‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 2)Chapitre 254 sur 274 · tome xiv · texte numérisé non relu

tome xiv

RON 657 se casse, celle qui lui était opposée u'ayant plus rien qui la diminue, se développe au point de devenir monstrueuse. La mâchoire inférieure s'articule par un condyle longitudinal , de manière à n'avoir de mouvement horizontal que d'arrière en avant, et vice versa ; aussi les molaires ont-elles des couronnes plates dont les éminences d'émail sont toujours transversales pour être en op-

fiosition au mouvement horizontal de a mâchoire., et mieux servir à la trituration. » Remarquons, à celte occasion , qu'il est parmi les Animaux à bourse un genre très-remarquable, celui des Phascolomes , qui ne diffère point , par son système dentaire , des Rongeurs proprement dits mais dans lequel les condyles de la mâchoire sont transversaux comme chez les Carnassiers. La direction longitudinale des condyles doit donc êliemiseau nombre des caractères les plus imporlans de l'ordre des Rongeurs, tel qu'il est admis dans l'état présent de la science.

Les dents antérieures des Rondeurs très-remarquables par leur fo°ce et leur usag;e, doivent nous intéresser sous un autre point de vue. Jusqu'à ces derniers temps, ellesavaient toujours été considérées comme de véritables incisives, et désignées sous le nom de dentés primores ou incisni.

On croyait par conséquent les Rongeurs entièrement privés de canines et l'on voyait dans l'intervalle qui sépare les dents antérieures des molaires, un espace laissé vide par l'absence des c mines. Geoffroy Saint Hilairea donné , il y a quelques années une toute autre détermination dû système dentaire des Rongeuis. Il pense que les dents antérieures de ces Animaux sont, non pas fies incisives comme on l'avait cru à cause de leur posi ion antérieure, mais de véritables canines; ce sont donc les incisives et non les canines qui manqueraient ch^z les" Giires. Les limites docet article ne nous permettent pas de développer tous les motifs surlesquels repose cette opinion, et de ciler les

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faits extrêmement nombreux qui viennent à son appui. Nous ne chercherons donc pas à l'établir ici sur des preuves rigoureuses, mais seulement a la faire comprendre par de courtes remarques. Dans notre article Musaraigne, nous croyons avoir, sinon entièrement démontré , du moins lendu extrêmement vraisemblable, soit par des considérations théoriques, soit au moyen de comparaisons avec quelques genres voisins , que les dents antérieures des Musaraignes, long-temps considérées comme des incisives , sont de véritables canines.

Or, en faisant abstraction des modifications de forme qui seraient ici sans aucune valeur, nous ne voyons guère entre le système dentaire des Musaraignes et celui des Rongeurs, qu'une seule différence. C'est l'absence chez ceux-ci de ces petites dents que l'on a tour à tour designées chez les Musaraignes par les noms d'incisives latérales , de canines et de fausses molaires. Cette absence, d'où résulte le vide qui sépare, chez les Rongeurs, les dents antérieures des molaires, s'explique d'ailleurs assez bien , d'après la loi du balancement des organes , par le développement considérable des dents antérieures, et ne peut servir de base à une objection contre l'analogie que nous venons d'indiquer. Or, si celte analogie est réelle , n 'est-il pas évident que les dents antérieures des Rongeurs devront recevoir le même nom que celles des Mu saraignes , et être considérées de même comme des canines? Nous passons sous silence une foule d'autres comparaisons et un grand nombre de faits qui nous conduiraient quelquefois même, par une voie plus directe , au même résultat, pour arrivera l'examen des objections que l'on peut lui opposer. Les deux plus importantes, ou plutôt les deux seules importantes, sont la position antérieure des prétendues canines , et leur insertion apparente dans l'os intermaxillaire ; or il est possible de répondre à l'une et à l'autre. Dans presque toutes les Chauve-Souris in-

