DEIN
Ii seul pédicule, les lames contiicnl de se déposer autour , mais il ; peut plus s’y former de couches l émail puisque la membrane qui serit à l’exhalation de cette substance reçoit plus de vaisseaux. Tel est le •s des ncisives de l’Homme. Si le : >yau adhère par plusieurs pédicules, l transsudation de l’ivoire continue ut autour de chacun de ces pédicu- •> , et à partir de la ligne sur le cou- » ur de laquelle s’est rompue la mem- :iane externe de la capsule , il ne se Fi pose plus d email. La rupture du i.iillet de la capside à l’endroitdeson jpli sur le bulbe dentaire, la cessan de lexhalation de l’émail à la surine de la couronne, enfin l’impossibité que l’enveloppe d’émail se connue après cette rupture , au-dessous > contour du repli rompu, doucî conséquence de cette rupture , at trois faits qui étaient entièremt inconnus jusqu’ici. — Aussi ivait-on pu donner qu’une explicap n assez difficile à entendre de l’abijce de l’émail sur les racines 'des nts , et de la prolongation de cette weloppe jusqu’au rebord inférieur ■'S Dents qui n’ont pas de racines.
) »ici, par exemple, l’explication que :unait Gilvier de la formation des îfines. a Elle est due à ce que ; noyau pulpeux n’adhère pas au aid de la capsule par la totalité de base , mais seulement par certains i< droits qui peuvent être dès-lors rasidérés comme des pédicules très- ( arts. Les lames osseuses arrivées au s du noyau se glissent entre ces pécules , et les entourent eux- mêmes i me enceinte tubuleuse qui, s’allon- •' mt toujours, force aussi les pédicupulpeux à s’allonger , et produit 1 »si les racines. L’émail ne couvre int celles-ci parce que la lame inné de la capsule qui peut seule produire, ne s’étend pas jusque- »
U1. )ans les Dents composées, quand la n jsule a déposé l’émail , ajoute Cu- [I t , elle change de tissu; elle de- ‘Ut épaisse , spongieuse , opaque et fef.jgcatrc pour donner ce cément.
DEN 4of»
Celui-ci n’est point en naissant disposé par filets , mais comme par gouttes qu’on aurait jetées au hasard.
La capsule ne produit pas toujours le cément par toute la surface qui a produit l’émail. Cela n’arrive que chez les Eléphans. Dans les Cabiais ( F . ce mot) le cément n’est déposé que dans l’intervalle des lames d’émail , mais leurs bords prismatiques offrent l’émail à nu. De même, chez les Ruminans et les Chevaux, le cément ne se forme que dans les creux qui aboutissent à la base de la Dent.
On conçoit qu’aussitôt que l’accroissement de la Dent lui fait excéder la longueur de son alvéole, elle doit tendre à saillir au-dehors par le côté qui oppose le moins de résistance. Et comme le fond de cette cavité est osseux, que l’os maxillaire où elle est creusée augmente en solidité à mesure que la Dent elle-même augmente en longueur , celle-ci doit se porter plutôt vers la bouche , et percer la partie de la gencive qui fermait l’alvéole , et même la lame osseuse quelquefois placée sous celte gencive.
Cette tendance à sortir de l’alvéole dure autant que la Dent; et dans les Animaux herbivores dont les Dents s’usent par la mastication, l’accroissement continuel du fût et ensuite celui des racines font toujours sortir la Dent dans la même proportion qu’elle s’use , en sorte que la partie située hors de l’alvéole reste à peu près de même longueur jusqu’à ce que les racines étant complètement formées , l’os maxillaire croît et les pousse audchors. Enfin quand la Dent entière est usée, les racines elles-mêmes sont rejetées au-dehofs par l’accroissement de l’os qui finit par remplir et oblitérer la cavité de l’alvéole. Cette tendance à l’expulsion des Dents est d’autant plus puissante que le tissu osseux est plus compacte et plus solide , en même temps que la figure de la partie alvéolaire de la Dent représente davantage un cône qui serait enchâssé dans la mâchoire. Voilà pourquoi les incisives et les premières
^oG DEjN
petites molaires tombent même de si bonne heure dans un grand nombre de Mammifères. C’est ce qui a pu causer des méprises en zoologie au point de placer, dans des genres auxquels ils ne convenaient pas, plusieurs Animaux dont les Dents en question sont ainsi caduques , ou de faire plusieurs espèces d’une seule , lorsqu’on observait des individus d’ages différens et dont le nombre de Dents persistantes se tiouvait ainsi différer pour ces chutes prématurées des Dents, les mots Dauphin , Blaireau, etc. ).
