‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource] (volume 3)Chapitre 16 sur 221 · PH AN · texte numérisé non relu

PH AN

( Loureiro. ) Syn. de Chloranthe. V .

ce mot. (b.)

' CRÉOLE, moll. Nom marchand de la Venus D y sera. V . Vénus, (b.)

CRÉOPHAGES. Creopkagi. ins.

Famille de l’ordre des Coléoptères, établie par Duméril et correspondant à celle désignée par Latreille sous le nom de Carnassiers. V . ce mot. (AUD.)

* CREP ANELLA. bot. phan. (Ca-

mérarius. ) Syn. de Dentelaire. V . ce mot. (b.)

* CREPELIA. bot. phan. (Schrank.)

Syn. de Lolium temulentum. V.

Ivraie. (b.)

* CREPIDARIA. bot. phan. Haworth, dans son Synopsis des Plantes grasses , sépare sous ce nom plusieurs espèces d’Euphorbes, dans lesquelles l’involucre rappelle par sa forme celle d’un chausson. Ce genre est le même que le Pedilanthus. V. ce mot.

CRÉPIDE. Crépis . bot. phan. Famille des Synanthérées , tribu des Chicoracées de Jussieu, Syngénésie égale. Tournefort et Vaillant confondaient ce genre avec celui des Epervières ( Hieracium ); il en fut séparé par Linné qui , en le constituant , ne sut à son tour éviter la confusion de plusieurs genres dont la distinction a plus tard été généralement admise. Il était en effet fort difficile , à l’époque ou vivait Linné , de pouvoir circonscrire avec quelque exactitudece groupe de Plantes, quand l’histoire spécifique de chacune d’elles était si embrouillée. Nous allons voir qu’aujourd’hui même nous ne sommes pas encore bien certains de nous entendre sur ce point. Ce fut Moench qui , le premier , constitua un genre à part , sous le nom de Barckhausia , aux dépens de quelques Crépis de Linné. Ce genre a été adopté par De Candolle, dans la seconde édition de la Flore F rançaise; mais plusieurs botanistes ont continué de le regarder comme identique avec le Crépis -malgré ses aigrettes stipitées.Ce caractère,

CRE Ri

joint à un ensemble de notes particulières, paraît néanmoins assez bien le distinguer; et si un auteur aussi célèbre que Lamafck s’est abstenu d'en faire un genre particulier, il l’a du moins éloigné des Crépides , en le plaçant (moins heureusement peut-être) parmiiesPicrides. Adanson, Gaertner et Willdenow ont détaché des Crépis un genre que le premier avait nommé To/pis. Jussieu ( Généra Plant arum , p. 169 ) lui donna des caractères précis ; et quoique la dénomination de Drepania qu’il proposa , fût postérieure à celle d’Adanson , elle n'en a pas moins été adoptée , contre l’usage, par Desfontaines, De Candolle etd’autres botanistes français. V. Drépanie. Toutes les espèces Linnéennes ne font pas partie du genre en question; ainsi le Crépis pulchra de Linné appartient aux P reliant lies ; le Crépis albida de Villars est devenu un Picridium ; et le Crépis rhagadioloïdes doit être réuni au Zacint/ia , ou , d’après Moench , former un genre particulier. Nous ne parlerons pas ici des autres petits démembremens de ce genre , qui n’ont été admis que par ceux qui les ont proposés , tels que le TVibelia de la Flore de Wettéravie , le Berinia de Brignoli, les JUedicusia et Hostia de Moench, etc. Nous croyons aussi que ce n’est pas le lieu de sinaler les nombreuses transpositions es espèces de Crépis , parmi les genres Hieracium , Apargia , Andry ala , Picris , Chondrilla , etc. ; et réciproquement la réunion de quelques espèces de ces derniers genres avec celles des Crépides ; mais il nous semble qu’en admettantle retranchement du Barckhausia et du Tolpis ou Drepania , on peut assigner au Crépis les caractères suivans : involucre sillonné , composé d’une série simple de folioles, ventru à sa base et ceint d’un calicule composé de folioles courtes et étalées ; aigrette sessile formée de poils simples.

