‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 3)Chapitre 136 sur 221 · DES · texte numérisé non relu

DES

Monde, le Désci t est souvent l'indice d’un soi épuisé qui ne saurait plus rien produire; dans Je nouveau, il indique une nature vierge qui ne saurait rien refuser. (b.)

UESI* OIN ï AI NIE. Desfontainia.

«ot. riiAN. Le genre proposé sous ce nom par les auteurs de la Flore du Chili et du Pérou ne paraît pas distinct du Linckia. V. Linckie. (a.k.)

DESFORGIE. bot. fiian. Pour Forgésie. V. ce mot. (g.. N.)

DESMAN. Mygale, mam. Genre de Carnassiers insec^vores , très-voisins des Musaraignes, dont iis diffèrent par la palmure de leurs doigts, surtout aux pieds de derrière „ où elle est aussi complète qu’aux Castors; par leur queue latéralement comprimée et écailleuse, qui rappelle celle des Ondatras; par une trompe mobile, presque aussi longue que la tète; par l’absence de conque à l’oreille, de sinus musqué sur la peau des flancs ; caractérisés enfin et par la forme et par le nombre de leurs dents. Il y a chez les Desmans vingt- deux dents à chaque mâchoire. Dans les Musaraignes , il n’y en a que seize ou dix-huit en haut et douze en bas.

Dans les Musaraignes , les deux premières incisives supérieures sont à double crochet , au moyen d’un éperon d’une saillie variable , suivant les espèces, et situé à leur talon. Dans les Desmans, les deux premières incisives sont triangulaires et comprimées latéralement ; dans les Musaraignes , les deux premières incisives d’en bas l'épondent aux supérieures pour la grandeur, et elles sont proclives en avant comme celles des Cochons. Dans les Desmans , les deux pi entières incisives d’en bas sont, au contraire , les plus petites de toutes , et elles sont suivies, de chaque côté, de trois autres également petites, mais qui vont en augmentant en arrière.

Par leur grandeur, les deux incisives d’en haut et les deux d’en bas des Musaraignes, rappellent celles des Rongeurs : ce rapport, dans les Desmans , ne rappelle que celles des

DES

Taupes et des Hérissons. Derrière les deux incisives supérieures, sont de chaque côté douze dents coniques, et huit molaires hérissées de pointes., Derrière les huit incisives den bas , i sont de chaque côté huit dents coniques et six molaires hérissées de pointes. Nous sommes entrés dans ces détails comparatifs, parce que, jusqu’à Cuvier, on avait (etPallas lui- même) classé le Desman avec les Musaraignes.— Le crâne du Desman tient autant du crâne de la Taupe que de ce-j lui des Musaraignes : il n’csl pas aussi! effilé dans la partie maxillaire quet chez celles-ci, vu la nécessité de don-i ner une base à la ti ompe et à ses mus-j clés. Il n’est pas privé d’arcades zygol matiques , et les branches montantes!

des maxillaires inférieures s’élèvent»

davantage. L’orbite est aussi effacée!

que dans la Taupe , et l’œil y est aussi petit; piobablementce rudimenLd’œij manque aussi de nerf d’optique il comme celui de la Taupe. — La tromjl pe décroît insensiblement, à partir dd l’arcade palatine, pour s’élargir en suite vers les naseaux; elle est tou aussi mobile que celle de l’Eléphant D’après cet ensemble des formes de Desmans , on voit que ce sontdes And maux nageurs et souterrains; souter rains par l’absence de conque auditive la petitesse de l’œil, la longueur et 1; force des ongles propres à fouir; nageurs par la palmure complète de doigts et la compression verticale de 1 queue qui est pour eux une véritabl rame. Les Desmans passent en effe la plus grande partie de leur vie dan l’eauetsousVeauJlsne gagnent jamai volontairement la terre ferme; et s'il vont d’un étang à un autre , ce n’ej 1 que par des canaux souterrains cfl par des rigoles remplies d’eau qui > conduisent. Ils préfèrent , dit Pallasj i. le séjour des étangs, des lacs, et dj |j toutes les eaux dormantes, surtout dd i marécages profondément encaissé-) i Ils se font dans la berge un lerria i dont l’entrée est sous l’eau : c’est pa» j là qu’ils commencent le travail. U L fouillent en gagnant petit à petit dji hauteur, et creusent un boyau doq» t