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sectivores , les canines sont de mêmë antérieures et contiguës entre elles; les incisives sont alors placées audevant d'elles, et quelquefois même elles manquent entièrement ( V. CÉpiialote à l'art. Roussette): ce qui ramènele système dentaire des Chauve-Souris, sinon entièrement à celui des Rongeurs , du moins à celui des Musaraignes. La seconde objection peut également être réfutée, même en admettant comme démontré que la pièce antérieure de la mâchoire supérieure soit véritablement Tintermaxillaire , ainsi qu'on l'admet généralement; car, comme Geoffroy Saint- Hilaire et plusieurs autres zoolomistes l'ont fail voir depuis long-temps , les dents antérieures, quoique sortant des intermaxillaires, naissent véritablement des maxillaires eux-mêmes.

Leurs racines sont en effet placées très— profondément dans ces derniers os , et , bien loin de s'insérer dans les intermaxillaires , elles ne font que les traverser. Peut-être aussi une troisième objection pourrait-elle être tirée de l'existence de quatre dents à l'extrémité de la mâchoire supérieure dans les genres Lièvre et Lagomys : ces quatre dents, considérées jusqu'à ces derniers temps comme quatre incisives, ne devraient- elles pas , en adoptant la nouvelle manière de voir, être regardées comme quatre canines? Et l'existence de deux canines de chaque côté ne serait-elle pas une véritable anomalie? Peut-être pourrait-on admettre l'explication suivante : de ce qu'on a considéré les quatre dents de l'extrémité de la mâchoire supérieure des Lièvres comme quatre incisives, il ne suit pas que ces dents soient en effet de même sorte. Leur forme est , il est vrai , assez semblable, mais leur insertion est très-différente; les deux plus grandes naissent, comme les dents «ultérieures de tous les Rongeurs, dans le maxillaire, et ne font que traverser l'intcrmaxillaire. C'est au contraire dans celle dernière pièce , comme nous nous en sommes assuré , que naissent les deux plus petites, placées en arrière des deux au-

très, e t vers leur partie interne. Il nous Semble donc qu'on pourrait considérer les deux petites dents antérieures, ou celles qui naissent dans l'iutcrmaxillaire lui-même, comme de véritables incisives , ce qui nous conduirait à admettre chez les Lièvres et les Ligomys l'existence des trois sortes de dents. Nous ne pensons pas que celte dernière conséquence, quoique très-contraire aux idées reçues , olfre lien de contraire à la théorie. Qui ne sait en efF;t que la présence des incisives n'est pas constante dans la même famille et quelquefois dans le même gene? ( P. Rhinocéros et Phacochère. )

Les remarques que nous venons de faire tendent à rapprocher les Rongeurs des Musaraignes, des Scalopes, des Hérissons, etc. , même du groupe eniier des Insectivores , que l'on place ordinairement à la tèle de l'ordre des Carnassiers , mais qui forment véritablement, du moins suivant notre manière de voir, un groupe intermédiaire entre les véritables Carnassiers et les Rongeurs. Les Insectivores et les Rongeurs ont en effet les plus grands rapports d'organisation interne et même de conform ilion extérieure, et se ressemblent presque entièrement par leurs moeurs et leurs babitu les {V. Musaraigne). L'importance, à ce qu'il nous semble, ires-exagérée , qu'on attachait autrefois , et que la plupart des zoologistes attachent encore à l'existence des trois sortes de dents , a pu seule décider les auteurs des méthodes à écarter les uns des autres deux groupes aussi voisins- par leurs rapports naturels.

Or, une des conséquences de la nouvelle manière d'expliquer le système dentaire des Musaraignes et des Rongeurs est précisément de rétablir l'ordre en reportant les Sore.v , etavec eux tout le gioupe des Insectivores, entre les Rongeurs, auxquels ils ressemblent par l'absence des incisives et par la disposition et la grandeur des canines , et les véritables Caruassiersdontilsse rapprochent parl'existciice de fausses molaires remplissant

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l'intervalle qui sépare les canines des mâchelières ou vraies molaires.

Les Rongeurs sont , si l'on excepte quelques Edcnlés, les derniers des Mammifères onguiculés, peut-être même de tous les Mammifères , par le peu d'étendue de leur intelligence.