Dans l’Homme et dans les Animaux carnassiers ou les Dents s’usent peu, la réjection de la Dent, et surtout celle des molaires mieux fixées que les autres par la divergence de leurs racines , n’arrive que dans une extrême vieillesse. Les plus grosses molaires ne peuvent même pas être rejetées à cause de celte divergence même des racines; car la poussée de l’alvéole ne fait que mieux les serrer contre ses bords.
Le mécanisme de l’évolution des Dents de remplacement ne diffère pas de celui de la première dentition.
Mais, au lieu d’alvéoles fermées seulement par des gencives, c’est dans des cavités entièrement osseuses, situées sous, entre ou derrière les racines des Dents de lait, que sont renfermés les germes de remplacement, semblables d’ailleurs à ceux de la
fnemière dentition. Ces germes et eur capsule tiennent aussi par un pédicule à la membrane de la gencive.
Ce pédicule est transmis par un trou percé au sommet de la cavité osseuse.
Rousseau ( op. cil. ) a représenté ces pédicules naissant du sommet des capsules, fig. R et t pour les Dents molaires , canines et incisives de la deuxième dentition en position sous les Dents de lait, et fig. v, v pour les orifices de la table osseuse par ou ces pédicules sont transmis aux gencives en dedans de l’arcade des Dents de lait. On aperçoit toutes ces parties bien long-temps avant l’époque de la seconde dentition; eu sorte qu’il est à peu près certain que les deux séries
DEN
do germes se forment à la fois , puh-j que , dans toutes deux , les germes»
sont continus par leurs pédicules à il membrane de la gencive. Or, cetld continuité ne pourrait s’établir à ira-»
vers la tablette osseuse qui recouvre l’alvéole des Dents de la première série , si les germes de la seconde n’étaient pas formés en même temps, Cetle continuité des germes de la se-i conde série avec la membrane de 14 bouche à travers des trous osseux maintenus, prouve donc l’unité di* temps et du mécanisme de la formai tion de ces germes. Et comme on ob4 serve dans les germes de remplace-»
ment des Cyprins les plus adultes dei étals stationnaires qui peuvent dure»
toute la vie , et dont l’accélération 119 s’opère que dans le cas ou la Den t voi-j sine vient à tomber, on conçoit que?
{>endant toute la durée des Dents d« ait, les germes de remplacement rest tent inertes et sans produire aucunei couches. Il n’est donc pas nécessair»
de supposer, comme on l’a fait, quelej Dents de remplacement ont Besoin d’un temps plus long pour arriver j leur perfection. Rousseau a observ* dans la première dentition le progrèt de cette forma tion. Tous les cinquanti jours , à partir du deuxième mois ju3 qu’au septième de la conception , il ] a formation dans l’Homme de queh ques points de cristallisation d’uni nouvelle Dent , et ce n’est que vert le commencement de ce dernier ter»
me que les vingt couronnes dentaire»
deviennent enfin apparentes. Oncon j çoit que les plus anciennes couronne»-, sont celles qui sortent les première; L’ordre de leur chute est aussi i même que celui de l’éruption. "Y ci six à sept ans les secondes Dents s forment avec rapidité; jusque-là leui germes étaient restés à peu près ineV tes. Elles commencent à comprimé tellement les alvéoles des pienyèrc Dents, qu’elles privent celles-ci, e| étranglant les nerfs et les vaisseau»
qui s’y rendent , des fluides qui, juj que-là , en avaient nourri la pulp4 La résistance que la vie donnai aux premières Dents contre 1 eflbjH
DEN
secondes disparaît donc , et soit :i’absorption contribue à user et la ine de ces Dents elles cloisons qui séparent des secondes, soit que } brt de celles-ci use ces cloisons et racines des Dents de lait, ces derres finissent par tomber sans quelfois montrer un vestige de l’aci- . — Les arrière-molaires qui n’ont nt de Dents de lait à expulser ouvent un changement de direc- 1 : elles s’étaient entièrement dévepées dans l’angle postérieur des chômes, mais comme les os maxiles grandissent, elles y trouvent la place ; elles avancent donc , d’une position oblique qu’elles lient d’abord , elles se redressent ar sortir , et se mettent en rang c les autres.
