V. VoRTICEIiLAITV-ES
Les Polypiers, dont il est presqu'impossible de conserver les Animaux-Fleurs ou corticaux , sont tout ce que nous pouvons posséder dans nos collections de ces êtres ambigus, généralement de la plus grande élégance , et d'après lesquels on est , dans les capitales , réduit à les étudier et à les classer. Nous avons au mot Polype indiqué d'après quelle méthode ils y peuvent être rangés le plus naturellement; nous indiquerons, en parlant du règne où nous croyons pouvoir les reléguer , leur mode de croissance. Il nous reste à dire un mot du rôle important qu'ils jouent dans la composition de notre planète. Ce sont ceux qui , probablement formés les premiers dans la nature lorsque les eaux couvraient la totalité du globe, y furent comme des essais de vie et de végétation que la puissance créatrice sépara ensuite l'une de l'autre quand elle vit , selon l'expression consacrée par le style sacré , que cela était bon , et que l'une des deux combinaisons pouvait se développer et se perpétuer sans le secours de l'autre. Des-lors les dépouilles des Polypiers se superposèrent et les couches calcaires préparèrent les continens. Ils contribuent puissamment encore aujourd'hui au départ des matières calcaires , que des facultés vitales appropriées à cette grande opération leur donnent les moyens de continuer sans effort comme sans relâche ; ils sont conséquemment les principaux agens de la diminution graduelle des eaux ; leur superposition élève le fond des mers , augmente la masse des écueils, et dans certaines parties du globe , dans la Polynésie et l'océan Pacifique surtout, l'effet de leur entasse-
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•lient est tellement rapide, que la navigation y devient foist difficile. «Les dangers qu'ils présentent, dit .Labiilardicre (ier Voyage, T. i , p.
:aiô/, sont d'autant plus à craindre, .:que les Polypiers forment des rochers i escarpes couverts par les flots , et qui une peuvent être aperçus qu'à une très-petite distance. Si le calme sur- \ vient, et que le vaisseau y soit porté ppar les couraus , sa perte est presque ^inévitable ; on chercherait eu vaiu à ise sauver en jetant l'ancre; elle ne [pourrait atteindre le fond, même i tout près de ces murs de Corail ele- \ vés perpendiculairement du fond des « eaux. Ces Polypiers , dont l'accroisr sèment continuel obstrue de plus en ; plus le bassin des mers, sont bien I capables d'effrayer les navigateurs ; i et beaucoup de bas-fonds, qui offrent ' encore aujourd'hui un passage, ne • larderont pas à former des écueils ■ extrêmement dangereux. » C'est ainsi
3ue des îles madréporiques préparent es continens, et les architectes de ces parties futures du globe sont cependant les plus frêles des créatures ui végètent et vivent dans son étenue. Cependant un besoin de se singulariser , qui depuis quelque temps tourmente les naturalistes à leur début dans la carrière, a fait soutenir dernièrement par un jeune néophyte, dont les premiers pas ont été brdlans, que les Polypiers contribuaient pour fort peu de chose à l'élévation du fond de la mer, ainsi qu'à la formation des récifs calcaires de l'Océauie.
Pendant qu'on écrivait ainsi pour taire un peu de bruit dans le monde savant, des Polypes travaillaient en silence à l'augmentation des couches du monde réel, ce qui ne veut pas dire pourtant qu'on n'ait dans plus d'un écrit exagéré l'importance du rôle c-ue remplissent les Polypiers dans 1 univers. (b.)
* POLYPILUS. bot. crypt. {Champignons.) Sous-genre de Théléphore.
P". ce mot. (b.)
POLYPITES. polyp. On a quel-
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quefois donné ce nom aux Polypiers fossiles. (b.)
*POLYPLACOPHORES. Po/yplacophora. moll. Dés 1821, Gray avait donné ce nom au dixième ordre de ses Gastéropodes pour y réunir sous la dénomination de Gymnuplax et de Ciyptoplax les genres Oscabrion et Oscabi elle. Cet ordre , dans sa classification naturelle des Mollusques , est placé entre les Patelles et les Phyllidies, ce qui est conforme à l'opinion du plus grand nombre des zoologistes. Blainville, en l'adoptant sous le nom de Polyplaxiphores , lui a assigné une toute autre place dans le Système. V . Polyplaxiphores.
POLY PLAXIPHORES. Polyplaxipkora. moll. Dans l'opinion de Blainville , les Oscabrions lormant un type d'organisatiou à part des vrais Mollusques , et intermédiaire entre eux et les Animaux articulés , il en a fait une classe séparée dans l'ordre qu'il nomme sous- type des Mollusques , et lui a donné le nom de Polyplaxiphores. Nous avons discuté l'opinion du savant anatomiste à l'article Oscabrion auquel nous renvoyons. (d..h.)