L'instinct , qui est toujours en raison inverse de l'intelligence , comme nous nous proposons de l'établir ailleurs , est au contraire plus développé chez eux que chez tous les autres Mammifères. Ces faits, quedonne l'observation immédiate, s'accordent parfaitement avec les modifications organiques de leur système nerveux. Chez les Rongeurs ( et principalement chez les Castors, si célèbies par les merveilles de leur instinct), les parties excentriques du système nerveux ont un volume considérable; lenerfde la cinquième paire est énorme, et les ganglions intervertébraux s'ont trèsdéveloppés ; mais l'encéphale luimême est petit , lisse, et n'a que peu ou point de circonvolutions. Remarquons que, chez les Insectivores , le .système nerveux ( et particulièrement l'encéphale) olfre les mêmes caractères, et présente en général la plus grande analogie avec celui des Ron~ geurs ■ fait qui confirme pleinement , et qui même pourrait au besoin établir ce que nous disions tout à l'heuro des rappoits intimes qui lient entre eux les Insectivores et les Rongeurs.

Le système nerveux, dont l'élude* été depuis quelques années poursuivie avec tant d'ardeur par les analomistcs , mais en même temps si négligée par les zoologistes, est l'un des systèmes où se lisent avec le plus de netteté les conditions essentiellesde l'organisation , parce que nul n'a des rapports physiologiques et anatomiqu.es plus multipliés; parce que toutes modifications dans les habitudes et les conditions vitales d'un être, sont nécessairement en rapport avec l'organe central de la vie , et que le ceiveau en porte, pour ainsi dire, l'empreinte. Sans doute une classification fondée uniquement sur les modifications du système nerveux, serait tu*

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vicieuse, comme l'est toute classification basée sur un caractère exclusif; mais il nous semble que, des belles recherches entreprises depuis quelques années par plusieurs analomistes illustres, on pourrait dès aujourd'hui déduire ce fait zoologique lièwmportant, que chacune des grandes divisions d 'une classe de Vertébrés , tous ses ordres , peul-être même ses familles, présentent dans certaines parties de leur encéphale des modifications qui peuvent servir à les caractériser, et ont, si l'on peut s'exprimer ainsi , leur constitution cérébrale propre, de même que toutes les grandes divisions du règne animal peuvent être caractérisées par les modifications de l'ensemble de leur système nerveux.

Ce fait, que nous uous proposons d'établir par un travail spécial , aurait pour premier résultat de nous permettre d'apprécier les véritables rapports de ces êtres désignés ordinairement sous le nom d'Anomaux, et que l'on a si souvent introduits dans des familles auxquelles ils n'appartiennent pas, et dont ils empêchent qu'on ne puisse assigner avec rigueur et précision les caractères et les limites : tels sont l'Aye-Aye parmi les Rongeurs, l'Ornithoi hyuque et les Echidnés parmi les Edentés, et une foule d'autres. (is. G. 8T.-H.)

ROPALOCÈRES ou G LO BU LI- CORNES, ins. Duinéril désigne sous ce nom une famille rie Lépidopières composée des genres Papillon et Hespérie. f. ces mots. (g.)

* ROPALOMÈRE. Ropalomera.

ins. Genre de Diptères établi par Wietlmaun dans ses dnalecta enlomologica, Kilix, i824, et appartenant à la famille des Alliéricères, tribu des Muscides. Il le caractérise de la manière suivante : antennes rabattues, composées de trois articles , le dernier comprimé , ovale , portant à sa base une soie un peu plumeusc ; palpes en massue comprimée ; hypostome tuberçulé; cuisses renflées; ailes couchées ..sur le corps dans le repos, el parallèles. L'espèce qui sert de

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type à ce genre est le Dictya clavipes de Fabricius. (g.)

ROP AN. moll. Voici une Coquille sur laquelle il serait intéressant d'avoir quelques nouvelles observations.