Cj’est une règle générale, dit encore • vier , que les Dents molaires de remcement ont une couronne moins npliquée quecelles auxquelles elles :cèdent ; mais cette couronne commuée se trouve reportée sur les laires permanentes qui viennent ; is en arrière. Il arrive quelquefois '2 les Dents permanentes qui tomut par accident , sont remplacées ’ des Dents nouvelles; mais dans la ;le , la deuxième série de Dents 2- st pas remplacée dans les Mammiees.
)n avait cru que chez les Rongeurs Ln’y avait qu’une seule dentition •manente. Mais il paraît que dans plus grand nombre des espèces uvier, Oss. Foss. T. v ), les Dents 1 lait tombent si vite , que l’on a :ae à les observer. Il n’a suivi la cession des Dents que sur les Las. Parmi les incisives , il n’a vu nger après la naissance que les suieures postérieures ; car chez la : part des Rongeurs , il y a deux gées simultanées deDents incisives, fie derrière l’autre , comme il arri- ; quelquefois , même chez l’Homme, l’éruption simultanée des deux sé- . Les Dents de lait demeurent Ique temps en place avec celles qui : succèdent; et , pendant ce tempsles Lapins paraissent avoir six
DEN 4o7
incisives en haut au lieu de quatre , qui est leur nombre permanent. Il résulte de ce triple rang d’incisives , en arrière l’un de l’autre , qu’il y a ici une rangée de germes surnuméraires, relativement au nombre des autres Mammifères. Quant aux molaires , il est certain qu’il y en a trois en haut sur six , et deux en bas sur cinq , qui sont remplacées par de secondes Dents venues dans la même direction verticale. Les trois postérieures, tant d’en haut que d’en bas , sont donc permanentes. Ainsi, pour les molaii'es , il en est à peu près de même des Lapins que des Chevaux et des Ruminans. Cuvier pense que dans les espèces qui n’ont que quatre molaires partout , il n’y a que rantérieure qui change. Il s’en est assuré sur le Castor , le Porc-Epic, l’Agouti , le Paca , le Cochon d’Inde. Mais pour voir la Dent de lait en place sur ce dernier , il faut y regarder quelques jours avant la naissance. Comme dans aucun Rongeur il n’a vu les incisives antérieures tomber après la naissance , il soupçonne qu’elles tombent aussi durant la vie utérine. Il ajoute que d’après cette permanence des trois dernières molaii’es , dans les genres qui en ont plus de trois , il est vraisemblable que ceux qui n’en ont que trois , n’y éprouvent jamais aucun changement. Au moins ne lui a-t-il pas été possible d’observer de mutation dans les Rongeurs à trois Dents , tels que le Rat, etc. Or, il nous semble que , puisqu’il est bien constaté que les trois dernières molaires sont permanentes , il est tout aussi présumable que les premières incisives le sont également. Il n’y a, en effet, aucune comparaison à faire pour la grandeur et la proportion d’émail, entre les premières incisives des Rongeurs et leur première molaire. On ne peut donc pas conclure de l’absorption de celleci dans l’utérus, à l’absorption de l’autre.
