue dans le réservoir, la force avec laquelle le poumon revient sur lui-même, loi s de l'ouverture du thorax , eu refoulant dans le réservoir l'air qu'il contient , suffit pour élever l'eau dans le tube vertical , et pour le maintenir à une hauteur assez considérable'. Nous pouvons en conclure que , dans la Respiration ordinaire , dès que les muscles inspirateurs cessent d'agir, l'élasticité des poumons tend à produire l'affaissement de ces organes , et par conséquent à resserrer les parois du thorax. C'est principalement sur le diaphragme que cette influence est évidente. En effet , la force élastique des poumons tend à attirer ce muscle vers l'intérieur de la cavité thoracique, de la même manière que lorsqu'il se contracte , il entraîne après lui la surface inférieure de ce viscère. Aussi tant que le thorax n'est pas ouvert', ce muscle , dans son état de repos , esl-il tendu avec force et forme-t-'il une voûte dont le sommet s'élève dans la poitrine; mais aussitôt qu'en ouvrant largement les parois de cette cavité , on fait cesser l'attraction exercée par les poumons , il devient flasque et cesse de former une voûte comme dans l'état naturel.

L'élasticité des côtes qui , élevées dans l'acte de l'inspiration , tendent à s'abaisser et à reprendre leur première position , contribue aussi à diminuer la cavité du thorax. Mais dans une forte expiration , d'autres agens servent aussi à produire ce résultat.

Les muscles du bas-ventre , qui sont les antagonistes du diaphragme, en comprimant les viscères abdominaux, les refoulent en bas par la contraction de ce muscle lors de l'inspiration , les repoussent vers la poitrine, et diminuent ainsi l'étendue de cette cavité. Tous les muscles qui abaissent les côtes peuvent également concourir à chasser l'air des poumons , mais ils n'entrent en action que loi que la Respiration est laborieuse.

On voit, par ce qui précède, que

des muscles nombreux et éloigués agissent de concert dans la production des mouvemens respiratoires.

Ces mêmes muscles remplissent également d'autres fonctions , et l'action de chacun d'entre eux est indépendante de celle des autres. Mais dans les mouvemens respiratoires , toutes ces puissances motrices tendent à produire le même résultat ; elles s'unissent toutes par une espèce de sympathie interne , etsemblent être mises en action par un principe régulateur.

En effet le diaphragme, les muscles intercostaux, ceux, delà glotte, des narines , et même du cou et des épaules, combinent leur action, en un mot , exécutent des mouvemens coordonnés. On s'est beaucoup occupé de la recherche du principe régulateur et de la cause des mouvemens respiratoires. L'influence de la volonté sur la production de ces mouvemens est assez marquée pour qu'il soit impossible de les regarder comme involontaires, et de les assimiler aux contractions du cœur , des intestins , etc. En effet, la volonté suffit pour les suspendre pendant un certain temps, ou bien en rendre le retour bien plus fréquent que dans l'étatnaturel. Mais d'un autre côté , lorsque par suite d'un état pathologique ou de l'ablation de certaines parties du système nerveux, la volonté ne se manifeste plus par aucun signe extérieur et que par conséquent on peut regarder son action comme ayant cessé , les mouvemens respiratoires ainsi que les battemens du cœur persistent encore.

Il semblerait , d'après ces considérations , que les mouvemens respiratoires ne peuvent être rangés exclusivement, ni parmi des mouvemens involontaires , ui-narmi ceux qui sont complètement volontaires, et qu'ils forment un ordre intermédiaire, susceptible d'être influencé par la volonté, mais pouvant exister sans le concours de cet agent. On a donc cherché dans quelle partie du système nerveux réside la puissance qui met en jeu et coordonne ces mouvemens- Conduits par des roules dif-

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férentes , Larrey et Lcgallois oui reconnu qu'il existe dans la moelle épinière, près de l'encéphale, un point dont la lésion détruit sur-lechamp les mouvcmciis inspiratoires.

Ce dernier physiologiste plaçait ce point à l'origine même des nerfs de la iiuitième paire. Des recherches plus récentes, en même temps qu'elles jeltenl un nouveau jour sur ce sujet , confirment ce fait. Les expériences de Flourcns prouvent que c'est la moelle allongée , c'eit-à-dire la portion du système cérébro-spinal, qui s'étend des tubercidesquadrijumeaux jusqu'à l'origine des nerfs pneumogastriques inclusivement, qui agit comme premier mobile et comme principe régulateur «le ces inouvemeus.

Chez les Animaux à circulation complète , les mouvemens d'inspiration et d'expiration se succèdeat constamment et à de courts intervalles , tandis que chez les Reptiles où tout le sang ne traverse pas les ouinons avant que de retourner aux iflerentes parties du corps , ces mouvnnens sont bien moins fréquens.

L'Homme, qui doit être rangé dans la première catégorie, fait à peu près vingt inspirations par minute:

le nombre de celles-ci varie , du reste , suivant les individus , mais il est toujours plus grand dans la jeunesse que dans 1 âge adulte et dans la vieillesse. Dans un étal maladif, la Respiration peut être ralentie ou considérablement accélérée; le nombre d'inspirations s'élève quelquefois à plus de quarante par minute.

A chaque expiration , la totalité de l'air n'est point expulsée des poumons ; il en reste toujours une quantité plus ou moins grande. Après l'expiration la plus forte possible, il paraît que le poumon de l'Homme contient à peu près les quatre-vingtquinze millièmes de la quantité d'air qu'il renferme après la plus forte inspiration. Dans la Respiration ordinaire, la différence est bien moins grande, car la quantité d'air que contiennent les poumons après une

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inspiration oïdinaire, n'est qu'un peu plus d'un dixième plus grandi:

que celle qui y reste encore après une expiration semblable. Quant à la quantité absolue d'air qui entre dans les poumons à chaque inspiration , elle varie nécessairement non-seulement d'apj'ès la grandeur de ges organes chez les difterens individus, mais aussi d'après l'étendue des mouvemens respiratoires. Suivant sir H. Davy , elle est de deux cent vingtneuf centimètres cubes; suivant Allen et Pepys , de deux cent soixantedix centimètres cubes. Thompson porie cette évaluation beaucoup plus haut ; il pense qu'il entre et sort des poumons, à chaque Respiration ordinaire, six cent cinquante-six centimètres cubes. Du reste ces diflèrences , quelque grandes qu'elles soient , n'ont rien qui doive nous étonner , d'après ce que nous venons de dire sur les conditions qui influent sur ce phénomène.

Nous avons examiné successivement les phénomènes généraux de la Respiration, l'influence des conditions extérieures sur ces mêmes phénomènes , et la structure des organes qui sont le siège de cette fonction.

Nous devrions maintenant traiter de l'influeuce que les modifications de l'appareil respiratoire paraissent exercer sur la série de phénomènes dont celte fonction se compose. Nous avons vu que chez les Animaux inférieurs, la surface tégumentah e générale contribue puissamment à la production des phénomènes de la Respiration , tandis que chez les êtres les plus élevés de la série zoologique, c'est-à-dire les Oiseaux et les Mammifères , la peau , considérée comme organe respiratoire , est devenue presque nulle.

Plusieurs circonstances influent sur cette centralisation presque complète des fonctions respiratoires dans les poumons. On doit placer en première ligne le passage de la totalité du sang à travers le système vasculaire de cet organe et la nature de son tissu ; mais l'action mécanique à l'aide de laquelle l'air est attiré dans l'intérieur

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