‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 2)Chapitre 262 sur 274 · V. Cobalt · texte numérisé non relu

V. Cobalt

* ROTHGULTIGERZ. min. La mine d'Argent rouge, ou l'Argent antimonié sulfuré. (g. del.)

* ROTHHOFFITE. min. Sorte de Grenat brun , ferro-caleaire , analogue à l'Aplome, et que l'on trouve dans le gîte de Fer oxidulé de L.ingbanshyttanen Suède. Il a été analysé par Rothhoff. V. Gkenat. (g. del.)

ROTHIA. bot. pu an*. Deux genres île lu famille des Synantbérécs ont reçu primitivement cette même dénomination. Le premier ne fut qu'une .substitution opérée en 1791 parSchrel>er, au nom de Voiglia pioposé par Roth en 1790. Le second genre Rolliia a été ciéé par Lamarck en 1792; mai» il est le même que V Ilymenupappus de L'Héritier, f. ce mot. Quant au Jiol/iiu de Scbreber , admis par Sprengel , il appartient à la tribu des Laclucécs ou Cbicoracécs , et se rapproebe tellement de \ Andryala , qu'on ne le considère que comme une simple section de ce dernier genre.

Cassini a l'ait voir d'ailleurs que les caractères essentiels attribués au genre Rolltia , ont été mal saisis par les auteurs, puisqu'ils les faisaient résider dans 1 absence de l'aigrcttqaux fleurs marginales, ce qui n'est qu'un cas accidentel , et par conséquent impropre à fonder une distinction générique. Cependant , telle était l'importance que Gacrlner altacbait à l'absence de l'aigrette, qu'il a classé les fiol/iia dans une section des Cbicoracées , caractérisée par ses fruits dissemblables, et les Andryala dans une autre section, caractérisée par ses fruits uniformes. Cassini a observé que les ovaires des fleurs marginales sont enveloppés par les folioles de l'involucre , de manière à gêner la croissance de l'aigrette , et a causer son avortement en tout ou en partie.

Il résulte de ces observations que les espèces du geni e Rolliia de Sclireber doivent rentrer à litre de section paimi les Andryala , sous les noms d'y/. Rolkia , A. runcinala et A. sinuata. Ces Plantes croissent dans la région méditerranéenne, et sont remarquables, de même que les autres Andryales,parleduvet qui les couvre, et qui est formé d'une multitude de poils fins , disposés en étoile.

Le nom de Rolliia se trouvant sans emploi , Persoon^ Endii rid . a, p. 658) l'a imposé au genre Dillwynia de Roi h , qui est totalement différent du Dillwynia de Smith; il appartient, comme ce dernier, à la, famille des

Légumineuses; mais il a élé placé par Le Candollc dans la tribu des Pbaséolées, tandis que le vrai Dillwynia appartient aux Sopborées. Voici ses caractères essentiels : calice quinquéfide; les deux divisions supéiieures accolées, en forme de faulx et en voûte , déprimant l'étendard qui est renveisé; corolle papillonacée , à carène bicipitéu ; dix élamines monadelpbes ; la gaîne un peu ouverte par le dos; gousse linéaire ensiforme et renfermant plusieurs graines rénifoi mes.

Le Rolltia trifoliala, l'ers.; Dillwynia prostra/a , Rolb , Catal. bot. 5 , p. 71; Glycine Itumifusa , Willd., Cleome prostrata , /Vu/7. A mit., est une Hcibe couebée, a feuilles ebarnues, luisantes et ovales, à fleurs presque solitaires , d'abord d'un jaune de soufre, puis rougeAtres. Sa patrie n'est pas connue. (G..N.J

* ROTHKDPFERERZ. min. (Werner.) y. Ct;ivn£ oxidulé.

ROTH M AN NI A. bot. phav.

Tbunberg (Ad. Jlolm-, 1776» P- 65, fig. 2) avait décrit et figuré sous le nom de Rolhmannia capensis une Plante du cap de Bonne-Espérance , qu'il considérait comme le type d'un nouveau genre , mais qui a été îéunie au Gardénia par Linné fils. V ■ Gardéme. (o..N.)

ROTHOSSITE. min. r. Ghenat.

ROTIE, moll. Nom vulgaire et marcbai:d du Murex ramosus quand ses pointes sont parfattemcnlcolorées en brun. (b.)