* POLYPLECTRON. ois. V. fewî-
RONNIER.
POLYPODE. Polypodium. bot.
crypt. (Fougères.) Ce genre, l'un des plus anciennement établis dans la famille des Fougères , a subi , depuis Linné qui , le premier, l'avait défini exactement , de nombreuses modifications. Linné en effet y plaçait toutes les Fougères dont les capsules sont disposées par groupes arrondis à la surface inférieure des feuilles; on a restreint avec raison ce nom aux espèces qui présentent des groupes de capsules arrondis et complètement nus , et dont les capsules, disposées sans ordres dans ces groupes, sont pédicellées et pourvues d'un anneau élastique étroit. On a donc exclu toutes les espèces à capsules sessiies et à anneau élastique large qui appartiennent aux genres G/eic/wniaK
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ou Mertensia ; celles à capsules recouvertes d'un tégument de formes variées qui constituent les genres Aspidium , Àthyrklm , Nep/irodium , Cyatliea , Pleopellis , Allantodia , ALsophila , Woodsia , etc. ; celles à groupes non circulaires, telles que les Grammitis , Meniscium , etc. ; enfin , les espèces à capsules réunies en cercles réguliers forment le genre Cyclophorus de Desvaux.
Quelques autres genres ou sousgenres ont été fondés sur la position respective des groupes de fructification , et établissent des coupes trèsnaturelles dans ce grand genre. Tels sont les genres Marginaria , Lastrea et Drynaria de Bory, et le genre Adenophorus de Gaudichaud.
Malgré ces subdivisions, le genre Polypodium lui-même est encore le plus nombreux de tous ceux de la famille di-s Fougères. 11 n'y resterait pourtant que les espèces ou le paquet de soies nus termine la nervure qui le supporte, taudis que dans le Lastrea cette nervure l'outrepasse. On en connaît près de trois cents espèces.
La plupart croissent entre les Tropiques , car l'Europe n'eu présente guère plus de trois ou quatre. Les Plantes de ce genre varient beaucoup par la forme de leurs frondes plus ou moins subdivisées, par la disposition des nervures et des capsules, caractères propres à y établir des sections très-naturelles. Les espèces du sous-genre Drynaria présentent des caractères très-remarquables. Confondues par Linné et les auteurs plus modernes sous le nom de Polypodium quercifolium , elles constituent , ainsi que notre collaborateur Bory de Saint- Vincent l'a prouvé (A.nn. des Scienc. nalur. T.v, p. 462, pl. 12, i5, i4) plusieurs espèces bien distinctes , mais qui toutes ont à la base de leurs feuilles un appendice foliacé plus ou moins profondément divisé et ressemblant à une feuille de Chêne ; on retrouve cette même structure dans quelques Acroslichum , tels, que l'A. alcicome. Ces Drynaires ont aussi ce caractère, singulier dans
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celte famille, que les feuilles sont quelquefois réellement pinnées à pinnules caduques.
Les Polypodes arborescens sont rares ; on en connaît cependant quelques espèces du Brésil , mais on doit remarquer à ce sujet que le Polypodium arboreumde Linné n'appartient pas à ce genre, mais fait partie du genre Cyathea. L'espèce la plus commune du genre qui nous occupe est le Polypodium vulgare , figuré dans tous les anciens botanistes et dans Bulliard , Plautc dont les murs sont souvent tous couverts . ainsi que les vieux arbres et les souches dans les taillis. L'ancienne médecine en ordonnait souvent la racine quanti on la trouvait sur le Cliêne. LeP. aureum, qui a le même port , mais qui est dix à douze fois plus grand, est originaire des Antilles et souvent cultivé dans les serres d'Europe.
Ce nom de Polypode fut donné spécifiquement par d'anciens botanistes, à diverses Fougères qui , la plupart , ne font plus partie du genre qui vient de nous occuper; ainsi l'on a appelé Polypode ïemeile, Y Athyrium ou Aspidiutn Fiii.r-fœmina; Polypode male , le Polys/icâum Fi.li.xmas , etc. (ad b.)
* POLYPODES. ins. On a quelquefois donné ce nom à des Insectes qui ont beaucoup de pieds, tels que les Lépismes. V. ce mot. (b.)
* POLYPODLACËES. bdt. crypt.