Nous venons de voir des Dents surnuméraires et même des séries surnuméraires dans les Lapins pour les incisives; il y a de meme dans les Sa-
4o8 DEN
ligues pour la seconde dentition des incisives surnuméraires au complet des autres Animaux qui en outle plus, savoir quatre incisives en haut et deux en bas. On sait que les incisives de tous les Rongeurs, et môme les molaires de quelques Animaux de cet ordre, malgré la continuelle détrition qu’elles subissent , restent , les premières toujours tranchantes, les autres toujours également calibrées , et que toutes conservent constamment la meme longueur. Les incisives, sorties pointues de l'alvéole , croissent par l’extrémité alvéolaire , à mesure qu’elles s’usent par l’autre , et leur face de devant étant garnie d’un émail plus épais et plus dur , la détrition est constamment oblique en arrière , et en fait toujours des coins fort affilés.
Dans les espèces où les Dents ne se divisent jamais en racines , l’ivoire et l’émail continuent de se produire , parce que le germe étant sessile au fond de l’alvéole , aucune exhalation ne peut se faire au-dessous de l’insertion de la capsule à la base du germe, et , comme d’autre part la partie su-
fiérieure du fût s’use très-rapidement, a capsule ne peut se trouver compr imée ni coupée par le bord inférieur du fût. Ensuite, comme les vaisseaux du germe continuent de s’y porter, elle continue de déposer de l’émail sur les couches d’ivoire que le germe continue aussi de sécréter intérieurement.
Cela s’observe, par exemple, sur les Dents des Cabiais , des Campagnols , etc. Chez les Cabiais, outre la déposition d’émail , il y a une déposition de cément. Et comme l’émail et le cément sont étendus transversalement entre les lames d’ivoire, il faut que des cloisons transversales de la membrane de la capsule alternent avec les replis verticaux du germe qui ont formé l’ivoire. Dans les Eléphans, il y a une disposition pareille; mais toutes les lames d’ivoire , d’émail et de cément d’une Dent d’Eléphaut , sont formées simultanément, et les feuillets producteurs ont bientôt disparu. Ici, au contraire, les feuillets producteurs, tant ceux du germe que
DEN
ceux de la capsule, subsistent toute la vie.
La Dent, une fois formée, conserve
à peu près sa ligure dans l’Homme, les Singes, les Insectivores, les Carnassiers et les Cétacés. Les éminences eu deviennent seulement un peu moins aiguës et saillantes. Mais dans les Carnassiers uniquement carnivores, par exemple les espèces des genres /17«, Mustela , Vivena , les Dents molaires ne s’usent pas, et conservent leurs pointes et leurs tranchans. Dans les Herbivores, au contraire, la vraie forme de la couronne , dit Cuvier, ne se conserve qu’autant qu’elle est encore renfermée dans l’alvéole. A peine sortie , elle s’use , et toutes les inéga-i litésdont le plan est déterminé pour chaque espèce, sont remplacées par une surface plane où les contours et la place qu’occupaient les reliefs sur la couronne sont dessinés par différentes lignes qui sont les coupes de l’émail, du cément et de l’ivoire. Les dessins que forment ces lignes étant en rapport avec les lobes ou laines dont ils ne sont que la tranche , sont donc déterminés selon les espèces, eq peuvent servir à les caractériser. Plus) la Dent s’use, et plus on approche de la base de ses éminences ou de ses lobes, plus les espaces circonscrits par les lignes d’émail s’élargissent et se confondent, et l’on arrive enfin à| une hauteur où la couronne n’offre plus qu’un seul espace enveloppé!
d’émail , comme si la Dent avait été simple. Mais cela n’arrive que dans les Dents demi-composées des Rumi-u nans, des Solipèdes et de plusieurs»
genres de Rongeurs où le fût n est pas sillonné de cannelures d’émail suq toute sa hauteur. Tels sont les Castors , les Agoutis , les Porc-Epics etc. { les coupes de toutes ces inolairesde Rongeurs, dans Cuvier, Oss.
Foss. T. v, pl. 1, fig. 1 à 36 ).