ROTIFÈRE.Micn. On trouve dans les Dictionnaires d'Histoire naturelle que c'est le nom d'une Vorticelle. En effet, Spallanzani surtout donna, sous cette dénomination, une grande célébrité à un Microscopique placé par Millier entre les Vorticelles , mais qui en diffère au moins autant qu'une Autruche diffère d'un Brochet. C'est ce que ne veulent pas concevoir les naturalistes qui s'occupent de Microscopiques d'après des livres et des estampes , ou ce que leur en content de mémoire de.«îauteurs qui

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prennent une Ephidalie pour une Alcyonelle, mais que reconnaîtront sans peine les observateurs de bonne foi , et qui, ne croyant pas avoir la science infuse, se donnent la peine de descendre dans les pelits maisimportans détails delà nature. Les Rotifères de ceux qui en ont tant écrit, et que beaucoup n'ont pas vus , ne sont pour nous qu'un Microscopique, type du genre Ezéchiéline , et de l'ordre des Rotifères. V. ce mot.

ROTIFERES. Rotiferœ. mjcr. Ordre cinquième de la classe des Microscopiques {V. ce mot), composé d'Animalcules à peu près invisibles à l'œil nu, et rapprochés par des rapports si naturels, qu'on ne peut subdiviser cet ordre en familles. Ses caractères sont : corps évidemment contractile, non couvert d'un test intimement adhérent, s'allongeant antérieurement en une sorte de tête lobée , dont les lobes, entourés de cirres , violemment vibratiles , présentent, à la volonté de l'Animal , l'apparence de véritables roues indépendantes, qui font tourbillonner l'eau.

Nous avons adopté le nom de Rotifères , quoique insuffisant , parce qu'il est celui sous lequel on en fit connaître les premières espèces observées.

D'autres Microscopiques , dans l'ordre des Grustodés , sont aussi munis de ces organes rotatoircs singuliers qui méritèrent l'attention des observateurs, qui préseutent un jeu si extraordinaire , dont ou a essayé de démontrer le mécanisme et que nous regardons comme un système respiratoire ou des espèces de branchies, tout en avouant n'y .rien comprendre de bien positif.

L'ordre des Rotifères fut créé par le grand Lamarck comme une simple section , la deuxième entre les Polypes vibratiles: ily confondaitles Vorticelles , les Furculaires , les Urcéolaircs qui , n'ayant que des cirres vibratiles, ne présentent pas de véritables organes rotatoires, avec les Crachions dont plusieurs ont bien effectivement des rotatoires , mais

qui étant aussi munis de tests trèsévidens comme les Crustacés branchiopodes, avec lesquels ils présentent les plus grands rapports, se dirigent vers une classe bien différente de celle vers laquelle tendent les Rotifères non testacés. « Qu'on substitue, avons-nous dit dans un Essai sur la classification des Microscopiques, desappendices tenlaculi formes, aux cirres vibratiles des rotatoires de ces Animaux , on aura des Animaux semblables, pour la forme , à des Alcyonelles , à des Plumalelles , à des Tubulariées , en un mot , à de ces Polypes véritables , par lesquels on arrive à la vaste classe des tribus Psychodiaires pour s'élever aux Animaux rayonnes. » Mais ces Polypes Psycho.diaires sont pourtant , tout visibles à l'œil désarmé qu'ils puissent être , beaucoup moins avancés dans l'animalité, que ne le sont les Rotifères.

Ces appareils tentaculaires , dont ils sont ornés , sont absolument de la même nature que le reste des parties ; ce ne sont que des modifications de formes apportées à une masse homogène où la surface absorbe les fluides qui servent à leur entretien et à leur conservation. La respiration et la nutrition s'y font par tous les points de la surface où chaque molécule est une possibilité de reproduction. Dans les Rotifères au contraire, où l'absorption doit, à la vérité, jouer un rôle, la nature a déjà ajouté des organes qui en diminuent l'importance. Les rotatoires formés de cir-^ res déliés présentent déjà la plus grande analogie avec l'appareil branchial ; une circulation y est évij dente, car un cœur s'y dessine. Si nos moyens de grossissement étaient suffisans, nous verrions sur chaque ciliure agitée quelque analogue du sang s'y venir mettre en communication avec l'air respirable. <c Eu arrivant à cette section des Rotifères , disait le Linné français , les progrès de l'animalisalion sont si marqués, que tous les doutes sur les caractères classiques cessent complètement à l'égard de ces Animaux; en effet , tous les

Rotifères ont une bouche éminemment distincte quoique contractile ; elle est même tellement ample, qu'il semble que la nature ait l'ail de grands efforts pour commencer l'orgaue digestif par cette ouverture essentielle. » En reconnaissant avec Lamarck une bouche caractérisée dans les Rotifères , nous ne croyons pas que les rolatoires y soient positivement appropriés. Ces rotatoires, en faisant tourbillonner l'eau autour de la bouche, attirent, à la vérité, de plus petits Microscopiques formant la nourriture habituelle des Rotifères; mais comme pendant leur agitation on voit un organe intérieur de plus en plus dessiué et très-distinct de ce qu'on peut regarder comme un tube intestinal qui parcourt la longueur du corps, être so'u mis à un mouvement prononcé de systole et de diastole, nous regardons Cet organe comme un véritable cœur central, et les rotatoires, encore une fois, comme des organes respiratoires, c'esl-à-dire comme des ébauches de blanchies par paires symétriques. Ainsi les Rotifères sont plus avancés à cet égard que les Insectes, qui n'ont pas de coeur véritable , quelque fonction qu'on attribue à leur vaisseau dorsal.