Adanson (Voy. au Sénég. , pl. 19, fig. 2), auquel on en doit la première connaissance, a laissé dans sa description et sa figure des points douteux , de telle sorte que l'on ignore si elle doit faire partie des Tarets , comme le croit Lamarck, ou des Pholades , comme le dit Bosc , ou des Gastrochênes ou Fistulanes , comme le pense Blainville. L'opinion de ce dernier paraît la plus probable ; on ne peut cependant l'adopter de préférence à celles des autres auteurs. Il faut donc pour se décider attendre de nouvelles observations. (d..h.)

ROPHITE. Rophi/es. iiïs. Genre de l'oi dre des Hyménoptères , section des Porte- Aiguillons , famille des Mell itères , tribu des Apiaires , établi par Spinola et adopté par Litreille avec ces caractères : corps assez allongé ; tête assez grosse , ayant trois petits yeux lisses presque en ligue liansverse sur le vertex. Antennes filiformes , brisées et de douze articles dans les femelles , simplement arquées, à peu près de la longueur de la moitié du corps et de treize nilicles dans les mâles; le premier long; le second petit ; les autres cylindriques , presque égaux entre eux.

Labre court; mandibules étroites, pointues , bidentées. Mâchoires recourbées conjointement avec la lèvre et formant une sorte de trompe ; palpes de forme presque identique ; leurs articles grêles et linéaires ; les maxillaires de six articles presque cylindriques , le premier et le second un peu plus longs et un peu plus gios que les autres; le troisième et le quatrième plus petits; les cinquième et sixième tres-minces , celuici plus court : palpes labiaux de quatre articles ; le premier et le second égaux entre eux, un peu coucaves à leur partie antérieure et servant de gaînc à la lèvre : le troisième

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de moitié plus court que le précédent , aplati; le quatrième très-court, obeonique, inséré sur le côté extérieur du précédent. Corselet globuleux ; ailes supérieures ày>rit une cellule radiale à peine i étrécic depuis son milieu jusqu'à sou extrémité, Celle-ci ne s'écartanl pas de la côte, et trois cellules cubitales ; la première un peu plus longue que la seconde qui est très-rétrécie vers la radiale et reçoit les deux nervures récurrentes; la troisième commencée, tracée presque jusqu'au milieu de l'espace qui est enlie la seconde cellule cubitale et le bord postérieur de -l'aile. Abdomen assez long , ovale , composé de cinq segmens outre l'anus dans les femelles, en ayant un déplus dans les mâles. Pâtes assez grandes.

On ne connaît qu'une espèce de ce genre , à laquelle Spinola a donné le nom de Rophite a cinq épines , Rophites quinque-spinosa , 1ns. Ligur. , fasc. 2, p. 7a, n. 5o? — Latr., Gcn.

Crus t. et Jus. Longue de quatre lignes, noire; segmens de l'abdomen bordés de blanc. On la trouve dans le midi de la France et rarement aux environs de Paris. (g.)

ROPOURIER. Ropourea. bot.

ph an. Genre établi par Au blet (Guian., 1, p. 198, t. 78) et appartenant à la Pcntandrie Monogynie. Le calice est monosépale à cinq divisions arrondies , velues intérieurement , glabres à l'extérieur; la corolle inonopétale à tube court et à limbe à cinq lobes arrondis; les cinq étamines alternes avec les lobes de la corolle et ayant leurs filets velus. L'ovaire est libre, tout couvert de poils roux ; il se termine à sou sommet par un style qui

Eorte trois ou quatre stigmates suulés. Le fruit est une baie charnue, jaune, velue, de la grosseur d'un œuf de Poule, à quatre loges, contenant un grand nombre de graines envirounées d'une pulpe douce et jaunâtre visqueuse , que les créoles mangent avec plaisir. La seule espèce qui forme ce genre {Ropourea guianensis , Aublet , loc. cit. } , est

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un Arbrisseau de douze à quinze pieds , dont les rameaux noueux portent des feuilles verticillées , imparipinuées très-longues. Les fleurs sont sesniles et naissent en grand nombre à l'aisselle des feuilles. Ce genre paraît avoir quelques rapports avec la famille des Térébinthacées. (a. b.)