(Fougères.) Rob. Brown a donné ce nom à la tribu de cette famille qui a pour type le genre Polypodium , groupe qui , dans le Speciesde Willdenow avait reçu spécialement le nom de Filices. Celle division, de la grande famille des Fougères , est caractérisée parla structure de ses capsules qui sont entourées d'un anneau élastique étroil entourant presque toujours complètement la capsule , et se terminant infcrieuremenl en un pcdicclle plus ou moins long; ces capsules s'ouvrent irrégulièrement et renferment des sémiuules très fines. Cette tribu comprend un
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grand nombre de genres qui ont été énumérés à l'article Fougère , où r 1 1 » 1 1 collaborateur Bory de Saint- ^ Vincent propose de la réduire enccore aux Polypodiacées dépourvues Id'induscs , et d'en extraire les Iiyménophyllées. V. tous ce mots.
(ad. b.)
POLYPOGON. bot. ru an. Genre de la famille des Graminées et de la ITriandrie Digynie, L. , établi par [Desfontaines {Flor. Allant., i, p. 66), <. et oH'rant les caractères suivans : fleurs disposées en panicule composée, loufffue, ayant la forme d'un épi. Lépii cène unifiore, à deux val ves presque légales , légèrement échancrées et sui*imonlée^de soies beaucoup [>lus lon-
• gues que les valves de la glume ;
> celles-ci membraneuses , l'inférieure jaristée, la supérieure bifide , déniée ; sslyle profondémenl biparti ; stigmates
• velus; caryopse libre, uon sillonnée.
ILiuné avait confondu ce genre avec ! ï'Alopecurus. Wdldenow c-t Pcrsoon llui réunirent diverses Piaules dont I quelques-unes ont formé depuis les t types de genres nouveaux, lels que Ile Chœturusde Link et le Colobachne
> de Palisot-Beauvois. On compte environ huit espèces véritables de Polypo-
. gons ; elles croissent en Europe et en Amérique. Celle sur laquelle le genre a été fondé est le Polypogon moiisipeliense. , Desfont. , Plante que les a,u- 1 leurs ont à l'envi transportée dans Iles génies yJJopi.cu rus , Agrostis , . Ph Jet/m , Phularis , Cyuusurus , Panicum , VU fa ; en un mot, on n'a donné pas moins de vingt syiionyi mes à celle espèce. Elle esl assez comimune dans presque toutes les coui trées du bassin de la Méditerranée.
* POLYPORE. Poly punis, bot.
i crypt. {Champignons.) Miebeli est lie premier qui établit ce genre itlans la famille des Champignons; imais plus lard Linné le réunit au : genre Bolet. Cependant les myçogra- | plies modernes, ei entre autres Per- Rou, rétablirent le genre de Miebeli, i et lui donnèrent les caractères sui- 1 vans : chapeau de consistance variée,
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mais non charnu, ayant sa face inférieure garnie de pores nombreux, entiers, séparés les uns des autres par des cloisons simples et très-minces ; les sporules sont très-ténues et réunies eu petits glomérules. Ce genre est très-voisin îles Bolets, niais dans ceux-ci la face inférieure est garnie de tubes accolés, très-nombreux et se détachant facilement du chapeau.
Le geure Polypore se compose de plus de deux cents espèces dont les formes sont très-variées. On y a réuni les génies Favolus et Micropurus de Palisot-Beauvois, qui n'en diffèrent pas sensiblement. Tantôt ces espèces sont munies d'un pédicule, tantôt elles sont se.-sih'S ; quelquefois le pédicule est Central , d'autres fois il esl latéral , etc.
A ce genre se rappoilent plusieurs espèces intéressantes ; telles sont les suivantes : PoLYPOHE OFFICINAL ,
Polyporus officinal 'is , Fries, Syst.
1, p. 565 ; BoletusLarieis, Bull., lab. 355. Ce Champignon, qui est connu sous les noms vulgaires à! Agaric du Mélèze ou Agaric des buuliijues , est sessile, tubéreux, blanchâtre, et croît sur le tronc des Mélèzes dans les montagnes de l'Europe australe. Dans Sa jeunesse il a une forme ovoïde, allongée, et finit par prendre celle d'un sabot de cheval. On le trouve dans les pharmacies dépouillé de son épidémie; il est blanc, léger, tubéreux. C'est un violent purgatif drastique, qu'on rie doit employer qu'à des doses très-faibles, comme de deux à six grains dans le traitement des hydropisies passives. Selon Braconne-1 de Nançy , il se compose de soixante - douze parties d'une résine particulière, de vingt-six parties de matière fongueuse et de deux parties d'extrait amer. — Polyporf. Amadouvier, Pulyporus igniarit/s, Pers. ; Bolelus igniarius , tab. 454 , fig. 11 , d. Cette espèce, en forme de sabot' de cheval , est d'un brun foncé, presque lisse, brun clair à sa face inférieure; il croît sur les Cerisiers, les Pruniers les Saules, etc. Coupé par tranches cl battu, il forme l'Agaric des chi-
'9° POL rurgiens, dont on se sert pour arrêter les hémorragies des petits vaisseaux.