Après avoir éliminé des Crépides les espèces qui composent les genres Barckhausieet Drépanie .le nombre de celles qui appartiennent légitimement

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5 a CRE

au genre que nous traitons en ce moment, se trouve encore assez considérable. Il s’élève aujourd’hui à plus de soixante; mais il f.fut convenir que ces espèces sont dans une déplorable confusion , et demandent l’examen d’un monographe judicieux et riche en matériaux. Comme les Chicoracées forment une tribu très-naturelle, leurs genres et leurs espèces se nuancent de manière à offrir de fréquentes ambiguités ; et l’on serait tenté d’accuser uniquement la nature d’être la source de nos erreurs. Mais le défaut d’observation, et peut-être aussi un vain amour-propre, ont contribué puissamment à embrouiller notre genre.

Sur de mauvaises descriptions , on a cru reconnaître telle espèce , et telle autre a été méconnue et considérée comme nouvelle , parce qu’elle paraissait légèrement s’éloigner d’une autre précédemment décrite. Chacun peut pressentir les fâcheuses conséquences d’un tel procédé d’étude; nous n’insisterons donc pas sur ce sujet; car pour nous borner à un petit nombre d’exemples , croira - t - on qu’une seule espèce, le Crépis taurinensis , Willd., a reçu jusqu’à douze noms différens? Si l’on remarque ensuite que le Crépis virens de Linné est une autre Plante que le C. virens de De Candolle ; qu’il y a aussi deux Crépis radicata , plusieurs Crépis tectorum décrits par différens auteurs, on aura quelque idée de l’embarras oh est jeté celui qui veut connaître les Crépides , et on partagera sans doute les doléances que l’intérêt de la science nous a inspirées.

Les cinq espèces de Crépides décrites dans la Flore Française, sont des Plantes herbacées qui" se trouvent dans les prés , sur les bords des routes et des champs , et sur les toits de chaume ainsi que sur les vieux murs. Elles ont un involucre pubescent ; leurs fleurs d’un beau jaune , disposées en corymbes ou en paniculcs lâches , font un assez joli effet. Le Crépis tectorum est commun en certaines contrées de la France, et notamment à Fontainebleau. Le Cre-

pis virens couvre , sur la fin de l’été, les endroits secs de toute l’Europe.

Son extrême abondance l’y fait remarquer ; car s’accommodant de toutes sortes de terrains , cette petite Plante vient partout , mais elle préfère pour station le long des murs et des haies. Enfin elle pénètre jusque dans l’intérieur des villes, et figure au premier rang dans la Flore des places publiques de Paris.

Les Crépides, malgré le nombre considérable et l’élégance de leurs espèces, sont peu estimées comme Plantes d’ornement. On n’en cultive que quatre ou cinq , dont deux , les Crépis rigens et Jiliformis, H. Kew , originaires des Açores et de Madère , exigent l’orangerie.

La Crépide rouge , Crépis rubra ,

L. ,'est une jolie Plante qui, par ses fleurs d’un beau rose foncé , a

fiour ainsi dire forcé les amateurs de a distinguer de ses congénères. Elle est originaire d’Italie, et se cultive avec la plus grande facilité dans nos jardins oh on la multiplie très-facilement par ses graines. Cette Plante a été rapportée au genre Barckhausia par quelques auteurs , et aux Picrides parLamarck. (g. .N.)

* CREPIDOTUS. BOT. CRYPT.

[Champignons.) Nom donné par Nées à une section des Agarics à pédicule ex- ifl centrique, ou Pleuropus de Persoon , caractérisée par son pédicule tout-àfait latéral, et son chapeau demi-circulaire; tels sont les slgaricus stipticus , spathulatus , etc. (ad. b.)