ROQUET, mam. Petite variété de Chiens. V. ce mol. (b.)

ROQUET, reït. saur. Syn. de Mabouya. V. ce mot. (b )

ROQUETTE, ois. Syn. vulgaire de Perdrix de montagne. V. Perdrix. (DR..Z.)

ROQUETTE. Eruca. bot. phan.

Genre de la famille des Crucifères et de la Tétradynamie siliqueuse , établi par Tournelort , puis réuni par Linné au Brassica. La plupart des auteurs modernes l'ont rétabli ; mais on y a introduit des Crucifères qui appartiennent à d'autres genres. Ainsi Y Eruca- Barbarea de Lamaick est fondé sur VErysimu/n Barbarea , L., qui est maintenait le type du genre Barbarea de De Candollc. \JEruca syluestris , Lamk. , est synonyme de Brassica Erucastrum , L. ; mais la Plante figurée sous le même nom à'Eruca syluestris par blackwell ( Herb., tab. 366 ), se rapporte au Sisymbrium tenuifolium , L. Enfin plusieurs espèces de Brassica ont été placées parmi les Eruca par divers auteurs. Le genre Roquette , restreint à trois espèces par De Candolle (Syst. ï'eget., 2 , p. 636), offre les caractères essentiel* suivans : calice dressé ; pétales dont le limbe est obové; étamines libres, non denliculées; silique ovale-oblongue , à deux loges , à deux valves concaves, lisses, terminée par un bec ensiforme, lequel ne contient pasde graineet est à peine plus court que les valves ; graines globuleuses, à cotylédons conduplîqués. Ce genre se distingue du Brassica par son port ainsi que par son style ensiforme presque foliacé, caractère qui le rapproebe des Vellées^ et auquel se joignent d'autres tirés

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de la structure de la silique (silicule) presque ovale , à valves concaves et à large cloison, et ses pétales veinés.

La Roquette cultivée, Eruca saliva, Lamk. ; Brassica Eruca, L., a un tige haute de cinq déçijnèlres, velue et rameuse, garnie de feuilles longues , péliolées , lyrées , ou ailées avec un lobe terminal, grand et obtus. Les fleurs sont d'un jaune cilrin fort pâle, marquées de veines violettes ou noirâtres. Celle Plante croît dans les champs et les lieux incultes de l'Europe auslrale et de l'Afrique boréale. Cultivée dans les jardins, elle a produit un grand nombre de variétés. C'est une Herbe douée d'une saveur acre , exhalant par le froissement une odeur fétide, excitan'e, et usite'e comme condiment dans les salades. Sa graine, acre et rubéfiante, passait autrefois pour aphrodisiaque.

On a encore appelé :

Roqcette batakde, le Roseda luteola.

Roquette de mes , le Bunias Ka- Jcile , L.

Roquette sauvage, le Sysymbrium tenuifolium , L., etc. (b.)

RORELLA. bot. phan. (De Candolle.) F- Drosère.

RORIDA. bot. phan. Rœmer et Schulles {Syst. Veget., 3, p. i5) ont propose ce nom générique pour remplacer celui de Roridula imposé à une Plante d'Egypte par Foiskalil ; mais cette Plante avait déjà été réunie nu genre Cleome par Delile qui l'avait décrite et figurée (Flore d'Egypte, tab. 56, f. a) sous le nom de C. droserifolia. (g..n.)

RORIDULE. Roridula. bot. pu an.

Genre de la Pentandrie Monogyuie, faisant partie de la famille des Droséracées. Il offre un calice formé de cinq sépales simples ; une corolle de cinq pétales sans appendices; cinq étamines dont les anthères à deux loges s'ouvrent chacune par un pore à leur sommet et inférieurement se

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terminent en un appendice calleux. Le style est simple et porte un stigmate trilobé. Le fruit est une, capsule à trois loges , s'ouvrant en trois valves et renfermant en généial une seule graine dans chacune d'elles. Le Roridula dentata , L., Lamk., 111. , lab.

i4i , f . i , seule espèce de ce genre, est un pelit Aibusle originaire du cap de Bonne Espéi ance , d'un à U ois pieds d'élévat;on , ayant des feuilles très-rapprochées , linéaires , ciliées et glanduleuses sur les bords.