Dans tous les Animaux pourvus de Dents composées ou demi-composées, c’est-à-dire où la coupe transversale de la Dent offre à toutes les hauteurs du lut, ou .seulement sur une hauteur plus ou moins prolongée du fût ,
DEN
iinail seul ou accompagné de cément métrant en diflérens sens dans l’i— •ire, l’articulation delà mâchoire i férieure avec le crâne est telle que -5 mouvemeus de l’une sur l’autre ■uvent se l'aire dans toutes les direc- > )ns d’un plan horizontal, en avant, i arrière , à droite et à gauche , et a ms les arcs qui réunissent ces direc- »ous. Selon que ces mouve.mens liorzontaux s’exécutent davantage dans tune de ces directions que dans l’au- *e , les plans affectés par les lames lémail et de cément varient de ma- .ère à rester perpendiculaires ou au : oins très-obliques à la direction du i ouvement. Il en résulte que le dé- I acement que ce mouvement cause i ix Dents de la mâchoire inférieure lur celles d’en haut, occasione nécesirement le frottement des lames d’éi ail d’une Dent sur toutes les autres ; mes de la dent opposée. Et comme 1 a vu que ces lames sont inégaleent dures et résistantes , on voit i j’elles doivent s’user inégalement ,
; que les surfaces correspondantes , mr l’eflet même de la trituration, isnt entretenues dans un état d’aspéi lé indispensable pour l’effet qu’elles i. oivent produire. Ainsi dans les Rul. dnans où les mouvemens en avant ce sont pas nécessaires, puisqu’ils i dsissent leur fourrage avec leurs lèr :es , ou par le simple rapprochement ces incisives d’en bas contre le bourref -t qui termine le palais , la direction - es lignes sur la Dent usée, et des col- :ncs sur la Dententière, estlongitudiile. Orlesmouvemens de broyement ‘ >nt tous latéraux, et l’on verra ailt :urs {V. M ach o i n Es ) que le condyle l e la mâchoire, la surface où il s'articule, et les ligamens et les muscles qui i éterminent et limitent les mouvenens de la mâchoire , sont parfaitement combinés pour ce résultat. Dans :s Rongeurs, au contraire, le chevau- ■ bernent des incisives d’en bas sur elles d’en haut nécessitait les mouvenens de la mâchoire en avant. Aussi : hez eux le condyle est longitudinal , insi que la rainure dans laquelle il 1 'meut; les muscles sont dirigés très-
DEN 4og
peu obliquement sur l’axe de la tête, et les collines primitives , et par conséquent les lames ultérieures d’émail et de cément qui se dessinent sur la couronne des Dents, sont transversales, c’est-à-dire perpendiculaires à la direction du mouvement.
Dans les Tatous et les Paresseux , les deux sortes de mobilité de la mâchoire se combinent d’une espèce à l’autre avec la même forme de Dents.
Ces Dents sont toutes cylindriques, ou à peu près, sur la longueur de leur fût. Elles ne sont coniques que par la pointe, avant qu’elles aient commencé de s’user. Comme les incisives des Rongeurs , elles n’ont pas de racines, et leur croissance est permanente.
Elles devaient donc s’user par l’extrémité libre comme celle des Ruminans, des Rongeurs, etc. Aussi la mâchoire est-elle susceptible, dans tous ces Animaux, de mouvemens horizontaux aussi étendus que ceux des Ruminans et des Rongeurs. Ou conçoit, vu la figure de la tranche de ces Dents , que si, dans le cas de glissement en avant par exemple , les deux rangées supérieures et inférieures ne sont pas de largeur égale , la plus étroite creusera une rainure dans la plus large, et chaque Dent de cette dernière rangée offrira un sillon dans lequel glisseront les dents opposées. C’est ce qui arrive chez l’Aï parmi les Paresseux. Dans cette espèce , la forme du condyle est celle des Rongeurs , et le principal mouvement de la mâchoire est un glissement en avant. Dans l’Unau, au contraire, le glissement en avant est très-borné; la direction de l’articulation maxillaire est transversale comme chez les Ruminans , et les Dents s’usent sur une surface plane et partout unie. Il est probable que ces différences dans le mécanisme de la trituration en amènent dans le choix des substances alimentaires. Mais on manque encore d’observations à cet égard [V. Buadyee). — Parmi les Tatous , le Tatou Géant offre, avec tous les autres , le même contraste que l’Aï par rapport avec l’Unau. L’articulation de sa mâchoire est une coulisse
4io DEN
longitudinale , plus étendue que dans aucun Rongeur ; le moindre mouvement latéral n’est pas possible; et les rangées dentaires glissent l’une sur 1 autre dans une juxtaposition parfaite, tout étroites qu’elles sont. Aussi s’usent-elles par une surface parfaitement plane ( V. Cuv., Oss. Foss. T.