DES

DES 455

k contours soulnsseznombi eux pour 1 1 3rire une longueur de six ou sept . 1res. La partie la plus élevée de ce - 1 rier est toujours au-dessus du ni- Ml des plus hautes eaux; ils y vit k it solitaires ou avec une compagne, Ml vaut les saisons. Eu hiyer, ils ne | : Jgourdissent pas : la glace les emti soune alors sous Peau. Ils peuvent |[ e ainsi réduits à périr d'asphyxie , l i ’ l’épuisement de l’air de leurs ter- | rrs. S’il y a quelque partie de la | face des eaux qui ne soit point gejie , ils viennent y disputer une petite k ce à fleur d’eau pour l’extrénpté de M r trompe. Les risques de mourirfi j rhyxiés , sont d'autant plus grands ji ur eux , que l’hiver est plus long et ; rs rigoureux. Les Desmans ne se ! mtreut d’ailleurs à fleur d’eau que ■ ' nas la saison de l’amour. On les voit i p rs marcher au fond des rivières et

j ii

i étangs, et quelquefois grimper le ig des Roseaux.

Pallas s’est assuré qu’ils ne sont insectivores. Il ne leur a trouvé as l’estomac que des débris de lar- ; et de Vers, et jamais de racines de 'mphœa ou d’écorces, dont on supsait même qu'ils faisaient des proions. Ils ne doivent cette faculté de re d’insectes et de larves qu'à la igucur et à la mobilité de leur mpe , avec laquelle ils fouillent la >e, comme le font , avec leur long 3, les nombreuses espèces insectivodu genre Scolopax. Nous n’avons uvé , aussi , que des débris de larves .urtout deDytiques ,dans l’estomac > Courlis. Le Desman exhale une si teodeurde musc, qu’elle pénètre la tir des Brochets et autres Poissons à i il arrive d’en manger. Cette sécrén a pour organe une double série cryptes glanduleux, placée sous la ie de la queue. Les plus gros sont volume d’un pois; les plus petits celui d’un grain de seigle. Char deux s’ouvre sous la queue par onflce séparé. Il y en a quatorze quinze de chaque côté ( Pal las les ^présentés, loc. cit., fig. 4).

3n ne connaît que deux espèces

dans ce genre, l’une cil Russie, l’autre dans les Pyi épées. Cette grançlo distance de leur patrie annonçait déjà des espèces différentes. Ces différences ne sont pas moins empreintes dans leur organisation comme nous allons le faire voir.

Desman de Moscovie , Mygale Moscou itus , Geoff.; Sorex musc/iatus , Pal las, A et. Petrop. T. v, pl. 3 et 5; et Schreber, pl. i5g; Mus aquatilis , Clusius, Auct. ad exode, lib. 5, pag.

575 , fig. copiée par Aldrpv., Digit. , p. 447, et Gesner, Digit.; G/is tnosehi férus , Klein , Quad»'-, p. 57; Castor mosc/ialus de Linn. , 10e et 1 sp édit, du Syst. Nat. ; Buffon , t. 10 , pl. 4 ; Encycl., pl. 29, ng 4. Mauvaise figure. TVychuehoL , ïf 'uycIioehoL des Russes , Chochul de l’fJkraipe , Tçhirsia dans l’Ouffa , Desman, Dasmans des Suédois, de Desem , altération de Bisen, Musc, en Poméranie. — A pelage formé, comme celui des Castors, de soies longues, et d’un feutre doux et moelleux , caché en dessous. Le Dqsman de Russie est brun , plus pâle en dessus, plus foncé sur les flancs; le ventre est d’un blanc argeiitin ; il est long d’environ huit pouces et demi , et sa queue, qui n’a que six ponces neuf lignes , csiconime étrang)écà $a base; bientôt elle devient cylindrique , renflée , et croîl rapidement pour décroître presqu’aussitôt ; ce qui continue jusqu’à la pointe. Plus elle diminue et plus elle se comprime latéralement. Comme celle du Castor, elle est toute parsemée d’écailles dont les intei stices sont hérissés de poils courts et roides. Cette compression est trèsbien représentée dans la pl. de Pallas et de Schreber; le dessus des doigts est aussi écailleux. Sur toute sa longueur, surtout en dessous , la trompe est couverte de soies droites ; le bord de la bouche est aussi pourvu de barbes, très-longues au menton et dirigées en arrière. Malgré toutes ses recherches , Pallas n’a pu en découvrir le moindre indice à l’est du Volga et à l’ouest du Dniéper. Il ne se trouve pas non plus au nord du cinquanle-