On sent bieu que des êtres déjà si compliqués ne peuvent plus être l'effet de généiations spoutanées , que déterminent nécessairement de merveilleuses, mais simples lois d'afiinité, auxquelles obéissent les molécules des diverses espèces primitives de Matière. \V. ce mot.) Ou sent encore que pour se perpétuer, les Rotifères ne sauraient être réduites à la condition de ïomi pares, et si des sexes ne s'y montrent point encore, on doit commencer à y voir des ovaires et des gemmules propagatrices que l'Animal produit en lui-même, et qu'il émet pour se reformer, s'il e^t permis d'employer celte expression. Tous les Rotifères sout aquatiques; la sécheresse les lue promptement , et l'on doit deviner , par ce que nous avons dit de leur complication organique , He^leur cœur et de leurs branchies,

qu'il n'y a pas plus en eux possibilité de résurrection après la mort que chez tout autre Animal où la respiration est une condition indispensable d'existence. Cependant , sur des observations mal faites el mal refaites , on imprime depuis un siècle que les Rolifères desséchés , privés long-temps d'eau , demeurés comme morts au fond des lieux où l'on en conservait, revivent aussitôt qu'on les remouille. Il n'est pas de moyens que nous n'ayons employé pour arriver à un tel résultat , nous n'y sommes jamais parvenu. Nous avons quelquefois , en trempant des tuyaux de F rigane longtemps desséchés , ou eu remettant de l'eau clans des vases remplis de sédimens d'Animalcules , long-lemps entassés sur nos fenêtres , retrouvé des Rotifères avec beaucoup d'aulrcs Animalcules , mais ils n'y ressuscitaient pas; ils s'y développaient comme les Daphnies et autres petits Fnlomostracés dont les ovules sont demeurés dans le sol et aptes à éclore dès que la saisou pluvieuse ramène le fluide nécessaire à leur développement. Depuis vingt aus , nous réitérons celte assertion , niais on y revient encore , parce que les personnes qui font du microscopisrne , copient les œuvres de Spallanzani que leur rabais en librairie met dans toutes les mains, ou dont on trouve des passages textuellement transcrits dans les livres faits à coups de livres qui par malheur sont ceux qui se répaudent le plus.

Cinq genres composent la famille et l'ordre des Rotifères , savoir : Folliculine , Bakérine , Tubicolaire , Mégalotroche et Ezéchiéline. Le premier seul ayant été traité à sa place alphabétique dans ce Dictionnaire, nous allons nous occuper des autres dans un article où leur rapprochement fera mieux saisir les rapports qui les unissent et les différences qui les séparent.

BakéhiN£ , Bakeriiia. Nous aviom; regardé l'espèce qui fait le type de ce genre comme une espèce de Folliculine, d'après la ligure cl la des-

eription qu'en donna Baker dans son Emploieraient du microscope. Nous concevions cependant des doutes sur le classement de ce singulier Animal.

Ayant eu depuis occasion de l'observer vivant , nous avons senti la nécessité d'en former un genre particulier qui ne rentre que tout juste parmi les Holifères, puisque ses organes vibra tiles n'ont pas positivement la forme de roues , mais de plumets ou plutôt de goupillons , comme supportés par un pédicule tentaculaire , opposés et implantés aux deux côtés d'une sorte de tête; le corps, comme annelé, est contenu , mais sans paraître y être fixé , dans un fourreau transparent, antérieurement tronqué, cylinclracé dans sa longueur, un peu aminci, mais très-obtus postérieurement. En établissant ce genre dans l'Encyclopédie méthodique , nous avons appelé : Bakerina dipleripàora l'espèce qui lui sert de type {y. planches de ce Dictionnaire), Folliculina Bakéri, du présent Dictionnaire.

On peut rapporter au genre qui nous occupe, ou du moins en rapprocher, un autre Animalcule trèsvisible à l'œil désarmé , contenu dans un fourreau membraneux, brunâtre , qu'on trouve fréquemment adhérent aux filamens du Lemanea Corallina , N. , sur les Fontinales ou sur Y Hypnum ruscifolium dans les eaux pures. Les faisceaux rotatoires de ces êtres singuliers semblent établir d'un côté un passage aux antennes rameuses des Cyprides ou des Cythérées , ou bien à ce que Straus , dans un magnifique travail sur les Daphnies, appelle pieds antérieurs , et d'un autre côté, peut-être, aux cirres de certaines Amphilrites vers qui ce genre forme une transition trèsnaturelle.