CRÉPIDULE. Crepidula. mole, i Ce genre, fait par Lamarck aux dé- H pens des Patelles de Linné, s’en dis- ;J1 tingue en effet d’une manière bien M tranchée , ainsi que les Calyptrées et 9 quelques autres qui y étaient confondues. Placées dans la famille des Ca- H lyptracieus , les Crépidules sont mises j dans l’ordre le plus convenable de il leurs rapports , et la connaissance de I l’Animal sur lequel Adanson (Voyag.

auSénég. , p. 53, pl. 2, n° 8, 9, 10) 9 nous a donné quelques détails, ainsi que Beudant ( Nouv. Bullct. des jt

Sciences, p. 257 , n. 4a ), doit nous confirmer de plus en plus dans l’opinion de Lamarck sur cesAnimaux, louchant l’ordre et la famille où ils doivent être placés. Marchant sur un disque ventral , l’Animal des Crépidules offre des organes respiratoires qu’A dansou avait indiqués sans qu’on pût trop les reconnaître, mais que les observations de Beudant sur l’Animal vivant , ainsi que celles de Lamarck sur un Animal conservé dans l’Alcofcol, ont fait connaître exactement; cependant les caractères énoncés par Cuvier diffèrent un peu de ceux donnés par Beudant et par Lamarck , ce qui tiendrait peut-être à ce que l’Animal observé par le célèbre auteur du Règne Animal était d’une autre espèce. Quoi qu’il en soit des légers changemens qui peuvent se remarquer dans le mode respiratoire , selon les diverses espèces, tous ces Animaux nous offrent les caractères propres à la famille, et tous ceux qui sont nécessaires pour former un genre bien tranché et fait sur de bons caractères. Les voici tels que Lamarck les a donnés : Animal ayant la tête fourchue antérieurement; deux tentacules coniques , portant les yeux à leur base extérieure; bouche simple, sans mâchoires, placée dans la bifurcation de la tête; une branchie en panache , saillante hors de la cavité branchiale , et flottant sur le côté droit du cou; manteau 11e débordant jamais la coquille; pied petit; anus latéral; coquille ovale, oblongue , à dos presque toujours convexe , concave en dessous, ayant la spire fort inclinée sur le bord; ouverture en partie fermée par une lame horizontale. Les espèces, soit vivantes, soit fossiles, qui appartiennent à ce genre, sont peu nombreuses ; nous ne mentionnerons que celles qui présentent le plus d’intérêt.

Crépidule Porcellane , Crépi.-* du la Porcellana, Lamk., Anim. sans vert. P. vi , part. 2 , p. 24, n.

2 ; Patelin Porcellana des auteurs.

Oualtiéri ( Ind., p. g, tab. 69, f. 9 ) dit dans sa phrase latine que Pe-

tro Michelio l’a nommée Patelle Crépidule; d’où il est bien probable qu’on a employé depuis ce nom comme générique de spécifique qu’il était.

Adanson a connu la coquille et l’Animal de la Crépidule Porcellane ; il l’a nommé le Sulin ( Yoyag. au Sénég., p. 38, pl. 2, fig. 8 ). Il a donné de l’Animal une description .peu satisfaisante , et il ne l’a . pas fait représenter dans ses figures. La coquille est bien figurée dans Lister (Conch., tab. 545, fig. 34 ) et dans Martini ( Conch. T. 1 , tab. i5 , fig. 127 et 128 ). Elle est ovale , oblongue; son sommet est recourbé sur le bord; sa couleur est le plus souvent blanche, parsemée de taches triangulaires , roussâlres ou brunes. D’après la figure d’ Adanson, elle aurait jusqu’à un pouce et demi de longueur. On la trouve dans les mers de l’Inde et à 1 île de Gorée où il paraît qu’elle est assez commune. Elle adhère aux rochers , et s’y fixe avec tant de force , qu’on casse quelquefois la coquille sans avoir détaché l’Animaî.

Crépidule de Gorée , Crepidula Goreensis , P atella Goreensis, L. , Sjst.