Le genre Roridula de Forskahl se rapporte au Cleome. V. Robida.

RORIPA. bot. PHAN.Scopoli (Flor.

Carniol. , éd. 1, p. hio) avait formé sous ce nom un genre sur le Sisymbrium amphibium, L. , que De Çaiidollc a placé parmi les îyasturttuin. V. ce mot. (g..n.)

RORQUAL, mam. Espèce du génie Baleine. F. ce mot. (B.)

ROS SOLIS ou ROSSOLIS. bot.

pu an . Noms vulgaires du genre Drosera. K. Drosère. (a.b.)

ROSA. bot. phan. V. Rosier.

* ROSACÉE (corolle), bot. phan.

On appelle ainsi une corolle polypétale régulière formée de quatre à cinq pélalesà onglet très court et étalés régulièrement eu foime fie rose , comme dans les Poteitlilles , les Fraisie:s,en un mot dans toutes les Plantes qui d'après celle forme de corolle ont reçu le nom de Rosacées. (A. B.)

ROSACÉES. Rosaceœ. bot. phan. L'une des familles les plus grandes, les plus naturelles et les plus importantes du règne végétal, qui tire son nom de la Rose qui peut en êtie considérée comme l'un des types. Voici les caractères généraux qui distinguent les Piaules de celle famille : le calice est monosépale , plan ou ttibulé , à quatre ou cinq divisions persistantes, simple ou accompagné d'un calicule extérieur et soudé avec le calice et à cinq divisions; la corolle qui manque rarement se compose de quatre à cinq

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pétales réguliers très-courlement onguiculés , insérés ainsi que les étainiues à la partie supérieure du tube calicinal sur uu disque qui en tapisse les parois ; les étamines généralement en grand nombre sont libres et dressées. Les pistils ofi'renl un grand nombre de modifications ; ils sont quelquefois solitaires et placés au ibnd du calice ( Prunus , Amygdalus , etc.). Quelquefois on en trouve deux dans un calice tubuleux ; d'autres fois un grand nombre sont placés sur un renflement particulier du réceptacle, qu'on a nommé gynophore, et qui souvent s'accroît considérablement après la fécondation ; dans certains genres , les pistils se soudent entre eux et forment une capsule à plusieurs loges, ou bien ils se soudent entre eux par leurs parties latérales et avec le calice par leur partic externe. Chacun de ces pistils ou carpelles est à une seule loge , qui contient tantôt un, tantôt deux ou plusieurs ovules, diversement placés.

Le style ordinairement latéral , quelquefois même basilaire , se termine par un stigmate simple et dilaté. Le fruit offre autant de modifications variées que les pistils. Il est tantôt solitaire, simple, tantôt multiple ; c'est quelquefois une drupe , quelquefois une niélonide ou pomme, d'autres fois une capsule à plusieurs loges, une réunion d'akènes placés dans l'intérieur d'un calice tubuleux devenant quelquefois charnu , ou une sorte de capitule formé d'akènes ou de petites baies monospermes placés sur un réceptacle charnu. Les-graines placées dans chaque carpelle sont solitaires , géminées ou en plus grand nombre, tantôt dressées , tantôt renversées ou latérales .; elles se composent en général d'un embryon à cotylédons charnus , immédiatement recouvert par le tégument propre de la graine ; très-rarement cet embryon est accompagné d'un endospei me»

Les Plantes qui composent cette famille varient beaucoup daDs leur port; ce sont ou de trèsrgrands Arbres , des Arbrisseaux ou des Arbus-

tes, ou enfin des Plantes herbacées , annuelles ou vivaces. Leurs feuilles sont alternes, simples ou composées; toujours accompagnées à leur base de deux stipules foliacées , qui assez fréquemment sont adhérentes avec le pétiole. Les fleurs sont extrêmement variées dans leur mode d'inflorescence.