v , pl. 1 1 , f. 2 et 3 ). Dans les autres latous,au contraire, l’articulation maxillaire est semblable à celle des Ruminans, et les mouvemens sont latéraux. Mais vu la ligure cylindrique de la Dent dont l’éinail n’est que circulaire , l’usure est uniforme sur tous les points de la surface ; et la tranche qui résulte de l’usure, suffit au régime frugivore de ces Animaux.
Au contraire dans les plus carnivores des Carnassiers où chaque côté des mâchoires devait représenter une pair» de ciseaux toujours capables de trancher et diviser la proie , et se terminer en avant par une pince à double crochet dont les pointes sont formées par les énormes canines ; par exemple chez les Chats , les Martes , les Chiens, etc., tout mouvement de latéralité ou de production en avant, eu froissant les pointes et les tranchans des ranges dentaires, les eût émoussées, et l’action de ces Dents en eût été d’autant et plus promptement diminué. Or, dans ces Animaux, le condyle, toujours d’une obliquité variable selon le degré de carnivorité, est enclavé dans une rainure dont l’entrée sur l’Animal vivant est plus étroite que la cavité, de manière que le condyle y est fortement serré , comme un axe dans une charnière. Cette obliquité de l’axe du condyle , indépendamment de la fermeté de l’articulation, est un obstacle à la déduction latérale. Il en résulte que les mâchoires ne sont susceptibles que de mouvemens verticaux, comme pour les branches d’une paire de ciseaux. L’on voit donc par quels rapports importans le nombre et la figure des Dents sont liés avec le régime , et par conséquent avec les mœurs et les instincts des Animaux, et combien la connais-
sance de ces faits et de leurs rapports est indispensable à l’histoire naturelle particulière des genres et de»
espèces. Cette connaissance ne l’est pas moins à la zoologie proprement dite, car, ainsi quenousl’avonsexposé à l’article Anatomie, il y a une telle corrélation entre les formes de certains organes et les formes de tels autres organes , que les premières nécessitent les dernières et en excluent au contraire certaines autres. Et comme c’est essentiellement par les formes que les Animaux d’une classe diffèrent entre eux, on voit de quel intérêt sont les formes qui en nécessitent ainsi de réciproquement déterminées dans le reste de l’organisation. Quoi qu’il en soit de la cause initiale de ces réciprocités, ou, ce qui est la même chose, de ces rapports de subordination , et quel que soit le rang que les Dents occupent dans la chaîne de ces rapports , il est certain que les Dents, par leur nombre et leur figure, en sont l’expression la plus significative dans les Mammifères. Effectivement les caractères qu’elles fournissent, réunis à ceux que donne la forme de l’articulation maxillaire, suffisent pour composer les genres de la même manière que peut les former l'ensemble des motifs de détermination de la méthode naturelle. Nous n’entrerons dans aucun détail à cet égard, ayan t déjà donné ou devant en donner la preuve à l’article de chaque genre de Mammifères.— Dans cette dernière classe il y a trois sortes de Dents caractéi'isées plutôt par l’os où elles s’implantent et par leur ordre de succession , que par la constance de leurs formes. Celles de la mâchoire supérieure se distinguent en incisives implantées dans l’os intermaxillaire , en canines toujours uniques de chaque côté , et les premières de l’os maxillaire; puis viennent les molaires proprement dites. A la mâchoire inférieure , elles ont reçu les memes noms selon leur correspondance avec leurs analogues d’en haut.
On a vu quel était le petit nombre des Dents chez plusieurs Rongeurs.