Jdat. p. 36g4,n. io. C’est une espèce qu’Adanson le premier a reconnue ; il l’a nommée le Jénac (Voyag. au Sénég. , p. 4i , tab. 2, fig. 10); il donne pour l’Animal de cette espèce des détails assez curieux; les tentacules ont vers leur extrémité des petits tubercules blancs qui les font paraître chagrinés; le pied et le manteau le sont également; du manteau et vers le derrière de la tête , on aperçoit huit filets cylindrique? assez longs qui, d’après Cuvier , seraient les branchies sortant hors de la cavité branchiale. Cette espèce , longue de cinq à six lignes , se trouve sur les rochers de l’île de Gorée , mais elle y est rare : elle est blanche , lisse , très-mince, ovale et très-aplatic.

Crépidule épineuse , Crepidula aculeata, Lamk., Anim. sans vert.

T. vi , part. 2 , p. 2 5 , n. 3 ; P atella aculeata , L. , p. 36g3,n. 6, figurée dans Favnnne ( Conch. pl. 4, f. 3 ), dans Dacosta ( Conch. tab. 2, fig. 2 ),

et dans Chemnitz (Conclu T. x, tab.

i68,fig. 1624 et 1625). La Crépidule épineuse se reconnaît très-facilement :

elle est ovale , aplatie ; son sommet, courbé vers le bord gauche, fait un tour de spire environ: elle est blanche , avec des flammules roussâtres , et chargée de petites côtes peu régulières qui portent des épines ou des écailles. Sa longueur est de onze ou douze lignes; elle habite les mers de l’Amérique méridionale ou on la trouve rarement.

Jusqu’à présent les environs de Paris n’ont offert aucune Coquille de ce genre ; une seule semblait s’y rapporter, mais elle nous a paru devoir appartenir à une autre famille , les INéritacées, ou à quelques autres Couilles qui ont avec elle des traits e ressemblance. Elle doit former un genre qui fait le passage des Navicelles avec les Néritines. Ce sera à l’article Tomostome que nous donnerons l’extrait des observations qui nous sont propres sur ce genre de Coquillage.

Défi ance , dans le Dictionnaire des Sciences naturelles, a fait connaître trois espèces de Crépidules fossiles.

Crépidule de Hauteville , Crepidula Altavillensis , Def., que nous présumons devoir appartenir à notre genre Tomostome : son sommet est subcentral , ce qui est assez étonnant pour une Coquille de ce genre; l’ouverture est petite, opposée au sommet ; la coquille est épaisse et aplatie.

Crépidule bossue , Crepidula gibbosa, Def. ( lue. cit. ), qui se trouve dans les fa l uni ères de la Touraine, et à Leoignan près Bordeaux. Elle est convexe, bossue, profonde; son sommet s’incline vers le bord ; elle est toute chargée de petites aspérités irrégulières.

Crépidule d 'Italie, Crepidula Italien, Def. ( lue. cit. ) , espèce remarquable en ce que , d’après ce savant, elle offre l’exemple d'un analogue avec une Coquille actuellement vivante dans la mer de l’Inde , et que l’on nomme vulgairement la Sandale.

Elle est encore remarquable en cela u’elle paraît se fixer dans l’intérieur es Coquilles abandonnées ou elle se moule pour ainsi dire tout entière sur les diverses formes que ces corps présentent : aussi elle est irrégulière, lisse, très-mince, tantôt concave, tantôt convexe; son sommet est appuyé sur le bord. On regrette que Defrance n’ait pas donné le nom linnéen de la Crépidule que l’on nomme vulgairement la Sandale. Il nous est impossible, d’après cette indication , de préciser l’espèce, les marchands donnant ce nom vulgaire à toutes les Coquilles du genre. (d..ii.)

CRÉPIDULIER. moel. Animal des Crépidules. V. ce mot. (b.)

CRÉPIE. BOT. ph an. Pour Crépide.

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