DES

ruanl. L’eau lui est si indispensable que Poilus n’en a pu garder vivant plus de trois jours. L’odeur de sa queue et scs cxcrémens em poison-

ï'i o fi f 1 \ ■ /i m r A i IL.. . . ^ ? . 1 ■ * ■

436 DES

sixième degré , ni dans le cours inférieur de ces deux fleuves et du Don qui leur est intermédiaire. Buffon ( -l1. x , p. 2 ) ne lui aura sans doute

imaginé une autre patrie en Laponie, nenl bientôt l’eau ou on le tient. Celte que parce que ses peaux viennent en odeur est si forte qu’un thermomètre Allemagne par la ville suédoise de donts’étaitservi Pallas pour en recon. Stralsund ; ou Lien encore , si Buf- naître latempérature quiestdequatrelon a connu (chose douteuse) la seule vingt-dix-huit degrés Fareuheit , en Notice originale qui, avant le Mé- resta imprégné quatorze ans. La quanmoire cité de Pallas, existât sur le tité de nerfs de la cinquième paire qui se Desman dans l’Appendice aux Exoti - rend à la trompe , et que Pallas a reçu de Clusius ( Op. omnia , in-f°. T. présentée (/oc. cil. , fig. 6) en fait l’orîi, p. 376 , et ibid. Curæ posterior , p. gane du toucher, peut-être le plus dé- 46, Rapheleng, i6o5à 1611), il aura beat qui existe. Les nerfs olfactifs sont pris pour norwégien le titre de Non- également très-gros, ainsi que leurs eus , Norique , que Clusius donne au lobes. Les clavicules, l’ornoplate et les Médecin Léonard Dold , qui lui avait bras sont proportionnés comme dans écrit en avoir eu deux vivons. Or , la la Taupe. Il a treize vertèbres dorsales Norique répond à la Basse-Autriche dont les trois dernières seulement ont et à la partie voisine de la Hongrie , des apophyses épineuses . sixlombaiau sud du Danube. Et Clusius dit res , cinq sacrées et ving-six caudales, ailleurs qu’il ne sait pas le pays de Desman des Pyrénées, Mygale son Animal. Mais , Aldrovande, Ges- Pyrenaica , Geoff, Ann. du Mus. , t. ner et tous les autres n’avaient pu 1 7 , pl . 4 , F. 1. Moitié plus petite que que copier Clusius. Le plus amphf- la précédente , cette espèce a la queue Lie de tous les Mammifères méditer- plus longue, sans étranglement à son ranéens , le Desman est doué d’un origine , ni renflement au-delà , mais muscle peaucier très-fort, propre à toute d’une venue , et diminuant réduire ou dilater le volume de son progressivement jusqu’au bout. Elle corps, et à lui donner ainsi dans n’est comprimée que dans le dernier l’eau différens équilibres , comme le quart de sa longueur; elle est enfin fait la vessie aérienne chez les Pois- couverte de poils courts et couchés

barbol te comme un Canard, il est dedevant nesont qu’à demi-palmés; le toujours en mouvement avec une ex- doigt externe des pieds de derrière est trême agilité ; son ouïe est obtuse; aussi plus libre. La nature du pelage peut-être aveugle, il distingue à peine est la même , mais les couleurs diflèîa nuitdujour. Lesmoustachesqui hé- rent. Le dessus du corps esld’un brun rissent la trompe se dressent en avant marron; les flancs gris brun, et le quand elle est active. Au moindre ventre gris argentin. Il n’y a pas du contact, il reconnaît l’objel en ypor- tout de blanc à la face, au lieu que le tant la trompe, sans cesse agitée très- tour de l’œil et le dessous de la niâvite et dans tous les sens. Il ne peut choiie sont blancs dans l’autre : souffrir d’être à sec, et cherche alors Geoffroy (sur les Gland, odorif. des à s’échapper. Il ne crie que quand on Musaraignes, Mém. du Mus. T. 1)

le tourmente , et aussitôt menace de la gueule. Il s’assied sur son derrière pour reconnaître ; souvent il replie la trompe dans la bouche pour la lécher.