Cette famille par le grand nombre des genres qui la composent et surtout par les modifications nombreuses et importantes qu'ils présentent dans la disposition de leurs carpelles et la structure de leurs fruits, est une de celles qui se prêtent le plus facilement à se diviser en groupes secondaires ou tribus, tellement naturels et tranchés , que quelques auteurs n'ont pas balancé à les considérer comme autant de familles distinctes.

La plupart de ces groupes avaient été primitivement indiqués par l'illustre auteur du Gênera Plan/arum , qui avait partagé la famille des Rosacées en sept sections , pour la plupart trèsnaturelles. Le professeur Richard a mieux défini et mieux caractérisé ces tribus , et enfin De Candolle , dans le second volume de son Prodrome, a donné un tableau général des tribus, des genres et des espèces dont se compose cette famille. C'est le travail de ce savant professeur que nous adopterons comme base des tribus et des genres établis parmi les Rosacées.

I" Tribu. — Ciihysobalanées, R. Brown.

Robert Brown, dans sa Dissertation sur les Plantes du Congo, avait pro-

fioséde faire du genre Clirysobalanus e type d'un ordre distinct , sous le nom de Ckrysobalanées. Le professeur De Candolle en a fait la première tribu des Rosacées , qui offre les caractères suivans : l'ovaire est simple , libre, contenant deux ovules dressés ; le style est latéral et naît presque de la base de l'ovaire; les graines sont généralement solitaires par avortement; les fleurs sont plus ou moins irrégulières. Les genres de cette tribu sont : Chrysobalanus , L.; Moquilea

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Aublet ; Couepia , id. ; Acioa , id. ; Parinarium, Juss.; Gra/igeria, Commeis. ; Licania, Aublet; Thclyra, Du Petit-Th.; Hirtella, L. Ce soot des Arbres ou des Arbustes originaires des régions intcrtropicales , ayant les feuilles simples et entières. Dans le genre Hirtella , Gaertner a décrit un endosperme charnu.

IIe Tribu. — Amygdalinées, Juss.

ou Dhupacées.

Cette tribu se dislingue très-facilement de toutes les autres par ses fruits qui sont des drupes charnues , contenant un noyau osseux , qui renferment une ou deux graines. Ce sont des Arbres ou des Arbustes à feuilles simples, à fleurs blanches ou rosées.

Un Irès-grand nombre de ces Plantes contiennent dans leurs diverses parties une quantité plus ou moins notable d'acide hydrocyanique ; d'autres laissent écouler un liquide visqueux qui se solidifie et forme une véritable gomme. Les genres de cette tribu sont : Amygdalus, Tourn. ; Persica , id. ; Armeniaca, id-; Prunus , id. ; Cerasus , Juss.

III* Tribu. — Spiréacees , Rich.

Les carpelles se réunissent , se soudent plus ou moins intimement en une capsule à plusieurs loges , contenant chacune de deux à quatre graines et s'ouvrant chacune par une suture longitudinale ; le calice est persistant et les graines sont dépourvues d'arille. Les espèces qui composent cette tribu sont des Arbustes ou des Plantes herbacées. Voici les genres qui y ont été réunis : Furs/iia , D. C. ; Kerria , id. ; Spirœa , L.; Gillenia, Mœnch.; Neillin, Don.; Kagenekia , R. et Pav. ; Quillaja , Juss.; Vauquelinia . Correa ; Lindleya , Kunth.

IVe Tribu. — Neuhadées , D. C.

Le calice est brièvement tubulé.à ça base et adhérent avec l'ovaire; son limbe est à cinq divisions incombantes ou valvaires ; la corolle est formée de cinq pétales; les étamines «put au nombre dè dix. Le fruit est

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une capsule déprimée à dix loges monospermes. Deux genres entrent dans cette tribu , le Neurada et le Grieluin. Selon Jussieu ce groupe a de l'analogie avec les Ficoïdées ; mais l'absence de l'endospeime , la forme de l'embryon et les feuilles non charnues , l'en distinguent facilement.