Ces mêmes tranches d'Agaric, trempées dans une dissolution de nitre, séchées et battues , forment l'amadou dont on se sert pour fixer l'étincelle qui s'échappe du Silex frappé avec le briquet. Les teinturiers emploient aussi ce Champignon sous le nom d'Agaric de Chêne pour préparer une teinture noire. Plusieurs espèces de Polypores sont bonnes à manger ; nous citerons ici les suivantes : Polyjioriis luberasler, Pers., Champ, coin. , 207. Celte espèce est la Pierre à Champignon des liai iens ; Polyporus uvinus , Pers. ; P. subsquamusus , id. ; P. Pes caprœ , id.; P.frondosus, etc. , et plusieurs autres. (a. b.)
POLYPREMUM. bot. i'han. Ce genre établi par Linné et placé dans la Tétrandrie Mouogynie , fut d'abord considéré comme appartenant à la famille des Scrophularinées; mais les observations de Richard et de Jussieu l'ont fait rapporter à la famille des Rubiacées. Voici ses caractères essentiels , d'après Richard {in Micht Flot: boréal. Amer, j i , p. 82) : calice tétragone à sa base , divisé supérieurement , les quatre segntens dressés; corolle dont le tube est trèscourt, la gorge barbue, le limbe rotacé , à quatre lobes arrondis ; quatre ctamines incluses, insérées sur le milieu du tube ; ovaire infère dans sa partie inférieure , libre supérieurement , comprimé , ovoïde , surmonté d'un style très-court et d'un stigmate Capité; capsule un peu plus courte que le calice , comprimée , à deux valves qui portent les cloisons sur leur milieu, à deux loges, et renfermant des graines nombreuses , anguleuses , presque rondes. Le Poiyprernutn procumbens , L. et Lamk. , lllustr., tab. 71, fig. 4; P. Linnœi , Mictrx. , loc. cit., est une Plante glabre , couchée, à feuilles linéaires, •aiguës , accompagnées de stipules sinuées - tronquées , à fleurs sessiles, ïrès-petites , placées dans les dichotomies des rameaux ou terminales.
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Celte Plante croît dans les lieux stériles de la Caroline et de la Virginie.
POLYPRION. pwis. Genre de la famille des Percoidcs , de la section où les dents sont en velours, dont les caractères sont : corps, tête, et jusqu'aux maxillaires revêtus d'écaillés durement ciliées ; des dentelures au sous - orbitaire , au préopcrcule, à toutes tes pièces de l'opercule, et à une sorte d'écaillé sur l'os de l'é-paule; une forte arête dentelée , terminée par deux ou trois pointus sous l'opercule; l'épine de leurs ventrales elle-même est dentelée. 11 y a des dents non-seulement aux mâchoires, mais au vomer, aux palatins et sur la base de la langue. Ou ne connaît encore qu'une espèce de Pol>pi ion , qui est un assez grand Poisson des mers de l'Amérique; c'est Vamcricatium de Schneider, pl. 2o5, dont Y australe , pl. 47, est un double emploi, (b.)
POLYPTÈRE et POLYPTERUS.
POIS. K. BlCHIR.
POLYPTERIS. bot. phan. Nuttall {Genêt: 0/ twrlh Amer. Plants, 2, p. 169) a établi sous ce nom un genre de la famille des Synanlhérées , qu'il a placé à la suite de VHytnenopappus, dont on le distingue par son aigrette longue et fort visible. Cette différence n'a pas semblé suffisante à plusieurs auteurs et particulièrement à Sprengel pour mériter qu'on en formât un nouveau genre. Le Polypleris integt'ifolia , Nuit., est une Plante herbacée, à feuilles alternes et entières, à fleurs disposées en corymbes , et qui croît dans la Géorgie de l'Amérique septentrionale. • (g..n.)
POLYRHIZE. bot. phan. Ce nom est , pour les botanistes modernes , celui d'une espèce du genre Lemna, mais il paraît que le Pvlyrhizos. de Pline était VEpimediutn alpinum. (b.)
POLYSACCDM. bot. crypt. {Lycoperdacées. ) Ce genre avait d'abord été distingué par Albcrlini et Schweinitz sous le nom de Pisolilhus , nom que