Tubicolaire, Tubicolaria. Ce genre fut établi par Lamarck dans son immortel Traité des Animaux sans vertèbres. Ses caractères sont : corps contractile oblong, sans nulle apparence d'articulations dans ses parties; (contenu dans un tube fixé sur les

corps inondés, antérieurement tronqué , et par l'ouverture duquel l'Animal développe une tête munie vers le cou de deux appendices tenlaculaires, avec un rotaloireque l'Animal fait paraître bilobéou quadrilobéà volonté.

Schœlfer avait déjà décrit de tels Animaux comme des Polypes à Heurs , mais ce fut Dulrochet qui , dans un Mémoire inséré dans les Annales du Muséum, appela l'attention des savans sur leur compte. Il y indiqua des organes fortimportans , en décrivit trois espèces qu'il figura au irait , mais il crut y reconnaître des yeux portés par de petites tentacules à la manière de cei taiusMollusques. Quelque grossissement que nous ayons employé pour y apercevoir de tels organes, nous devons avouer n'y être jamais parvenu, ce qui ne veut pas dire que ce soit Dulrochet qui se soit trompé. Les trois espèces décrites par ce savant sont visibles à l'œil nu; elles habitent les eaux douces, fixées individuellement contre les racines, les tiges et les feuilles des Renoncules aquatiles, ou sur les liges des Conferves. Une quatrième espèce , découverte par feu notre ami Thore , et qu'il nous communiqua en l'an VI de la république, forme entre les Cératophylles des eaux de nos landes Aquitaniques , de petits amas souvent assez épais.

Les espèces de Tubicolaires sont donc, i° Tubicolaria {Thorii) cespitosa , subintricata , violaceu-paLlida , Encycl. tnét,. die; 2" Tubicolaire à quatre lobes, T. quadriloba ; Rolifère quadriculaire de Dutrochet {V.

fil. de ce Dictionnaire); 5° Tubicoaire blanche , T. alba , Rotifère à tube blanc de Dutrochet; 4° Tubicolaire des Conferves , T. confeivicola , Dulr., loc. cit.

MÉGAiOTROCHE, Mcgalotrocha.

Corps oblong , atténué en queue simple , subulée, anuelée mais non articulée ; n'étant contenu dans aucune ampoule, étui ni fourreau; sans tête distincte, mais se développant antérieurement en deux vastes lobes bordés de rotatoires considérables. Nous

avons formé ce genre aux dépens des incohérentes Vorticelles de Huiler.

L'Animal qui lui sert de type , déjà assez grand et visible à l'œil nu, est la Vorlicella socialis du savant danois, Micr., lab. 43, iig. 16, 20; Encyclop. méth. , Vers ill. , pl. *3 , fig. i(5-ao, et qui sera le Megalotrocha socialis , représeulé dans les planches du présent Dictionnaire. Les individus de cette Pspèce se réunissent pour former des glomérules en se fixant par la queue et en divergeant , sur les feuilles des Céralophylles , Renoncules aquatiles , et autres Plantes inondées ; nous en avons même vu quelquefois sur des Planorbes. Leur couleur est pâle ou brunâtre. Il est surprenant qu'on les ait confondus avec des Vorticelles , puisqu'ils ne sont ni urcéolés ni enfermés dans aucune enveloppe ou urcéole.

EzécjuiLline, Ezechielina. Les caractères de ce genre sont : corps allongé, cylindracé, évidemment contenu dans un fourreau musculeux, postérieurement terminé par une queue subarticulée, engainante , rétractile et tricuspidée ; antérieurement muni d'appendices tentaculaires , avec une tète distincte qui se montre parfois entre les deux lobes rotatoires tellement manifestes, que ces rotatoires paraissent souvent sous la forme de deux roues indépendantes qui tournent ordinairement avec une grande vélocité. Le nom que nous lui avons imposé est celui du Prophète qui raconte avoir distingué dans une de ses visions des Animaux qui étaient « comme des roues allant et venant où l'Éternel voulait aller. » En effet, rien de plus merveilleux que ces Rotifères dont les organes les plus remarquables manifestent la puissance infinie de la nature sous des formes tellement bizarres et inusitées , que l'observateur qui les contemple n'en saurait concevoir ni le but ni le singulier mécanisme. Ce sont ces curieux Rotifères , dont la découverte frappa d'admiration les premiers inicrographes qui confondirent en une seule plusieurs espèces fort différentes aux-

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