POL J
négligées par la plupart des physiologistes, quand les observations microscopiques du professeur Am ici de Modène , et surtout celles de notre ami et collaborateur Adolphe Brongniart dans son beau travail sur la génération des Végétaux , vinrent en quelque sorte les tirer de l'oubli. Le professeur de Modène , en soumettant à son excellent microscope le Pollen du Portulaca pilosa , avait reconnu qu'au moment où les grains sont en contact avec la surface du stigmate , leur membrane externe se rompt, et que par cette déchirure il sort un appendice tubuleux, transparent, formé par la membrane interne , et dans l'intérienr duquel il vit les granules spermatiques se mouvoir pendant l'espace d'environ quatre heures. Brongniart fils a reconnu que toutes les fois que les grains de Pollen se trouvent en contact avec la surface humide du stigmate, ou plongés dans un liquide qui détermine la rupture de l;i membrane externe , on voit la membrane interne faire ainsi sadlie à travers cette ouverture, et se prolonger sous la forme d'un appendice tubuleux plus ou moins long , quelquefois légèrement renflé à son extrémité. Il a vu aussi que les grains polliniques de \' OEnothera bicunis , qui ont une forme trigone, émettaient fréquemment deux appendices tubuleux; tandis que dans le Cucumis acutangulus la membrane interne faisait saillie par trois ou quatre points de la suiface des grains de Pollen. Ces observations faites sur le Pollen de Plantes extrêmement variées, mettent hors de doute l'existence d'une membrane interne, renfermant immédiatement les granules spermatiques et la saillie tubuleuse que fait cette membrane au moment où a lieu la rupture des grains de Pollen. L'existence de ces globules ou granules spermatiques est également incontestable, malgré l'opinion contraire émise par Kœlrcuter. Mais ces granules sont d'une telle ténuité, qu'il est extrêmement difficile d'en apprécier la l'orme. D'après ses ob-
2 58 POL
servations faites avec le microscope d'Amici , au moyen Je la Caméra lueida , et par un grossissement de io5o diamètres, Brongniart a reconnu que ces granules avaient en généial une forme sphérique , et sur un assez grand nombre de Plantes observées par lui , il a trouve que leur diamètre variait depuis '/35o jusqu'à '/875 de millimètre. Un fait non moins important, aperçu d'abord par Amici, mais constaté depuis par le jeune physiologiste français , c'est que ces granulcsjsont doués d'un mouvement spontané plus ou moins marqué. Au moyen du plus fort grossissement du microscope d'Amici (m5o diamètres), ces mouvemens sont très-appréciables, et il paraît impossible de les attribuer à aucune cause extérieure.
Dans le Potiron, dit Brongniart (Afin. Se. nat., 12, p. 45), le mouvement des granules consiste dans une oscillation lente, qui les fait changer de position respective ou qui les rapproche et les éloigne, comme par l'effet d'une sorte d'attraction et de répulsion. L'agitation du liquide, dans lequel ces granules nagent , ne parait pas pouvoir influer sur ce mouvement, puisque d'autres granules , les uns plus fins et les autres plus gros, qui sont mêlés avec eux, restent immobiles , tandis que les granules spermatiques , reconuaissables à leur grosseur uniforme, exécutent les mouvemens lents que je viens de décrire. Ces mouvemens sont encore beaucoup plus apparens dans les Malvacées où. l'on voit ces granules, qui sont oblongs, changer de forme, se courber en arc ou en S à la manière des Vibrions.
Ainsi de ces diverses observations il résulte que le Pollen se compose d'utricules de forme très-variée, tantôt lisses extérieurement, tantôt papillcux; que ces utricules sont formés de deux membranes , l'une externe, plus épaisse , l'autre intérieure, extrêmement mince; qu'au moment où a lieu la rupture de chaque grain de Pollen, la membrane interne qui \ic se rompt pas se prolonge par l'ou-
POL
vei'ture de l'externe en un appendice | tubuleux plus ou moins allongé , dans lequel viennent s'amasser les I granules spermatiques contenus dans tt la membrane iuterne; que ces gra- I nules, d'une excessive petitesse , pa- m raissent animés d'un mouvement il sponlané plus ou moins rapide. Il nous reste maintenant à examiner m l'action du Pollen sur le stigmate , ou I la fécondation. JNous devons faire re- II marquer d'abord que la manière d'à- II gir des grains polliniques sur le stigmate, varie suivant l'organisation I particulière de celui-ci. Ainsi lestig- I mate observé au microscope se corn- 1 pose d'utricules de formes variées , rapprochés et contigus les uns aux 1 autres. Tantôt ils sont nus , tanlôt ils sont recouverts par une sorte de membrane qui peut-être n'est pas 1 distincte de celle qui compose les utricules. Dans le premier cas qui est I plus fréquent , quand les grains polliniques se trouvent en contact avec 1 la surface humide du stigmate , ils se rompent, la membrane interne fait I saillie par le moyen de son appendice I tubuleux ; on voit alors cet appendice I s'introduire, s'insinuer eu quelque sorte dans les espaces interntricu- I laires et tendre à s'y enfoncer de plus I en plus, tandis qu'ils se trouvent retenus dans cette position par la I membrane externe qui ne peut, les !i suivre dans leur mouvement. Chaque il lobe du stigmate ressemble alors , se- il Ion la remarque de Brongniart , a une petite pelotte dans laquelle des épiDgles seraient enfoncées jusqu'à la u tête. Si dans cet état ou observe at- ■ teutivemeut les appendices tubuleux, m on voit que les granules spermati- il ques , qui y étaient d'abord épars , se | réunissent vers leur extrémité infé- !l rieure, qu'à une certaine époque m celle-ci se déchire , et qu'alors ces granules se trouvent en contact avec le tissu iuterutriculaire du stigmate.