DEN
> Fourmiliers, les Pangolins , les îklnés n’en ont point du tout : le tou Géant en a quarante-huit en i.it et quarante-quatre en bas , quai -vingt-douze en tout : le Dauphin jntatus en a de quatre-vingt-dixitàcent : le Dauphin du Gange a cent-vingt, le Dauphin de Pérou ! il soixante, et dans ce Tatou et l :un de ces Dauphins , aucune de Dents n’appartient à l’intermaxilre. Si, considérant les Mammifères mine un type d’organisation , on alait y prendre une unité de nom- « ; pour les Dents; on voit que, soit : ou prît cette unité dans le plus ,
. t qu’ou la prît dans le moins , elle
fiourrait être constante , et nonement l’unité n’existe pas à cet urd dansla classe , mais elle n’existe me pas dans le genre, puisque Tatou Géant a quatre - vingt - ■ uze Dents dans un genre où les 1res espèces n’en ont pas plus de nte-six.
Les trois sortes de Dents qui mani ent ou existent toutes ensemble ns les genres précités, peuvent t nquer ou exister séparément dans Üférens autres genres. Les Narvalhs umt que des canines; les Tatous ont que des molaires.
Vents des Reptiles.
iLes Mammifères n’ont de Dents i ’à deux os de la mâchoire supéi ure , et ces Dents diffèrent de forme un os à l’autre et sur le même os.
' s Reptiles Sauriens , Ophidiens Batraciens font à peu près le même oploi de leurs Dents que les Céta- >». Ils ne mâchent ni ne broient ar nourriture. Les Dents ne leur 'vent qu’à saisir et retenir la proie non à la diviser. De ce que i irs Dents ne peuvent broyer ils nsuit la nécessité de la carnivorité , rr aucun n’ayant d’estomac muscu- J ix , les substances végétales ne pourcent subir une préparation convena- ■‘3 dans la digestion. Leurs Dents con- 1 rdent cependant assez avec les gen- > et les sous-genres naturels. Les 1 ;nts des Reptiles se développent
DEN 4n
comme les plus simples des Dents des Mammifères , les incisives de l’Homme , par exemple , avec cette différence qu’elles n’ont jamais de racines. Le fût est, par-là même , nécessairement formé seulement u’ivoire et d’émail. Ces Dents sont semblables, quelle que soit leur position sur les mâchoires; partout elles se soudent par la base de leur fût sur le bord de l’alvéole d’ou elles sont sorties. Dès-lors elles n’ont plus aucun rapport avec le bulbe et la capsule qui se trouvent ainsi dans le même cas que chez les Rongeurs à qui l’on aurbit arraché une Dent sans la pulpe , laquelle alors reproduit une nouvelle Dent. Il ne se dépose qu’un petit nombre de couches d’ivoire dans ces Dents. Elles restent creuses et sont ainsi emboîtées l’une dans l’autre , de manière qu’à la chute de la Dent de service, celle de remplacement est là
firête et se fixe aussitôt sur le bord de ’alvéole dont l’autre vient de se séparer. Ce mode de remplacement ne nécessite donc pas deux séries de germes collatérales comme dans les Mammifères. — Il y a un autre mode de remplacement pour les Dents venimeuses des Serpens. Ces Dents sont fixées par soudure sur l’os maxillaire supérieur , lequel est articulé et mobile sur l’os ptérigoïdien externe.
Nous avons compté jusqu’à onze Dents de remplacement formées à différens degrés dans les Hydrophis ou Serpens d’eau , cinq ou six dans les Trigonocéphales et dans la Vipère de France. Ces Dents sont formées dans des capsules membraneuses couchées parallèlement les unes a ux autres dans l’épaisseur de la mem brane palatine. L’ordre de leur grandeur dépend de leur voisinage de la Dent de service. Quand celle-ci tombe , la première de remplacement dont la base est restée membraneuse se soude si bien sur la place même ou était l’autre, que l’orifice de son canal se trouve juste vis-à-vis du conduit du venin. Nous ne pouvons rien dire du mécanisme par lequel la Dent de remplacement se transporte à
4ia DEN
la place de l’autre, n’ayant examiné d’une part que des Trigonocéphalcs conservés dans la liqueur ou les capsules et les membranes s’atrophient, et d’autre part que des Vipères trop petites pour que l’observation de ce mécanisme soit bien concluante.