Ve Tribu. — Fragaiuacées , Rich.

Calice à quatre ou cinq divisions profondes et valvaires , souvent accompagné extérieurement d'un calice soudé et lobé ; corolle de quatre à cinq pétales; étamines nombreuses ; carpelles en grand nombre, monospermes , réunis sur un gynophore commun, secs ou charnus. Plantes herbacées ou Arbustes à feuilles généralement composées : Dry as, L.; Geurn, id. ; Waldstei'iia , Willd. ; Comaropsis , Rich.; Rubus , L.; Cylactis , Rafin. ; Dalibarda , L.; fragaria, Tourn.; Putentilla, Nest.; Sibbaldia , L.; Agrimonia , L.; Aremoaia, Neck. ; B rayera , Kunlh.

VIe Tribu. — Sanguisorbées , Juss.

Fleurs ordinairement polygames et dioïques ; calice à trois ou cinq lobes valvaires, tubuleux inférieurement , resserré vers sou sommet et contenant un ou deux carpelles ; corolle de quatre pétales , quelquefois nuls; étamines en même nombre que les lobes du calice ; stigmates souvent pénicilliformes. Les fruits consistent en un ou deux akènes placés au fond du calice , qui les recouvre : Cercocarpus , Kunth et Hurnb. ; Alcâimilla, Tourn.; Cephalotlius, Labill. ; Margyricarpus , 11. et Pav. ; Polylepis , R. et Pav. ; Acœna , Vahl ; Sanguisorba , L. ; Poterium, L.; Cliffortia , L.

VIIe Tribu. — Rosées, Juss.

Cette tribu ne se compose que du seul genre Rosa. Elle se distingue surtout par son calice tubuleux , urcéolé, hérissé de poils roides intérieurement et portant sur ses parois un nombre variable de carpelles monospermes , distincts , qui deviennent

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autant d'akènes et recouverts par le tube du calice qui s'est épaissi et est devenu charnu.

VHP Tribu. — Pomacées. Rich.

Le calice est tubulcux, urcéolé à son sommet, contenant de trois à cinq cai pelles qui se soudent entre eux it avec le calice et qui conlictinenl chacun deux ou plusieurs graines placées à leur angle interne. Le calice en devenant charnu recouvre les carpelles et forme l'espèce de fruit que l'on nomme Mélonide , et chaque carpelle est ou cartilagineux ou osseux. Les genres de celle tribu se, composent d'Aibi es ou d'Arbrisseaux à leuilles simples ou composées : Cralœgus, Lindl.; Rapliiolepis , id.; Chaîna: mêles, id ; P/io/i/iia, id.; Erivbotiya , id.; Co/uneat/er, Me.lilt. ; Amelanchier , Medik.; Mespilus, Lindl. ; Osteomeles , id. ; Pyrus, Lindl.; Cydonia , Tourn.

Telles sont les huit tribus établies parmi les genres qui composent la famille des Rosacées. Celle famille a de très-grands rapports avec les Légumineuses et surtout avec la tribu des Césalpiniées , à tel point qu'il devient fort difficile de tracer nettement la limite qui existe entre ces deux grandes familles Néanmoins voici les différences principales indiquées par le professeur De Candolle ( Mém. Légum., p. i4o). Les Légumineuses oui les étamines ou les pétales souvent soudés entre eux, et les Rosacées toujours libres. Les premières ont le plus souvent ces organes insérés vers le bas du calice et les dernières vers le haut. Le calice est presque toujours libre de toule adhérence avec l'ovaire dans les Légumineuses , il est souvent soudé dans les Rosacées.

Le pistil e>t ordinairement réduit à un seul carpelle dans les Légumineuses, et composé de plusieurs dans les Rosacées , etc. , etc. La famille des Rosacées, surtout par sa tribu des Pomacées, a aussi des rapports avec les M\rtacées; mais celles-ci ont l'ovaire constamment infère ; les feuilles opposées et ponctuées dis-

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