Quand , au contraire, la surface externe du stigmate est revêtue d'une membrane continue, l'appendice tubuleux des grains polliniques s'applique par son cxlrémité contre celte
POL
membrane , finit par se souder avec elle, et les granules spermatiques , ^'accumulant dans ce point, en déterminent la ruplure , de manière
3u'ils se trouvent également répanus dans le tissu interutriculaire du stigmate. Maintenant comment ces molécules spermatiques si ténues cheminen l-elles jusqu'à l'ovule dont elles doivent opérer la fécondation? Par quelle voie se fait leur transport ? Ici plusieurs opinions ont été émises. Et d'abord il est important de détruire l'erreur des auteurs qui prétendent que la transmission du Pollen a lieu par le moyen de vaisseaux particuliers, dont la réunion constitue des faisceaux qu'on a nommés cordons, pistil/aires. Ces vaisseaux prétendus n'existent pas; c'est-à-dire que la communication, qui existe entre le stigmate et les trophospermes où sont attachés les ovules , a lieu par le tissu cellulaire et non par aucune espèce de vaisseau. Mais il reste encore à déterminer si la transmission des granules se fait en traversant les cellules, ou si elle a lieu par les intervalles intercellulaires. Le professeur Liuk, qui déjà avait détruit l'erreur des physiologistes touchant les vaisseaux conducteurs de la matière fécondante , avait dit que les granules spermatiques traversaient les cellules en pénétrant par les espaces intermoléculaires dont sont criblées leurs parois. Mais cette opinion paraît peu admissible ; car le plus fort grossissement du microscope qui permet de distinguer la forme des granules spermatiques, ne fait nullement reconnaître l'existence des ouvertures par lesquelles ces granules traverseraient les cellules. Mais , ainsi que l'a remarqué Brongniart, les cordons pistillaires ne sont pas composés de vaisseaux , mais bien d'un tissu cellulaire plus fin , plus coloré , formant tantôt de simples cordons , tantôt des lames plus ou moins saillantes, etqui s'étendent depuis le stigmate jusqu'aux ovules. C'est par ce tissu particulier, qu'on nomme tissu conducteur, qu'a lieu la transmission des
POL i59
granules spermatiques, non pas en traversant les parois des utricules qui le composent, comme le croyait le célèbre professeur de Berlin , mais en suivant les interstices de ces cellules. Arrivés par cette voie jusqu'au trophosperme qui supporte les ovules , les granules fécondans se trouvent mis en contact plus ou moins immédiat avec l'ouverture des tégumens de l'ovule , et par suite avec l'amande que ces tégumens recouvrent et dans laquelle l'embryon ne tarde pas à se développer. On voit, d'après cette théorie, le rôle important que jouent les granules spermatiques dans la fécondation des ovules. Ce rôle est le même que celui des animalcules spermatiques dans la génération des Animaux. La fécondation dans les Plantes présente donc les mêmes phénomènes que celle des Animaux, et offre un point de contact de plus entre les deux grandes divisions des êtres organisés. V . Génération.
Il nous reste, pour terminer cet article , à dire quelques mots des Pollens solides. Dans certains Végétaux , comme dans les Orchidées et les Asclépiadées , les granules de Pollen , renfermés dans chaque loge de l'anthère , se réunissent et se soudent entre eux , de manière à former une masse qui a en général la même forme que la cavité de l'anthère dans laquelle elle était renfermée. Tantôt ces granules sont simplement trèsrapproebés , sans qu'ils aient contracté d'adhérence entre eux comme, par exemple, dans le genre Epipactis ; tantôt ils sont réunis les uns aux autres par une sorte de matière visqueuse très-adhérente, qui s'allonge sous la forme de filamens élastiques quand on tend à séparer ces granules, ainsi qu'on le remarque dans les genres Orc/tis, Ophrys, Serapias, etc. ; tantôt enfin la soudure est tellement intime , que tous les grains polliuiques forment une masse solide, ainsi qu'on l'observe dans les Asclépiadées et les Orchidées. V. tous ces mots.
i4o POL
POLLIA. bot. ph an. Thunberg (Flora Japonica, p. 8) a établi sous ce nom un genre de l'Hexandrie Monogynie , L. , et qui paraît se rapporter à la famille des Asparaginécs.