Dans les trois ordres de Reptiles pourvus de Dents , il y en a sur tous les os de la bouche ; les Amphisbèncs , seuls des Ophidiens , n'ont pas de Dents palatines.
Les Dents des Reptiles tombent sans régularité , soit quant aux. époques, soit quant à la situation respective. Les Crocodiliens ainsi que les Monitors n’ont de Dents qu’aux os maxillaires et intermaxillaires ; elles sont coniques dans les Crocodiles; de soixante-dix-huit à cent et plus en tout suivant les espèces. Parmi» les Monitors proprement dits, les uns ont les Deuts coniques, d’autres aiguës et tranchantes, de quatre-vingt-seize à cent vingt en tout. Les Dragones ont des Dents coniques à sommet plus mousse et presque sphérique en arrière. Les Lézards proprement dits , outre les Dents dés os intermaxillaires et maxillaires , en ont encore aux palatins et ptérigoïdiens. Les Iguaniens ont aussi ces rangées surnuméraires , mais de plus leurs Dents sont tranchantes et plus ou moins dentelées sur le tranchant. Dans les Geckos les Dents sont toutes égales , serrées, grêles et pointues , au nombre de cent quarante à cent quarante-quatre en tout. Dans les Caméléons les Dents sont très-petites et trilobées. Les Batraciens ont tous des Dents au palais ; en outre les Salamandres en ont aux deux mâchoires: les Grenouilles à la supérieure seulement ; les Crapauds à aucune des deux. Dans tous les Ophidiens, moins les Amphisbènes , il y a quatre rangées de Dents à la mâchoire supérieure; une sur chaque arcade maxillaire , une autre sur chaque arcade palatine. L’arcade palatine en porte quelquefois sur le palatin et sur le ptérigoïdien interne.
Les Dents ou crochets canaliculés
DEN
pour conduire le venin n’existent jamais que sur les maxillaires proprement dits; toutes les autres, soit de la mâchoire inférieure , soit de la supérieure , sont fermées à leur sommet mais creuses intérieurement et soudées comme celles des Sauriens siu le bord de leur alvéole.
Dents des Poissons.
Il y a plus de variation , et pour la»
structure et pour le développement de:
Dents, chez les Boissons que chez les autresclasses;ilsen offrentquatre genres sous ce rapport: x° les compo ées que forment une infinité de tubes tous unis et terminés par une couchg
commune d’émail , telles sont les
Dents en pavé des Raies ; 20 les sim pies qui ne tiennent qu’à la gencive comme celles des Squales; 3° les simples qui naissent dans un alvéole celles du plus grand nombre de:
Poissons osseux ; et 4° d’autres égale ment simples, mais dont la capsuk n’est point enfermée dans un al4 véole : ce sont celles qui garnis-»
sent les os pharyngiens des Cyprins et desquelles nous avons déjît parlé. La structure et le mode d( développement de celles-ci sont la mieux conçus. Enfin , si les bouclés des Raies peuvent être prise:
pour des Dents , il y aurait un cin»
qnième genre de Dents chez les Pois sons.
Nous n’avons examiné que celle:
de la quatrième classe, chez les Cyprins. Voici nos observations à ce su jet: i° leur capsule , au moins pouB celles de remplacement, est contenue dans la gencive derrière le bord dentaire de l’os pharyngien. Cette capsuk n’a d’autre pédicule que le cordoi des vaisseaux qui pénètrent dans k bulbe avec lequel la capsule vient st continuer autour de l’insertion mêiw du pédicule vasculaire. Ici donc comme Rousseau l’a vu chez le:
Mammifères, il n’y a qu’un seu feuillet à la capsule, et c’est dans k cavité comprise entre ce feuillet etk surface dit germe que se forme k Dent. Ici l’émail est d’abord dépose