Il n’est pas nocturne, se couche le soir, s’agite et change de place en dor-

observe enfin que les dents de celte espèce, surtout celles d’en bas, sont plutôt distribuées comme dans la Taupe : il a représenté cette dentition (ibid. pl. i5 , fig. 10, 11 et 12). Les barbes de la trompe sont presque

DES

les; celles des deux mâchoires sont gées en sens inverse de celles du r iinan de Russie. Cette espèce n’a ore été vue que dans le voisinage Tarbes, au pied des Pyrénées, ffiroy ne parle pas de ses habitu- ; mais par la structure , surtout la ne de sa queue, elle est nécessairent moins aquatique que l'autre, les deux espèces forment un des mples les plus curieux de l’une des que nous avons exposées dans re Mémoire sur la distribution g. des Anim. vertébrés , lu à l’Inst, février 18222 (Journ! de Phys., rier 1822). (a.d..ns.)

i DESMANTHE. Desmanthus. bot.

in. Genre de la famille des Léguleuses , section des Mimosées, étapar Willdenovv aux dépens du ire Mimeuse , et ayant pour catères : des fleurs polygames dont :alice , en forme de cloche , est à q dents ; une corolle de cinq pé- :s égaux entre eux , spatulés , plus gs que le calice et hypogynes.

; étamines sont au nombre de dix , epté dans le Desmanthus cliffusus , l’on n’en compte que cinq ; elles t également hypogynes et saillan- Leurs filets sont libres et capillai- ; leurs anthères à deux loges. L’orre est libre , terminé par un style t in stigmate simples. La gousse est ai articulée, sèche, à une seule lo- .* s’ouvrant en deux valves et conteit un nombre variable de graines.

espèces de ce genre , au nombre me douzaine environ , sont des nies herbacées, plus rarement de ils Arbustes sans épines, rameux , és , quelquefois dressés ou nant à la surface de l’eau. Leurs illes sont alternes, doublement nées, composées généralement de oies très-petites et sensibles. Les >ules , au nombre de deux, sont lérentes avec la base du pétio- Les fleurs forment des épis axiles pédonculés, ovoïdes ou globux. Elles sont généralement fort pe~ s et blanches. Toutes les espèces.

1 1 composent ce genre croissent

DES

dans les contrées chaudes du globe , dans l’Amérique méridionale et aux Indes-Orientales. Dans son magnifique ouvrage intitulé : Mimeuses et autres Légumineuses du nouveau continent, notre ami et collaborateur Kuntli a tracé d’une manière fort exacte le caractère du genre qui nous occupe , et eu a décrit et figuré une espèce intéressante, le Desmanthus depressus , Willd. Ce genre diffère de l’Acacia par les mêmes caractères qui servent à distinguer le genre Prosopis du genre Inga , c’est-à-dire par une corolle polypétaleet par le nombre défini de ses étamines. A ces différences se joint, observe Kuntli , un port particulier.

Willdenow , cherchant le principal caractère dans les filamens élargis des fleurs stériles , y a rapporté mal à propos le Mimosa cinerea de Linné ; son Desmanthus divergeas ne paraît pas non plus appartenir à ce genre. Il n’est donc pas étonnant que le caractère tracé par Willdénow manque de précision et convienne également à plusieurs véritables espèces d’ Acacia.

C’est sans doute pour cette raison que les professeurs Desfontaines et De Candolle ont cru devoir supprimer ce genre et en réunir les espècesau genre Acacia. Malgré leur autorité , 1 etDesmanthus doit être maintenu comme genre distinct. Nous allons mentionner ici quelques-unes des espèces les plus remarquables de ce genre.

Desmanthe effilé , Desmanthus virgatus , Willd. , Sp. , 4, p. 1047; Mimosa virgata , L. Originaire de l’Inde , cette espèce est une de celles que l’on cul tive le pl 11s souvent da ns les jardins. C’est un petit Arbuste dressé, de deux à trois pieds d’élévation. Ses rameaux sont effilés, cylindriques, glabres et verdâtres. Ses feuilles sont alternes , bipinnées , sans impaire , composées en général de quatre paires de feuilles pinnées dont les folioles sont très-petites , fort nombreuses et d’un vert gai. Les fleurs forment des épis pédonculés et presque globuleux. Cette espèce doit être rentrée dans la serre chaude.

Page 1