Voici ses caractères : périanthe à six parties pétaloïdes; trois extérieures ovées , concaves , obtuses , très-grandes, alternes avec les intérieures qui sont réfléchies, très-minces, marquées de nervures, et un peu plus petites que la bractée; six étamines insérées sur le réceptacle, à filets capillaires et à anthères rlidymes ; ovaire su père , globuleux, surmonté d'un style subulé, et d'un stigmate simple et obtus; baie globuleuse, enlourée par la bractée et le périanthe persislans, très-glabre , de la grosseur d'un grain de poivre , blanche avant et bleue après la maturité, renfermant plusieurs graines anguleuses et brunes.
Ce genre, trop peu connu, ne renferme qu'une seule espèce , Pollia japonica, Plante qui croît près de Nangasaki au Japon , et qui se retrouve aussi dans l'île de Java. Sa tige est haute de deux pieds , dressée, articulée , un peu rameuse , garnie de feuilles rapprochées à la base, alternes et très-éloignées dans la partie supérieure , amplexicaules , fusiformes, et marquées de nervures longitudinales. Les fleurs sont disposées en corymbes verlicillés. (o. .N.)
POLLICATA. MAM. Illiger a formé sous ce nom un ordre de Mammifères dont le pouce est opposable, soit en devant, soit en arrière. Cet ordre correspond en partie aux Quadrumanes de Cuvier. (i-ess.)
POLLICHIA. bot. phan. Trois genres ont été ainsi nommés par divers auteurs. Aiton et Smith ont établi un genre Pollichia qui avait déjà reçu de Gmelin le nom de Ncckeria; mais comme cette dernière dénomination a été appliquée à un genre de Mousses, on doit adopter le changement du nom proposé par les auteurs anglais , et c'est celui que nous allons décrire dans cet article. D'un autre côté les deux genres Pollichia, établis
POL
par Roth et par Médikus , sont connus sous d'autres dénominations, savoir : celui de Roth , sous le nom de Galeohdolon , et celui de Médikus, sous le nom de Trichoderma. V. ces mots.
Le Pollichia d'Aiton et Smith appartient à la Monandrie Monogynie, L. , et comme il a quelques rapports avec le genre Herniaria, De Candolle l'a placé comme celui-ci dans la nouvelle famille des Paronychiées.
Voici ses caractères essentiels : calice monophylle, à cinq dents; corolle nulle, selon Schreber et Willdenow, à cinq pétales, selon Srnith; un fruit, pseudosperme porté sur un réceptacle formé d'écaillés agrégées, charnues, succulentes et simulant une baie. Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, Pollichia campestiis , Plante du cap de Bonne-Espérance, à tiges rameuses , déclinées , garnies de feuilles verticillées , linéaires-lancéolées. Les fleurs sont petites, sessiles, agglomérées dans les aisselles des feuilles.
* POLLICHIEES. Pollichieœ. bot.
phan. De Candolle (Prodrom. Syst.
Veget. natur. , vol. 3 , p. 377) a donné ce nom à une section de la famille des Paronychiées, qui ne se compose que du seul genre Pollichia. y. ce mot. (G..N.)
POLLICIPÈDE. Pollicipeda.
cjbrii. Geure établi par Leach , et adopté par la plupart des zoologistes pour les espèces d'Anatifes qui ont plus de cinq pièces. Lamarck ayant donné le nom de Pousse-Pied à ce genre, c'est à ce mot que nous le traiterons. T'. aussi Anatife. (d..h.)
POLLICIPÉD1TES. cihbh. V.
Pousse-Pied.
POLLICITOR. moll. Genre clabli par Renieri pour quelques espèces d'Alcyons , qui ne sont pas des Animaux' simples , mais des réunions d'Animaux agrégés et dont on avait formé le genre Botryllc. L'espèce qui a servi de type, est l' Alcyon Schlosseri de Gmelin, ou Botiïllus slellatus de Gaertncr. Le même auteur meu-
lionne aussi l'Alcyon pyramidatum de Bosc et deux autres espèces nouvelles , Pollicitor cristalllnus et P.
rnullissrnus. Tous ces Animaux vivent dans la mer Adriatique. (a.R.)
POLLIE. bot. phan. Pour Pollia.